Le Parti communiste de Belgique (PCB) (, KPB), est un parti politique communiste belge et fondé en 1921. En , le Parti communiste de Belgique s'est séparé en deux entités distinctes, l'une francophone, le Parti communiste ou Parti communiste Wallonie-Bruxelles, et l'autre flamande, le ou .

1921 : Naissance du Parti communiste de Belgique

Lorsque la Première Guerre mondiale arriva, les dirigeants du Parti ouvrier belge, à l’instar du reste de la social-démocratie européenne, plongèrent dans un patriotisme reniant tous les principes passés de l’internationalisme, notamment énoncés lors du Congrès extraordinaire de Bâle de 1912. Ce changement de cap politique de la direction du mouvement ouvrier apparut pour de nombreux militants comme une trahison. Au niveau international, les opposants à la nouvelle orientation patriotique se rassemblèrent d’abord à Zimmerwald en 1915, puis à Kienthal en 1916. En Belgique, les militants politiques s’opposant à la politique de compromission des sociaux-démocrates furent peu nombreux.

À Gand, cependant, les Jeunes Gardes socialistes, dont faisait partie Oscar Van De Sompel. étaient opposées à la guerre et fondèrent le « » et un petit journal . Ce groupe avait alors rallié les thèses de Zimmerwald. En 1916, le groupe (rejoint plus tard par Georges Van den Boom) fut exclu du POB. Transformé en groupe communiste dès la fin de la guerre, il élargira ses liens à d’autres associations locales (Termonde, Anvers et Bruxelles) et, en 1920, fonde une Fédération communiste flamande et un journal De Internationale..

Naquit alors un premier Parti communiste belge en novembre- à l’initiative de militants issus en majorité des Jeunes Gardes Socialistes. Le groupe le plus important était de Bruxelles. Son journal s’appelait l'Ouvrier communiste. Ce groupe comptait environ . Avant même de s’être constitué en parti, son secrétaire, War Van Overstraeten était dépêché au deuxième congrès de l’IC à Moscou (juillet-). Sincèrement acquis aux idées révolutionnaires, ceux qui avaient créé cet embryon du Parti communiste avaient rejeté résolument la social-démocratie et avait été entraîné par les espérances que soulevait la révolution russe. Il forme un groupuscule révolutionnaire reconnu dès 1920 par l'IC.

D'autres militants étaient critiques de la politique du Parti ouvrier belge. Membres de ce dernier, ils formaient le groupe des Amis de l'exploité, journal dirigé par Joseph Jacquemotte. Ce dernier ne souhaitait pas rompre avec la social-démocratie mais la réformer. Il n'adhérait pas aux principes de la Internationale et, malgré les pressions de sa base, différait toute rupture avec la direction du POB. À partir de , le Conseil général du POB prit des mesures coercitives contre les opposants de gauche et ils furent acculés à la scission, ce qu'ils ne voulaient pas. C'est pourquoi, le troisième congrès des Amis de l'exploité décida la création d'un parti communiste le .

Le Parti communiste de Belgique est né de l'union du petit groupe () des « Amis de l'Exploité » de Joseph Jacquemotte réuni autour du journal L'Exploité — positions de la troisième internationale au sein du POB (lutte de classes) — et du plus petit () PCB dit parti de War Van Overstraeten.

Au départ, le PCB est en effet un petit groupe politique (« bataillon des 517 »), issus de la fusion de deux groupes minoritaires. Si minoritaires que l'internationale communiste leur enjoindra en 1921 d'unir leurs faibles forces : Sources : Bernard Dandois. Les premiers militants, y compris les cadres du jeune parti, sont le plus souvent âgés d'une vingtaine d'années seulement. Issus de milieux populaires, la plupart sont ouvriers ou sont au chômage. Quelques-uns, comme Joseph Jacquemotte et ses amis, issus du syndicalisme social-démocrate, sont un peu plus âgés.. vignette|upright|Extrait du Drapeau Rouge (1923) "Occupation de la Ruhr"

1921-1928 : Première période

Les communistes belges suivant la politique du Komintern ( Internationale, dite Internationale communiste), collaboraient activement au mouvement syndical unitaire, opérant au sein de la « commission syndicale » socialiste.

1923 est l’année de l'affaire du . Le fascisme italien est triomphant. La répression féroce du Parti communiste Italien a comme conséquence internationale la prise de mesures de répression par les États contre les partis communistes des pays européens. De plus, un certain nombre de dirigeants communistes belges et français ont participé à la Conférence d’Essen (Allemagne) qui condamnait l’occupation de la Ruhr par les armées française et belge.

gauche|vignette|upright|Extrait du Drapeau Rouge. Le Grand Complot

Cette contestation vaut aux communistes belges une offensive de l'État à leur égard. Le , 54 communistes belges sont arrêtés sur toute l'étendue du territoire. Le , 15 d'entre eux sont inculpés devant la Cour d'assises pour ...

La Belgique suit la France qui vient de procéder aux mêmes arrestations. Le parti se retrouve privé pour plusieurs semaines de ses cadres dirigeants. C’est pour cette raison que des jeunes militants sont appelés à gérer l’organisation du parti. Hennaut fait partie de ces jeunes recrues. Il va assurer le secrétariat fédéral du parti.

À cette occasion, Célestin Demblon, un ancien social-démocrate devenu communiste., Marcel Cachin du Parti communiste Français et Henriette Roland Holst du Parti communiste des Pays-Bas apportent leur soutien par des meetings aux communistes emprisonnés. Le , la justice belge est obligée, faute de preuves, de relâcher les cadres dirigeants du PC. À la suite de ce camouflet la magistrature évitera de s'attaquer frontalement au militantisme communiste et optera pour des moyens détournés. Par exemple, Henri Glineur sera à nouveau arrêté en 1932 au motif d'« outrage à la famille royale », et non pour son activisme en pleine grève générale. vignette|upright|Extrait du Drapeau Rouge (1923) Manifestations et soutiens aux militants emprisonnés

À partir de la fin , un nouvel événement occupe l'actualité du Parti communiste : la révolution allemande. De très nombreux meetings sont organisés par le parti pour lui apporter son soutien et en même temps développer la propagande pour la révolution en Belgique.

Au commencement de 1924, le reflux de la révolution allemande va de pair avec une série d'attaques patronales contre les acquis sociaux obtenus dans les dernières années. Par exemple, le patronat voudrait réviser la loi de 1921 sur les de travail quotidien. Dans ce contexte, le Parti communiste riposte par de nombreux articles sur la question. De très nombreux meetings sont organisés pour défendre la journée des . D'ailleurs, par rapport aux attaques contre la classe ouvrière qui ont lieu partout en Europe, un dirigeant du parti écrit que la période

Pour un autre, .gauche|vignette|upright|Extrait du Drapeau Rouge (1925) "Aux Élections législatives"Ce même auteur explique les positions du parti communiste que la social-démocratie. La période Hennaut écrit encore que En , ce sont les élections législatives belges. À cette occasion, le Parti communiste présente des listes un peu partout en Belgique. En têtes de liste, il y a Jacquemotte à Bruxelles, Lesoil à Charleroi, Van Overstraeten à Liège, Hennaut à Anvers, Lemaire à Mons, Paulus à Thuin, Closterman à Soignies, Minnaert à Gand, Thonet à Huy-Waremme, Guillemin à Verviers et Van Dooren à Malines. Il s'agit de vignette|Extrait du Roode Vaan (1925) Exploitation du Travail Se présenter aux élections n'est pourtant pas si facile pour le Parti communiste. En effet, après la guerre, un certain nombre de militants, déçus par la social-démocratie rejettent la participation aux élections. L'un de ces groupes de militants dit « gauchistes » (dans la terminologie de l'époque) est le groupe de War Van Overstraeten, l'un des fondateurs du Parti communiste. Néanmoins, sous l'impulsion de l'Internationale communiste, la participation aux élections est encouragée et même imposée. Finalement, tous les Partis Communistes se plient à cette pratique.

Une réforme importante, la « bolchévisation », intervient en 1925. L'ancienne structure social-démocrate, sous la forme de sections locales destinées à mener le travail électoral, est restructurée en cellules d'entreprises en vue de favoriser le contact direct avec les travailleurs. Cette restructuration sera dirigée par Adhémar Hennaut jusqu'en 1928, année de son exclusion du parti. Au congrès du Parti communiste en , Hennaut est chargé de présenter un rapport sur la réorganisation du parti alors imposée par l'Internationale communiste.. En créant de nouvelles cellules d'entreprises, deux ou trois organisations naissent là où une seule existait auparavant. L'échec est évident. Les cellules d'entreprise fusionnent de nouveau entre elles pour former des cellules locales, pour des raisons évidentes de facilités d'organisation. En 1927, le parti compte encore 83 rayonsLes communistes se réunissent par quartier ou par région dans un rayon ; ils se réunissent par entreprise dans une cellule. . et seulement 24 cellules d'entreprises.. En aout 1926, Hennaut est chargé de présenter les raisons de l'échec de cette réorganisation. Or, il explique : vignette|Extrait du Roode Vaan (1927) Invitation à une Commémoration de la Révolution Russe|gauche La suite du rapport est constituée de solutions pour remédier à ces problèmes. Hennaut est le spécialiste de l'organisation du PCB. D'ailleurs, à partir du début de 1926, toutes les questions des membres du parti concernant son organisation doivent lui être adressées directement..

1927-1928 : Exclusion de l'Opposition de gauche - Lutte contre le « trotskysme »

À la fin de 1927 s'annonce lentement le conflit majeur qui va naître au sein du PCB sur la question de l'Opposition russe. Contrairement à la plupart des partis communistes d'Europe, le PC belge aborde la question très tardivement.

En , le Comité exécutif, composé majoritairement de partisans de l'Opposition trotskyste, s'explique :

Dans les archives de Georges Vereecken conservées à Amsterdam, ce dernier explique :

Or, la pression de l'Internationale communiste s'exerce de plus en plus fort sur le parti pour que la question soit tranchée. En , le Comité exécutif de l'IC accuse le Bureau Politique du PC composé de Van Overstraeten, Hennaut, Lesoil et Lootens (tous de futurs oppositionnels) de sectarisme et de tentative de division du Parti communiste. Ces derniers s'en défendent tout en ne prenant pas encore clairement position pour l'Opposition trotskyste..

Mais l'étau se resserre autour de la fraction oppositionnelle. La fraction stalinienne conquiert des positions. Le Drapeau Rouge et le Roode Vaan se font maintenant la guerre. Jacquemotte tient le Drapeau Rouge, Hennaut le Roode Vaan. La discipline de Hennaut est critiquée dans le Drapeau Rouge ; Hennaut réplique dans le Roode Vaan que la discipline existe quand un membre est convaincu de la bonne politique de son parti..

Deux tendances contraires naissent au sein du Parti communiste. La faction stalinienne, plus unie et ayant le soutien de l'Internationale communiste, pousse de plus en plus rapidement dans ses retranchements la fraction trotskyste moins résolue.

Au début de la lutte entre les deux factions, la question se focalise autour de la discipline comme en témoigne un article de Félix Coenen :

Le combat s'engage vraiment en 1928. Les deux fractions constituées luttent pour le contrôle du PCB. Aux attaques de la faction stalinienne répondent les textes de la faction trotskyste. Par exemple, la première assimile la seconde à la social-démocratie, ce que les oppositionnels démentent..

Finalement, ces diverses escarmouches aboutissent à la Conférence nationale des 11 et . La division est déjà scellée avant la conférence. Dans Faux Passeports, son ouvrage majeur, Charles Plisnier, alors membre de l'Opposition en fait une description magistrale :