Les Jeux olympiques d'hiver de 1924, officiellement connus comme les Jeux olympiques d'hiver, ont lieu à Chamonix-Mont-Blanc, en France, du 25 janvier au . Après l'attribution des Jeux olympiques d'été de 1924 à la ville de Paris et alors que des sports comme le patinage artistique ou le hockey sur glace ont déjà figuré au programme des Jeux, notamment à Anvers en 1920, le Comité international olympique (CIO) donne son feu vert à la tenue d'une première compétition de sports d'hiver. Face aux réticences des pays nordiques (Scandinavie et Finlande) qui craignent qu'une telle épreuve nuise à leur propre compétition, les Jeux nordiques, les Jeux de Chamonix ne revêtent dans un premier temps aucun caractère olympique et se tiennent alors en tant que « Semaine internationale des sports d'hiver » donnée dans le cadre des Jeux de Paris et sous le patronage du CIO.
La compétition rassemble de seize pays qui disputent un total de seize épreuves dans six sports différents. Le patineur de vitesse finlandais Clas Thunberg devient l'athlète le plus médaillé de ces Jeux en remportant cinq médailles dont trois en or. La délégation norvégienne est la première au classement officiel des nations (établi en fonction des six premières places de chaque épreuve) ainsi qu'au tableau des médailles, en comptant dix-sept médailles alors qu'elle ne se présente qu'avec seize athlètes. Face au succès rencontré à Chamonix, les pays nordiques abandonnent leurs réserves et la semaine internationale de Chamonix est requalifiée a posteriori comme étant les premiers Jeux olympiques d'hiver de l'histoire lors du congrès olympique de Prague le , donnant ainsi lieu à la création d'un cycle propre aux Jeux d'hiver et distinct de celui des Jeux d'été. Naissance des Jeux d'hiver thumb|upright|alt=Portrait en buste d'un homme portant un costume complet et une barbe blanche, les bras croisés dans le dos.|Le comte Justinien Clary, l'un des fers de lance du Comité olympique français.
Dès le premier congrès olympique de 1894, qui se tient à Paris dans le but de rétablir les Jeux olympiques, il est mentionné que le patinage doit être représenté autant que possible aux Jeux... Ainsi des épreuves de patinage artistique sont organisées à Londres en 1908 puis à Anvers en 1920., où un tournoi de hockey sur glace est également disputé lors d'un prologue qui se tient quatre mois avant l'ouverture des Jeux.. L'intégration des sports d'hiver dans le programme des Jeux se heurte néanmoins à un obstacle matériel et technique puisque les villes hôtes ne possèdent pas toutes les infrastructures nécessaires à leur pratique. Les épreuves de patinage artistique sont par exemple absentes des Jeux d'Athènes en 1896 puis de Stockholm en 1912 car ces deux villes sont dépourvues de patinoires.
Dans le même temps, la pratique des sports d'hiver poursuit son développement : les Jeux nordiques se tiennent à Stockholm dès 1901. et une semaine internationale, organisée par le Club alpin français, se déroule chaque année en France depuis 1907. Chamonix-Mont-Blanc accueille notamment les éditions 1920 et 1921. L'idée d'incorporer les disciplines hivernales au programme olympique poursuit son chemin : le baron Pierre de Coubertin s'y montre favorable en déclarant que les .. La presse et le Club alpin français soutiennent également cette idée.. Ce projet se heurte pourtant à l'opposition des pays nordiques qui craignent que l'organisation de Jeux olympiques d'hiver nuisent aux Jeux nordiques..
En , le comte Justinien Clary et le marquis de Polignac, tous deux représentants français au CIO, présentent la candidature de la ville de Paris pour les Jeux de 1924 lors du congrès du CIO à Lausanne. Ils suggèrent également l'idée d'organiser des Jeux olympiques d'hiver à cette occasion., un projet qui reçoit notamment le soutien des délégués canadiens et suisses comme le baron Godefroy de Blonay. Le , les membres du CIO se prononcent en faveur de l'admission des sports d'hiver à la famille olympique.. Ce vote autorise également la tenue des compétitions de sports d'hiver dans un lieu propice et pas obligatoirement dans la ville désignée pour recevoir les Jeux olympiques d'été.. Les Nordiques demeurent hostiles au projet mais grâce à l'influence du Suédois Sigfrid Edström, président de la Fédération internationale d'athlétisme et favorable à la proposition française au CIO, ils acceptent d'y prendre part à condition que les Jeux ne soit pas appelés « olympiques ».. La compétition est donc organisée sous le patronage du CIO et reçoit l'appellation de « Semaine internationale des sports d'hiver ».. Elle ne constitue dans un premier temps qu'un prélude aux Jeux d'été..
Organisation Sélection de la ville hôte 250px|Situation des villes candidates. Plusieurs villes se portent candidates pour accueillir les épreuves de sports d'hiver : Gérardmer dans les Vosges, Luchon-Superbagnères dans les Pyrénées et Chamonix-Mont-Blanc dans les Alpes.. Du , le Comité olympique français (COF) organise à Paris un Congrès des sports d'hiver avec les fédérations et commissions internationales concernées afin d'établir le programme des compétitions. Chamonix est alors désignée comme ville hôte des épreuves car ses concurrentes ne pouvaient garantir un nombre de logements suffisant ni une bonne probabilité d'enneigement. Après une première rencontre en , le contrat liant Paris et Chamonix-Mont-Blanc est paraphé le entre Frantz Reichel, secrétaire général du COF et Jean Lavaivre, maire de Chamonix..
Aspects économiques À travers l'accueil de cette compétition sportive, Chamonix-Mont-Blanc poursuit également un enjeu économique et touristique dans le but de moderniser ses installations et ainsi concurrencer d'autres stations alpines, comme celles de Saint-Moritz et Davos en Suisse. L'organisation de la semaine internationale des sports d'hiver nécessite l'érection d'une piste de bobsleigh, d'une patinoire et d'un tremplin de saut à ski dont l'étude de projet ainsi que la direction sont confiées au service des Ponts et Chaussées de la Haute-Savoie... Le Comité olympique français (COF) promet alors d'aider au financement des travaux à hauteur de ... La municipalité de Chamonix contracte un emprunt de auprès des particuliers propriétaires des palaces et des grands hôtels de la commune, ainsi qu'un emprunt de auprès du Crédit foncier.. Les travaux débutent le , soit seulement huit mois avant le début des épreuves et la municipalité de Chamonix-Mont-Blanc doit rapidement faire face à des problèmes techniques. Au début du mois de , le COF mandate un expert qui dresse un rapport édifiant quant au retard pris sur les différents chantiers. La ville est alors mise en demeure de respecter le délai fixé au suivant sous peine de se voir retirer la subvention promise par le COF ou bien d'assister à la suppression des sports d'hiver du programme olympique..
L'accélération des travaux entraîne un coût supplémentaire sur la facture totale de ces Jeux. L'aménagement de la patinoire et du stade olympique représente la plus forte dépense avec . La construction de la piste de bobsleigh coûte quant à elle et le tremplin de saut . En raison de graves problèmes de trésorerie, le COF ne participe finalement qu'à hauteur de . alors que la municipalité de Chamonix-Mont-Blanc règle à elle seule 2 des de francs dépensés au total pour l'organisation et la tenue de la semaine internationale des sports d'hiver.. Les principales sources de revenus émanent de la vente des billets : avec un nombre total de payants, la billetterie rapporte .. Les recettes totales sur la durée des Jeux s'élèvent à ..
Nations participantes thumb|left|alt=Carte du monde des nations participants aux Jeux indiqués en vert.|16 nations participent aux Jeux.|upright=1.3 Seize nations sont représentées à Chamonix pour un nombre total de ., dont et ... Conformément à une décision du CIO, seuls les pays membres de la Société des Nations sont autorisés à prendre part aux Jeux de Paris et par conséquent, à la semaine des sports d'hiver des Chamonix. L'Allemagne est ainsi exclue de la compétition.. Le nombre de nations présentes à Chamonix est inférieur aux engagés à Paris..
Le nombre indiqué entre parenthèses correspond au nombre d'athlètes engagés dans les épreuves officielles pour chaque pays.
Autriche (4) Belgique (18) Canada (12) États-Unis (24) Finlande (13) France (39) Grande-Bretagne (28) Hongrie (4) Italie (18) Lettonie (2) Norvège (14) Pologne (7) Suède (23) Suisse (27) Tchécoslovaquie (24) Yougoslavie (4)
Sites de compétition thumb|La patinoire de Chamonix en 1924. thumb|alt=Photographie en noir et blanc d'un tremplin de saut à ski vu en plongée.|Le tremplin olympique du Mont lors du concours de saut à ski. La patinoire, également connue comme le stade olympique de Chamonix, est établie en bordure de l'Arve, en amont de Chamonix, face à une ancienne patinoire de la ville. D'une superficie totale de , elle est à cette époque la plus grande patinoire artificielle du monde et bénéficie des dernières avancées technologiques.. La construction de ce stade nécessite au préalable des travaux d'endiguement de la rivière afin de soutenir le remblai de la patinoire. De forme rectangulaire, celle-ci est complétée par deux demi-cercles de de diamètre, pour une longueur maximale de .. À elle seule, la patinoire proprement dite représente , auxquels il faut ajouter une piste de course et un terrain de curling de . Le reste du terrain comprend une piste de ski joëring ainsi que des tribunes et un pavillon des sports. Les spectateurs disposent de cinq tribunes. La plus luxueuse peut accueillir , tandis que la grande tribune couverte a une capacité de .
Le tremplin olympique du Mont est construit à proximité du glacier des Bossons pour accueillir les épreuves de saut à ski et de combiné nordique. D'une longueur de , la piste de lancement compte trois départs. La piste de réception, au bout de laquelle des tribunes en gradins sont aménagées pour accueillir les spectateurs, a une longueur totale de .
Les épreuves de bobsleigh se déroulent sur la piste des Pélerins, à proximité du téléférique de l'Aiguille-du-Midi. La piste est longue de pour une largeur de et comporte . Une conduite d'eau suit la piste afin d'en permettre l'arrosage et l'alimentation. La remontée des bobsleighs et des athlètes s'effectue par le biais du funiculaire..
Déroulement Calendrier Le programme de la semaine internationale des sports d'hiver est établi lors du Congrès des sports d'hiver de à Paris, tandis que le calendrier des épreuves est déterminé par la commission technique du Comité olympique français. Un total de seize épreuves sont organisées, dont quatre par équipes : la patrouille militaire, le hockey sur glace, le curling et le bobsleigh..
CO Cérémonie d'ouverture ● Épreuve(s) 1 Finale d'épreuve officielleLe chiffre indique le nombre de finales qui se tiennent ce jour-là pour chaque sport. CC Cérémonie de clôture
+ Calendrier des épreuves.janvier-242526272829303112345Épreuves Cérémonies CO CC —20px|alt=Logo du bobsleigh|link=|class=skin-invert-image Bobsleigh ● BOB à QUATRE H120px|alt=Logo du combiné nordique|link=|class=skin-invert-image Combiné nordique ● SAUT et 18 KM120px|alt=Logo du curling|link=|class=skin-invert-image Curling ● ● G B 46-4 FRANCE 120px|alt=Logo du hockey sur glace|link=|class=skin-invert-image Hockey sur glace ● ● ● ● ● ● CAN 6-1 USA 120px|alt=Logo du patinage artistique|link=|class=skin-invert-image Patinage artistique ● FEMMEHOMME COUPLE 320px|alt=Logo du patinage de vitesse|link=|class=skin-invert-image Patinage de vitesse 500 50001500 10000 combine 520px|alt=Logo du biathlon|link=|class=skin-invert-image Patrouille militaire 30 km 120px|alt=Logo du saut à ski|link=|class=skin-invert-image Saut à ski K90120px|alt=Logo du ski de fond|link=|class=skin-invert-image Ski de fond 50 km 18 km 2Nombre de finales/jour2302310122Total cumulé255710111112141616
Conditions météorologiques