Gaston Jean Méléa Mouchet, né à Mornac-sur-Seudre en Charente-Maritime le et mort le à Saint-Palais-sur-Mer en Charente-Maritime, est un auteur et un pédagogue françaisCette biographie s'appuie largement sur la monographie familiale, éditée à titre privé en tirage limité, 156 pages, réalisée entre 1990 et 1993, à partir de documents familiaux et personnels par Monique Andrivet, petite-fille de Gaston Mouchet (Généalogies familiales : Poitou-Charente Cote/Loc.: 3 367-02/C Voir le site du CEGF). Les informations biographiques sur G. Mouchet provenant exclusivement de cet ouvrage, les sauts de notes ne sont là que pour apporter certaines précisions.. Son père Pierre Mouchet (1831-1898) était fonctionnaire sous-brigadier des douanes, sa mère Adélie Nougé (1836-1911) couturière.
Biographie L'élève et le normalien thumb|upright=0.7|Les Mathes, Centre-ville Il entre à l'école communale des Mathes (Charente-Maritime) en 1868. En 1875, à la fin de ses études primaires, il se présente avec succès à l'examen d'entrée dans l'enseignement secondaire « spécial »Mis en forme par une loi de Victor Duruy (loi du 30 octobre 1865), cet enseignement était réservé aux élèves issus des milieux modestes qui se destinaient aux professions, alors en pleine expansion, de l'industrie et du commerce. Il consistait en un cursus de 4 années sans latin mais enrichi de sciences appliquées à l'industrie, de langues vivantes et de notions de commerce.. Très attiré par l'enseignement, c'est en 1877, à 15 ans, muni d'une dérogationL'admission en école normale se faisait alors entre 16 et 20 ans., qu'il est admis à l'École normale de Lagord en Charente-MaritimeArchives départementales de la Charente-Maritime, archives de l'École Normale de Lagord, archives municipales des communes de Saint-Palais sur Mer, Arvert, Les Mathes, Chaillevette, Mornac, Breuillet, Médis, Semussac, Meschers et Saint-Georges de Didonne. Il bénéficie parallèlement d'une demi-bourse départementale. En , il obtient son brevet élémentaire. En juillet, il obtient le brevet supérieur avec la mention « langue anglaise ».
L'enseignant et le formateur « Cloutier » à « Normale Sup » thumb|gauche|École Normale Supérieure (Parc St Cloud, Pavillon de Valois) Le de la même année, il est nommé instituteurd'après le dossier individuel de Gaston Mouchet versé par le Ministère de l'Éducation Nationale aux Archives Nationales classé sous la référence F17-23938 à Royan puis en 1881 à La Rochelle (Charente-Maritime). Désireux de suivre une formation de professeur d'école normale, il fait partie de la deuxième promotionArchives de l'E.N.S de Saint-Cloud de la toute nouvelle école normale supérieure de Saint-Cloud, en région parisienneLa formation des professeurs de maîtres d'école en France avant 1914, l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud, article de Jean-Noël Luc, Revue française de pédagogie, Année 1980, Volume 51, Numéro 1, http://www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_1980_num_51_1_1713 dirigée alors par Edouard Jacoulet dans laquelle il est admis en 1882. Il y suit les cours, notamment d'Henri Marion (psychologie et morale) et de Gabriel Compayré (littérature). La même année, il est dispensé de service militaire, s'étant engagé à servir pendant au moins 10 ans dans l'Instruction publique. Le , il est nommé professeur de Lettres de 3ème classe à la toute nouvelle École normale de Beauvais dans l'Oise. Le de la même année, il est informé par un courrier de Ferdinand Buisson, directeur de l’Enseignement primaire au Ministère, qu'un congé d'inactivité rémunéré lui est accordé afin d'aller étudier l'anglais au Royaume-Uni jusqu'en 1886.
Boursier à Londres À compter de la mi-, il vit et étudie à Londres, dans le quartier de Paddington. Il suit les cours d'histoire et de littérature anglaises au training college (école normale) de la ville puis plus tard à celui de Battersea parallèlement au Westbourne Park Institute. Une lettre adressée le à Louis Jarach (l'un de ses anciens directeurs d'école normale) éclaire sur son ambition professionnelle : thumb|gauche|upright=2.0|University of Glasgow à la fin du XIXe« Professer, voilà qui est bien, voilà qui est mieux. Avoir au-dessous de vous, suspendu à vos lèvres, un auditoire qui boit vos paroles, dont tous les regards se croisent sur vous! Parler, persuader, être éloquent, dominer une foule, la soulever, la conduire, se rendre maître de tous ces cerveaux, accaparer toutes ces pensées, faire battre tous ces cœurs! La parole! Oh! Le beau temps où Démosthène se faisait entendre sur l'agora, où Mirabeau entraînait une assemblée à sa suite, où Danton demandait de l'audace! J'ai parfois des pensées d'ambition qui m'effraient. Avoir l'auditoire de Cousin ou de Villemain, qu'est-ce? Mais parler devant vingt mille hommes, les séduire, être maître de cette force et la faire mouvoir à son gré, lui imposer sa volonté par le regard, par le geste, par un mot, voilà un rêve, un beau rêve!... et ce ne sera pas mon destin ».
Pendant son séjour britannique, il s'astreint à traduire des textes d'auteurs anglais, notamment de John Milton () et le traité d'éducation tiré de The schoolmaster de Roger Ascham (1570).
Il achèvera ses études britanniques par un séjour de deux mois à Glasgow en Écosse où il suivra les cours du Training College et de l'Université de la ville.
Le , il quitte le Royaume Uni et rentre en France.
Professeur Quelques jours plus tard, il passe avec succès les épreuves de l'examen d'aptitude aux fonctions de professeur d'anglais. Par un arrêté du signé du ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, René Goblet, il est reconnu « apte à l'enseignement de la langue anglaise dans l'enseignement secondaire ». thumb|Caen (avenue de Courseulles) avant 1914 À la rentrée scolaire 1886, il est nommé professeur d'histoire, de géographie et d'anglais à l'école normale de Caen dans le Calvados où il restera deux années. Dans cette ville, il fait la connaissance de Pierre Estienne, inspecteur de l'enseignement primaire. Fin 1887 début 1888, il fait la connaissance de Marguerite Nicot, la fille de Jean-François Nicot (1828-1903), le directeur de l'école normale d'Alençon (Orne), qui se trouve être également la belle-sœur de Pierre Estienne. Le à Alençon, il épouse Marguerite NicotA noter que Marguerite Mouchet est une descendante directe (9ème génération) de Jeanne De Razout (environ 1630-1683), fille illégitime de Charles De Bourbon Busset (1590-1632), lui-même descendant direct de Louis IX et d'Hugues Capet https://www.capedia.fr., de quatre ans sa cadette.
Fin 1888, il obtient le certificat d'aptitude à l'inspection des écoles primaires et à la direction des écoles normales et parallèlement, il est nommé professeur de 2nde classe de langues française et anglaise à l'école normale de garçons et à l'école normale de filles du Mans dans la Sarthe. À ces deux postes, il effectue 22 heures de cours hebdomadaires pour un salaire annuel de 4000 francs.
Le , sa fille Cécile voit le jour au Mans. Elle se mariera en 1908 à Londres avec John Talbot, employé à la Bourse de Londres.
Le pédagogue et l'auteur En 1890, il publie son premier ouvrage pédagogique : le Livre de lectures anglaises à l'usage des écoles normales primaires et des écoles primaires supérieures suivi d'un vocabulaire aux Éditions Delalain.
Le de la même année, sa femme donne naissance au Mans à son second enfant Jean Mouchet.
Faisant suite à plusieurs sollicitations de sa part auprès du ministère ainsi qu'à l'appui du sénateur Alphonse Le Porché, il est nommé inspecteur primaire de classe à Angoulême-Ouest (Charente) fin . Le , la Société pour l'instruction élémentaire lui décerne une « médaille d'argent exceptionnelle comme témoignage d'encouragement et d'estime pour le zèle et le dévouement dont il a fait preuve dans la direction de son établissement ».
À la même période, le siège de la circonscription de l'inspection de l'enseignement primaire est transféré d'Angoulême-Ouest vers Cognac en Charente, ville vers laquelle il déménagera finalement avec sa famille en .
Sa qualité d'enseignant l'ayant dispensé de service militaire, il est définitivement dégagé de ses obligations militaires en 1893. thumb|upright=1.5|Façade du lycée Chaptal Quelques mois auparavant, Gaston Mouchet a posé sa candidature, auprès du ministère, à un poste d'enseignement de la littérature et de langue anglaise dans une École de Paris. Pour ce faire, il a sollicité le soutien de plusieurs personnalités: Octave Gréard, Ferdinand Buisson, Edouard Jacoulet et Frédéric Garnier, député et Maire de Royan.
Le à Cognac nait son 3ème enfant Annie, qui deviendra plus tard institutrice.
La même année, il réitère sa demande de changement de poste, cette fois-ci avec le soutien du sénateur de Charente-Inférieure Émile Combes. Un mois plus tard, début octobre, il reçoit une réponse positive du ministre Raymond Poincaré qui le nomme par arrêté professeur de classe chargé de la direction des études au collège Chaptal.
La polémique de Cognac thumb|gauche|upright=1.4|Vue de Cognac depuis la ville basse Le , faisant suite à la publication et la diffusion dans les écoles de son opuscule La Charente édité par Picard et Kaan dans la collection « La France par départements », nait une polémique. En effet, à la page 31 du livre, Mouchet écrit qu'après la destruction des vignes due au phylloxéra, « Les Charentes n'ayant plus de vins, les négociants distillent des vins d'Espagne ou du midi de la France, ramenés à un degré supérieur d'alcool par l'addition d'eaux-de-vie allemandes ». Cette affaire, ayant été évoquée par la Chambre de commerce ainsi que lors d'une séance du Conseil municipal de Cognac qui considère cette affirmation comme diffamatoire, remonte au recteur en passant par l'inspecteur d'Académie jusqu'au ministre. Elle fait l'objet d'un article dans le journal La Charente dans son édition des 2 et . Il est demandé la suppression de la phrase « mensongère ». L'éditeur est donc prié dans ses éditions ultérieures de rectifier le passage incriminé et n'hésite pas à mettre au pilon les 1500 exemplaires encore en sa possession. Le , Mouchet adresse une lettre au maire de Cognac lui annonçant la mise sous presse prochaine d'une nouvelle édition « soigneusement revue et corrigée » qu'il lui soumettra avant impression. Pour le directeur de l'enseignement primaire Ferdinand Buisson, il s'agit d'un simple incident désormais clos et la mesure prise par l'éditeur doit donner « pleine satisfaction à la réclamation qui lui a été adressée ».
Professeur à Paris thumb|upright=1.3|Façade de l’école Colbert Toujours professeur-directeur des études au collège Chaptal, mais à la recherche d'une chaire d'enseignement de l'anglais, il postule à l'école Jean-Baptiste Colbert à Paris où il est finalement nommé professeur de classe fin et dans laquelle il est également chargé de l'enseignement des lettres. Il restera dans cet établissement jusqu'en 1927. À l'école Colbert, son traitement annuel s'élève la somme de pour un volume horaire hebdomadaire d'enseignement de 16 heures.
Il est nommé par le ministère de l'instruction publique, membre du comité de lecture et de traduction des périodiques étrangers et membre de la commission chargée d'examiner les candidats au certificat d'aptitude au professorat des écoles normales pour la langue anglaise en 1896, et pour les Lettres en 1897.
Son enfant, Madeleine, voit le jour à Courbevoie le . Madeleine Mouchet, qui deviendra plus tard enseignante puis employée de banque, se mariera en 1923 avec le futur judoka Jean Andrivet.
Entre 1901 et 1903, il rédige 22 articles pédagogiques dans le Manuel général de l'instruction primaire, édité par Hachette.