Vadans est une commune française située dans le département du Jura, dans la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.

Son code postal est 39600, et son code Insee est 39539. La commune est rattachée au canton d'Arbois et à la communauté de communes Arbois, Poligny, Salins – Cœur du Jura.

Ses habitants se nomment les Vadantiers et Vadantières.

Géographie Communes limitrophes

Vadans se situe sur l'axe Dole-Arbois-Champagnole, qui fait la connexion entre la plaine et le relief jurassien. Le village est à la fois tourné sur le canton arboisien à l'ouest d'une part, et sur l'agglomération doloise et le bassin de Mont-sous-Vaudrey d'autre part.

Le village se situe également à 13 kilomètres au nord de Poligny, à 16 kilomètres à l'ouest de Salins-les-Bains et à 12 kilomètres de Mouchard. La commune de Vadans est enfin liée au territoire lédonien, qui est à 40 kilomètres du village, et qui concentre les activités administratives.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Jura, caractérisée par une forte pluviométrie en toutes saisons ( à ), des hivers rigoureux et un ensoleillement médiocre.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arbois à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communication et de transport Vadans est uniquement desservie par la route et la départementale . Des bus départementaux mis en place par le Conseil départemental du Jura passent plusieurs fois par jour, destinés principalement au transport scolaire. L'autoroute la plus proche est l'A39, au péage de Bersaillin. La gare la plus proche est celle d'Arbois, mais les TGV partent de la gare de Dole.

Urbanisme Typologie Au , Vadans est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Arbois, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (55,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (44,4 %), terres arables (29,4 %), prairies (14,3 %), zones agricoles hétérogènes (8,4 %), zones urbanisées (3,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Il existe plusieurs hypothèses, toutes non vérifiées, pour l'étymologie de Vadans.

Vadans pourrait provenir du germanique, trace du peuplement burgonde ou alamannique en Franche-Comté. Ernest Nègre propose comme base de Vadans le nom propre « Waldo », "le marcheur". Il serait accompagné du suffixe « –ingen » devenu « –ans » dans la région comtoise, comme pour les communes voisines d'Ornans ou Souvans. Ce suffixe désigne un ensemble de personnes vivant autour d’un individu et de son domaineCette terminaison a donné –ing, –ingue, –ange en Alsace et Lorraine. En Franche Comté, –ans ou –ange comme Ornans (Doubs) - Toponymes de France d'origine germanique . On trouve ainsi l'orthographe Wadens au . et Waudens en 1320Toponymie générale de la France: Tome 2, Formations non-romanes, Volume 2 Par Ernest Nègre page 797 rééd. Lib. Droz 1991 .

Le Commandant Pierre-Eugène Girardot dans son Histoire du village et du château de Vadans. penche quant à lui pour une origine gallo-romaine. Il propose la traduction littérale de l'expression Valdacum, pour « château-fort de la vallée ». Cette interprétation est également non démontrée - bien que le Commandant Girardot soit originaire de Vadans - puisque le village ne disposait pas de château-fort proprement dit à cette époque.

Histoire Origine À l'époque gallo-romaine, le village a commencé dans la plaine, au bord d'une voie romaine, aujourd'hui dénommée le « Vieux Grand-Chemin » ou « Vieux Chemin ». Il s'étendait sur les lieux-dits à "la Croix" et surtout "aux Murgers". Les romains, selon l'abbé Guichard, auraient érigé un castrum sur les hauteurs de Vadans. L'origine antique est aussi certifiée par la présence d'une borne milliaire le long de l'ancienne voie romaine..

Le village a pris de l'importance au Moyen Âge quand les sires de Salins ont érigé un château-fort sur une butte pour assurer le contrôle de la route vers Dole et la BourgogneMairie de Vadans : les maisons se sont alors construites pêle-mêle à proximité du château. En effet, les habitants disposaient du droit de "retrahant", c'est-à-dire de la possibilité de se protéger dans l'enceinte du château pendant une attaque ou une menace étrangère. Les Vadantiers étaient aussi "retrahants" de la petite place forte d'Arbois. Ils devaient donc également s'acquitter de lourdes taxes et corvées auprès de ces derniers, ce qui amena de nombreux conflits entre les deux parties. À chaque fois, le parlement de Dole mettait un terme à la résistance, tranchant toujours en faveur de la place arboisienne.. Durant son expansion, le village comptera jusqu'à 700 habitants, avec des professions liées à la présence du château comme des notaires ou des greffiers..

Seigneuries La seigneurie de Vadans est née d'un démembrement de la puissante Seigneurie de Salins et la première mention d'un seigneur de Vadans apparaît à la fin du , époque où s'édifie le château fort de Vadans et l'Abbaye Notre-Dame de Rosières toute proche (aujourd'hui dans le village La Ferté) que les sires de Vadans doteront largement et où ils ont souvent établi leur sépulture.

La seigneurie/baronnie de Vadans était très importante : elle comprenait le château, l'un des plus considérables de la région, ainsi le village de Vadans, le hameau de Saint-Pierre-sous-Vadans, Molamboz, Mathenay, La Ferté, Saint-Cyr-Montmalin, Oussières, Villers-les-Bois, et avait pour annexes Souvans, Bans, Nevy-lès-Dole, Villers-Robert, Séligney, Tassenières et Le Deschaux, ainsi que des moulins, des tuileries, des cours d'eau et des forêts de surfaces conséquentes..

On peut suivre l'histoire de Vadans à travers ses seigneurs successifs du au .

Vadans et la maison de Vienne/Mâcon

Par le mariage de Maurette de Salins (1137-1200) citée comme « Maura comitissa et domina de Salinis » dans une charte de 1175, l'unique héritière de son père Gaucher III de Salins (ou Gaucher IV selon les historiens modernes : cf.Les salines de Salins au : Cartulaires et livre des rentiers Par René Locatelli, Denis Brun, Henri Dubois page 35 Université de Besançon 1991 et la Remarque de l'article Humbert II ; † 1175), la seigneurie de Salins passe à la famille des comtes de Mâcon et de Vienne (cf. le schéma généalogique de l'article Étienne). Les enfants de Maurette de Salins et de Géraud Ier de Mâcon (appelé aussi Girard/Gérard de Vienne ; † 1184) sont, entre autres :

Guillaume IV de Mâcon et de Vienne († 1224), qui reçoit les comtés de Mâcon et de Vienne (sans héritier direct, le comté de Mâcon sera intégré au royaume de France en 1239), Gaucher de Salins, dit aussi Gaucher IV (ou V) de Mâcon-Vienne (« Wacherus dominus de Salinis » ou « Galcherus Salinensis dominus » ; † 1219), qui reçoit la seigneurie de Salins, et : Girard, le cadet de la famille (Géraud/Gérard de Vienne-Mâcon ; vers 1166-1211), qui détache la châtellenie de Vadans et devient « seigneur de Vadans ». Il est nommé ainsi dans une charte de 1200 concernant l'abbaye de Rosières qu'il cosigne avec ses frères : « Willelmus comes Viennensis et Matisconensis et Gaucherus dominus de Salins et Girardus dominus de Wadens ». Il meurt sans descendance de sa femme Perrette de Ferrette ou de Dampierre, remariée à Thiébaut Ier de Neu(f)châtel († 1268) ; son frère aîné Gaucher V de Salins, évoqué ci-dessus, dit aussi Gaucher IV (ou V) de Mâcon-Vienne (« Wacherus dominus de Salinis » ou « Galcherus Salinensis dominus », Seigneur de Salins en 1184 ; vers 1153/1160-1219), devient son héritier pour Vadans.

La seigneurie de Vadans, avec la maîtrise de son château, a pu momentanément être aliénée par les Salins, ou bien se diviser en plusieurs co-seigneuries, ou encore se partager en une seigneurie éminente (une suzeraineté, aux Salins) et une seigneurie directe, immédiate : car Louis , comte de Ferrette († vers 1190) s'intitule en 1173 sire de Vadans (Ludovicus comes Ferretensis et dominus de Wadens), dans une charte de confirmations de donations faites par Gaucher III (ou IV) († 1175) à l'abbaye de Rosières.. Cela rejoint la question de la famille de Perrette, la femme de Gérard/Girard/Géraud de Mâcon-Vienne sire de Vadans, qu'on vient de rencontrer ci-dessus, et qui était dame de La Ferté-sous-Vadans : elle pouvait certes tenir La Ferté en douaire de son mari Géraud, mais elle semble l'avoir possédée de son propre chef, et elle la laissera à son époux Thiébaut de Neuchâtel ; si elle était bien de Ferrette comme le rapporte la tradition, fille de Richard, lui-même fils cadet du comte Louis , cela expliquerait qu'elle ait eu directement un fief issu de la seigneurie de Vadans qu'avait tenue, au moins en partie, son grand-père paternel le comte Louis ; mais une autre explication est proposée : Perrette serait plutôt de Dampierre, fille de Richard de Dampierre (sans doute -sur-le-Doubs ; mais il existe un autre Dampierre, également sur le Doubs), capitaine du château de Vesoul, ces Dampierre jouant un rôle actif sur l'axe Dole-Arbois qui passe justement par Vadans et La Ferté....