Francis Ford Coppola Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API. Son patronyme provient de l'italien ., né le à Détroit, est un réalisateur, producteur de cinéma et scénariste américain.
Grande figure du Nouvel Hollywood, Coppola est considéré comme l'un de ses plus grands réalisateurs.
Il est titulaire d'un diplôme de l'université Hofstra où il a étudié le théâtre et a obtenu un MFA en réalisation cinématographique à l'UCLA.
Après avoir réalisé Les Gens de la pluie en 1969, Coppola co-écrit Patton (1970) et reçoit à 30 ans l’Oscar du meilleur scénario original avec Edmund H. North. La réputation de Coppola en tant que cinéaste est scellée avec la trilogie du Parrain. Tous trois réalisés par Coppola, les deux premiers (1972, 1974) remportent l'Oscar du meilleur film et sont considérés comme deux des plus influents et grands films de tous les temps. L'œuvre complète obtient 9 récompenses pour 28 nominations aux Oscars. En 1974, Coppola sort le thriller Conversation secrète, qui se veut être un nouveau succès critique et commercial. Il est aussi connu pour avoir réalisé Apocalypse Now (1979), autre chef-d'œuvre du cinéma qui dépeint la guerre du Vietnam avec un lyrisme abouti. Ces deux films obtiennent respectivement la Palme d'or du Festival de Cannes. Coppola réalise par la suite Outsiders, Rusty James (tous deux en 1983), Cotton Club (1984), Peggy Sue s'est mariée (1986), Dracula (1992) ou encore L'Idéaliste (1997). Il produit les films American Graffiti (1973) et L'Étalon noir (1979) entre autres.
Il est le père des réalisateurs Sofia et Roman Coppola, le grand-père de la réalisatrice Gia Coppola, le frère de l'actrice Talia Shire et l'oncle des acteurs Nicolas Cage et Jason Schwartzman ainsi que du musicien et acteur Robert Carmine. En dehors du monde du spectacle, Coppola est aussi vigneron, éditeur de magazine et hôtelier.
Biographie Enfance
Francis Ford Coppola est né le à l'hôpital Henry-Ford. de Détroit (Michigan). Il est le fils de l'actrice Italia Pennino Coppola et de Carmine Coppola, originaire de Bernalda dans la région de la Basilicate en Italie, premier flûtiste de divers orchestres symphoniques dont ceux de Détroit et NBC. Il est le cadet de leurs trois enfants. Deux ans après sa naissance, Carmine devient premier flûtiste de l'orchestre symphonique de la NBC et emménage avec sa famille à Long Island. C'est là que le jeune Francis passe le reste de son enfance. Souffrant de poliomyélite, il passe une grande partie de sa jeunesse alité, ce qui favorise son imagination, avec l'improvisation, à la maison, de spectacles de marionnettes.. En utilisant la caméra de son père, il fait ses tout premiers films en amateur à l'âge de dix ans. Après ses études secondaires à la . de Long Island, il part étudier le théâtre à l'université Hofstra d'où il sortira avec un Bachelor of Arts en 1959. Il met en scène plusieurs spectacles d'étudiants, regrettant de n'être pas doué pour l'écriture dramatique. En assistant à une projection d'Octobre de Sergueï Eisenstein, il décide d'abandonner le théâtre pour le cinéma. Il s'inscrit à l'université de Californie à Los Angeles, dans le département . d'où il sort avec un Master of Fine Arts en 1967, puis se perfectionne à la School of Cinematic Arts. de l'université du Sud de la Californie. où il rencontre Jim Morrison.. dont la musique, comme d'autres morceaux emblématiques de l'époque, sera plus tard intégrée à la bande originale de son célèbre film Biographie, Allociné..
Débuts Au début des années 1960, il commence sa carrière en faisant des films à petit budget sous la houlette de Roger Corman, puis en étant crédité du scénarioEntretien avec Michel Ciment d'Yves Boisset. de quelques grosses productions internationales comme Paris brûle-t-il ? de René Clément. Sa première œuvre notable, comme réalisateur, remonte à l'ère de ses collaborations avec Corman : Dementia 13. Après son diplôme de fin d'études obtenu grâce à la réalisation de Big Boy, Coppola se voit offrir les rênes de l'adaptation cinématographique de la comédie musicale de Broadway Finian's Rainbow, mettant en vedette Petula Clark dans son premier film américain au côté du vétéran Fred Astaire.
thumb|Francis Ford Coppola en 1973.
Le producteur Jack Warner, rendu perplexe par l'allure hirsute du cinéaste, le laisse livré à lui-même et limite le budget de production. Coppola emmène sa distribution à Napa Valley pour tourner les séquences d'extérieur. Ces scènes tranchent radicalement avec les attentes des studios hollywoodiens. Traiter un genre démodé comme la comédie musicale est d'une grande complexité pour l'époque, juste avant l'effondrement des grands studios et l'avènement des auteurs indépendants qui constituent le nouvel Hollywood dont Coppola est la tête de proue. Le résultat est une semi-réussite, mais le travail de Coppola avec Clark contribue sans doute à crédibiliser l'incursion de la chanteuse dans le monde du cinéma. Durant cette période, Coppola habite temporairement avec son épouse et sa famille à à Brentwood (Californie).
Aventures avec George Lucas En 1969, il fonde avec son ami George Lucas les studios American Zoetrope, basés à San Francisco. Le studio produit alors le THX 1138 de Lucas ainsi que Les Gens de la Pluie, mais les deux sont des échecs ruinant les ambitions de Coppola. Contraint d'accepter une commande de studio, il réalise Le Parrain d'après le roman éponyme de Mario Puzo. Le gigantesque succès de cette superproduction dont la cheville ouvrière est le producteur Robert Evans, ramène le cinéaste à l'indépendance et ressuscite ses rêves de conquête d'Hollywood.
Triomphe des deux premiers Parrains En 1971, Coppola gagne un Oscar pour le scénario de Patton, film biographique sur le général George Patton, réalisé par Franklin J. Schaffner. Cependant, sa réputation de grand cinéaste n'est reconnue qu'après avoir coécrit le scénario et réalisé les deux premiers volets de la grande saga sur la mafia italo-américaine : Le Parrain (1972) et Le Parrain, (1974). Les deux œuvres sont récompensées par l'Oscar du meilleur film. Le Parrain - lui vaut également l'Oscar de la meilleure réalisation perdu pour l'opus précédent (au profit de Bob Fosse pour Cabaret) et ravi au favori Roman Polanski, en lice avec Chinatown.
Conversation secrète Entre les deux Parrain, Coppola prend le temps d'écrire et de mettre en scène un film d'espionnage au style plus personnel : Conversation secrète qui relate l'histoire d’un couple dont l'homme, un important homme d'affaires, charge un expert en surveillance joué par Gene Hackman de mettre sur écoute sa femme, ainsi que son amant supposé. Le film, sorti en salles en 1974, marque largement son époque puisqu'il est contemporain de l'affaire du Watergate. Conversation secrète se voit nommé dans la catégorie « Meilleur film » aux Oscars en 1975, ce qui fait de Coppola le premier cinéaste et l'un des deux seuls (avec Steven Soderbergh, plus tard) à avoir réalisé deux films concourant dans cette catégorie la même année. Juste avant que Le Parrain - ne triomphe à la cérémonie des Oscars en raflant six statuettes et doublant le record du premier volet, Conversation secrète obtient la Palme d'or au Festival de Cannes 1974.
Gatsby le Magnifique Pendant cette période, il écrit le scénario de l’infructueux succès critique (malgré un succès commercial) Gatsby le Magnifique d'après le roman éponyme de F. Scott Fitzgerald, mettant en vedette Mia Farrow et Robert Redford. Aussi, Coppola investit-il à ce moment-là dans le City Magazine de San Francisco dont il s'autoproclame rédacteur en chef, engageant un tout nouveau personnel, y compris la fille d’un criminel : l'écrivaine , fille de David Berman. Bien qu'acclamée dans le milieu de la presse, l'affaire périclite rapidement. Le dernier numéro est publié en 1976.
Coppola goûte à l'autre plus gros succès critique et public de sa carrière avec . Il travaille durant cinq ans pour rédiger une première version satisfaisante du scénario avec John Milius. Coppola souhaite depuis longtemps transposer en pleine guerre du Viêt Nam l'intrigue du récit Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad, situé dans l'État indépendant du Congo de la fin du . Plusieurs tentatives d'adaptation du livre ont avorté, dont celle d'Orson Welles. À l'origine, George Lucas est pressenti pour mettre en scène le film. Cependant, celui-ci préfère s'atteler à la réalisation de La Guerre des étoiles et souhaite retarder le tournage d'« Apo ». Coppola décide, sans l'en avertir, de le réaliser ce qui brouille les deux amis durant plusieurs années. Le film fait l'objet d'une production très difficile au cœur de la jungle des Philippines et engloutit plus de de dollars d'un budget initialement fixé à , s'étalant sur de tournage et nécessitant l'impression de plusieurs dizaines de kilomètres de pellicule.
Le dictateur Ferdinand Marcos accorde son soutien à la production, prêtant ses hélicoptères et ses avions de chasse destinés à la traque des rebelles. Les appareils sont visibles dans la célèbre séquence du bombardement d'un village sur l'air de la Chevauchée des Walkyries de l'opéra Die Walküre de Richard Wagner. Dans un premier temps, le rôle de Willard est attribué à Harvey Keitel avec lequel Coppola commence le tournage. Mais à la suite de plusieurs différends, Keitel est remercié au profit de Martin Sheen. Les catastrophes s'enchaînent sur le plateau : un typhon ravage le décor, Sheen est victime d'une crise cardiaque et Marlon Brando, qui avait promis de perdre du poids, débarque sur le tournage obèse, sous la dépendance de stupéfiants et en ayant à peine lu le script. La vedette ignore totalement son texte. Effrayé à l'idée de devoir interrompre son travail, Coppola dissimule l'état de santé de son acteur principal aux producteurs<ref name="allo">[http://www.allocine.fr/film/fichefilm-27061/secrets-tournage/ Secrets de tournage dApocalypse Now], Allociné.</ref>. Il fait d'ailleurs venir son frère des États-Unis durant sa convalescence afin d'en faire une doublure pour des plans de dos. Il décide aussi de filmer Brando dans la pénombre et en fait un personnage à la limite du visible. À la fin de l'année 1976, Coppola fait un premier retour aux États-Unis avec des centaines d'heures d'images qui s'avèrent totalement inutilisables.
Dépassé et happé par la démesure de son entreprise et la mission démiurgique de son ouvrage, Coppola alterne entre des crises ressemblant à de la dépression nerveuse (d'après son épouse.) et des périodes d'euphorie ; lors de tels moments, le réalisateur commande de nombreux objets : équipement hi-fi, entrecôtes, bouteilles de vins, ustensiles. Après la crise cardiaque de Martin Sheen, Coppola s'effondre à son tour, événement pour lequel il racontera ne s'être jamais senti aussi proche de la mort et avoir vu « la réalité commencer à disparaître dans un tunnel sombre et avoir eu une peur bleue de ne pas pouvoir en ressortir. » Quand Coppola boucle finalement le tournage et rentre définitivement aux États-Unis, il est accompagné de d'images.