Zilia est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Pino, en Balagne.
Géographie Situation vignette|centré|redresse=2.4|Panorama de Zilia.
Zilia est une commune de Balagne, ancienne communauté de la pieve de Pino. Elle se trouve en bordure septentrionale du parc naturel régional de Corse, la limite étant représentée par une ligne de crête du massif du Monte Grosso, passant par les hauts sommets que sont le mont San Parteo (), le Monte Grosso (), le Capu a u Dente () jusqu'au cirque de Bonifatu. La commune n'a pas de façade maritime.
Communes limitrophes
Géologie et relief Zilia se situe dans la Corse occidentale ancienne, constituée pour l'essentiel de roches granitiques, dite encore « Corse granitique », à l'ouest du sillon dépressionnaire central de l'île. Le sol est composé de roches magmatiques. Son territoire est une cavité ouverte à l'ouest, au pied du Monte Grosso qui fait partie de la dorsale de l'île. Il occupe une partie d'un chaînon secondaire s'articulant sur la dorsale de l'île à Cima Caselle () du massif du Monte Grosso. Ce chaînon, axé au nord-ouest depuis Cime Caselle jusqu'à Capu di Bestia () et qui se prolonge par une arête jusqu'à Lumio, se termine à Algajola. Il sépare les plaines du fiume Seccu et d'Aregno, de la vallée du Regino.
D'une superficie de dont de bois, la commune occupe un territoire flanqué au nord-ouest du massif du Monte Grosso, entre Cima Caselle et le sommet du Monte Grosso même (), formé de trois vallons : à l'est, le vallon du ruisseau de Tribiatojo qui prend sa source à l'ouest de Cima Caselle ; au sud, le vallon du ruisseau de Lette qui prend sa source au nord du Monte Grosso ; à l'ouest, le ruisseau de Bucignoni, affluent du ruisseau de Ponte lequel alimente le Fiume Seccu.
Limites territoriales Les limites communales sont représentées comme suit : au nord : depuis une courte partie du cours du Seccu à l'ouest, la démarcation se dirige vers le nord-est en passant par le lieu-dit « Ponte », puis à au sud-est de la chapelle Sant'Albanu (Cassano) pour atteindre le San Parteo ()Ce mont San Parteo est à distinguer du San Parteo (), « à cheval » sur Feliceto et Pioggiola ; à l'est : la démarcation part de San Parteo, grimpe sur Monte Cargetu (), Bocca di Foata (), Vivariu où se situe une borne à d'altitude, Pietra Apertusa (1146|m), Cima di Cuzia () et atteint Cima Caselle () ; au sud-est : la démarcation qui est une ligne de crête de plus de d'altitude, relie Cima Caselle au Monte Grosso (), tous deux séparés de (distance orthodromique) ; au sud-ouest, depuis le Monte Grosso, la démarcation « descend » vers Capu di Cunaghja () dont elle suit la crête, puis se dirige vers la plaine du Seccu franchissant Bocca di Casa Genera (), Monte Loninco (), la borne à d'altitude de Capu di Boscu ( au sud de l'ancien couvent d'Alzi Pratu), et rejoint le lit du Seccu, au point de jonction des trois communes de Calenzana, Montegrosso et Zilia.
Hydrographie Le réseau hydrographique est dense dans cette commune flanquée au Monte Grosso, une montagne de près de . Le principal cours d'eau est le ruisseau de Lette.. Il prend sa source au nord du Monte Grosso et est alimenté par le ruisseau de Tribiatojo. qui prend sa source à l'ouest de Cima Caselle. Il conflue avec le ruisseau de Ponte. sur la commune de Montegrosso. Il reçoit les eaux du ruisseau de Teghia.. Deux moulins, dont un ancien au lieu-dit Pelle, utilisaient les eaux du Lette.
Le ruisseau de Bucignogni. prend naissance sur la commune de Zilia. Il est un affluent du ruisseau de Ponte lequel alimente le Fiume Seccu.
Climat et végétation Zilia qui ne possède pas de façade maritime, jouit néanmoins d'un climat méditerranéen tempéré, aux variations de températures modérées dans la journée, grâce à l'influence marine qui réchauffe les températures en hiver et les rafraîchit en été. Du fait de sa situation au pied du Monte Grosso, une montagne de près de enneigée plusieurs mois dans l'année, les hivers y sont relativement frais et humides et les étés secs et chauds, avec des nuits marquées par la fraîcheur due à la présence des hautes montagnes. Les vents d'ouest nord-ouest sont dominants. Les pluies sont abondantes au printemps et en automne, quelquefois violentes et fortes en d'autres périodes.
Les conditions climatiques sont favorables pour les plantations d'oliviers, de vignes et de châtaigniers. Le reste de la couverture végétale est représentée par un haut maquis épais dans le fond des vallons, avec des bosquets de chênes verts et de quelques oliviers sauvages. Des chênaies pubescentes se développent sur d'anciennes terrasses de culture. Le grand incendie de 2005 a détruit une grande surface du territoire, notamment sur les hauteurs du village qui en portent encore les traces. Depuis, l'olivier se rencontre souvent sous la forme de rejets de souche après le feu.
Voies de communication et transports Accès routiers La route D 151 est la seule route desservant le village. Elle relie le village de Zilia directement à Calenzana distant de et à Montegrosso distant de .
Transports Zilia est situé à de la gare de Calvi et de son port de commerce, et à de l'aéroport de Calvi-Sainte-Catherine. La halte ferroviaire la plus proche est la gare de Camp-Raffali GR 20 distante d'une quinzaine de kilomètres.
Urbanisme Typologie Au , Zilia est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Calvi, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (96,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (38,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (35,9 %), forêts (21,9 %), zones agricoles hétérogènes (3,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Zilia village Le village était un lieu habité au Moyen Âge. Il a été bâti sur une arête rocheuse, autour de son église paroissiale Saint-Roch. Jouxtant l'église, se trouve une petite place publique sur laquelle a été érigée le monument aux morts.
Le village est composé des hameaux et quartiers : Casanova, Pardine, Castagnettu, Pornetto, Pietricaggio. Des constructions nouvelles s'élèvent sous le village et sous le cimetière, à Saint-Lazare et à Saint-François. Il présente un ensemble de maisons rénovées, restaurées ou récentes, aux façades austères et aux toits de tuiles rouges.
Ghiarghia Ghiarghia (ou Giargia) est un village moyenâgeux. Son nom s'écrivait autrefois Jargia. Il est situé au sud-est de Zilia, à l'entrée sud du village. Il est aujourd'hui un hameau de Zilia.
À l'ouest de Ghiarghia, proche de la chapelle San Francescu, se situait au le village de Piufiume, centre de la pieve médiévale. Abandonné au , il n'en reste aujourd'hui que des pagliaghji (en français « paillers ») dans ce lieu appelé Alivetu comunu.
À proximité, dans le cimetière communal, se trouvent les ruines de l'ancienne église piévane San Lusoriu, martyr sarde décapité sous Dioclétien et fêté autrefois le . Abandonné au , ce lieu de culte était encore fréquenté au par les femmes du village qui y venaient vénérer la Vierge. Son arca (fosse commune dans l'église) était encore utilisée au . Lors de la conquête française, l'église romane est ruinée. Son chœur est toujours visibleCorse-matin du 18 juillet 2011.
Toponymie
Histoire Antiquité Dans son ouvrage La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen ÂgeXavier Poli, La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen Âge - Librairie A. Fontemoing, Paris 1907 dans lequel il relate des origines à l'expulsion des Sarrasins de l'île, Xavier Poli écrit : avec en note de bas de page . Le nom de Zilia (Ziglia) serait-il d'origine libyenne ?
Moyen Âge La podestérie de Balagna comprenait en 1366 les mêmes pievi que cent ans plus tard en 1454 : Chiomi, Armito, Ulmia, Pino, Sant'Andria, Tuani, Giussani et OstriconiU. Assereto, "Genova e la Corsica (1358-1378)", op.cit, puis G. Petti Balbi, ibid., ..
Au le village de Piufiume (ou Profiume) était le centre de la pieve médiévale de Pino. Abandonné au , il n'en reste aujourd'hui que des pagliaghji (en français « paillers ») dans ce lieu appelé Alivetu comunu. L'église San Lusoriu, martyr sarde décapité sous Dioclétien, était l'église piévane. Elle est abandonnée au . Les troupes françaises ruineront l'église romane durant la du .
Temps modernes
Au début du , vers 1520, la pieve de Pino comptait environ habitants. Elle avait pour lieux habités Montemaggiore, li Castiglioni, Profiume, Zilia, Jargia, Cassano, Longhignani A-D. Monti ADECEC Éléments pour un dictionnaire des noms propres Corse.
Au , à la suite d'un redécoupage des pievi de Pino et d'Olmia, Zilia était devenue une communauté d'Olmia, pieve religieuse relevant sur le plan civil de la juridiction de CalviFrancesco Maria Accinelli L’histoire de la Corse vue par un Génois du - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974. Dans son manuscrit, Accinelli a écrit : Pieve di Olmi : Longhiniani 187. Ziglia 684. Cassani 368, les chiffres étant ceux des populations des lieux cités.
1732 - Le a lieu la bataille de Calenzana. Le général Giafferi tenait ce jour-là consulte avec de très nombreux patriotes au couvent d'Alzipratu (Zilia) tout proche. De Vinz et sa troupe sont pris entre trois feux, celui des habitants de Calenzana, celui des hommes du général Giafferi qui venaient de Lumio et celui des villageois de Cassanu, Lunghignanu et Ziglia, il donne l'ordre à ses troupes de se replier et repart à Calvi. L'action n'aura duré que quatre heures. Les Allemands eurent deux cents morts et blessés, dont un lieutenant-colonel et un capitaine des grenadiers. On n'en connait pas le nombre chez les Corses. 1737 octobre : la situation militaire en Balagna est telle : Calvi, Lumiu, Calinzana et Algaiola sont aux mains des Génois ; les Nationaux sont à Montemagiore, Lunghignani, Cassanu, Ziglia, Curbara, Munticellu, Santa Riparata. 1753 - Giuliani se fait élire " président-général " de la Balagna par les pievi de Pino (Ziglia, Montemaiò) et Olmia. 1759 mars - En violation des dispositions du traité de Compiègne, M. de Vaux s'installe au couvent d'Alzipratu et s'y fortifie. Le Conseil provincial de Balagna charge le capitaine de Ziglia d'obtenir le départ des Français à l'amiable ou de les déloger. Le , le capitaine de Ziglia chasse les Français du couvent d'Alzipratu (Le comte de Vaux était rentré à Calvi). 1768 - Avec l'arrivée des Français, l'île passe sous administration militaire. Olmia sera fusionnée avec la pieve de Filosorma, l'ex-Chiomi, pour former la pieve de Monte Grosso. 1789 - La Corse fait partie du royaume de France. Avec la Révolution française, est créé en 1790 le département de Corse, puis en 1793, celui du Golo (l'actuelle Haute-Corse). 1790 - L'île devient le département de Corse.