La maison de Valois est la branche cadette de la dynastie capétienne qui règne sur le royaume de France de 1328 à 1589. Elle succède aux Capétiens directs et précède les Bourbons.

Elle tire son nom du comté de Valois, apanage donné à Charles, fils de et père du roi . La branche aînée s'éteint en 1498, mais elle compte plusieurs rameaux cadets : celui des ducs d'Alençon, éteint en 1525, issu de , deuxième fils de Charles de Valois ; celui des Franças (au Portugal) ; celui des ducs d'Anjou, éteint en 1481, issu de Louis, deuxième fils de ; celui des ducs de Berry, éteint en 1416, issu de Jean, troisième fils de le Bon ; celui des ducs de Bourgogne, éteint en 1482, issu de Philippe le Hardi, quatrième fils de le Bon. Ce rameau a lui-même deux autres sous-rameaux : celui des ducs de Brabant, éteint en 1430, et issu d'Antoine, fils de Philippe le Hardi ; celui des comtes de Nevers, éteint en 1491, et issu de Philippe, fils de Philippe le Hardi ; celui des ducs d'Orléans, éteint en 1515 après avoir accédé au trône et issu de Louis, second fils de . Ce rameau a lui-même un autre sous-rameau : celui des comtes d'Angoulême, éteint en 1589 après avoir accédé au trône et issu de Jean, second fils de Louis.

Il y a également plusieurs rameaux illégitimes : les Longueville, issus de Jean de Dunois (1403-1468) ; les Bourgogne, issus de Jean de Bourgogne (1404-1479) ; les Valois-Saint-Remy, issus d’Henri de Saint-Rémi (1557-1621) ; les ducs d'Angoulême, issus de Charles d'Angoulême (1573-1650).

Après avoir conservé le trône pendant plusieurs siècles, la lignée masculine de la maison de Valois finit par s'éteindre, et le trône du royaume de France revient à la plus ancienne branche survivante de la dynastie capétienne, la maison de Bourbon.

Un héritage contesté La dynastie des Capétiens semble être assurée pendant et après le règne du roi , de 1285 à 1314. À la mort de Philippe, trois fils lui survivent (, et ) ainsi qu'une fille (Isabelle de France). Chacun des fils devient roi tour à tour, mais meurt jeune et sans héritier mâle, en ne laissant que des filles, lesquelles ne peuvent hériter du trône. Lorsque meurt en 1328, la succession du royaume de France devient plus problématique.

En 1328, trois candidats potentiels peuvent prétendre au trône :

, fils de Charles de Valois, le plus proche héritier dans la lignée masculine, et petit-fils de (régnant de 1270 à 1285). Puisque son père est le frère de , est par conséquent le neveu de ainsi que le cousin de , de et de . Ainsi, le choisit comme régent avant sa mort ; , fille de . Bien que utilise sa position relativement à sa nièce pour prendre le trône en 1316, Jeanne peut toutefois très grandement prétendre à l'héritage de , ce qui est soutenu par sa famille maternelle après la mort de . Elle reçoit finalement le royaume de Navarre, qu'elle peut faire hériter à des filles ; , fils d'Isabelle de France, elle-même fille et seul enfant survivant de . Édouard prétend au trône du royaume de France en tant que petit-fils de .

En Angleterre, Isabelle de France prétend au trône au nom de son fils de . Tout comme le système français, la loi d'Angleterre de succession ne permet pas la succession de femmesMathilde l'Emperesse prétend au trône d'Angleterre au début du . Toutefois, Étienne de Blois lui conteste ce droit, engendrant une longue guerre civile, et Mathilde n'est habituellement plus vue comme étant la monarque légitime d'Angleterre., mais autorise la succession dans la lignée féminine (par exemple avec ). La France conteste sa demande, en avançant que si elle ne peut pas elle-même succéder au trône, car étant une femme, elle ne peut pas non plus transmettre un tel droit à son fils. Finalement, les magistrats français choisissent Philippe de Valois pour nouveau monarque, qui devient alors de France. Séparément, le trône de Navarre va à Jeanne de France, fille de , qui devient de Navarre.

Puisque la diplomatie et les négociations échouent, doit recourir à la force pour prétendre au trône de France. Pendant quelques années, l'Angleterre et la France maintiennent une paix difficile. Finalement, une escalade de conflits entre les deux rois aboutit à la confiscation du duché d'Aquitaine par (1337). Plutôt que de rendre hommage au roi de France, comme l'ont fait ses ancêtres, Édouard déclare qu'il est lui-même le roi légitime de France. Ces événements sont les prémices de la guerre de Cent Ans (1337-1453) entre la France et l'Angleterre. Bien que l'Angleterre finisse par perdre ce long conflit, les monarques anglais et britanniques continuent de prétendre au trône de France jusqu'en 1801, tout du moins formellement.

La guerre de Cent Ans La guerre de Cent Ans peut être vue comme une longue entre les maisons de Valois et de Plantagenêt. Le début du règne de est prometteur pour la France. Le nouveau roi combat les Flamands au nom de son vassal, le comte de Flandres, et lui restaure son pouvoir. L'agression d' contre l'Écosse, alors alliée à la France, incite à confisquer la Guyenne. Par le passé, les rois anglais devaient se soumettre aux rois de France. Cependant, Édouard, descendant des rois français, prétend au trône pour lui-même. La France est au summum de sa puissance ; nul ne croit que le roi d'Angleterre puisse concrétiser sa prétention au trône de France.

La stratégie initiale d'Édouard est de s'allier à la Flandre et aux princes de l'Empire. Les alliances sont coûteuses et peu productives, bien qu'en trêve, les rois français et anglais interviennent dans la guerre de Succession de Bretagne. En 1346, Édouard envahit la France et pille les campagnes plutôt que de tenter d'occuper le territoire. Les forces françaises conduites par affrontent à la bataille de Crécy, qui résulte en une dévastatrice et humiliante défaite de la France. Malgré cela, le mieux auquel Édouard peut prétendre par sa victoire est la capture de Calais.

succède à son père en 1350. Il est menacé par , de la branche d'Évreux de la dynastie des Capétiens, qui convoite le trône de France par le droit de sa mère, descendante aînée de . Le caractère de Charles finit par aliéner les monarques français et anglais, puisqu'il change aisément de côté selon où se trouvaient ses intérêts. En 1356, Édouard, le Prince Noir, fils aîné et premier héritier d', guide son armée au cours d'une chevauchée en France. Jean poursuit le Prince Noir, qui cherche à éviter d'engager les forces supérieures du roi de France. Les négociations échouent. Durant la bataille de Poitiers, les Français subissent une nouvelle défaite humiliante, et leur roi est capturé. Édouard espère la victoire en envahissant la France et en se faisant couronner à Reims. Mais le nouveau chef des armées françaises, le Dauphin Charles, évite une nouvelle bataille rangée, et la ville de Reims résiste au siège. Dans le traité de Brétigny, la Couronne anglaise gagne une Aquitaine élargie dans toute sa souveraineté, abandonne le duché de Touraine, les comtés d'Anjou et du Maine, la souveraineté de la Bretagne et des Flandres, ainsi que son droit sur le trône de France.

devient roi en 1364. Il soutint Henri de Trastamare durant la guerre civile de Castille, alors que le Prince Noir soutient le roi régent, . Le Prince Noir gagne, mais Pierre refuse de payer pour ses dépenses. Le Prince Noir tente alors de recouvrer ses pertes en levant des taxes en Aquitaine, ce qui les incitent à faire appel au roi de France. La guerre est de nouveau déclarée. Les Français reprennent leurs territoires les uns après les autres. Lorsque Charles meurt en 1380, seules Calais, Bordeaux et Bayonne sont laissées aux Anglais.

Les anciennes grandes familles de la noblesse féodale sont grandement remplacées par une classe de puissance équivalente : les princes de sang royal. Avec la confiscation de la Guyenne, la seule famille non capétienne restante est la maison de Flandres. Les ducs de Montfort de Bretagne, les maisons d'Évreux et de Bourbon ainsi que les princes de la maison de Valois constituent la grande noblesse du Royaume.

Succédant au trône à l'âge de , le règne de est le premier depuis celui de saint Louis, en 1226. Le pouvoir est détenu par ses oncles, les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourgogne. Les ducs gaspillent les ressources de la monarchie afin de poursuivre leurs propres fins. Le duc d'Anjou prétend au royaume de Naples ; celui de Berry gouverne ses vastes domaines dans le Languedoc ; et celui de Bourgogne, s'étant marié à l'héritière des Flandres, trouve plus commode de diriger ses vastes dominions depuis Paris. Charles met fin à la régence de ses oncles à l'âge de , bien qu'il aurait pu le faire dès l'âge de . Son début de règne est prometteur, mais le début de la folie, qu'il pourrait avoir hérité des ducs de Bourbon du côté de sa mère, va se révéler désastreux pour la France. Le duc de Bourgogne, le plus puissant des princes et de ses pairs, prend naturellement le pouvoir. Mais son neveu, , le frère du roi, conteste son autorité. La rivalité entre les deux princes et leurs descendants conduisent à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

En 1415, , arrière-petit-fils d' envahit la France. Durant la bataille d'Azincourt, la faction Armagnac combat les Anglais et est décimée. Les ducs d'Orléans et de Bourbon sont capturés et le parti bourguignon gagne de l'ascendance à Paris. Henri poursuit sa conquête de la Normandie. Les Armagnacs assassinent Jean sans Peur, duc de Bourgogne, une revanche tardive pour l'assassinat de , duc d'Orléans. Le nouveau duc, Philippe le Bon, s'allie à l'Angleterre. Par le traité de Troyes, d'Angleterre devient le régent de France et héritier à ce trône ; il se marie à Catherine de Valois, fille du roi de France. Aussi, le Dauphin Charles est déshérité. Pour le rendre parfaitement légal, le traité est ratifié par les états généraux plus tard dans l'année.

Accepter le traité de Troyes serait un déni de légitimité des Valois. Alors que l'Angleterre était accoutumée à changer ses rois, la France adhérait grandement aux siens. Le traité fut seulement reconnu par les territoires contrôlés par l'Angleterre du Nord de la France, ainsi que par les ducs alliés de Bourgogne et de Bretagne. mourut avant son souffreteux beau-père, , laissant l'avenir des Lancastre du royaume de France entre les mains de son enfant, encore bébé, , ainsi qu'à son frère, Jean de Lancastre.

Le compétent duc de Bedford empêche de reprendre le contrôle du Nord de la France. En 1429, Jeanne d'Arc parvient à lever le siège d'Orléans et permet au roi d'être couronné à Reims, une importante victoire pour la propagande française. Les luttes de pouvoir entre Jean, duc de Bedford, son frère Humphrey, duc de Gloucester, et leur oncle Henri, cardinal de Beaufort, entrave l'effort de guerre anglais. Le duc de Bourgogne, aliéné par les bévues du duc de Gloucester, se réconcilie avec le roi de France par le traité d'Arras (1435). Le duc de Bedford meurt la même année.

Les différentes factions en guerre conclurent de longues trêves, durant lesquelles le roi de France prépare le renouvellement de la guerre, tandis que les Anglais font une pause et profitaient de nouvelles taxes sur les royaumes conquis. En 1450, les Français ont reconquis la Normandie, et la Guyenne l'année suivante. Une dernière tentative de l'Angleterre pour retrouver ses pertes aboutit à sa défaite à la bataille de Castillon en 1453. Avec cette victoire, les Anglais ont été chassés de toute la France, à l'exception de Calais. La succession des Valois est confirmée et assurée.

Centralisation du pouvoir