Charles Ulm AFC est un aviateur et homme d'affaires australien né le à Melbourne et disparu en mer en au cours d'un vol entre la Californie et Hawaï.

Après une enfance paisible, et bien que trop jeune, il s'engage dans l'armée australienne et part combattre en Europe lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Blessé à deux reprises, il découvre l'aviation durant sa convalescence et revient en Australie avec un seul but en tête, fonder une compagnie aérienne. Les débuts sont difficiles et peu fructueux. Il faut attendre sa rencontre avec Charles Kingsford Smith pour que la situation évolue positivement. Dès 1927, il développe avec lui l', une compagnie aérienne australienne. Charles Ulm s'occupe de la partie financière.

Bien vite, les deux compatriotes découvrent qu'ils souhaitent tous deux effectuer la première traversée de l'océan Pacifique en avion. Charles Ulm y voit une occasion magnifique de développer le secteur aérien. Afin de financer un tel périple, ils battent durant l'été 1927 le record du tour d'Australie le plus rapide en avion, effectuant celui-ci en , soit la moitié de la durée du précédent record.

Devant le succès de Charles Lindbergh et sa traversée en solitaire et sans escale de l'océan Atlantique, il décide avec Charles Kingsford Smith de se lancer dans la traversée du Pacifique. Ils achètent un Fokker F.VIIb/3m à l'explorateur Huber Wilkins et le renomment Southern Cross. Des difficultés financières viennent néanmoins entacher l'initiative. Finalement, le philanthrope George Allan Hancock rachète l'avion, rembourse les dettes et finance le périple.

Le , le Southern Cross s'envole d'Oakland avec à son bord Charles Ulm, Charles Kingsford Smith, James Warner et Harry Lyon. Après une étape à Hawaï et aux Fidji, l'avion se pose à Brisbane finalement le . Ils deviennent les premiers hommes à avoir traversé l'océan Pacifique en avion. L'accueil est triomphal, notamment car Charles Ulm a partagé en direct diverses informations durant toute la traversée grâce à la radio embarquée. Les aventures de l'équipage ont ainsi fait le tour du monde.

Il entame ensuite avec Charles Kingsford Smith la traversée de la mer de Tasman, devenant ainsi le premier équipage international à se poser en Nouvelle-Zélande.

En 1929, Charles Ulm et Charles Kingsford Smith fondent la compagnie aérienne et tentent de battre le record de vitesse pour la traversée Australie-Angleterre. Peu après leur décollage, ils doivent se poser en catastrophe et ne sont retrouvés que plus tard. Cet évènement, connu sous le nom d'affaire Coffee Royal, leur portera préjudice.

À partir de 1930, la compagnie prospère et des lignes aériennes sont ouvertes. Charles Ulm s'occupe de la partie administrative. L'Australie est néanmoins touchée par la Grande Dépression et après la perte d'un avion, l s'arrête en 1931 et est dissoute en 1933.

Charles Ulm rachète un des avions et le renomme Faith in Australia. Il a l'idée de faire un tour du monde. Partant d'Australie vers l'Angleterre, il rallierait ensuite les États-Unis en traversant l'océan Atlantique puis, après les avoir survolés, effectuerait à nouveau une traversée de l'océan Pacifique. Malheureusement, s'il rejoint bien l'Angleterre, divers problèmes immobilisent l'avion.

En 1934, avec l'aide d'Ernest Fisk, il fonde la , un holding prévu pour créer différentes succursales et lignes aériennes. L'idée est de promouvoir des vols transpacifiques et relier, à long terme, les États-Unis et l'Australie. Pour mettre en avant son idée, il entreprend avec George Littlejohn et Leon Skilling un vol Vancouver - Melbourne à bord du Stella Australis, un Airspeed Envoy, récemment acheté. Le , ils décollent d'Oakland vers Honolulu, survolant le Pacifique. Perdu, l'équipage émet après plusieurs heures de vol un appel de détresse, indiquant qu'ils sont à court de carburant. L'équipage et l'avion ne seront jamais retrouvés malgré les grands moyens mis en œuvre et seront considérés comme perdus en mer. Charles Ulm recevra divers hommages et son décès fera l'objet d'une large couverture médiatique en Australie.

Enfance Charles Thomas Philippe Ulm naît le à Melbourne.. Il est le troisième enfant d'une fratrie de cinq. Son père, Émile Gustave, est d'origine française, fils du graveur Émile Ulm, et, après avoir été artiste à Paris, émigre dans les années 1880 en Australie. Il y rencontre Ada Emma Greenland, Australienne née de parents anglais, et ils se marient en 1888.

Charles étudie d'abord à Melbourne puis continue sa scolarité à Mosman, une petite ville située dans la banlieue de Sydney et où la famille a déménagé. En 1913, il arrête l'école à l'âge de et commence à travailler comme commis dans une société d'agents de change. Ce premier travail lui permet de mieux comprendre le milieu des affaires, un élément essentiel dans sa future carrière.

Première Guerre mondiale alt=Photographie noir et blanc de Charles Ulm, son père à gauche et sa mère à droite.|gauche|vignette|Charles Ulm avec ses parents en 1914. alt=Photographie noir et blanc avec Charles Ulm sur un chameau devant le Sphinx.|vignette|Charles Ulm en Égypte en 1915 devant le Sphinx de Gizeh. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Charles Ulm n'est alors âgé que de . Comme de nombreux jeunes Australiens, il s'engage dans l'armée australienne sous un faux nom, Charles Jackson.. Sa grande taille, , lui permet de se faire passer pour un homme de presque .

Le , il débarque en Égypte avec le d'infanterie de la première force impériale australienne et effectue son entraînement. Il fait partie des premiers soldats, dès , à participer à la campagne de Gallipoli. Il y est légèrement blessé au pied par un éclat de shrapnel et est envoyé en convalescence à Alexandrie. Attiré par les bordels de la ville, il y attrape une maladie vénérienne et est rapatrié en Australie à bord du HMT Ballarat. Après un mois de convalescence à Melbourne, il retourne dans sa famille à Sydney et est officiellement déchargé de l'armée le . Cependant, il souhaite retourner se battre. Ses parents, qui avaient contacté l'armée durant son premier engagement pour clarifier la situation de son faux nom et son âge (sans mentionner son âge réel), ne s'y opposent pas. Il faut dire que son grand-père faisait partie de la garde royale française et que son oncle a combattu durant la guerre franco-prussienne de 1870. En voyant sa blessure, son père aurait déclaré :

Charles se réengage dans l'armée fin . Il rejoint le d'infanterie et est rapidement déployé en France. Il est alors sévèrement blessé lors de la bataille de la Somme, dans la localité de Corbie. Un obus l'enterre vivant mais il est sauvé par des camarades. Il est blessé à la cuisse gauche, à l'estomac, au genou droit et au pied droit. Sa blessure au genou nécessite une intervention chirurgicale qui se déroule parfaitement. Il gardera toutefois une gêne toute sa vie.

En convalescence en Angleterre, il rencontre le capitaine Gordon Campbell « Billy » Wilson, un compatriote instructeur de vol. Il vole pour la première fois et découvre sa future passion. Il n'est pas spécialement intéressé par le pilotage mais plutôt par ce qu'un avion peut accomplir.

De retour en Australie, il est officiellement déchargé de l'armée le . Il reçoit la , la et la .

Essais de lancement de lignes aériennes en Australie alt=Photographie de l'avion au sol.|vignette|Sopwith Dove, version deux places du Sopwith Pup. Convaincu que l'aviation est le moyen de transport du futur, Charles Ulm tente à plusieurs reprises de lancer une ligne aérienne en Australie. Il fonde ainsi, juste avant ses , le , un institut soi-disant éducatif mais qui a surtout pour but d'attirer des vétérans et fonder une industrie et des lignes aériennes dans le pays. Néanmoins, après divers déboires et seulement trois mois d'existence, l'institut est fermé. Cela n'empêche pas Charles de retenter l'expérience avec la , une compagnie aérienne basée à Bathurst. L'idée est de proposer des liaisons avec Sydney et Melbourne. Il se propose d'acheter des biplans Sopwith Dove, dérivés des versions militaires Sopwith Pup. Il arrive à sécuriser des investissements mais l'aviation à cette époque est encore trop précaire, trop dépendante de la météo et les charges utiles transportables sont bien faibles, tout au plus quelques kilogrammes. Sans fonds suffisant, l'aventure se termine en .

Charles ne se décourage pas et cherche désespérément des fonds. Il se lance même dans des navigations risquées pour faire de la publicité et attirer des investisseurs. Pour Charles, l'Australie est un pays idéal pour l'aviation : . alt=Photographie aérienne noir et blanc du HMS Hood en mouvement.|vignette|gauche|Vue aérienne du lors de son passage à Sydney. Photo prise à bord d'un Sopwith Dove pour le journal The Sun. En 1923, il arrive à convaincre le journal The Sun de Sydney de financer un vol pour photographier la flotte britannique en visite en Australie et plus particulièrement le , fleuron de la marine anglaise à l'époque.. Cet exercice, loin d'être évident, lui permet de se créer de nombreux contacts.

Comme il l'avait remarqué avec ses Sopwith, s'il veut créer une ligne aérienne fiable et régulière, il lui faut des avions plus grands, plus rapides et plus fiables. Il contacte ainsi Keith Vincent Anderson et Charles Kingsford Smith, deux aviateurs australiens qui viennent de fonder la , une compagnie aérienne équipée d'un Bristol Tourer (type 28), avion civil dérivé du Bristol F.2.. L'idée initiale des deux aviateurs est de traverser l'océan Pacifique, la compagnie n'étant là que pour amasser les fonds nécessaires, ce que Charles Ulm ignore. Ce dernier propose à la compagnie nouvellement créée de tenter de gagner un contrat du gouvernement australien qui cherche une compagnie pour ouvrir une ligne entre Adelaïde et Perth, deux villes séparées par environ . Il rejoint la compagnie en , pour se rendre compte que la situation financière de celle-ci est loin d'être réjouissante. Grâce à ses nombreux contacts, il arrive à la redresser. Très vite, il se lie d'amitié avec Charles Kingsford Smith. Charles Ulm ne pilote pas et s'occupe de la partie entreprise.

La compagnie étant sur la bonne voie, Charles tente de répondre à l'appel du gouvernement. Malgré des prêts importants et le soutien de Charles Rosenthal, la de Norman Brearley obtient le contrat. Charles, déçu, hésite à quitter la compagnie mais son amitié avec Kingsford Smith le fait rester.

Traversée du Pacifique en 1928 Le , Charles Lindbergh se pose en France après avoir traversé l'Atlantique, devenant le premier aviateur à effectuer un tel périple en solitaire et de continent à continent. Charles Kingsford Smith apprend bien entendu la nouvelle en Australie et a la crainte que Lindbergh, après son exploit, ne tente la traversée du Pacifique, surtout qu'il est désormais connu mondialement et à l'aise financièrement. Il se décide donc à en parler à Charles Ulm. Ce dernier lui avoue qu'il y pense aussi sérieusement. Le principal ennui est qu'ils n'ont pas l'avion nécessaire pour un tel périple.

Tour d'Australie Afin de financer l'aventure, ils décident de battre le record du tour d'Australie et ainsi faire la une des journaux et éventuellement intéresser quelques investisseurs. alt=Photographie noir et blanc de l'avion.|vignette|Bristol Tourer (type 28) : avion avec lequel Charles Ulm et Charles Kingsford Smith entreprennent le tour d'Australie.