L'immigration en Belgique représentait, selon la définition des Nations unies« personne née dans un autre pays que celui où elle réside »., personnes début 2015, soit 16,1 % de sa population, dont environ (8,5 %) nées hors de l'Union européenne.. Le nombre d'étrangers était lui de (11,2 %) début 2015 contre (11,5 %) début 2016.. En 2010, 25 % de la population jusqu'à la génération était d'origine étrangère (dont 10 % d'étrangers, 7,5 % de Belges nés d'étrangers et 7,5 % de personnes de la génération).. En 2016, selon la BCSSBanque Carrefour de la Sécurité Sociale, 16,5 % de la population est née hors de Belgique et 13,7 % est belge née d'étrangers..

La Belgique a accueilli depuis le plusieurs vagues d'immigration. En fonction des différentes périodes de l'histoire du pays, les motifs de ces déplacements volontaires seront différents. Dans les années 1920, la politique belge en matière d'immigration est fondée sur un principe majeur : « l'immigration n'est admise que dans la mesure où elle joue un rôle économique c'est-à-dire un rôle d'apport de main-d'œuvre indispensable au développement de l'industrie belge ». La Belgique passera ensuite d'une immigration de travail à une immigration de peuplement dans les années 1940-50 après la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, c'est une immigration clandestine que connaitra le pays dans les années 1960. En 1974, la Belgique renforce sa politique migratoire et décide de passer à l'immigration zéro en fermant ses frontières à l'immigration. De nombreuses dispositions législatives verront le jour à la suite de ces changements en matière d'immigration.

Jusqu'à la fin du , les migrants venaient principalement des pays limitrophes. Aujourd’hui, l'immigration en Belgique, « se caractérise par une très grande diversification des nationalités ». Les nationalités qu'on retrouve le plus régulièrement parmi ces immigrés sont les Marocains (, Centre de recherche en démographie et sociétés de l'Université catholique de Louvain. Dernière consultation le 11 octobre 2015.), les Italiens (500 000), les Turcs (-« Cinquantième anniversaire de l'immigration turque en Belgique » (consultée le )), les Français (), les Néerlandais () et les Espagnols (). Rien qu'en reprenant ces six nationalités, on atteint plus de 70 % des étrangers en Belgique.

Histoire

L'avant-guerre Au , la Belgique connait des mouvements migratoires de plus en plus accentués liés à la recherche du travail. La révolution industrielle touche toute l'Europe dont la Belgique qui voit de grandes usines se développer ayant besoin de main-d'œuvre plus importante.

L'immigration ouvrière dans l'entre deux-guerres et la crise des années 1930 C'est surtout lors de la Première Guerre mondiale que la Belgique devient un pays d'immigration et plus particulièrement, d'immigration ouvrière. La Belgique ainsi que d'autres pays européens sortaient de la première guerre mondiale avec tout un pays à reconstruire (routes, bâtiments etc.). Le secteur minier, en particulier, favorisa la migration vers la Belgique pour besoin de main d'œuvre car les mines qui exploitaient le charbon devait "tourner à plein régime". Il fallait donc plus de travailleurs parce qu'à cette époque, malgré une main d'œuvre belge disponible, il n’y a plus suffisamment de Belges qui acceptent de faire certains travaux pénibles et mal payés". La main d'œuvre venait principalement de France, puis de l'Italie, de Pologne, jusqu'en Afrique du Nord. Celle-ci était souvent recrutée par des campagnes organisée par la Fédération des Associations Charbonnières. Ils arrivaient la plupart du temps seuls, sans leur famille et n'avaient le droit de rester sur le territoire que pour une période de cinq ans. Par la suite, ils auront le droit de faire venir leur famille, ce qui engendrera un nouveau phénomène : le regroupement familial.

La situation change dans les années 1930 avec la crise économique. Le gouvernement veut limiter l'entrée des étrangers car il n'y a plus assez de travail pour la population belge et étrangère. Dès lors, de nombreux ouvriers se retrouvèrent au chômage et furent renvoyés dans leur pays. "Ce n'est donc pas un hasard si à cette période, on voit se multiplier les arrêtés royaux et ministériels destinés à freiner puis à contingenter l'immigration". C'est dans ce contexte que la Belgique met en place la première réglementation sur la main d'œuvre étrangère : un arrêté royal du 15/12/1930 sur la double autorisation préalable (permis de travail et permis de séjour). En effet, les étrangers qui veulent travailler en Belgique "doivent préalablement obtenir l'autorisation du Ministre de la Justice". L'immigration devient alors une politique de l'État et plus seulement des entreprises.

L'immigration ouvrière dans l'après-guerre thumb|upright=1.5|Livrets d'information pour les travailleurs immigrés en Belgique thumb|upright=1.5|Le Centre d'Accueil du Personnel Africain (CAPA) à Tervuren, où logeaient les travailleurs congolais arrivés à Bruxelles pour l'Expo 58. Voir aussi : Accord du 28 novembre 1956 entre la Belgique et l'Espagne relatif à la main-d'œuvre espagnole en Belgique

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les pays européens vont à nouveau faire appel à l'immigration afin de combler le manque de main-d'œuvre. Une vague d'accords bilatéraux verront le jour entre la Belgique et les pays d'origine des immigrés. En effet, l’État gère le recrutement de travailleurs à l’étranger, en signant des accords avec différents pays et en organisant de véritables convois de travailleurs pour reconstruire son économie. Le premier accord est signé en 1946 avec l’Italie qui enverra travailleurs en Belgique et ce nombre d’Italiens sur le territoire belge ne cessera d’augmenter, malgré des conditions de vie difficiles et des catastrophes minières, comme celle du Bois du Cazier à Marcinelle le où 262 ouvriers majoritairement italiens moururent. En conséquence, l'Italie suspendra l'immigration vers la Belgique et commencera alors l'immigration par contingents. Cela s'intensifiera lorsque la croissance économique de la Belgique augmentera fortement. En effet, les pays de recrutement se diversifieront et la Belgique deviendra le pays de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) qui possède le plus de travailleurs étrangers sur son territoire. Elle se tourne alors vers d'autres zones de recrutement et conclut de nouvelles conventions bilatérales, avec l'Espagne (1956), la Grèce (1957), ainsi qu'avec le Maroc et la Turquie (1964). De nombreux droits et devoirs des travailleurs immigrés ainsi que ceux de leur famille figurent dans ces conventions.. Elles dressent les droits en matière de sécurité sociale et les conditions en matière de regroupement familial. "Au fil du temps, cette migration de travail est devenue une immigration de peuplement pour répondre à des besoins démographiques et aux exigences patronales de stabilisation de main d'œuvre". Le regroupement familial devient alors une matière purement démographique, ce qui constitue l'application des recommandations émises par le Rapport Sauvy. En effet, vu la demande importante de main-d'œuvre masculine dans le secteur minier et le vieillissement de la population, la Belgique a besoin dans les années 1960, d'augmenter sa population féminine et enfantine.

À l'heure actuelle, on retrouve trois grands pays d’origine qui ont marqué l’histoire migratoire de la Belgique d’après-guerre : le Maroc, la Turquie et la République démocratique du Congo. Le point commun entre ces trois courants migratoires est qu’ils ont démarré au début des années 1960. Les migrants originaires de ces trois pays se sont progressivement installés en Belgique et ont donné naissance à des populations ayant chacune leurs propres caractéristiques démographiques. L’immigration marocaine a contribué à façonner de manière durable le visage de la Belgique sur le plan démographique, économique, social et culturel. Deux exemples sont particulièrement significatifs : les Marocains constituent à l’heure actuelle la première communauté étrangère en Belgique ; la loi du reconnaît le culte islamique parmi ceux qui doivent bénéficier d’un financement public. Il y a d’ailleurs concordance de date entre la reconnaissance de l’islam et l’arrêt de l’immigration. Le regroupement familial reste cependant autorisé, ce qui permet l’installation durable des immigrés marocains dans le pays et l’augmentation du nombre des fidèles de confession musulmane. D’où l’intérêt de revenir sur la convention belgo-marocaine relative à l’occupation de travailleurs marocains en Belgique, signée le et passée presque totalement inaperçue à l’époque. Certaines entreprises comme Caterpillar, apprennent l’existence de la convention en 1974, l’année même où l’immigration est arrêtée. Le citoyen belge moyen ignore jusqu’à son existence. Certains ouvrages spécialisés lui accordent une ligne..

Le Traité de Rome qui pose les bases de la Communauté économique européenne inclut le droit de libre circulation de travailleurs parmi les six pays fondateurs - cela à cause de la volonté de l'Italie de protéger et de donner des droits à ses travailleurs immigrés en Belgique et en Allemagne en base aux accords bilatéraux. À partir de 1968, les immigrés faisant partie de l'Union européenne "peuvent franchir les frontières sur simple présentation du passeport ou de la carte d'identité" et peuvent avoir un travail rémunéré sans permis de travail sauf pour les emplois publics.

La crise des années 1970 et la tentative de « fermeture » des frontières

A la fin des années 1960, la croissance économique belge ralentit et le taux de chômage s'accroit, ce qui pousse les pouvoirs publics à revoir leur politique d'accès des immigrés au territoire. En 1967, une nouvelle législation organisant l'attribution du permis de travail est adoptée : elle vise à mieux contrôler les flux d'entrée d'immigrés dans le pays. En , le ministre de l'emploi et du travail propose des mesures afin de diminuer l'attribution du permis de travail (par exemple, de le refuser aux personnes arrivées en Belgique sans emploi). Ensuite, une autre mesure prétendra empêcher les immigrés d'accéder au territoire pour un autre travail que celui prévu dans leurs conditions de séjour. Par conséquent, le nombre de permis de travail décroîtra fortement à partir de 1968 et beaucoup de secteurs qui utilisaient la main d'œuvre étrangère rencontreront plus de difficultés, augmentant ainsi le taux de chômage et les problèmes économiques. Face à cette situation, le gouvernement devra durcir le système en prenant d'autres mesures par lesquelles il décida de stopper l'immigration des travailleurs étrangers due à la détérioration de la situation économique générale (avec comme seules exceptions les personnes hautement qualifiées, le regroupement familial, les étudiants étrangers et le droit d’asile). Cette décision qui "s'apparente à l'arrêt officiel de l'immigration s'accompagne de la première politique de régularisation des étrangers séjournant clandestinement en Belgique : étrangers bénéficieront de cette politique et se verront délivrer un titre de séjour en 1975".

Mais paradoxalement, à rebours de ce que ces mesures auraient laissé présager, on voit augmenter le nombre d'étrangers.

Les années 1980 et 1990 À partir des années 1980, l'accueil des demandeurs d'asile est réglé de manière plus structurée. La loi du organise l'accès "au territoire, séjour, l'établissement et l'éloignement des étrangers". Cette loi sera modifiée plusieurs fois de façon plus restrictive en 1984, 1987, 1991, 1992, 1993, 2000 et 2002.