Le , officiellement traduit en anglais par New Party Sakigake (NPS), était un parti politique japonais créé le par Masayoshi Takemura et plusieurs dissidents du Parti libéral-démocrate (PLD, grand parti de la droite conservatrice, au pouvoir sans discontinuer de sa création en 1955 à 1993). Plus au centre que ce dernier, il a des positions libérales tant en matières sociales, sociétales et économiques, et progressistes. Une faction environnementaliste, voire écologiste, assez importante se développe en son sein.
Histoire
Création (1993)
Le Nouveau Parti pionnier est créé le par libéraux-démocrates ayant décidé de voter trois jours auparavant la motion de censure qui a fait chuter le gouvernement de Kiichi Miyazawa. Ils sont issus en son sein du , association interne au PLD, et qui transcende les différentes factions de celui-ci, créée par des quadragénaires et quinquagénaires récemment élus à la Diète à la fin des années 1980, et dont le but était de réagir aux différents scandales politico-financiers qui ont touché à l'époque le parti majoritaire. Il déclarait vouloir combattre la corruption et la collusion des hommes politiques avec les milieux financiers ou industriels, tout en dénonçant la bureaucratie et l'administration trop lourde à la fois de l'État et du gouvernement, se positionnant ainsi dans une optique libérale et réformatrice. Le NPS reprend l'organisation de ce « Groupe d'études » avec dans sa direction : le président Masayoshi Takemura (, député depuis 1986 de l'ancien district unique de la préfecture de Shiga, ancien gouverneur de cette même préfecture de 1974 à 1986), le président délégué Shūsei Tanaka (, député depuis 1983 de l'ancien de Nagano), le secrétaire général Hiroyuki Sonoda (, député depuis 1986 de l'ancien de Kumamoto), le président du Comité des Affaires générales Yukio Hatoyama (, député depuis 1986 de l'ancien de Hokkaidō, petit-fils de l'ancien Premier ministre et fondateur du PLD Ichirō Hatoyama mais aussi du fabricant de pneu Shōjirō Ishibashi, qui apporte sa fortune familiale en soutien à son nouveau parti), le président du Comité de recherche politique Susumu Yanase (, député depuis 1990 de l'ancien de Tochigi), le responsable parlementaire Shōichi Ide (, député depuis 1986 de l'ancien de Nagano).
Les quatre autres députés fondateurs du parti sont : Kenichirō Satō (, député depuis 1990 de l'ancien de Kanagawa, ancien membre de la Chambre des conseillers de 1987 à 1990), Takeshi Iwaya (, député depuis 1990 de l'ancien de Ōita), Kisaburō Tokai (, député depuis 1986 de l'ancien de Hyōgo), Asahiko Mihara (, député depuis 1986 de l'ancien de Fukuoka).
Élections législatives de 1993
Pour les élections législatives du , le NPS présente un seul candidat dans 16 des 130 circonscriptions, pour à pourvoir au vote unique non transférable. Il passe surtout une alliance électorale privilégiée avec le Nouveau parti du Japon (NPJ) de Morihiro Hosokawa, un autre petit parti formé par de jeunes hommes politiques (pour la plupart élus locaux, dont beaucoup également issus du PLD) en 1992 pour lutter contre la corruption et la bureaucratie. Ces deux mouvements disposent en effet d'une proximité générationnelle et idéologique (même si le premier est plus progressiste sur les questions sociales que le second, notamment attaché à un certain niveau de sécurité sociale, et plus porté sur les questions environnementales). Ainsi, le NPJ soutient 11 des du NPS (dont 9 de ses ), et inversement 52 des du Nouveau parti du Japon ont l'investiture des « Pionniers ». Les deux formations s'opposent dans seulement cinq circonscriptions, et dans trois d'entre elles les candidats des deux partis sont élus (la première de Saitama, la quatrième de Chiba et la deuxième de Kumamoto, la seule où un sortant du NPS a face à lui un adversaire du NPJ). Dans les deux autres, le candidat du NPJ l'emporte, mais pas celui du NPS (les premier et troisième districts de Kanagawa). En dehors de ce partenariat privilégié, le NPS soutient également d'autres candidats issus de formations opposées au PLD autres que le PCJ, notamment le Parti démocrate socialiste (PDS, centre ou centre gauche socialiste démocratique, pro-américain et anti-communiste) ou la Fédération sociale-démocrate (FSD, petit mouvement de centre gauche attaché, comme son nom l'indique, à la social-démocratie, voire au social-libéralisme, et à l'action citoyenne).
Les 16 candidats du parti totalisent finalement soit 2,64 % des suffrages exprimés, et 13 élus. Sur ses dix sortants, neuf sont reconduits dont quatre avec le meilleur résultat de leur circonscription au vote unique non transférable (Masayoshi Takemura, Shūsei Tanaka, Yukio Hatoyama et Kenichirō Satō). Le seul à être battu est Takeshi Iwaya dans l'ancien deuxième district de la préfecture d'Ōita. Le NPS remporte de plus quatre nouveaux députés dans l'ancienne première circonscription de Saitama (Katsuyuki Ishida, ), la de Chiba (Kō Tanaka, ), la de Tōkyō (Noboru Usami, ) et celle unique de Shimane (Atsushi Nishikōri, ). Un quatorzième député, Kōichirō Genba, élu en tant qu'indépendant dans l'ancien deuxième district de Fukushima, rejoint le parti quelques jours après le scrutin seulement. Un groupe commun « Pionnier - Nouveau parti du Japon » est constitué à la Chambre des représentants le .
Coalition anti-PLD, anti-communiste (1993-1994)
Le , une coalition anti-PLD, anti-communiste est formée, comprenant (par ordre d'importance) : le Parti socialiste japonais (PSJ), le Shinseitō (lui-aussi créé par des dissidents libéraux démocrates en , de tendance conservateur libéral et réformateur et mené par Tsutomu Hata et Ichirō Ozawa), le Kōmeitō (centre confessionnel bouddhiste), le NPJ, le PDS, le NPS, la FSD et le Parti des réformes démocratiques (PRD, bras politique de la principale confédération syndicale du pays, le Rengō). Morihiro Hosokawa, président du NPJ, est porté à sa tête, et est élu Premier ministre le suivant, tandis que le chef du NPS, Masayoshi Takemura, est son Secrétaire général du Cabinet.
Le NPS reste proche du NPJ, de la FSD ou du PRD, des voix s'élevant pour une fusion. Des migrations de parlementaires ont lieu entre ces différents partis, en fonction surtout de l'attitude à adopter à l'égard d'Ichirō Ozawa, le secrétaire général du Shinseitō, et de son influence sur les prises de décision de la coalition. Le NPJ s'oriente majoritairement vers le maintien à tout prix de la coalition et de bonnes relations avec Ozawa, tandis qu'au contraire le NPS est de plus en plus critique à l'encontre de ce dernier. En , le président du Comité de recherche politique de la FSD, Naoto Kan, rejoint les « Pionniers ». Il reste toutefois en même temps membre de la Fédération sociale-démocrate jusqu'à sa dissolution le , les autres membres ralliant pour leur part le NPJ. Kan reprend au sein du NPS le poste qu'il avait au sein de son précédent parti, à savoir la présidence du Comité de recherche politique.
Après la démission forcée du poste de Premier ministre de Morihiro Hosokawa le , touché par un scandale financier alors qu'il avait fait l'un de ses chevaux de bataille la lutte contre la corruption, et le choix pour lui succéder se portant sur le président du Shinseitō et principal allié d'Ozawa, Tsutomu Hata (élu le ), plusieurs membres de la jeune garde du NPJ décident de le quitter pour se rapprocher du Nouveau Parti pionnier qui ne cache désormais plus son opposition à Hata et Ozawa. Deux groupes de dissidents du Nouveau parti du Japon se forment alors : le le par les trois députés Fumihiko Igarashi, Sakihito Ozawa et Akio Nakajima ; le le par trois trentenaires (Seiji Maehara, Yukio Edano et Yūichi Takami) et un quinquagénaire (Satosh Arai). Une fois Tsutomu Hata élu Premier ministre, le NPS apporte dans un premier temps son soutien à son gouvernement (du moins jusqu'à ce que soit voté le budget pour l'année fiscale 1994) sans y participer directement puis, lorsque le PLD présente une motion de censure contre lui, il décide avec le PSJ de la soutenir. Celle-ci ne sera jamais votée, Tsutomu Hata démissionnant avant, le . Une Grande Coalition entre le PLD, le PSJ et le NPS se forme ainsi. Le « Groupe "nuage bleu" » et Vent démocrate finissent par se fondre dans les « Pionniers » le . En revanche, dans le même temps, Katsuyuki Ishida quitte le Nouveau Parti pionnier pour l'Union pour une réforme libérale (fédération, emmenée par l'ancien Premier ministre Toshiki Kaifu, de plusieurs partis de centre droit dont de nombreux dissidents supplémentaires du PLD qui rejettent la Grande coalition) qui finit par se fondre le dans le nouveau grand parti d'opposition, le Shinshintō. Le NPS comporte donc désormais .
La Grande coalition (1994-1996)
Le , le premier gouvernement de Grande coalition est formé par le socialiste Tomiichi Murayama. Le NPS y obtient deux portefeuilles ministériels : le Trésor (ou Finances) à Masayoshi Takemura et la Santé et les Affaires sociales à Shōichi Ide (ce dernier jusqu'au , date à laquelle il laisse son poste au socialiste Chūryō Morii). Lorsque le libéral-démocrate Ryūtarō Hashimoto succède à Tomiichi Murayama le , deux de ses ministres sont issus du mouvement : Naoto Kan à la Santé et aux Affaires sociales et Shūsei Tanaka comme directeur de l'Agence de planification économique.
En 1995, le NPS est rallié par Kōki Ishii (, député de l'ancien de Tōkyō, élu sous les couleurs du NPJ en 1993, il a rejoint en 1994 la Ligue libérale qu'il a présidée pendant quelques mois en 1995), Tadamasa Kodaira (, député de l'ancienne de Hokkaidō, comme Yukio Hatoyama, élu pour la première fois en 1990 sous les couleurs du PDS, a rejoint avec ce dernier le Shinshintō en avant de le quitter pour le NPS en ) et Akiko Dōmoto (, conseillère, et donc la première membre du Nouveau Parti pionnier à la chambre haute, élue pour la première fois à la proportionnelle nationale sous les couleurs du PSJ). Mais, la même année, le parti connaît une défection, celle du représentant Kenichirō Satō, qui siège désormais comme indépendant. Lors du renouvellement de la moitié de la Chambre des conseillers du , le NPS présente : 10 sur la liste à la proportionnelle nationale menée par Sei'ichi Mizuno (, dirigeant des grands magasins Seibu) et Akiko Dōmoto (la seule sortante du parti), et 5 au vote unique non transférable dans les préfectures (dans les quatre du Grand Tōkyō, à savoir Saitama, Chiba, Tōkyō et Kanagawa, et dans celle de Shiga). La liste obtient et 3,58 % des suffrages exprimés (le du pays, derrière le Shinshintō, le PLD, le PSJ et le PCJ) ainsi que deux élus (Mizuno et Dōmoto). Dans les préfectures, les cinq candidats « Pionniers » totalisent (2,55 %), et seul Tenzō Okumura (, ancien membre de l'Assemblée préfectorale) est élu à Shiga. En , deux parlementaires du petit mouvement social-démocrate et pacifiste « Paix - Citoyens » rejoignent à leur tour le NPS, tous deux élus à Hokkaidō : le député de l'ancien de cette préfecture insulaire Seiichi Kaneta (, élu pour la première fois en 1993 comme indépendant mais avec le soutien à l'époque du PSJ et de la FSD) et le conseiller Noriyuki Nakao (, élu en 1992 sous l'étiquette du PSJ). En , à la veille de la création du PDJ, le NPS comprend ainsi 23 représentants et 4 conseillers.
Création du PDJ et les législatives de 1996 : le déclin