Le Roc-Saint-André est une ancienne commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Val d'Oust.
Géographie Situation Le Roc-Saint-André est une ancienne commune située sur la rive droite de l'Oust, au nord des Landes de Lanvaux.
Relief et hydrographie Le finage du Roc-Saint-André est constitué de deux parties très différentes : d'une part les trois quarts ouest de cette ancienne commune sont un plateau (formé de petites collines séparées par des ruisseaux qui vont se jeter dans l'Oust) situé en moyenne entre 80 mètres et 100 mètres d'altitude, culminant même à 121 mètres à sa limite ouest là où la D4 quitte la commune, et le quart oriental, constitué par le lit majeur (zone inondable) de l'Oust, aux alentours de 25 mètres d'altitude, qui s'étend surtout dans la partie nord-est de son territoire, aux alentours de la Touche Carné, sur la rive convexe d'un large méandre de l'Oust et, avec une moindre ampleur, au sud-est de la commune, aux alentours des hameaux de la Ville aux Figlins et La Rivière. La limite entre ces deux terroirs forme un escarpement net, regardant vers l'est, d'un dénivelé de 30 à 50 mètres selon les endroits.
Le bourg du Roc-Saint-André s'est développé à un endroit où le lit majeur de l'Oust se rétrécit côté rive droite jusqu'à quasiment disparaître, ce qui en a fait un lieu de franchissement privilégié de l'Oust (voie romaine, route royale, avec halte de la poste aux chevaux.), ainsi qu'un promontoire d'une quinzaine de mètres dominant l'Oust et qui porte notamment l'église paroissiale.
Le Ruisseau de Tromeur, affluent de rive droite de l'Oust, sert de limite sud de la commune avec Sérent, sauf dans sa partie aval où le territoire communal du Roc-Saint-André (et désormais de la commune nouvelle du Val d'Oust) déborde sur sa rive gauche.
Le lit majeur de l'Oust, dans la partie nord-est du finage du Roc-Saint-André, est parsemé de nombreux plans d'eau épars, constitués par d'anciennes gravières.
Géologie Le gisement stannifère de la Villeder est décrit en détail dans un article publié en 1912..
Transports Le Roc-Saint-André a disposé d'une gare, située en fait sur le territoire de la commune voisine de La Chapelle, sur la ligne ferroviaire allant de Questembert à Ploërmel (ligne ouverte en 1881, fermée au trafic voyageur en 1946 et au trafic marchandises en 1991). Cette ancienne ligne ferroviaire est désormais reconvertie en voie verte.
Le Roc-Saint-André était traversée par l'ancienne Route nationale 166, allant de Vannes à Ploërmel, qui franchit l'Oust sur un pont de pierre construit en 1760, désormais devenue la D 766a qui, en direction du sud-ouest se dirige vers Sérent et, vers l'est en direction de la nouvelle Route nationale 166, aménagée en voie expresse, à laquelle est elle reliée par deux échangeurs, mais cette route et les échangeurs sont situés sur l'ancienne commune de La Chapelle-Caro.
La D 4 relie, en direction du nord-ouest, Le Roc-Saint-André à Josselin.
L'Oust canalisé (Canal de Nantes à Brest) n'est plus très utilisé, mais reste accessible à la navigation touristique. L'Oust (Canal de Nantes à Brest) au Roc-Saint-André
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Le Rotz en 1427 (une chapelle porte alors ce nom).
La prononciation gallèse est « Le Rô », en breton.
Le Roc-Saint-André, en breton Roz-Sant-Andrev, est le nom d'une chapelle, la chapelle du Roz construite sur un roc dédié à saint André.
De nombreux lieux-dits de la commune sont précédés du préfixe "ville" et non du préfixe breton ker ; bien que situé en région de tradition bretonnante, cela signifie qu'on y parle depuis longtemps le français..
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Roz-Sant-AndrevOffice public de la langue bretonne.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 25,0 % des toponymes de l'ancienne commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 390.
Histoire Ce territoire était un démembrement de la paroisse de Sérent, qui est devenu une trève de cette paroisse en 1608 sous le nom de Saint-André-du-Roc. Il n'a été érigé en commune que tardivement, en 1790, sous le nom de Pont-du-Roc, et en paroisse en 1802 (à la suite du Concordat). La commune prend le nom de Roc-Saint-André par arrêté préfectoral du . Antiquité « Au sud du moulin de la Villeder on trouve les traces d'un retranchement attribué aux Romains. Ce qui est certain, c'est que les environs présentent de nombreux fragments de briques romaines (..). À une petite distance de ce camp est une ferme qui porte encore le nom significatif de "la Grée aux Romains" » écrivent A. Marteville et P. Varin en 1853.
Les filons d'étain de la Villeder ont été exploités dès la Préhistoire et l'époque gallo-romaine..
Temps modernes
Vers 1760, le duc d'Aiguillon, gouverneur de la Bretagne, décide de remplacer le pont de bois qui enjambe alors l'Oust au niveau du château du Crévy, par un pont en pierre constitué de treize arches qu'il place en amont du pont antérieur. Ce pont de pierre fut remanié dans la première moitié du pour permettre le passage du Canal de Nantes à Brest.
Révolution française Roc-Saint-André est érigé en commune en 1790 et rattachée au canton de Sérent en 1793, avant d'être rattachée au canton de Malestroit en 1801, année où la commune est nommée "Le Roc-Saint-André"..
Le
Le Roc-Saint-André vers le milieu du A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Le Roc Saint-André en 1853 :
En 1854 la commune du Roc-Saint-André, ainsi que de nombreuses communes des alentours, est ravagée par une épidémie de dysenterie..
La mine d'étain de la Villeder thumb|Annonce de la mise en vente de la propriété de la Villeder en 1843 (journal La Presse). La mine d'étain de la Villeder est rouverte à partir de 1853.. Elle avait déjà été exploitée du temps des Celtes et des Romains. Redécouvert en 1834, le gisement est d'abord exploité à ciel ouvert, en carrière, par la Compagnie minière du Morbihan. Le premier lingot d'étain provenant de la Villeder et fondu dans une fonderie française est offert au préfet du Morbihan le .. thumb|Annonce de mise en vente de biens de la mine d'étain de Villeder (journal L'Ouest-Éclair du ). La "Société des Mines d'étain de Villeder", sise à Ploërmel, est constituée en . pour racheter les mines mises en vente en 1879 par la Compagnie minière du Morbihan à la suite de difficultés financières.. Remises en vente en 1887., les mines de la Villeder sont rachetées en 1889 par un groupe financier parisien.. En 1891 la revue "La Finance pratique" écrit que depuis 3 ans la Villeder « fait l'objet de travaux de recherches qui n'aboutissent à rien, qu'entretenir l'espérance. Un état-major assez complet, directeur, ingénieurs, est employé à surveiller les nombreux ouvriers sui passent leur temps à approfondir les parois de la mine. Plus ils creusent, plus ils trouvent la même chose : l'eau. S'il n'y a pas de minerai, il est incontestable qu'il existe des infiltrations, et qu'elles renaissent plus importantes chaque jour ».. La "Compagnie des mines de la Villeder" est déclarée dissoute par le tribunal de la Seine le ., les mines de la Villeder sont rachetées en 1889 par un groupe financier parisien. En 1891 la revue "La Finance pratique" écrit que depuis 3 ans la Villeder « fait l'objet de travaux de recherches qui n'aboutissent à rien, qu'entretenir l'espérance. Un état-major assez complet, directeur, ingénieurs, est employé à surveiller les nombreux ouvriers sui passent leur temps à approfondir les parois de la mine. Plus ils creusent, plus ils trouvent la même chose : l'eau. S'il n'y a pas de minerai, il est incontestable qu'il existe des infiltrations, et qu'elles renaissent plus importantes chaque jour ». La "Compagnie des mines de la Villeder" est déclarée dissoute par le tribunal de la Seine le .
La revue "L'Écho des mines et de la métallurgie" écrit en 1911 que « lors de la dernière reprise des travaux de la mine d'étain de la Villeder (..) on a fait venir à grands frais d'Allemagne un superbe atelier de préparation mécanique et on l'a installé luxueusement. Il a coûté si cher que la Société des Mines s'était ruinée avant d'avoir pu extraire la petite quantité de minerai nécessaire à la mise en marche de la laverie..
Un tonnage appréciable de minerai fut extrait de ces mines, les puits d'extraction ne dépassant pas toutefois 200 mètres de profondeur..
La demande de renonciation à la concession des mines d'étain et autres métaux associés de la Villeder, déposée en 1914 par son propriétaire d'alors, Charles-Bernard Brull, est acceptée par un décret du Président de la République en date du . Cette concession, vaste initialement de hectares, datait du , mais avait déjà été réduite par un décret du ..
Le
La Belle Époque thumb|left|Le Roc-Saint-André ː le bas du bourg près du canal de Nantes à Brest au début du XXe siècle (carte postale). thumb|Le Roc-Saint-André ː l'Oust et l'église Saint-André au début du XXe siècle (carte postale). Le eut lieu l'inventaire des biens d'église de Roc-Saint-André, La Chapelle et Sérent. « L'un des vicaires de Sérent et celui de Lizio ont été arrêtés et conduits, menottes aux mains, et sous escorte, au tribunal de Ploërmel pour y être jugés le soir même ».. En 1907 le journal L'Ouest-Éclair déplore l'arriération des pratiques agricoles dans la région : « Que de landes encore, du côté de Campénéac par exemple, et comme les paysans sont routiniers par là. À Malestroit c'est pis encore ; de Saint-Marcel au Roc-Saint-André, par Sérent, de Réminiac à Monterrein, par Caro, comptez les terrains incultes, à peine plantés de maigres sapins. (..) Pourquoi alors ces progrès si lents qui paraissent nuls ? Pourquoi le sol de Sérent ou de Ménéac ne produiraient-ils pas aussi bien que celui de Bréhan ? Ces terrains sont trop maigres, dira-t-on. (..) La faute n'est pas à la terre, elle n'est pas plus au manque de bras, elle est au manque d'initiative, au manque d'influences compétentes »..
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts du Roc-Saint-André porte les noms de 27 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux deux sont morts à l'étranger (François Boiry est mort le à Veldhoek (Pays-Bas) et Pierre Moisan est mort de ses blessures le à Boezinge (Belgique) ; la plupart des autres sont morts sur le sol français..
L'Entre-deux-guerres
En 1919 à l'école des filles les classes sont obscures, exigües et surchargées ; une cloison de carton sépare les classes, « les leçons faites dans l'une s'entendent dans les autres (...) Le matériel scolaire est dans un état de vétusté sans nom et manque en partie »..
La Seconde Guerre mondiale
Dans la nuit du 17 au , la gare étant éclairée pour l'embarquement d'un régiment de soldats allemands, des pilotes anglais de cinq avions de la Royal Air Force, voyant de la lumière et croyant qu'il s'agissait du maquis de Saint-Marcel, larguèrent par erreur, à partir de la gare et jusque dans le secteur sud du bourg, de part et d'autre de l'Oust, un nombre important de containers (probablement 120). Un groupe de parachutistes de la France libre fut aussi largué sur ce secteur. Les soldats allemands saisirent les containers et patrouillèrent à la recherche des parachutistes qui parvinrent à se cacher et à rejoindre le maquisLivre de Joseph Jégo (1991) : 1939-1945 rage, action, tourmente au pays de Lanvaux (page 118)..
Le monument aux morts du Roc-Saint-André porte les noms de 9 personnes mortes pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale ; parmi elles André Chevalier, soldat du 265e régiment d'infanterie, mort au printemps 1940 dans les Ardennes lors de la Campagne de France ; Louis Beurel, soldat du 13e régiment de tirailleurs sénégalais, tué le lors du débarquement allié à l'Île d'Elbe..