thumb|upright=1.5|Une mitrailleuse calibre .

Une fusil a ball est une arme permettant d'envoyer à distance des projectiles, au moyen de gaz produits par la déflagration (combustion rapide et confinée d'un composé chimique détonnant). Depuis quelques siècles, à partir de la Renaissance tardive, les armes à feu sont devenues les armes prépondérantes de l'humanité, ce qui a provoqué de profondes mutations dans l'art militaire.

Il existe, de façon basique, deux types principaux d'armes à feu : les armes légères et les pièces d'artillerie. Les armes légères sont des armes d'un calibre assez réduit, souvent en dessous de quinze millimètres, que l'on pointe à la main et directement sur un objectif visible. Les pièces d'artillerie, elles, sont des armes plus imposantes nécessitant l'utilisation d'un support (l'affût) pour être mises en batterie, elles peuvent peser plusieurs tonnes et avoir une portée de plusieurs dizaines de kilomètres ; leur pointage se fait souvent de façon indirecte grâce à des observateurs avancés et par l'utilisation de coordonnées géographiques.

Une autre façon de répartir les armes à feu peut être l'automatisation de leur séquence de tir, on peut ainsi distinguer les armes au coup par coup, les armes à répétition, les armes semi-automatiques et les armes automatiques.

Histoire Les premières armes à feu apparurent en Chine au avec les lances à feu (Huo Sang), espèce de lance-flammes, à l’efficacité pratique restreinte sur un champ de bataille (mais plus large pour ses qualités incendiaires). Leur efficacité psychologique sur des novices pouvait être utile. Par observation, le recul fut tard avec les flèches à feu, dont la portée fut augmentée. Au , les troupes de Gengis Khan utilisaient les pots à feu (assimilables aux cocktail molotov) de façon marginale. Les pots à feu étaient constitués d'un contenant rempli de combustible qui en se répandant créent un grand foyer incendiaire, un pot contenant de l'huile qui va s’enflammer et se répandre quand le pot va se casser.

Les premières armes à feu européennes apparurent au cours de la deuxième moitié du Moyen Âge, vraisemblablement au , où l'on trouvait les premières mentions de ce type d'armes à feu médiévales. Les armées musulmanes du royaume de Grenade se servent au et pour la première fois en Europe, de la poudre noire ; ils introduisent les armes à feu qui vont révolutionner la technologie militaire. Les premiers essais d'arme à feu concernaient surtout des engins d'artillerie, les armes portables se révélant, tout d'abord problématiques à mettre en œuvre, et moins efficaces que les armes de jet traditionnelles, comme l'arc et l'arbalète.

Les premières pièces d'artillerie, furent alors utilisées concurremment avec l'artillerie névrobalistique, alors en usage pour les sièges. Du fait des limitations technologiques de ces premières réalisations, leur emploi était souvent risqué pour l'attaquant lui-même, les premières bombardes ayant tendance à exploser après quelques tirs, voire dès le premier. Leur efficacité était douteuse, leur projectile se désagrégeant à l'impact, plutôt que d'entamer la fortification visée. Les progrès réalisés en métallurgie vinrent peu à peu à bout de ces premières difficultés. Il devint possible dès la fin du Moyen Âge, de réaliser des canons qui n'explosent plus que de façon très occasionnelle et des projectiles en fonte, s'imposent au détriment de ceux en pierre, utilisés tout d'abord. L'effet sur les techniques de siège et de fortification est alors fondamental, les plus hautes murailles, gages d'invulnérabilité auparavant, deviennent les plus vulnérables, et l'on dut repenser tout l'art de protéger une position.

Petites armes à feu dans le monde en 2007 thumb|upright=1.2|Quelques armes à feu légères. Les armes légères et de petit calibre sont considérées par l'ONUSmall Arms Survey - Home comme une source potentielle ou avérée (selon les contextes) d'exacerbation de la violence.

En juillet 2007, un rapportSmall Arms Survey. établi par l’Institut universitaire de hautes études internationales de Genève estimait que 650 des 850 millions de petites armes à feu sur Terre (76,5 %) sont en fait détenues par des civils, le reste l'étant par les diverses armées et forces de l'ordre.

Les États-Unis sont largement en tête du classement avec 290 millions d’armes, soit presque une par personne (90 petites armes à feu pour 100 habitants). Viennent ensuite le Yémen (61 armes pour 100 habitants), la Finlande (56), la Suisse (46) et l’Irak (39). La France se situe à un niveau comparable à beaucoup de pays européens, avec 32 armes pour 100 habitants. L'âge minimal pour le port d'armes à feu en Finlande est fixé à 15 ans« La Finlande doit revoir sa législation sur les armes à feu » dans Courrier international du 09-11-2007, Anne-Françoise Hivert, « Le tueur des illusions finlandaises », dans Libération du 09-11-2007, . On estime que 56 % de la population finlandaise et adolescents en détiennent une.

L’Inde serait le pays d'Asie le plus armé (avec 46 millions d'armes privées, c'est-à-dire n'appartenant ni à la police ni à l'armée), mais rapporté à sa population le taux d'armement privé y est parmi les plus bas (4 pour 100 habitants). Idem pour la République populaire de Chine (3 pour 100 habitants) et le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique (1 arme à feu pour 100 habitants).

Si le rapport confirme des liens entre l'instabilité persistante de certaines situations (ex : violence armée et insécurité au Sud-Soudan) et la disponibilité des armes à feu pour la population civile, urbaine notamment, la seule présence d'arme ne permet pas d'en prévoir un usage violent, et le faible nombre d'armes par habitant ne garantit pas l'absence de violence (Le Nigeria par exemple est victime d'un taux important de violence, sans armes à feu nombreuses chez les civils). Contrairement à une idée répandue, il n’y a pas de relation claire entre un plus grand nombre d’armes et un niveau de violence accru, a commenté Keith Krause (qui a dirigé le programme), citant la délinquance importante en Amérique latine où la population civile dispose de peu d’armes à feu. Outre les apports d'origine militaire (entraînements, conflits), l'usage commun de certaines munitions en pleine nature (chasse et ball-trap surtout) contribue de manière non négligeable à la pollution de l'environnement ; plusieurs dizaines de milliers de tonnes de plomb sont ainsi dispersées dans l'environnement chaque année par la chasse et le ball-trap ( par an environ, en France dans les années 1990, dont par la chasseRapport sur les effets des métaux lourds sur l’environnement et la santé, par M. Gérard MIQUEL, Sénateur (Télécharger le rapport)), qui se surajoutent aux apports des années précédentes de certaines pollutions diffuses de l'environnement (plomb toxique des balles ou de la grenaille, métaux lourds des amorces qui sont diffusés dans l'environnement, devenant des sources de saturnisme animal, aviaire notamment et peut-être humains).

Légalité thumb|upright=1.4|Un rebelle avec un lance-roquettes en Centrafrique.

Un baromètreRésumé du chapitre concerné du rapport 2007 small arms survey (http://www.smallarmssurvey.org/files/sas/publications/year_b_pdf/2007/2007SAS_French_press_kit/2007SASCh3_summary_fr.pdf Lire) tente de suivre la légalité et la transparence des grands marchés mondiaux d'armes légères, petit calibre et de leurs munitions.

Les chercheurs tentent de différencier : les transferts autorisés (mais ils peuvent ne l'être que par un seul des 2 gouvernements concernés). les transferts irresponsables (ou « transferts sur le marché gris » ), autorisés par un gouvernement au moins, mais légalement douteux pour le droit international, avec risque d’utilisation abusive et/ou de détournement vers des usages ou des destinataires non autorisés, etc. Même si l'on ne retenait comme "irresponsables" que les transferts interdits par l'ONU, le rapport de 2007 constate que les embargos de l’ONU sur les armes, bien qu'étant contractuellement obligatoires pour tous les membres de l’ONU, ne sont que peu respectés, et effectués en toute impunité (ex : transferts autorisés par des gouvernements mais faits en secret, vers le Liban, la Somalie et le Soudan en 2006). transferts illégaux (sur le marché noir), interdits par les deux gouvernements. Les transferts illicites englobent les transferts irresponsables et les transferts illégaux (marché gris/noir). Ils sont difficiles à quantifier.Certains transferts autorisés font l'objet de détournements massifs (À titre d'exemple ; le rapport Small arms survey 2007 cite le détournement de "plusieurs centaines de milliers d’armes légères transférées par les États-Unis à l’Irak" et de "dizaines de milliers de munitions des troupes de maintien de la paix en Afrique du Sud et au Burundi" depuis 2003.

Les transferts secrets (les plus difficiles à mesurer), désignant ceux qui sont volontairement cachés par les gouvernements (déclarations mensongères ou absence totale de déclaration et de transparence).

À cause du trafic d'armes et de munitions et de leur possible usage différé, la conséquence de tous ces transferts peut, être, éloignée dans l'espace et dans le temps.

En 2 ans, de 2002 à 2004, plus de 60 États ont laissé faire ou soutenu des transferts de type "irresponsables" en direction de 36 pays .

Quelques chiffres (évaluations, pour petits calibres et armes légères)

thumb|350px|Taux de mortalité par arme à feu pour habitants

Les grands exportateurs de ces armes, en 2004, sont : Les États-Unis, l’Italie, l’Allemagne, le Brésil, l’Autriche, la Belgique puis la Chine (ceux qui exportent pour plus de 100 millions d’USD/an). Les plus grands importateurs (ceux dont la valeur annuelle importée s’élevait à au moins 100 millions d’USD) étaient les États-Unis, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la France et les Pays-Bas.

Transparence des transferts (selon le Baromètre 2007) Les pays les plus transparents sur le commerce des armes légères seraient les États-Unis, la France, l’Italie, la Norvège, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les moins transparents : Bulgarie, Corée du Nord et Afrique du Sud qui n'ont fourni aucunes informations, ni preuves.

Selon la Small Arms Survey, une enquête de l'Institut des hautes études internationales et du développement de Genève sur les armes de poing, il y aurait entre 18 et 20 millions d'armes à feu détenues illégalement en France, qui se classerait en septième position mondiale et en deuxième position européenne pour le nombre d'armes par civil.

Le nombre d'armes détenues légalement en France s'établirait quant à lui aux environs de 3 millions se répartissant de la façon suivante : armes soumises à autorisation (actuelles 1ères et catégories armes dites de guerre et de défense) armes soumises à déclaration (armes dites de chasse ou de salon)Rép. Min. Richert, Q. n° 32591, JO Sén. 28 juin 2001, p. 2190. et Q. n° 06224, JO Sén. 29 janvier 2009, p. 253.. Ces chiffres ne prennent en compte que les armes détenues à titre civil, et non celles détenues par l'état pour sa mission régalienne.

Mortalité par armes à feu Dans le monde : Elle varie considérablement selon les pays et les époques, et est élevée dans certains pays même en temps de paix.

En France : Selon les statistiques françaises disponibles sur les causes médicales de décès par armes à feu pour la période de 20 ans 1979–1999Péquignot, F., Le Toullec, A., Bovet, M., Mellah, M., & Jougla, E. (2004). Données sur la mortalité par arme à feu en France, Rapport final, INSERM & CEPIC (PDF, 75p)., si l'on retire la rubrique E 965.4 « Armes à feu autres et non précisées » les fusils et carabines de chasse sont largement surreprésentés dans les suicides, blessures accidentelles et même les attentats par rapport aux armes de poings et fusils de guerre.