George « Buddy » Guy, né le à Lettsworth (Louisiane), est un musicien américain de blues et de musique rock. Au cours de sa carrière, il a été nommé quinze fois aux Grammy Awards et en a remporté huit.

Débuts vignette|Buddy Guy au Monterey Jazz Festival en 1992. Influencé dès son enfance par John Lee Hooker, Muddy Waters et Howlin' Wolf qui lui donneront plus tard envie d'émigrer vers Chicago, il se fabrique à l'âge de treize ans une guitare de fortune à partir d'une moustiquaire et d'un morceau de bois. Mais, c'est à seize ans que son père lui offre sa première vraie guitare, une deux cordes. Buddy joue alors simplement de la guitare pour passer le temps.

Quelque temps plus tard, alors qu'il est assis sur le seuil de sa maison en train de jouer de la guitare, un inconnu l'aborde, lui dit qu'il le regarde jouer chaque soir et qu'il voudrait lui offrir une guitare neuve. Et c'est ainsi que Buddy se retrouve le lendemain avec une guitare flambant neuve, plus motivé que jamais pour imiter ses idoles. Dès lors, il s'entraîne avec assiduité et se donne rapidement en concert à Bâton-Rouge avec les bluesmen locaux comme le Big Poppa John Tilley Band, Lightnin' Slim, Guitar Slim, Slim Harpo ou Lazy Lester. Mais Buddy sait déjà que son avenir n'est pas dans ce Sud ségrégationniste et pense déjà à partir au Nord des États-Unis. En quête d'un emploi bien payé, il part en 1957 pour Chicago, la ville de ses idoles. À cette époque, il n'imagine pas encore faire carrière dans la musique.

Chicago thumb|Buddy Guy au Bonnaroo Music Festival en 2006. Arrivé à Chicago, il parcourt la ville pendant plusieurs jours, sans argent, jusqu'à ce qu'il rencontre un homme qui lui demande s'il peut lui jouer de la guitare en échange d'un whisky. Buddy Guy accepte et emballe l'inconnu qui le conduit aussitôt dans une boîte où joue un de ses amis, un certain Otis Rush. Et alors même que Rush s'apprête à partir, Buddy se met à jouer The things I used to do. Otis dira seulement au patron de l'engager.

Dès lors Buddy, qui joue plusieurs fois par semaine, ne tarde pas à attirer un large public et se fait même remarquer par Muddy Waters qui lui prodiguera quelques conseils. Dans cet amas de bars à blues, Buddy croise d'autres jeunes qui eux aussi ne tarderont pas exploser comme Magic Sam, Earl Hooker ou Freddie King. Mais c'est surtout la rencontre avec sa première source d'inspiration, B.B. King, qui restera la plus bénéfique pour Buddy. Sa notoriété grandissante l'entraîne alors sur les différentes scènes de Chicago en compagnie d'autres bluesmen de renom : avec Otis Rush au Club 708 ou encore au Trianon Ballroom avec B.B. King.

En 1958, Buddy rencontre Willie Dixon et enregistre grâce à lui pour le label Cobra Sittin' and cryin' the blues avant de devenir, pour Chess, guitariste de studio, puis en solo. Il enregistre ainsi avec Ike Turner (This is the end), Otis Rush, Sonny Boy Williamson II, Muddy Waters et Willie Dixon. Parallèlement à sa carrière de sideman, il enregistre aussi en solo, entre 1958 et 1964, plusieurs 45 tours, Sit and cry, Try to quit my baby..., Broken hearted blues et surtout First time I met the blues qu'on retrouve aujourd'hui réunis sur les deux CD Buddy Guy on Chess vol. 1+2.

Buddy se produira ensuite avec l'harmoniciste Junior Wells sur l'album Buddy Guy & Junior Wells play the blues et sort en 1960 les singles Let me love you baby et Ten years ago. On le retrouve également sur l'album live Blues from Big Bill's enregistré au Copacabana Club à Chicago avec ses amis Howlin' Wolf et M. Waters.

Mais le grand succès n'arrive qu'au milieu des années 1960. Durant les années 1960 et 1970, il enregistre plusieurs classiques du Chicago blues comme A man and the blues, This is Buddy Guy (avec Clapton), Hold that plane et surtout Stone Crazy. Grâce au soutien d'Eric Clapton qui le cite souvent comme une de ses grandes influences, Buddy parvient à toucher facilement le public blanc et part en tournée à travers le monde. En 1965, il joue en Europe à l'American folk blues festival. En 1967, il est cette fois-ci au Mariposa folk blues festival à Toronto. En 1970, il fait la première partie de la tournée française des Rolling Stones et participe au célèbre Festival Express à travers le Canada durant l'été de la même année, en se produisant aux côtés de Janis Joplin, The Band et The Grateful Dead entre autres. Néanmoins Buddy se fait progressivement oublier des maisons de disques pendant les années 1970.

Années 1980 À la fin des années 1970, alors qu'il est oublié des maisons de disque américaines, il revient tourner en Europe régulièrement avec son compère Junior Wells et son frère Phil Guy pour le compte de Didier Tricard, qui organise les tournées Chicago Blues depuis 1974. C'est lors de l'une de ces tournées en 1979, qu'il enregistre en une journée à Toulouse, au studio Condorcet, l'album Stone Crazy, produit par le label Isabel de Didier Tricard, dont les droits seront rachetés aux États-Unis par le label Alligator Records. Le nom du label fut d'ailleurs donné en hommage à la mère de Buddy Guy, Isabel qui était décédée avant d'avoir vu son fils jouer.

Les années 1980, marquées par la new wave, mettent l'ensemble des bluesmen à l'écart du succès grand public. Pendant cette période Buddy Guy sort notamment, avec son ami Junior Wells, Buddy Guy and Junior Wells play the blues, Buddy Guy and the Juniors, Drinkin' TNT.

Il sort un nouveau disque produit par Isabel Records en duo acoustique avec Junior Wells lors d'une tournée en France en 1984, intitulé Going back ressorti en 1991 sous le titre Alone & Acoustic.

Renouveau thumb|Buddy Guy avec Eric Clapton en 2007.

En 1989, Buddy ouvre son club Buddy Guy's Legends à Chicago. Au début des années 1990 poussé par un renouveau du blues aux États-Unis et en Europe, il sort un album qui relance sa carrière : Damn right, I've got the blues en compagnie de Mark Knopfler, Jeff Beck et Eric Clapton. Il sort juste après, en 1993, l'album Slippin' in et joue aux côtés de jeunes bluesmen comme Jonny Lang.

En 2001, il sort Sweet Tea, un album lancinant et moite dans la tradition du blues hypnotique de Junior Kimbrough, dont Guy fait quelques reprises dans Sweet Tea, et dont il a recherché le même style de son.

Un nouvel album, The Blues Don’t Lie, sort le .

Buddy Guy est aujourd'hui considéré comme une légende du blues, au même titre que BB King, John Lee Hooker, Muddy Waters ou Albert King.

Récompenses Grammy Awards : 1992 : Meilleur album de blues contemporain pour « Damn Right, I've Got The Blues » 1994 : Meilleur album de blues contemporain pour « Feels Like Rain » 1996 : Meilleur album de blues contemporain pour « Slippin' In » 1997 : Meilleure performance instrumentale rock pour « SRV Shuffle » 2004 : Meilleur album de blues traditionnel pour « Blues Singer » 2011 : Meilleur album de blues contemporain pour « Living Proof » 2016 : Meilleur album de blues pour « Born To Play Guitar » 2019 : Meilleur album de blues traditionnel pour « The Blues Is Alive And Well » 2026 : Meilleur album de blues traditionnel pour « Ain’t Done With The Blues » W.C. Handy Blues Awards : 1982, 1990 (2), 1991 (2), 1992 (5), 1993 (4) et 1995 (3). Billboard Century Awards : 1993 Coup de cœur Jazz et Blues 2018 de l'Académie Charles-Cros pour The Blues Is Alive And Well, proposé le lors de l’émission Open Jazz d’Alex Dutilh sur France Musique.

Discographie Disques solos

Années 1960 1967 : Left My Blues in San Francisco, Chess 1968 : A Man & the Blues, Vanguard 1968 : This Is Buddy Guy! [Live], Vanguard

Années 1970 1970 : Buddy Guy, Junior Wells & Junior Mance Buddy and the Juniors, Blue Thumb 1971 : In the Beginning (1958/64), Drive 1972 : Buddy Guy & Junior Wells Play the Blues, Atlantic 1972 : Buddy Guy & Memphis Slim South Side Reunion 1972 : Hold That Plane!, Vanguard 1974 : Drinkin' TNT 'n' Smokin' Dynamite [live], Blind Pig 1977 : Live in Montreux, Evidence 1979 : Pleading the Blues, Evidence 1979 : Buddy & Phil Guy, JSP 1979 : Got to Use Your Head, Blues Ball

Années 1980 1980 : The Dollar Done Fell, JSP 1981 : Stone Crazy!, Alligator 1982 : DJ Play My Blues, JSP 1983 : Buddy Guy, Chess 1983 : The Original Blues Brothers Live, Magnum 1985 : Ten Blue Fingers, JSP 1987 : Chess Masters, Chess 1987 : Complete DJ Play My Blues Session, JSP 1988 : Breaking Out, JSP 1988 : Live at the Checkerboard Lounge, JSP 1989 : I Ain't Got No Money, Flyright

Années 1990 1991 : Alone & Acoustic, Alligator 1991 : Damn Right, I've Got the Blues, Silvertone (Grammy Award du meilleur album de blues contemporain) 1992 : My Time After Awhile, Vanguard 1993 : Live At The Mystery Club, Quicksilver 1993 : Feels Like Rain, Silvertone (Grammy Award du meilleur album de blues contemporain) 1994 : Drinkin' TNT 'n' Smokin' Dynamite, Sequel 1994 : Slippin' In, Silvertone (Grammy Award du meilleur album de blues contemporain) 1995 : I Cry, Blues Masterworks 1996 : Live: The Real Deal, Silvertone 1997 : Try to Quit You Baby, Ronn 1998 : As Good as It Gets, Vanguard 1998 : Heavy Love, Silvertone 1998 : Last Time Around—Live at Legends, Jive 1999 : The Real Blues, Columbia River

Années 2000 2001 : Sweet Tea, Jive 2002 : Blue on Blues, Fuel 2000 2002 : Everything Gonna Be Alright, Black & Blue 2003 : Blues Singer, Silvertone (Grammy Award du meilleur album de blues traditionnel) 2003 : Chicago Blues Festival 1964 [live], Stardust 2005 : Bring 'Em In, Jive 2008 : Skin Deep, Silvertone

Années 2010 2010 : Living proof, Silverstone records (Grammy Award du meilleur album de blues contemporain) 2013 : Rhythm & Blues, RCA Records 2015 : Born to Play Guitar, RCA Records / Silvertone Records / Sony Music - Avec Van Morrison, Doyle Bramhall II, etc 2018 : The Blues is Alive and Well, RCA Records (Grammy Award du meilleur album de blues traditionnel)

Années 2020 2022 : The Blues Don't Lie, RCA Records / Silvertone Records 2025 : Ain't Done with the Blues, RCA Records / Silvertone Records

Live avec Eric Clapton

1987 : Live At Ronnie Scott's

Participations 1995 : Johnnie be back de Johnnie Johnson (MusicMasters) avec Al Kooper, John Sebastian… 2004 : Food for Thought de Carlos Santana 2007 : This ain't no Tribute - Songs of Eric Clapton

Filmographie 2004 : Blues à Montreux avec Bobby Parker, Carlos Santana, Clarence Gatemouth Brown 2005 : Mountain stage : an evening with ... avec The Holmes Brothers et Pinetop Perkins (live in Charleston West Virginia) 2008 : Shine a Light il joue avec les Rolling Stones "Champagne & Reefer" de Muddy Waters 2009 : Dans la brume électrique ( In the Electric Mist) de Bertrand Tavernier : un guitariste de blues, ami du personnage principal Dave Robicheaux, joué par Tommy Lee Jones 2025 : Sinners de Ryan Coogler : Sammie âgé

Notes et références

Liens externes

« Le doux Buddy Guy » par Pierre Givodan, , sur le site artpointfrance.info.

Source

Catégorie:Naissance en juillet 1936 Catégorie:Naissance en Acadiane (Louisiane) Catégorie:Chanteur de blues Catégorie:Guitariste américain de blues Catégorie:Lauréat du Grammy Award Catégorie:Hollywood's RockWalk of Fame Catégorie:Guitariste jouant sur une Fender Stratocaster Catégorie:Musicien afro-américain Catégorie:Artiste de RCA Records Catégorie:Artiste de Chess Records Catégorie:Artiste de Jive Records Catégorie:Artiste de Vanguard Records Catégorie:Artiste de Zomba Group Catégorie:Artiste de MCA Records Catégorie:Artiste d'Atlantic Records Catégorie:Artiste de Delmark Records Catégorie:Artiste de Charly Records * Catégorie:Membre du Rock and Roll Hall of Fame Catégorie:Artiste ayant remporté un Grammy Award en 1992 Catégorie:Artiste ayant remporté un Grammy Award en 1994 Catégorie:Artiste ayant remporté un Grammy Award en 1996 Catégorie:Artiste ayant remporté un Grammy Award en 1997 Catégorie:Artiste ayant remporté un Grammy Award en 2004 Catégorie:Artiste ayant remporté un Grammy Award en 2011