L'Oscar du meilleur film international (Academy Award for Best International Feature Film), nommé jusqu'en 2019 lOscar du meilleur film en langue étrangère (Academy Award for Best Foreign Language Film), est une récompense cinématographique américaine décernée chaque année depuis 1948 (mais ne passe au statut compétitif qu'en 1957) par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), laquelle décerne également tous les autres Oscars.
Dans le langage courant, en français, il est souvent appelé « Oscar du meilleur film étranger », appellation qui n'est pas conforme à la traduction officielle.
Présentation Tous les règlements des Oscars depuis la première cérémonie sont accessibles dans la collection numérique officielle de l'Académie..
Historique Depuis la cinquième cérémonie en 1933, les règles précisent qu'un prix spécial peut être décerné à un film, américain ou étranger, en dehors des catégories définies, pour une qualité exceptionnelle (). La catégorie était celle des autres prix spéciaux (les prix décrits comme spéciaux étaient les prix scientifiques et techniques, l'Irving G. Thalberg Memorial Award et les documentaires). Le film doit avoir été exploité au comté de Los Angeles. L'attribution était faite par le conseil des gouverneurs mais n'était pas obligatoire. Les films étrangers lauréats de ce prix spécial le furent en 1948 et 1949.
C'est en 1950 que le prix est explicitement nommé , dans les prix honorifiques. La procédure est indiquée : le conseil des gouverneurs choisit un film parmi ceux exploités aux États-Unis, sans procédure de nominations. L'attribution n'est pas obligatoire, et n'a pas eu lieu en 1954.
En 1957, l'Oscar est inclus dans les prix en compétition, en perdant sa mention honorifique ou spéciale, et le vote est effectué par les membres de l'académie, comme la majorité des autres catégories.
À partir de 2020, l'Oscar porte le nom du meilleur film international, plutôt que meilleur film en langue étrangère ; ce changement de nom est justifiée par le conseil des gouverneurs, déclarant que le terme de est dépassé face à la communauté mondiale du cinéma..
À ce jour, et en comptant les oscars d'honneur remis de 1948 à 1956, c'est l'Italie qui totalise le plus d'Oscars dans cette catégorie avec 14 récompenses et trente nominations, suivie de la France, du Japon et de l'Espagne avec respectivement 12, 5 et 4 Oscars.
Sélection Contrairement aux récompenses équivalentes et aux autres catégories d'Oscars, les nommés sont déterminés selon une liste de films candidats envoyés par leur pays même.
Chaque pays, par un comité localL'exception notable est celle d'Israël, qui établit que c'est le vainqueur de l'Ophir du meilleur film (la récompense du cinéma local) qui représente le pays., qui est souvent rattaché à l'institut cinématographique ou culturelle du pays, choisit un film qui le représentera dans la course pour cet Oscar. Chaque film ne peut représenter qu'un seul pays, même si c'est une coproduction.
La compétition a un nombre de participants croissant : 8 soumissions lors de la création de la procédure en 1957, contre 93 candidatures valides depuis 2020. .
La règle est modifiée à partir de 2027, afin d'inclure les lauréats des festivals de cinéma, les vainqueurs de l'Ours d'or, de la Palme d'or, du Lion d'or, du grand prix du jury du Festival de Sundance, du meilleur film du festival de Busan et du du festival de Toronto sont éligibles en complément des pays envoyés par les comités nationaux.
Admissibilité Comme le précédent nom de l'Oscar ainsi que son appellation officieuse l'indiquent, le film représenté doit être majoritairement non-anglophone et ne doit pas être produit aux États-Unis.
Le choix de langue est libre. Néanmoins, de 1979 à 2006, le film devait être tourné dans la langue officielle du pays qu'il représente.
Le pays représenté doit avoir un contrôle artistique important dans le film qu'il envoie ; une part trop mineure dans la coproduction du film conduit souvent à la disqualification.
La seule règle est une sortie locale dans le pays représenté. Une exploitation américaine n'est pas obligatoire. Le créneau de sortie est différent des autres catégories. De 1964 à 2003, le film devait être sorti dans son pays entre le et le . Depuis 2004, le créneau de la sortie locale est du au précédant la cérémonie.
En cas d'inadmissibilité, l'académie n'hésite pas à disqualifier le film (et plusieurs pays n'ont pu choisir un film de substitution). Les disqualifications ont toujours eu lieu avant l'annonce des nominations sauf une fois en 1993.
Règlement Les récipiendaires ont toujours été les pays représentés, le réalisateur n'est pas le lauréat officiellement, même si depuis 2015, son nom est gravé sur la statuette. Les règles précisent que cet Oscar n'est pas décerné à une personnalité individuelle. Mais c'est systématiquement le réalisateur (sauf contraintes) qui vient chercher la récompense. La seule exception fut en 1957, lors de la fondation compétitive de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, les récipiendaires étaient les producteurs du film, tout comme l'Oscar du meilleur film, ce qui ne fut pas renouvelé l'année suivante.
Le système de pays n'est applicable que pour cet Oscar. Pour toutes les autres catégories, un film peut être éligible, même pour l'Oscar du meilleur filmNéanmoins, les films proposés à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère ne pouvait être nommés pour l'Oscar du meilleur film de 1976 à 1988. s'il respecte la règle d'admissibilité commune : au moins une semaine d'exploitation au comté de Los Angeles, l'année précédant la cérémonie. Un film reste éligible aux autres récompenses même s'il ne fut pas proposé par son pays.
Néanmoins, jusqu'en 1975, un film pouvait quelquefois être nommé à deux cérémonies. Une première fois, nommé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, la seconde fois éventuellement dans les autres catégoriesPar exemple, Les Parapluies de Cherbourg fut nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1965. L'année suivante, le film est nommé dans 4 autres catégories, ce qui n'est plus possible actuellement. Même chose pour La Nuit américaine en 1974 et 1975.. Du fait que la sortie américaine diffère souvent de la sortie locale de plusieurs mois.
Depuis 1976, un film nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère n'est éligible que pour une seule cérémonie, même s'il n'est pas encore sorti en Amérique. Néanmoins, si le film est proposé mais non nommé, il est éligible pour la cérémonie qui concernerait son exploitation américaine.
Vote Les modalités de vote sont différentes des autres catégories, il n'y a pas de restrictions en rapport avec les branches professionnelles. Après que toutes les propositions ont été reçues, un comité composé de membres des différentes branches de l'académie vote et détermine une dizaine de films présélectionnés dans une liste restreinte (). Cette première phase de vote fut créée en 2007. À partir de cette liste, un nouveau vote permet de déterminer les cinq nommés.
Au tour final, qui va déterminer le vainqueur, ne peuvent voter que les membres ayant assisté aux projections, organisées par l'académie, des cinq films nommés, afin d'éviter probablement la complaisance régionale, l'académie invitant chaque année de nouveaux membres internationaux.
Nominations multiples Seuls six réalisateurs ont réussi la performance d'obtenir l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (ou international) à plusieurs reprises. Il s'agit des Italiens Vittorio De Sica (1948, 1950, 1965, 1972) et Federico Fellini (1957, 1958, 1964, 1975), ainsi que le Suédois Ingmar Bergman (1961, 1962, 1984), le Français René Clément (1951,1953), le Japonais Akira Kurosawa (1952, 1976) et l'Iranien Asghar Farhadi (2012, 2017) .
Palmarès Note : L'année indiquée est celle de la cérémonie, récompensant les films sortis au cours des années précédentes dans leurs pays.
Années 1940 De 1948 à 1956 : Oscar d'honneur (ou spécial) attribué à un film étranger.
1948 : Sciuscià de Vittorio De Sica • La remise du prix est accompagnée de la mention « La grande qualité de ce long métrage est qu'il apporte de l'éloquence à un pays marqué par la guerre et prouve au monde que l'esprit créatif triomphe de l'adversité » (). 1949 : Monsieur Vincent de Maurice Cloche •
Années 1950
1950 : Le Voleur de bicyclette (Ladri di biciclette) de Vittorio De Sica • 1951 : Au-delà des grilles de René Clément • / 1952 : Rashomon d'Akira Kurosawa • 1953 : Jeux interdits de René Clément • 1954 : Non décerné 1955 : La Porte de l'enfer (Jigokumon) de Teinosuke Kinugasa • 1956 : La Légende de Musashi (Miyamoto Musashi) de Hiroshi Inagaki •
Depuis 1957 : Oscar du meilleur film en langue étrangère.
1957Les producteurs étaient nommés pour représenter les films, à la manière de l'Oscar du meilleur film, ce qui sera abandonné l'année suivante. : La strada de Federico Fellini, produit par Dino De Laurentiis et Carlo Ponti • La Harpe de Birmanie (Biruma no tategoto) de Kon Ichikawa, produit par Masayuki Takagi • Le Capitaine de Köpenick (Der Hauptmann von Köpenick) de Helmut Käutner, produit par Gyula Trebitsch et Walter Koppel • Gervaise de René Clément, produit par Annie Dorfmann • Qivitoq d'Erik Balling, produit par Olaf Dalsgaard-Olsen • 1958 : Les Nuits de Cabiria (Le notti di Cabiria) de Federico Fellini • Mother India de Mehboob Khan • La Nuit quand le diable venait (Nachts, wenn der Teufel kam) de Robert Siodmak • Le Rescapé (Ni liv) d'Arne Skouen • Porte des Lilas de René Clair • 1959 : Mon oncle de Jacques Tati • Les soldats ne sont pas de bois (Helden) de Franz Peter Wirth • Le Pigeon (I soliti ignoti) de Mario Monicelli • La Route d'une année (La strada lunga un anno) de Giuseppe De Santis • La Vengeance de Juan Antonio Bardem •
Années 1960
1960 : Orfeu Negro de Marcel Camus • Le Pont (Die Brücke) de Bernhard Wicki • Village au bord du fleuve (Dorp aan de rivier) de Fons Rademakers • La Grande Guerre (La grande guerra) de Mario Monicelli • Paw, un garçon entre deux mondes (Paw) d'Astrid Henning-Jensen • 1961 : La Source (Jungfrukällan) d'Ingmar Bergman • Neuvième Cercle (Deveti krug) de France Štiglic • Kapò de Gillo Pontecorvo • La Vérité de Henri-Georges Clouzot • Macario de Roberto Gavaldón • 1962 : À travers le miroir (Såsom i en spegel) d'Ingmar Bergman • Un amour éternel (Eien no hito) de Keisuke Kinoshita • Harry et son valet (Harry og kammertjeneren) de Bent Christensen • Plácido de Luis García Berlanga • Ánimas Trujano d'Ismael Rodríguez • 1963 : Les Dimanches de Ville-d'Avray de Serge Bourguignon • Electre (Ilektra) de Michel Cacoyannis • La Bataille de Naples (Le quattro giornate di Napoli) de Nanni Loy • La Parole donnée (O Pagador de Promessas) d'Anselmo Duarte • Tlayucan de Luis Alcoriza • 1964 : Huit et demi (Otto e mezzo) de Federico Fellini • Kyoto (Koto) de Noboru Nakamura • Los Tarantos de Francisco Rovira Beleta • Le Couteau dans l'eau (Nóż w wodzie) de Roman Polanski • Les Lanternes rouges (Ta kokkina fanaria) de Vasílis Georgiádis • 1965 : Hier, aujourd'hui et demain (Ieri, oggi, domani) de Vittorio De Sica • Le Quartier du corbeau (Kvarteret Korpen) de Bo Widerberg • Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy • Sallah Shabati d'Ephraim Kishon • La Femme des sables (Suna no onna) de Hiroshi Teshigahara • 1966 : Le Miroir aux alouettes (Obchod na korze) de Ján Kadár et Elmar Klos • Kwaidan de Masaki Kobayashi • Käre John de Lars-Magnus Lindgren • Mariage à l'italienne (Matrimonio all'italiana) de Vittorio De Sica • Terre sanglante (To homa vaftike kokkino) de Vasílis Georgiádis • 1967 : Un homme et une femme de Claude Lelouch • Le Pharaon (Faraon) de Jerzy Kawalerowicz • La Bataille d'Alger (La battaglia di Algeri) de Gillo Pontecorvo • Les Amours d'une blonde (Lásky jedné plavovlásky) de Miloš Forman •