Trelly est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de habitantsPopulation municipale , légale en ., commune déléguée au sein de Quettreville-sur-Sienne depuis le .

Géographie La superficie de la commune est de . Trelly est principalement borné par les rivières la Sienne et la Vanne, et par les ruisseaux le Cagnard et le Torvet.

D’après la délimitation officielle réalisée en 1825, les communes limitrophes sont : Contrières sur , Saint-Denis-le-Vêtu sur , Guéhébert sur , Le Mesnil-Aubert sur , Cérences sur , Quettreville-sur-Sienne sur , soit un total de .

Le milieu du bourg a une altitude moyenne de , alors que le point culminant qui se situe à la Lande de Morts est à d’altitude, et le point inférieur, sous Saint-Louet, est à .

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Trellyum avant 900, Trailliacum en 1056, Treilli entre 1109 et 1113, Traili vers 1210, Trelley en 1273, Treslie vers 1280Ernest Nègre - 1996 - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 749 - ..

Histoire

D’après un manuscrit moderne de (1905), la paroisse de Trelly apparait dans les textes anciens vers 530-550.

Lorsque Guillaume le Conquérant envahit l'Angleterre en 1066, deux Trelliais au moins font partie de l’expédition : , seigneur du Manoir, et Gaultier (ou Geoffroy) de Trelly, seigneur des Réaux, de la Motte, de la Vigne et de la Benserie.

En 1096, la première croisade en Terre Sainte, dirigée par Godefroy de Bouillon, voit la participation de Jean de Meurdrac aux côtés du fils de Guillaume le Conquérant.

Une église primitive est signalée en 1145, donc romane, dans un livre intitulé « Gallia Christiana » ; elle est dédiée à Saint-Germain. Cette église dépend naturellement de l’évêque de Coutances ; une bulle du pape en fait foi et ajoute : « quod tenet Hugo Murdrac in Traillico » (i.e. : qui appartient à Hugues Meurdrac à Trelly).

L’église actuelle comporte des parties remontant au : le chœur avec ses fenêtres longues, étroites et à ogives, ainsi que la voûte en pierre. Le Livre Noir de l’évêché (1251) indique que Trelly relevait du doyenné de Cérences et que le curé était Guillaume Cresté, premier curé connu de la paroisse.

Durant la guerre de Cent Ans (1337-1453), Trelly (comme toute la Normandie d’ailleurs) perd les deux tiers de sa population et est le siège d’une terrible bataille contre les Anglais au lieu-dit la Lande des Quatre Paroisses : selon la légende, les cadavres étaient si nombreux qu’il fallut huit jours pour les mettre en terre, et le sang avait tant coulé que le huitième jour le ruisseau du Pont ès Reines en était encore rouge ; le lieu du carnage s’appelle depuis la Lande des Morts.

L’actuel château est construit au cours du , vraisemblablement sous Charles Louis François de Bérenger, qui, par son mariage en 1754 avec Marie Suzanne Renée Scholastique Letellier, devient seigneur de Trelly en plus de Hérenguerville.

Le presbytère actuel est construit de 1879 à 1883.

En , la région est occupée par la Panzer SS Das Reich (dont un détachement avant commis un mois plus tôt le massacre d'Oradour-sur-Glane), et il y a jusqu’à deux mille soldats allemands dans la zone de la Lande des Morts. Une manœuvre d’encerclement de plusieurs centaines de soldats américains est victorieuse ; on déplore du côté américain environ et , et du côté allemand, environ et . En hommage aux victimes de ces combats a été érigé, au pied de la Lande des Morts, une stèle commémorative.

Le , la commune fusionne avec Quettreville-sur-Sienne (déjà issu d'une fusion en 2016 avec Hyenville), Contrières, Guéhébert et Hérenguerville., et devient alors une commune déléguée.

Légende La légende dite de la Lande des Morts dite aussi des Quatre paroisses (Trelly, Le Mesnil-Aubert, Lengronne et Grimesnil) perpétue le souvenir de la guerre de Cent Ans et des luttes anglo-normandes.

Politique et administration

Démographie

Absorbe entre 1795-1800 Saint-Louet-sur-Sienne ( en 1793).. Alors qu’en 1368 Trelly ne comptait plus que , la population de la commune atteignit en 1820 pour se stabiliser aux environs de dans les deux dernières décennies du .

Économie Vingt-deux artisans et commerçants, de nombreuses associations donnent un dynamisme certain à la vie du village. Outre un hôtel gastronomique, il existe plusieurs gîtes ruraux.

Lieux et monuments La commune est riche en patrimoine religieux (chapelles, église, tour de l'ancienne église de Saint-Louet-sur-Sienne) ou civil. Les bords de la Sienne sont aménagés autour de l'ancien moulin de Sey (domaine privé).

Patrimoine religieux Église Saint-Germain du dédiée à Germain le Scot., et qui a conservé des parties de ses origines. La nef date de 1650 et le portail de 1741. Elle abrite des fonts baptismaux du -, des statues des et , une chaire à prêcher de style datée du , des vitraux datés de 1956 de S. Lecomte. Ancienne église de Saint-Louet-sur-Sienne détruite à la Révolution et dont il ne subsiste que le clocher. Chapelle Meurdrac, fondée en 1251 par Guillaume de Meurdrac, et remaniée au fil des siècles. Chapelle Sainte-Scholastique au lieu-dit La Motte. Chapelle Notre-Dame des Ermites du , non accessible. Calvaire daté de 1865. Croix de cimetière, restaurée en 1805, et if funéraire. Croix des Touches à la Champagne du , Croix Bérel datée de 1275. Fontaine Sainte-Apolline, réputée pour soulager les maux de dents.

Patrimoines civil Château du milieu du et sa chapelle. Il est composé d'un logis quadrangulaire avec un avant-corps central avec fronton. Le jardin, avec un étang et un pont, est inscrit à l'.. Pigeonnier à la Godefrairie. Ancien moulin de Sey. Monument aux morts inauguré le . Lavoir et puits en pierre.

Site naturel La Lande des Morts.

Activité et manifestations Circuits de randonnées.

Personnalités René Boudier de la Jousselinière, né à Trelly en 1634 et mort à Mantes en 1723, est un historien et antiquaire.

Jean-Baptiste Lechevalier. Né à Trelly en 1752, il vécut jusqu’en 1836. Il fit de brillantes études à Paris où il devint professeur de philosophie. Il connaissait l’anglais, l’allemand, l’italien, le russe et l’espagnol, s’intéressait aux Arts aussi bien qu’aux Lettres, et sa renommée fut telle que le fameux peintre et sculpteur David fit son buste exposé dans les galeries de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris. Secrétaire du comte de Choisel-Gouffier, ambassadeur à Constantinople, il voyagea en Italie, partit pour l’Asie Mineure, explora la plaine de Troie, visita la Propontide et le Pont-Euxin, et remplit de périlleuses missions en Moldavie. Il fut nommé conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris en 1806. Il a publié les récits de ses voyages, et un ouvrage où il soutient que l’auteur de l’Iliade et de l’Odyssée est Ulysse lui-même.

L'abbé Michel Montrocq. Né à Trelly en 1763, il devint aumônier en chef de l’hôpital du Val de Grâce, puis aumônier de et de avant de mourir en 1834.

Les artistes peintres Georges Paul Leroux (1877-1957) et Auguste Leroux (1871-1954), bien que nés à Paris, sont cependant liés à la commune. Rattachés à la famille de l'abbé Monrocq, neveux de l'abbé LerouxTrelly et Saint-Louet-sur-Sienne depuis 1060 jusqu'à nos jours par ADAM, L., Curé de Trelly, Paris, A. Breger Frères - 1898 - et 164., ils ont eu un profond attachement pour Trelly et sa région que l'on retrouve dans nombre de leurs œuvres : Verger normand ; la vallée de la Bonde. ; l'église de Trelly ; Les laveuses - Gavray - 1903 ; le faucheur Lemoine - 1904 ; portraits de famille La mairie de Trelly possède une huile sur toile peinte par Georges Paul Leroux en hommage aux Trelliais morts pour la France.

L'imprimeur Jean-Noël Monrocq (1819-1913) est né dans cette commune.

Voir aussi

Bibliographie . .

Articles connexes Communes de la Manche

Liens externes

Trelly sur le site de l'Institut géographique national

Notes et références Notes

Références

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