Justin Godart, né le à Lyon et mort le à Paris, est un avocat et homme politique français, député et sénateur du Rhône sous l'étiquette radicale-socialiste, plusieurs fois secrétaire d'État et ministre de la Santé et enfin maire de Lyon.

Il fonde en 1918 la Ligue contre le cancer, dont il assure la présidence jusqu'à sa mort.

Biographie Études Né dans le quartier des Brotteaux, issu d'un milieu modeste, il étudie au lycée Ampère à Lyon. Il obtient un doctorat en droit en 1899 en soutenant une thèse sur L’ouvrier en soie, puis devient avocat.

Carrière politique Entre-deux-guerres Militant au Parti radical-socialiste, il commence sa carrière politique en 1904 en même temps qu'Édouard Herriot, lorsqu'il est élu adjoint au maire de Lyon dans la municipalité menée par Jean-Victor Augagneur.

Député de Lyon (1906-1926), puis sénateur du Rhône (1926-1940), il se consacre aux questions sociales : à la santé, à l'hygiène et aux « diminués physiques ». Il devient notamment président de la Commission internationale d'enquête dans les Balkans (Serbie, Bulgarie, Grèce, Turquie, Albanie), organisée par la Fondation Carnegie pour la paix internationale en 1913.

En son hommage, les municipalités albanaises de Tirana, Durrës, Shkodër et Vlora ont baptisé une de leurs rues en son nom.

En 1914, il occupe la vice-présidence de la Chambre des députés. Sous-secrétaire d'État de la Guerre durant le premier conflit mondial, il est responsable du Service de santé militaire de 1915 à 1918 et le réorganise, tout en menant, pour la première fois en France, une politique inédite de santé publique. En , il demande à Gustave Roussy de créer un centre neurologique (ce qui sera fait au fort de Salins), afin de remettre sur pied et de renvoyer le plus rapidement possible les traumatisés de guerre (« pithiatiques », « plicaturés » et paralysés) au frontJean-Yves Le Naour, Les Soldats de la honte, Éditions Perrin, 2011, page 211.. Le , à la fin de la guerre, il fonde la Ligue franco-anglo-américaine contre le cancer. Membre de la direction de la Ligue des droits de l'homme, il fonde aussi, en 1934, la Ligue internationale contre le cancer. En 1929, il participe à la création de l'hôpital Foch à Suresnes..

Il est à l'initiative de la création, en 1923, de la mission archéologique française en Albanie. Cette mission, dirigée par l'archéologue Léon Rey, mènera une campagne de fouille de premier ordre à Apollonia d'Illyrie, une ancienne cité grecque.

Il prend part aux débats sur la définition d'une législation internationale dans le domaine sanitaire et s'investit à ce titre dans l'Organisation internationale du travail et le Bureau international du travail. Il est ministre du Travail et de l'Hygiène en 1924-1925 et ministre de la Santé en 1932. Le , il fonde l’Office national d’hygiène sociale, organisme public financé initialement par la fondation Rockefeller et destiné à lutter contre la tuberculose..

En 1926, il crée l'association France-Palestine qui deviendra l'association France-Israël après la création de l'État d'Israël. En 1928, il est un des 25 membres fondateurs de l'Académie des gastronomes.

En 1933, il fonde l'association « Agriculture et Artisanat » pour donner un métier aux jeunes juifs réfugiés en partance pour la Palestine.

La loi du dite Godart intègre le service dans l'addition au restaurant (le décret d'application est pris le ).

Seconde Guerre mondiale et après la Libération Devant la montée du nazisme, il défend la communauté juive, s'occupe de l'Œuvre de secours aux enfants, de l'accueil des immigrés, et plaide sans relâche pour la défense de leurs droits. En 1940, il fait partie des qui votent contre la remise des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Grand résistant, il est à la tête du Comité du Front national clandestin pour la libération de la zone Sud, abrite des Juifs, et cache dans le jardin de sa maison de Pommiers (Rhône) l'argent servant aux actions de sauvetage des Juifs. Il diffuse aussi un journal clandestin, Le Patriote Beaujolais.

Il est proche du rabbin David Feuerwerker, grand-Rabbin de Lyon, à la Libération.

Maire de Lyon (gouvernement provisoire) de la Libération jusqu'au retour d'Édouard Herriot (1944-1945), il est président de l'Entraide française (1945-1947), membre en 1947, au titre de résistant, de la Commission parlementaire chargée d'enquêter sur les évènements survenus en France de 1933 à 1945, président de la Conférence internationale du travail (San Francisco, 1948) et s'occupe à nouveau des migrants. Il préside notamment le Comité d'aide et de défense des immigrés et diverses autres œuvres sociales : les Œuvres hospitalières françaises de l'ordre de Malte ; le Comité des Œuvres sociales de l'Armée du salut ; la Société nationale d'encouragement au bien ; la Société d'histoire de la Révolution de 1848 ; l'Entraide des femmes françaises ; la Fondation Foch (Fondation médicale franco-américaine du Mont Valérien), liée à l'hôpital Foch ; la Ligue nationale contre le cancer ; la Ligue internationale contre le cancer.

Sous sa présidence, l'association « comité français pour la défense des immigrés » a publié en aux éditions sociales Pages de gloire des 23Pages de gloire des 23, par le « comité français pour la défense des immigrés » (CFDI) et l'Association des anciens FTP, aux Éditions France d'Abord, préface de Justin Godard et postface de Charles Tillon, février 1951.. C'est la première réelle publication rappelant l'action des combattants des FTP-MOI, résistants de la région parisienne, de l'Affiche rouge, ou « Groupe Boczov-Rayman-Manouchian », livre illustré sur les FTP-MOI, avec l'association des anciens FTP, avec une post-face de Charles Tillon et dont il écrit la préface.

Justin Godart s'est enfin impliqué pour la cause des Albanais, des Bulgares, des Arméniens, des Indochinois puis des Vietnamiens : il crée pour eux l'association « France-Vietnam » en 1946 pour aider Hô Chi Minh dans sa lutte pour l'indépendance.

thumb|285px|La tombe de Justin Godart au cimetière parisien de Bagneux (Hauts-de-Seine).

Il meurt en son domicile, 9 quai Voltaire dans le 7e arrondissement de Paris le Son acte de décès (n°1553) dans les registres de décès du arrondissement de Paris pour l'année 1956..

Fonctions ministérielles thumb|upright|Affiches électrorales en 1932. Sous-secrétaire d'État à la Guerre (Service de Santé militaire) du au dans le gouvernement Viviani II Sous-secrétaire d'État à la Guerre (Service de Santé militaire) du au dans le gouvernement Briand V Sous-secrétaire d'État à la Guerre (Service de Santé) puis sous-secrétaire d'État au Service de santé, du au dans les gouvernements Briand VI, Ribot V, Painlevé I, Clemenceau II Ministre du Travail, de l'Hygiène, de l'Assistance et de la Prévoyance sociale, du au dans le gouvernement Herriot I Ministre de la Santé publique du au dans le gouvernement Herriot III

Prix et hommages En 1919 il reçoit la Army Distinguished Service Medal. En s'est tenu au Sénat (Paris) un colloque à son sujet, organisé par l'Œuvre de secours aux enfants intitulé : « Un homme dans son siècle ». En 2004, la médaille de Juste parmi les nations lui est décernée à titre posthumeJustin Godart sur le site Yad Vashem .. En 2006, est inaugurée, dans le de Paris, une place Justin-Godart, face au Louvre sur le quai Malaquais. À Lyon, c'est une rue du plateau de La Croix-Rousse qui porte son nom depuis plusieurs années.

Décorations Décorations françaises

(France) avec deux citations à l'ordre de l'armée

Décorations étrangères Bailli grand-croix de l'ordre souverain de Malte () () , chevalier commandeur () () () () 50px Grand-croix de l'ordre de Saint-Alexandre () 50px Grand-croix de l'ordre royal de Saint-Sava () () 50px Grand-croix de l'ordre du prince Danilo Ier () 50x50px Grand-croix de l'ordre de Skanderbeg () ()

Distinctions universitaires Prix Montyon de l'Académie française (1936) Docteur honoris causa de l'université Columbia à New York Docteur honoris causa de l'université Saint-Clément-d'Ohrid de Sofia

Toponymies Place Justin-Godart, créée en 2005 à Paris () Rue Justin-Godart, à Lyon () Rue Justin-Godart, à Villefranche-sur-Saône Avenue Justin-Godart, à Suresnes Rruga Justin Godart (sic), à Durrës (Albanie) Rruga Justin Godard, à Shkodër (Albanie) Rruga Justin Godard, à Vlora (Albanie) Rruga Justin Godard, à Tirana (Albanie)

Lyon et « lyonnaiseries » Justin Godart est un défenseur et un constructeur de l’identité lyonnaise. Son amour de Lyon s’exprime par son goût pour les « lyonnaiseries » historiques et ethnographiques. Il laisse en tant qu'historien lyonnais une bibliographie importante.

Le , sous le pseudonyme de Catherin Bugnard, il crée l'Académie des Pierres Plantées, afin de défendre les traditions lyonnaises et le parler lyonnais. C'est également sous ce nom qu'il publie La Plaisante Sagesse lyonnaise, célèbre recueil de maximes et réflexions morales lyonnaises. Grand collectionneur de marionnettes, il fut également le président fondateur de l'association Les amis de Guignol, devenue par la suite Amis de Lyon et Guignol.

Il préside la Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres du Beaujolais en 1936 et contribue à sa renaissance après-guerre sous le nom d'Académie de Villefranche et du Beaujolais.

Publications Travailleurs et métiers lyonnais, Bernoux et Cumin, Lyon, 1909 La boucherie lyonnaise sous l'ancien régime, Nicolas, Lyon, 1900 La juridiction consulaire à Lyon : la conservation des privilèges royaux des foires (1436-1791), le tribunal de commerce (1791-1905), Lyon, A. Rey, 1905, VIII-429 p. Travailleurs et métiers lyonnais, Cumin er Masson, Lyon, 1909 Laurent Mourguet et Guignol, Lyon, 1912 La Plaisante Sagesse lyonnaise, maximes et réflexions morales recueillies par Catherin Bugnard, 1920 Marcel Roux, graveur lyonnais, Audin éditeur, Lyon, 1922 L'Albanie en 1921, 1922 Le journal d'un bourgeois de Lyon en 1848, PUF, Paris, 1924 La tristesse lyonnaise sous l'ancien régime, Camus et Carsat, Lyon, 1927 La Révolution de 1830 à Lyon, PUF, Paris, 1930 Le Jansénisme à Lyon : Benoît Fourgon (1687-1773), Librairie Félix Alcan, 1934 Anthologie du Jeu de boules, éditions du Cuvier, Villefranche, 1938 Les Voraces à Lyon en 1848, 1948

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Sources Monique Ray, Catalogue de l'exposition du cinquantième anniversaire de la fondation du Musée historique de Lyon : 1921-1971 : hommage à Justin Godart (1871-1956), Lyon, Musée historique, 1971, 20 p. Sur Justin Godart, voir Annette Wieviorka (dir.), Justin Godart : un homme dans son siècle (1871-1956), éd. CNRS, coll. « CNRS histoire. Bibliandre 27 », Paris, 2005, XIV-273 p. . . Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation, Albin Michel, 2001. Pierre Miquel, Les quatre-vingts, Fayard, 1995. . .

Liens externes

Histoire de la fondation maréchal Foch (Justin Godart)

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