Ezzat Ibrahim al-Douri (, ), né le à (Irak) et mort le ., est un maréchal, homme d'État irakien réputé avoir été le second de Saddam Hussein.

Il est chef de l'insurrection baassiste après l'invasion américaine de l'Irak.

Il est désigné comme le « roi de trèfle » dans le jeu de diffusé par les Américains sur les responsables du régime de Saddam Hussein.

Biographie

Fils d'Ibrahim Khalil, Ezzat Ibrahim est l'un des artisans du coup d'État de 1968, amenant les baasistes au pouvoir et en 1979 il soutient Saddam Hussein lorsque ce dernier renverse Ahmad Hassan al-Bakr.

En 1988, il participe à l'opération Anfal contre les Kurdes, puis en 1991 à la répression de l'insurrection chiite consécutive à la défaite irakienne lors de la guerre du Golfe.

Le , il fait l'objet d'une tentative d'assassinat alors qu'il visite la ville chiite de Kerbala..

En 1999, un mandat d'arrêt international est lancé à son encontre pour crimes de guerreFrance 24 : Izzat el Douri, le "roi de trèfle" irakien qui ne voulait pas mourir, par Charlotte Boitiaux..

Vice-président de la République d'Irak et vice-président du , il est le numéro deux du régime lorsque les États-Unis envahissent le pays en 2003. Ils le désignent alors comme le « roi de trèfle » dans leur jeu de cartes des Irakiens les plus recherchés et mettent sa tête à prix pour dix millions de dollars.

Après l'exécution de Saddam Hussein le , Ezzat Ibrahim Al-Douri prend sa succession en tant que secrétaire général du Parti Baas irakien et officialise le même jour la création de l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya (JRTN), mouvement armé baasiste et soufi. Le , Al-Douri fonde le , une vaste alliance regroupant armées irakiennes, dont la JRTN est la plus importante. Cette alliance rassemble des idéologies diverses, dont des nationalistes et des islamistes. Pour le Parti Baas, Ezzat Ibrahim Al-Douri devient « Cheikh des Moudjahidines et Commandant de la Résistance »Metamag : IRAK : LE RETOUR DES BAASISTES PAR LA RELIGION, par Jean Bonnevey..

Selon une rumeur, il serait mort d'une leucémie, le . Cette rumeur est démentie peu après et Al-Douri refait surface par l'intermédiaire d'un discours diffusé sur Internet le à l'occasion du du parti Baas..

En 2014, Ezzat Ibrahim al-Douri et son Armée de la Naqshbandiyya s'allient avec l'État islamique malgré les grandes différences idéologiques qui opposent ces deux mouvements. Cette alliance sunnite effectuée pour des raisons tactiques n'empêche d'ailleurs pas des affrontements sanglants occasionnelsRFI : Irak: les insurgés sunnites prennent le poste-frontière d'al-Qaïm. Après la prise de Mossoul, le , des combattants de la JRTN affichent les portraits de Saddam Hussein et d'Ezzat Ibrahim Al-Douri à l'entrée de la villeFeurat Alani, À Mossoul, une alliance contre nature entre le Baas et les djihadistes, Orient XXI, 12 juin 2014.. Cependant par la suite, les djihadistes exigent que ces portraits soient retirés. Le , deux hommes de la JRTN sont abattus par des hommes de l'EIIL pour avoir refusé d'exécuter cet ordreJean-Pierre Perrin, Al-Baghdadi, les desseins d’un calife, Libération, 9 juillet 2014..

Le , le gouvernement irakien affirme qu'Ezzat Ibrahim al-Douri a été tué lors d'une opération militaire menée par les milices chiites et les forces gouvernementales près de Tikrit. Lors de ce discours, le gouverneur de la province irakienne de Salah ad-Din présente al-Douri comme le « Cerveau de l'État Islamique en Irak »LE « ROI DE TRÈFLE » IZZAT IBRAHIM AL DOURI A ÉTÉ TUÉ, Lies Breaker, 18 avril 2015. Selon lui l'opération a été menée dans les montagnes d'Hamrine, près d'Al-Alam à quatre kilomètres à l'est de Tikrit, et s'est achevée par la mort de 12 insurgés, dont al-DouriLe Monde : En Irak, Izzat Al-Douri, ancien bras droit de Saddam Hussein, donné pour mort, par Hélène Sallon.AFP : L'Irak cherche à confirmer la mort du numéro 2 de Saddam Hussein. L'annonce de sa mort est démentie par le Parti Baas irakienEuronews avec Reuters : Irak :le parti Baas dément la mort d’Al-Douri, le” diable roux”. Le , le ministère irakien de la Santé affirme ne pas disposer des échantillons d'ADN nécessaires pour confirmer sa mortAFP : Bagdad n'a pas d'ADN permettant d'identifier l'ex n°2 de Saddam Hussein. Le , un enregistrement audio est diffusé dans lequel al-Douri dément l'annonce de sa mort et affirme qu'il s'oppose à l'État islamique, qu'il désigne notamment sous le terme péjoratif de « Daech »AFP : Diffusion d'un enregistrement d'un homme présenté comme le N°2 de Saddam (TV)Le Figaro : Irak: al-Douri s'exprime dans une vidéo.

En 2016, ses troupes affirment prendre part à la bataille de Mossoul contre l'EIhttps://www.albawabhnews.com/2168253.

Le , la mort d'Ezzat Ibrahim al-Douri, survenue la veille, est annoncée par le Parti Baas irakien et par Raghad Hussein, fille de Saddam HusseinLe numéro deux de Saddam Hussein est mort, AFP, 26 octobre 2020..

Mentions dans la culture populaire

Dans Opération Némésis\K de Christophe Corvaisier, le personnage central d'al-Kouri a largement été inspiré par Ibrahim al-Douri, son quasi homonyme.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

Photo de Al-Douri (avant 2003)

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