Le pays de Born (Lo País de Bòrn, en gascon) est un petit pays côtier du nord du département français des Landes.

Présentation Étymologie Probablement dérivé du gascon bòrna : limite (dérivé du latin vulgaire bodina, botina : arbre frontière)L’invention de la Côte d’Argent, Jean-Jacques Fénié, éditions Confluences, p 109.

Géographie Le pays de Born est bordé au nord par le pays de Buch, à l'est par la Haute-Lande, au sud par le Marensin, à l'ouest par l'océan Atlantique. Il a la forme d'un trapèze dont les bases sont délimitées par : côté ouest : Biscarrosse-Plage au nord et le courant de Contis, sur la commune de Saint-Julien-en-Born au sud, distants d'environ ; côté est : Sanguinet au nord et Lévignacq au sud, distants d'environ ; océan et Haute Lande sont distants d'environ .

Sa population, de habitants (2008) hors saison, passe à plus de habitants pendant la saison estivaleParoisse Saint-Joseph du Born, annuaire paroissial 2008. Ses villes principales sont Mimizan, Parentis-en-Born et Biscarrosse.

Communes Le Pays de Born compte les suivantes : Aureilhan Bias Biscarrosse Gastes Lévignacq Mézos Mimizan Parentis-en-Born Pontenx-les-Forges Saint-Julien-en-Born Saint-Paul-en-Born Sainte-Eulalie-en-Born Sanguinet Uza

Paysages Il associe trois types de paysages :

sur la côte, ce sont les grèves de sable fin, ourlées de rouleaux séduisants pour les surfeurs. En 1905, les promoteurs du tourisme de la Belle Époque font étape à Mimizan, où Maurice Martin annonce la création de la Côte d’Argent. c'est aussi un pays de plans d'eau : grands lacs : Cazaux et Sanguinet, Parentis et Biscarrosse, Aureilhan. Leur fermeture à l'Océan s'est faite à l'époque historique, comme l'atteste le site archéologique de Losa à Sanguinet. Les courants landais sont de petits fleuves côtiers, leur servant d'exutoires vers la Mar Grana (l'océan Atlantique) ; étangs : Malloueyre, étang de Bourg-le-Vieux, étang de la forge d'Uza, étang des forges d'Ychoux ; la forêt des Landes, partagée entre la forêt dite de protection, située immédiatement à l’arrière des dunes et la forêt dite de production, majoritairement privée, située en zone intérieure, essentiellement plantée au dans le cadre de la loi du 19 juin 1857 relative à l'assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne.

Lettes et crastes marquent la topographie de la région. Les anciens parlent toujours de « la montanha », ces vieilles dunes boisées où se situe aujourd’hui la forêt usagèreJean-Jacques Fénié, article de Sud-Ouest du 22 juillet 2009, p 12.

Histoire Origines ethniques On ne dispose que d’un petit nombre de sources écrites sur le nom des populations qui peuplaient le pays de Born et le pays de Buch. Leur examen permet de se rendre compte de la difficulté que soulève la recherche de leur nom : Boïates ou Boiens.

C’est seulement à partir du second âge du fer qu’il est possible de nommer et parfois de localiser les tribus disséminées sur le territoire des Landes. Les Boïates du Bassin d’Arcachon occupaient également des terres du pays de Born, peut-être jusque vers Aureilhan. D’autres sources indiquent la présence de Cocosates, peuple aquitain, à l'époque de la Pax Romana.

Ces sources, toutes d’époque romaine, sont de différentes sortes : textes littéraires, inscriptions gravées, documents administratifs et itinéraires routiers (Itinéraire d'Antonin de la fin du ). Historiens et géographes s’accordent à constater l’existence d’un peuple original, distinct du peuple celte par la race et la langue (voisine du basque contemporain).

Économie gallo-romaine Le Born a connu le passage des Romains. Situé sur la voie romaine littorale romaine reliant Bordeaux (Burdigala) à Dax (Aquae Tarbellicae) comme l'atteste la mention de Segosa sur l'Itinéraire d'Antonin, le pagus de Born bénéficie d’un flux commercial Nord-Sud négociant ses propres ressources, notamment les produits résinés.

Les Aquitains, voisins de l’océan, vivent surtout de la pêche et de la chasse et cultivent principalement le millet et le seigle en raison de la légèreté et de la pauvreté des sols. Ils pratiquent l’élevage du porc, du bœuf et du mouton, et extraient le sel de l’océan. Cette précieuse denrée est sans doute un objet d’échange pour la population et on peut supposer l’existence d’un véritable négoce dans la région.

La culture de la vigne joue également un rôle important dans l’économie de l’époque gallo-romaine. Elle s’installe partout et introduit le vin consommé localement. Les autres ressources proviennent essentiellement de l’artisanat, fabrication d’objets usuels, outils, clous, fibules et produits résineux tirés du pin.

En fait, la résine est extraite d’une époque bien antérieure encore, et consommée soit directement pour étancher les récipients, soit pour l’éclairage, soit en œnologie par son mélange avec le vin afin d’obtenir le très prisé vin « résiné ». Elle peut aussi être transformée en poix et ceci d’une façon quasi-industrielle, faisant même l’objet de commerce, au vu des quantités qui sont produites. La poix épaisse (goudron) a de multiples applications : elle sert dans la marine à calfater les vaisseaux, y compris les voiles et les cordages. On l’utilise aussi dans la pharmacopée sous forme de cataplasme, d’emplâtre, d’onguentInformation Musée de Mimizan.

Moyen Âge Des sauvetés, comme celle de Mimizan, sont placées à partir du sous l'autorité de l'abbaye de Saint-Sever. Elles attirent et fixent les populations sur ces terres difficiles en contrepartie de certains avantages. Elles gèrent les flux des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle empruntant la voie de Soulac.

Les vestiges de sept mottes castrales, dont celle du Tuc de Houns, ont été retrouvées dans le pays de Born.

Le pays de Born devient possession de la Maison d'Albret par l'intermédiaire de Mathe d'Albret. Au début de la guerre de Cent Ans, à la fin de 1337 ou au début de 1338, Mathe d'Albret conclut un accord avec le roi d'Angleterre , duc d'Aquitaine... Elle lui cède la garde de ses seigneuries de Gensac, Miremont (lieu probablement situé dans la seigneurie de Gensac), Castelmoron et Montcuq (commune de Pomport) pour la durée de la guerre, en s'en réservant l'usufruit. Elle lui donne les seigneuries de Bergerac (qu'en fait elle ne possède pas) et de Montignac. Elle reçoit en échange les seigneuries de Montendre, Condat (manoir dans la commune actuelle de Libourne), Labouheyre, le pays de Brassenx, la prévôté de Born et de Mimizan, en possession perpétuelle. Cet accord est particulièrement profitable à Bernard Ezi d'Albret, qui, à la mort de sa sœur Mathe est son héritier et récupère ainsi des terres proches de sa seigneurie de Labrit, comme la prévôté de Born..

Epoque moderne Vers 1500, la prévôté de Born, placée sous la dépendance de la maison d'Albret, comprend les douze paroisses d'Aureilhan, Biscarrosse, Gastes, Lévignac, Mézos, Mimizan, Parentis-en-Born, Pontenx-les-Forges, Sainte-Eulalie, Saint-Julien, Saint-Paul, Sanguinet. Bias et Uza s'y rattachent ultérieurement. Sur le plan judiciaire, la prévôté de Born est divisée en trois territoires, dont les sièges sont à Mimizan, Saint-Paul et Saint-Julien. Sur le plan religieux, la direction épiscopale du Born se trouve à Bordeaux jusqu'en 1789Dictionnaire de la Lande française, Charles Daney, Editions Loubatières. Un édit de 1749 supprime toutes le prévôtés, mais l'appellation perdure néanmoins jusqu'à la révolution française.

Le découpage administratif du Born est modifié en 1790. Le département est divisé en 4 districts, ceux de Mont-de-Marsan, Dax, Saint-Sever et Tartas. Le pays de Born est rattaché au district de Tartas et le chef-lieu désigné est Parentis-en-Born. Le canton de Parentis compte 11 communes (Aureillan, Bias, Biscarrosse, Bouricos (rattaché à Pontenx les forges), Gastes, Mimizan, Pontenx, Saint-Paul, Sainte-Eulalie, Sanguinet et Parentis-en-Born).

Sites archéologiques Le fanum de Losa (12x10 m) est un site archéologique sublacustre situé sous les eaux de l’étang de Sanguinet. Les murs épais de sont constitués de blocs de garluche. Divers éléments archéologiques indiquent une période d’utilisation assez longue, entre le L’abandon du fanum pourrait être lié à l’apparition du christianisme au .

Malgré des conditions d’observation difficiles en raison de la vase et d’algues, un habitat du deuxième âge du fer a été découvert dans le lac de Biscarrosse par de profondeur : le site de la Pendelle. Situé sur un axe de communication Nord-Sud, cet habitat se caractérise par une enceinte en pierre de forme ovoïde d’une superficie d’environ .

Les tumulus funéraires de Mimizan : plusieurs nécropoles protohistoriques ont été localisées autour de Mimizan. Elles sont généralement constituées d’un ensemble de tumuli espacés de quelques dizaines de mètres. La fouille de l’un entre eux (Louroun) a révélé deux tombes d’inhumation. Lors du rite funéraire, le corps est brûlé sur un bûcher, les os calcinés sont soigneusement recueillis et placés après lavage dans une urne funéraire en terre cuite. Des offrandes (parures, objets, denrées) sont également brûlées avec le corps. L’urne est ensuite placée dans un tumulus en terre.

Segosa, mutatio sur la voie romaine littorale reliant dans l'Antiquité Bordeaux à Dax.

Pèlerinage et religion L’itinéraire entre Arcachon et Bayonne est fort ancien. Déjà connu des Celtes avant l’ère chrétienne et emprunté au Moyen Âge par les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, c’était la voie romaine appelée plus tard Camin Arriaou. Il dessert une succession de « pays » de vieille tradition landaise : Pays de Born, Marensin, Maremne, Seignanx.

De nos jours, la paroisse Saint-Joseph-du-Born est la plus étendue de la côte landaise. Elle compte les églises Saint-Michel de Bias, Saint-Julien de Saint-Julien-en-Born, Saint-Louis d'Uza, Saint-Jean-Baptiste de Mézos Sainte-Eulalie de Sainte-Eulalie-en-Born, Sainte-Ruffine d'Aureilhan, Notre-Dame-de-l'Assomption de Mimizan-Bourg, Notre-Dame des Dunes de Mimizan-Plage, de Saint-Paul-en-Born, Sainte-Madeleine de Contis, Saint-Jean-Baptiste de Bouricos, Saint-Martin de Pontenx-les-Forges.

Le Born possède de nombreuses fontaines dites « miraculeuses » : Saint Jean-Baptiste de Bouricos, Sainte Rose ou Arrose de Mézos, Saint Michel de Bias, Saint Barthélémy de Parentis, Saint Eutrope, Saint Clair de Saint-Paul en Born, Saint Roch, Saint Mommolin, Saint Galactoire, Sainte Ruffine d’Aureilhan, Sainte Madeleine de Contis, etc.

Économie Des gisements de fer tiré de l’alios ont été exploités jusqu’au à la forge de Pontenx et à la forge d'Uza. La concurrence avec la forge de Brocas, celle de Pissos ou d'Ychoux faisait alors rage. Alors que le gisement déclinait, Pontenx-les-Forges recevait encore en 1901 de minerai du Périgord.

Entre la fin du et le début du , la construction de la voie ferrée désenclave le pays de Born. Travailleurs et marchandises circulent plus librement, favorisant la production de produits résineux et l'activité de scieries et de la papeterie de Mimizan.

Quant aux espoirs fondés sur les hydravions de la société Latécoère, basée aux Hourtiquets (au bord du côté ouest du lac de Biscarrosse) de 1930 à 1955, partant vers l’Afrique et l’Amérique, ils appartiennent désormais à l’histoire glorieuse des débuts de l’aéronavale, exposée au Musée historique de l'hydraviation.

À partir de 1954, du pétrole est découvert à Parentis-en-Born. Ce sera le plus important gisement français jamais découvert. La société VERMILION REP a repris les actifs d'ESSO en 1997, pour continuer l'exploitation de ce gisement. Aujourd'hui, les puits toujours en activité produisent de brut par an soit 11 % de la production nationale. C'est , le plus important gisement du territoire français.