Le Secours populaire français (SPF) est une association française de solidarité à but non lucratif, qui lutte contre la précarité en France (sur le plan matériel, médical, moral et juridique), aide les victimes de conflits armés et les sinistrés climatiques en France et dans le monde.
En 2024, le Secours populaire comptait 651 comités locaux et 96 fédérations départementales et a aidé 4,1 millions de personnes en France grâce aux 98 000 bénévoles et aux 67 millions d'euros de dons de particulier recueillis par l'association..
Au niveau international, le Secours populaire est intervenu en 2024 dans 60 pays grâce à 168 partenaires locaux et 258 programmes de solidarité.
L'association est agréée association nationale d'éducation populaire depuis 1983 et a obtenu la reconnaissance d'utilité publique en 1985.
Une des particularités de l'association est d'engager les personnes aidées à devenir à leur tour bénévoles. Pour cette raison le Secours populaire se définit comme « association de la solidarité et de mise en mouvement ».
Organisation
Structure décentralisée Organisé en fédération d'associations, le Secours populaire est un mouvement décentralisé qui compte départementales et professionnelles ainsi que sur le territoire français en 2024.
Le Comité national élu tous les deux ans décide des grandes orientations pour les deux ans à venir. Le Secrétariat national et le Bureau national sont chargés d'exécuter les décisions du Comité national. Son Président est élu par le Secrétariat national.
Le Conseil de région, dont les 13 membres sont élus par les Congrès départementaux tous les deux ans, est chargé d'animer la fédération régionale et de préparer de grandes actions pour la région (Vacances, JOV…).
Une fédération du Secours populaire est une structure départementale. Elle agit comme un relais chargé d'animer, de coordonner, de développer les actions de solidarité et d'assurer leur financement. Chaque fédération se compose de tous les comités et antennes locales d’un même département.
Le comité départemental, élu tous les deux ans par le congrès départemental, décide des grandes orientations et le secrétariat départemental exécute les décisions du comité départemental. Le secrétaire général est élu par le comité départemental et le trésorier est élu par la commission financière qui est par ailleurs la seule commission à être élue par le congrès départemental.
Le comité est une structure locale, qui regroupe des bénévoles sur un quartier, une commune, un ou plusieurs cantons, un lieu de travail ou d'études. Il agit dans le sens des orientations de l'association pour animer, coordonner, développer des actions de solidarité et assurer leur financement, par l'appel aux dons et la mise en place d'initiatives permettant la participation financière des donateurs à la solidarité.
Enfin, l’antenne du SPF est un groupe de personnes (au moins deux) qui exerce une activité de solidarité au nom du Secours populaire, dans un lieu dédié, sur leur lieu de vie, de travail ou d'études en relation avec un comité, une fédération ou même directement en relation avec l'Association nationale (siège national) du Secours populaire. L'activité doit être régulière.
Le Secours populaire est un mouvement au cœur duquel agissent des bénévoles appelés "animateurs-collecteurs". Ils donnent de leur temps pour faire grandir la solidarité en accueillant et accompagnant les personnes, en organisant des événements, en collectant des ressources financières ou matérielles, en recevant des enfants en vacances, en dirigeant, en gérant, en réalisant des bilans et en cherchant d’autres animateurs-collecteurs.
Ils sont également acteurs de ce mouvement, disposant d’un droit de vote pour élire leurs dirigeants ou choisir eux-mêmes de représenter l’association. Ils sont maîtres des orientations et de la politique financière de l’association, en particulier lors des congrès organisés tous les deux ans.
Véritable pivot du Secours populaire, les animateurs-collecteurs s’impliquent bénévolement pour pratiquer la solidarité sous toutes ses formes et faire vivre le projet de l’association en participant à sa vie démocratique.
Une des particularités de l'association vient du fait que nombreux bénévoles sont d'anciennes personnes aidées.
Fonctionnement du SPF Tous les deux ans, les orientations du Secours populaire sont décidées et votées en congrès national. Elles sont préparées par des rencontres avec les collecteurs dans les antennes, les assemblées générales des comités et les congrès départementaux. Ces moments statutaires. donnent lieu à de multiples échanges avec les partenaires du SPF (collecteurs, bénéficiaires de l'aide, pouvoirs publics, décideurs économiques), tant en France qu'à l'étranger. Les directions, élues à tous les niveaux par les collecteurs eux-mêmes, suivent, durant deux ans, la mise en œuvre des orientations.
Afin de coordonner et d'impulser le mouvement sur le plan national, les structures élues par le Congrès (conseil d'administration et son secrétariat, comité national, bureau national, commission financière) se réunissent régulièrement plusieurs fois par an.
Plusieurs structures communiquent et travaillent de concert pour la solidarité : Comité : S'articulant à l’échelle d'une ville, les comités sont le fondement démocratique de l'association. Le comité est animé bénévolement par les animateurs collecteurs et dirigé par un bureau (élu en Assemblée générale) composé d'au moins un secrétaire général, un trésorier et des secrétaires. Antenne : N'ayant pas de structure juridique, l'antenne dépend d'un comité ou d'une fédération départementale. Elle est le point de relais de quelques animateurs collecteurs. Fédération : A l'échelon départemental, elle fédère les comités et anime les antennes. Elle est dirigée par le comité départemental, élu tous les deux ans lors du congrès départemental. Conseils de région : Regroupement des fédérations à l'échelle régionale, il structure la mutualisation des moyens, et peut bâtir des projets d'ampleur et renforcer l'entraide entre les fédérations. Association nationale : Elle est le garant du respect des orientations de l'association. Elle anime le réseau décentralisé et vient en soutien pour la gestion, le droit, la communication et l'animation. Elle est l'image de l'association auprès des médias, entreprises et pouvoirs publics.
Historique L'héritage du Secours rouge international (1923-1943)
En 1923, des militants du nouveau Parti communiste français fondent la section française du Secours rouge internationalA ne pas confondre avec le Secours rouge fondé en 1970 par Jean-Paul Sartre et soutenu par le GIP.. Celui-ci veut être la « Croix-Rouge du peuple ». La Section française rassemble au-delà du PCF des pacifistes mobilisés pour les millions de veuves, orphelins, blessés de la Grande Guerre, des antifascistes engagés contre la montée des dictatures militaires en Europe, des intellectuels de renom tels Henri Barbusse, Francis Jourdain ou Romain Rolland.
L’association organise en particulier la solidarité à l’égard des prisonniers politiques, militants syndicaux ou anticolonialistes condamnés à la déportation et au bagne, ainsi que leurs familles. Trois ans après sa fondation, elle crée un journal d'information, La Défense, qui paraît d’abord de manière bimensuelle puis devient hebdomadaire à partir de 1931"Les publications du Secours rouge international et du Secours populaire français font leur entrée sur Gallica", par Jean Vigreux le 28 juin 2018.. En 1927, elle est au premier rang dans les manifestations contre l'exécution des anarchistes Sacco et Vanzetti.
Dans les suites de la crise de 29, se développent ses activités sociales destinées aux enfants démunis : colonies de vacances, aide aux enfants des chômeurs... En 1936, dans l'optique du rassemblement voulu par le Front populaire, les fondateurs affirment leur volonté de réunir des gens . L’association change de nom et devient le Secours populaire de France et des colonies..
Le , huit jours avant le début de la seconde Guerre mondiale, La Défense tombe sous le coup de l'interdiction de la presse communiste prononcée par le gouvernement Daladier. L’association est dissoute un mois plus tard en même temps que le Parti communiste. L'activité et la diffusion du journal se poursuivent dans la clandestinité, principalement sous forme de mandats remis aux familles de fusillés et de colis envoyés aux prisonniers. En 1943, treize millions de francs, sont collectés dans les ateliers, les bureaux, les foyers de bénévoles, qui se comptent par milliers, et redistribués. En 1944, la moitié des responsables départementaux du Secours populaire de France et des colonies a été fusillé ou est morte en déportation.
Fusion avec l'Association nationale des victimes du nazisme (1944-1958) Dès le , l'avocat Pierre Kaldor, prochain secrétaire général du SPF, participe avec d'autres juristes à la Libération de Paris coordonnée par le brigadiste Rol-Tanguy, chef des FTP parisiens ralliés au mouvement FFI, dont le noyau est constitué de militants anonymes de la MOI, souvent des « Français de préférence »Louis Aragon, « Strophes pour se souvenir », in Le Roman inachevé, Gallimard, Paris, 1956. aux parcours périlleux, tel César Covo. Les membres du SPF libèrent le ministère de la justice, place Vendôme, et les entrepôts du quartier de la Gare. Les activités de solidarité reprennent aussitôt ouvertement, légalement à partir du , dans des locaux réquisitionnés quai de la Gare, puis au 11 boulevard Montmartre. Elles s’adressent en priorité aux prisonniers de guerre et aux enfants, pour lesquels des séjours sont organisés dès Noël 44. La Défense, sous le coup de la censure, continue d'être imprimé clandestinement par Charlotte Kaldor, que poursuivent les Renseignements Généraux jusqu'à l'agrément préfectoral obtenu en pour le numéro 19.
Le , le Secours populaire français est créé par la fusion du Secours populaire de France et des colonies, ancienne section française du Secours rouge, et de l'Association nationale des victimes du nazisme (ANVN). L’association se compose de femmes et d’hommes qui, pour beaucoup d’entre eux, ont connu la déportation, les camps de concentration français ou allemands, les prisons, la vie clandestine durant la Seconde Guerre mondiale, tel son futur secrétaire général et président Julien Lauprêtre. Selon l'injonction transmise à celui-ci par le chef militaire de la MOI de la région parisienne Missak Manouchian, lors de son emprisonnement à Fresnes, d'œuvrer à une société plus juste, ils souhaitent doter la France libérée d’une grande association de « solidarité populaire » dans une humanité qui ne sera, après le nazisme et Auschwitz, plus jamais la même.
Le Secours populaire vient au secours des familles des ouvriers insurgés de 1947 et des mineurs grévistes de 1948.