La Mésange nonnette (Poecile palustris, anciennement Parus palustris) est une espèce de passereaux de la famille des Paridés. C'est un petit oiseau ( du bec à la queue pour ) portant une calotte d'un noir brillant et une petite bavette noire, avec le dessus brun-gris et le dessous crème à blanchâtre. Elle ressemble beaucoup à la Mésange boréale, avec qui elle peut cohabiter.

Oiseau bavard, elle est dotée d'un répertoire varié. Son cri classique est un pit-siou ou pi-ti-tsiou qui la différencie clairement de la Mésange boréale, tandis que son chant est une succession de notes simples.

La Mésange nonnette est présente dans deux zones disjointes : d'une part dans les latitudes moyennes de l'Europe, d'autre part en Asie de l'Est. Dans son aire de répartition, elle est assez commune à commune. Ses effectifs mondiaux sont estimés entre d'individus adultes dans le monde, dont en Europe, qui représente 55 % de l'aire de répartition.

Elle recherche les vieilles forêts de chênes, de hêtres ou mixtes, d'aulnes, de peupliers, de bouleaux, de saules et de cerisier à grappes, où elle trouve des cavités pour nicher. Elle peut également élire domicile dans les vergers, les parcs et les grands jardins comportant de vieux arbres fruitiers et des buissons.

Elle est socialement monogame et pratique l'élevage biparental. Son nid est aménagé dans la cavité existante d'un tronc d'arbre ou d'arbuste et garni de mousse et de poils. La femelle y pond sept à neuf œufs blancs tachetés de brun. Quasiment tous éclosent et le succès reproducteur (taux de jeunes éclos menés à l'envol) est élevé, entre 70 et 80 %. Quelques jours après avoir quitté le nid, les jeunes se dispersent pour établir leur propre territoire et former un couple. La Mésange nonnette ne migre pas et ne prend pas part à des irruptions (invasions massives et ponctuelles, causées entre autres par un manque local de nourriture), contrairement par exemple à la Mésange boréale. Une fois établie sur un territoire, elle tend à y rester toute sa vie.

Omnivore, elle se concentre sur les insectes et les araignées au printemps et l'été, avant de se tourner vers les graines et les baies le reste de l'année. Assez peu farouche vis-à-vis de l'être humain, elle fréquente volontiers les mangeoires, où elle prélève les graines une par une avant de disparaître dans les branches pour les consommer.

Dotée d'une aire de répartition très étendue, avec des effectifs importants et en déclin modéré, la Mésange nonnette est déclarée espèce de préoccupation mineure. Sa régression est en revanche préoccupante dans certains endroits, comme la Grande-Bretagne, où son abondance n'est plus en 2025 que le cinquième de ce qu'elle était dans les années 1970. Les causes de cet effondrement sont complexes, mais il semble que le nourrissage massif des oiseaux pratiqué au Royaume-Uni et en Europe continentale puisse être un facteur, en favorisant des espèces dominantes comme la Mésange charbonnière et la Mésange bleue, voire des prédateurs comme le Pic épeiche.

Noms et étymologie Le nom générique Poecile vient du grec ancien / poikilís, littéralement « oiseau bigarré, tacheté, moucheté », terme utilisé chez Aristote pour désigner plusieurs petits oiseaux..

Palustris vient du latin et signifie « qui se rapporte aux marécages » .. Ce sens se retrouve dans les noms vernaculaires anglais (), allemand (), danois (), espagnol () ou encore portugais ().

Son nom français, nonnette ou « petite nonne », fait allusion, selon les sources, à sa calotte noire qui rappellerait le voile des religieuses. ou à sa tenue grise.. Au Québec, ce nom est donné aux mésanges locales dépourvues de huppe, mais munies de cette calotte sombre. Il est courant en français de parler de « mésanges grises » pour désigner les mésanges à calotte noire et à dos gris-brun.. Buffon appelle la Mésange nonnette « nonnette cendrée » et en italien, la Mésange nonnette est la , littéralement la « mésange bise ».

Description Apparence vignette|alt=Petit passereau au dos brun-gris, avec une calotte noire, perché sur une branchette recouverte de lichen.|La Mésange nonnette fait partie des mésanges dites « grises ».

La Mésange nonnette est une mésange de taille moyenne ( de longueur du bec à la queue pour ), similaire en gabarit à la Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et plus petite que la Mésange charbonnière (Parus major). C'est un oiseau rondouillard, avec une tête large et arrondie, dotée d'un bec court et relativement fin. Elle possède une calotte d'un noir lustré, un dessus brun avec une petite bavette sombre.. Sur le terrain, c'est une mésange vive, acrobate et particulièrement douée pour tenir de la nourriture dans ses pattes. Elle se déplace en sautillant, parfois en bondissant ou en courant au sol.. Son vol est en dents de scie, peu fluide, marqué par des battements d'ailes énergiques et assez abrupts..

La sous-espèce nominale arbore une calotte noire qui court du front à la nuque et descend sur le côté jusqu'au niveau inférieur des yeux. Les plumes du sommet du crâne sont brillantes. Le dessus, incluant les couvertures sus-alaires, est d'un brun chamois parfois teinté de cannelle sur le croupion et les couvertures sus-caudales. La queue est brun-gris frangée de gris. L'alula et les plumes de vol sont d'un brun plus sombre. Les joues, les lores et les couvertures parotiques sont blanchâtres. Le menton et la partie supérieure de la gorge forment une petite bavette noire. La partie inférieure de la gorge, la poitrine et le ventre sont blancs. Les flancs et le bas-ventre sont d'un chamois grisé, parfois teinté de rosé en plumage frais. L'iris est noir ou d'un brun très sombre. Le bec est noirâtre, avec une zone gris pâle à la base de la mandibule supérieure. Les pattes sont d'un gris bleuté à ardoisé.

Mâle et femelle se ressemblent beaucoup. La calotte des mâles est d'un noir plus profond et plus brillant, alors que celle des femelles est plus terne, s'apparentant à celle de la Mésange boréale (Poecile montanus). Leur bavette est également plus sombre et plus large.. Les juvéniles peuvent se distinguer des adultes par une calotte plus terne, mais de ce fait, ils sont pratiquement impossibles à différencier des juvéniles de Mésange boréale..

Communication Voix

La Mésange nonnette est un oiseau bavard, doté d'un répertoire varié où l'on peut distinguer trois catégories de vocalisations : le cri chick-a-dee, le gargouillis et le chant..

La nonnette applique un système de cris commun à toutes les espèces du genre Poecile et décrit d'abord chez deux espèces de mésanges américaines ( en anglais), la Mésange à tête noire (Poecile atricapillus) et la Mésange de Caroline (Poecile carolinensis), d'où son nom de système chick-a-dee.. Il repose sur quelques règles et quatre types de cris de base, notés A-B-C-D dans la littérature scientifique. Le cri A consiste en un cri fin et aigu, si ou tsi. Le cri B est un sip, tsit ou pit plus ferme et plus grave. Le cri C, encore plus grave, consiste en un siou ou siè très marqué. Le cri D est un simple di nasal, à bande large. Ces notes peuvent être combinées tout ou partie, toujours dans le même ordre : A vient avant B ou C, D étant utilisé à la fin. Ce système de cris reste encore largement à décoder. Une étude publiée en 2007 montre néanmoins que le cri A est neutre et associé au mouvement ; C est agressif, mais peut aussi transmettre un emplacement de nourriture ; le nombre et le rythme de notes D semblent corrélés avec le degré de la menace lors d'un houspillage..

La Mésange nonnette s'exprime le plus fréquemment par les cris B-C, un pit-siou. ou pit-siè. distinctif, émis de manière isolée ou par deux, parfois suivi d'un certain nombre de notes D, jusqu'à dix ou plus.. Lorsqu'elle volette ou qu'elle se nourrit, la nonnette émet des séries de cris A. Elle peut alors être confondue avec les autres mésanges ou avec les roitelets.

Le gargouillis est une éruption sonore complexe et variable émise par les mésanges à courte distance dans des contextes bien précis d'excitation intense ou d'agressivité.. Il a ainsi été qualifié de « cri de guerre ». Il semble émis très majoritairement par les mâles et s'entend le plus souvent lors de conflits territoriaux. Il constitue également la réponse typique à la repasse, pratique ornithologique consistant à diffuser le chant d'une espèce donnée afin de faire réagir d'éventuels individus en présence.

Le chant de la nonnette est une succession rapide de cinq à dix notes monosyllabiques, tsiu tsiu tsiu, qui a été comparée aux . Il est typiquement émis depuis un perchoir en hauteur et sert à annoncer ou affirmer sa présence. La nonnette possède un large répertoire : une étude menée dans le sud de l'Allemagne distingue locales.. Les mâles sont les chanteurs les plus fréquents, mais les femelles peuvent également produire ce type de vocalisations, souvent la répétition d'une seule et même phrase, pour attirer un partenaire, mais aussi pour défendre le territoire..

Postures vignette|alt=Petit passereau penché vers l'avant, le bec entrouvert.|La nonnette utilise une gamme de postures stéréotypées pour communiquer.

La Mésange nonnette communique également par un ensemble d'attitudes et postures, souvent en combinaison avec des vocalisations. Ces postures semblent innées : les nonnettes juvéniles qui viennent d'apprendre à voler passent beaucoup de temps à les enchaîner, alors que leurs vocalisations sont encore en cours de consolidation.. Ces postures sont difficiles à identifier sur le terrain, car elles sont très rapides. Elles sont moins bien étudiées chez la nonnette que chez les mésanges américaines..

La posture dite « du bec relevé » consiste à relever le bec pour montrer sa bavette à son adversaire et l'intimider. Chez la Mésange boréale, la taille de la bavette est un signe de domination. et il en va probablement de même chez la nonnette. Une autre posture d'intimidation consiste à se pencher en avant, souvent en ouvrant grand le bec. Elle est fréquemment employée à la mangeoire, où les conflits sont fréquents pour accéder à la nourriture. La nonnette peut également ériger les plumes de sa calotte quand elle est inquiète ou se sent menacée, par exemple quand elle est manipulée par un bagueur. Un cas extrême consiste pour l'individu à ébouriffer l'ensemble des plumes, pour se rendre le plus imposant possible. Inversement, la nonnette fait preuve de soumission en aplatissant toutes ses plumes, souvent en se détournant de l'oiseau dominant..

Confusions possibles vignette|alt=Comparaison de la tête de la Mésange boréale et de la Mésange nonnette|Liseré blanc à la jointure des mandibules chez la Mésange nonnette, à droite, par rapport à la Mésange boréale.

La Mésange nonnette est extrêmement proche de la Mésange boréale (Parus montanus), avec qui elle voisine dans certaines parties de son aire de répartition. L'ornithologue Chris Perrins, qui a consacré une monographie aux mésanges britanniques, se demande en plaisantant comment les oiseaux eux-mêmes ne se confondent pas entre eux. Il recense six caractéristiques physiques : la calotte noire brillante et non chocolat foncé ; la calotte s'étendant très peu sur le dos ; l'arrière des joues brun-beige ; l'absence de panneau sur l'aile fermée, formé par le liseré pâle des rémiges secondaires chez la boréale ; les flancs grisâtres et non crème ; la bavette plus petite et bien délimitée.. Quand l'oiseau est en main, les rectrices externes sont de plus courtes que les plus longues, contre chez la Mésange boréale.