Belvédère-Campomoro (Belvidè Campumoru) est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la collectivité de Corse. Le village appartient à la microrégion du Sartenais-Valinco, au sud-ouest de l'île.

Géographie Quartiers, hameaux, lieux-dits et écarts Elle est composée : du village de Belvédère (Belvidè), cœur historique de la commune, dominant le golfe de Propriano du haut de ses d'altitude et faisant face à Tivolaggio de la marine de Campomoro (Campumoru), aujourd'hui le plus important lieu habité de la commune, blotti au fond de la baie du même nom au pied d'une tour génoise de la marine de Portigliolo (Purtiddolu), que Belvédère partage avec Tivolaggio, village rattaché depuis 1974 à Propriano. Urbanisme Typologie Au , Belvédère-Campomoro est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Propriano, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (94 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (77,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (13,2 %), forêts (5,5 %), zones urbanisées (3,9 %), eaux maritimes (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La ville tire son nom de l’installation et de la présence des Maures ayant probablement établi un camp dans le lieu-dit de « Portu Elice » avant de déferler sur Sartène et ses environs. Elle fut donc surnommée par les habitants de la région Campu moru ou Campu nieddu, c'est-à-dire le Camp maure ou noir.

Histoire Les premières traces d'occupations humaines remontent à 5000 ans, lors du Néolithique. La présence humaine a été attestée sur le site de Capo di Luogo et se compose de monuments mégalithiques et de traces d'habitations.

Lors de la période romaine en Corse (-237/457), les Romains utilisent la baie comme refuge pour leurs navires. Ils en profitent pour bâtir une première colonie, Porto Elice ou Porto Erice, probablement à l'emplacement de l'actuel village de Campomoro.

Avec la désintégration de l'empire romain d'Occident au , les mers se retrouvent infestées de pirates et de barbares. Alors que les Vandales conquièrent l'île, les habitants abandonnent le littoral devenu trop dangereux pour se réfugier à l'intérieur des terres.

Avec le passage sous contrôle de Pise au , l'île retrouve une certaine stabilité. À cette époque, Belvidè et Campomoro sont intégrés à la Piève de Sartè (Sartène). Le village, à l'image du reste de la Corse, voit son agriculture et le pastoralisme reprendre, donnant un second souffle à la vie économique de la région.

Au cours du , le village subit les incursions et razzias des barbaresques, pirates « Turcs » en provenance de la régence d'Alger. Sur leurs embarcations rapides, les pirates écument les côtes, attaquent les villages, détruisent maisons et cultures, et emmènent les populations en esclavage. Comme de nombreux villages, Port Erice se dépeuple au profit de l'intérieur des terres, plus sûr.

Il est aussi possible que ce soit à cette période que le village ait pris son nom contemporain de « Campomoro ». Les pirates d'Afrique du Nord faisaient sûrement escale dans la baie pour offrir un abri à leurs navires et lancer leurs attaques vers l'intérieur des terres. Le site fut rebaptisé « camp des Maures », puis Campomoro.

Après le sac de la ville de Sartène en 1583, la république de Gênes décide de faire bâtir un réseau de tours génoises pour prévenir l'arrivée des barbaresques et permettre à la population de se réfugier dans les terres. Pour protéger l'entrée du golfe du Valinco et la baie de Campomoro, les Génois font bâtir la tour de Campomoro. Réalisée par Carlo Spinosa, la tour est la plus imposante de l'île avec un diamètre de 16,50 m. Afin de garantir la sécurité, une muraille en étoile est élevée tout autour et une garnison occupe le site en permanence.

La tour assure à la fois une mission de surveillance maritime et un rôle commercial avec le contrôle du trafic maritime dans le village.

Dès la fin du , le retour de la sécurité permet un nouvel essor de l'activité. Sous l'impulsion des Sgio, grandes familles du Sartenais qui s'approprient les terres les plus rentables et font venir des bergers et laboureurs des montagnes environnantes, la zone de Campomoro se repeuple tandis que l'élevage et l'agriculture deviennent les activités principales de la commune. La baie de Campomoro reprend également de l'activité grâce à son mouillage à l’abri des aléas de la météo.

Dans les années 1830, la famille Durazzo est impliquée dans deux guerres intestines qui déchirent les grandes familles de la région du Sartenais : la guerre de Fozzano et la guerre de Sainte-Anne.

Le , la loi rattache les trois entités que sont la marine de Campomoro, la commune de Purtiddolu (Portigliolo) et Belvidè (Belvédère) pour former le village actuel de Belvédère-Campomoro.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'agriculture et l'élevage commencent à décliner, entraînant une baisse démographique qui se stoppe dans les années 1960 lorsque la commune se tourne vers le tourisme.

Depuis les années 1970, un important pan du territoire côtier du village est acquis par le Conservatoire du littoral : 20 kilomètres de côtes entre la tour de Campomoro au nord et le phare de Senetosa (appartenant à la commune de Sartène) au sud. Le Conservatoire a acquis entre terres et mer et, depuis 1994, il travaille avec le syndicat Elisa pour la protection de la faune et de la flore du site, l'entretien des cheminements et la sensibilisation du public à l'environnement...

En 1986, la tour de Campomoro est cédée au Conservatoire du littoral par la famille Lorenzi de Bradi. En 1992, elle est classée monument historique.

Politique et administration

Démographie

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments vignette|Tour génoise, accessible seulement à pied

Église Saint-Antoine (Sant'Antonu) de Campomoro dédiée à Saint-Antoine de Padoue. Chapelle Saint-Laurent de Belvédère. Tour de Campomoro : (Plus grande tour de Corse et la seule bénéficiant d'une fortification en étoile). Sa construction, diligentée par Carlo Spinola à la suite d'un raid barbaresque sur la ville de Sartène, s'est achevée en 1586. La tour de Campomoro est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1992., elle a été cédée en 1986 au Conservatoire du littoral par la famille Lorenzi de Bradi. Le grand site de Campomoro-Senetosa constitue un vaste espace inhabité de plus de de façade littorale où les acquisitions du Conservatoire du littoral ne constituent qu'une partie d'un territoire naturel de plusieurs milliers d'hectares. Éloigné des grandes zones touristiques, le site est composé d'une succession de caps rocheux, de criques de sable fin ou de galets. Le maquis recouvre la majeure partie de ce paysage granitique. La maison Lorenzi de Bradi, anciennement maison des douanes, acquise par le beau-père de l'écrivain Michel Lorenzi de Bradi, Don Jacques Durazzo, qui fut maire de Campomoro. Le château Durazzo, construit au par le capitaine Pierre-Paul Durazzo. A Tola, ensemble de deux sépultures mégalithiques ruinées. Le menhir de Capo-di-Luogo classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862.

Expressions locales Campumoru campu tristu tana di vulpi è numichi di Cristu; "Campomoro lieu triste, repaire de renards et d'ennemis du Christ". I Campumuresi pieni à stracci, i Bilvidiracci pieni à seta; "Les gens de Campomoro sont en guenilles, ceux de Belvedere sont dans la soie". Campumuresi peddi murzzosi "les campomorais on les pieds moussus" u murzu est une algue marine servant de vermifuge et abondante sur les rochers du littoral.

Personnalités liées à la commune Lorenzi Michel dit De Bradi (1869 - 1945) : journaliste et écrivain sous le pseudonyme de Lorenzi de Bradi. Auteur de La vraie Colomba (1922), La vraie figure de Bonaparte en Corse (1926) et de Don Juan (1930) mais également de Les veillées corses et de La Corse inconnue, il a collaboré avec plusieurs journaux comme le Figaro ou le Gaulois.

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Liste des communes de la Corse-du-Sud

Liens externes

Notes et références Notes

Cartes

Références

Belvedere-Campomoro Catégorie:Aire d'attraction de Propriano