Jean Comandon est un médecin et réalisateur français né le à Jarnac (Charente) et mort le à Sèvres (Hauts-de-Seine)Bulletin de naissance avec mention de mariage et de décès sur la base Léonore.

Biographie Jean Comandon est le fils de Louis Elie Comandon, négociant en cognac, président-fondateur du Syndicat agricole des cantons de Jarnac, Segonzac et Châteauneuf, et d'Adèle Marthe Voland.

Licencié ès sciences et docteur en médecine, il est un des pionniers de la microcinématographie. Pour sa thèse sur les bacilles de la syphilis, il envisage la photographie mais le mouvement des bacilles les floues, il s'adresse à Charles Pathé qui intéressé l'assiste et lui confie du matériel et un local . Il fait projeter ses premiers films biologiques le , à l'Académie des sciences. Après la réalisation de ce premier film de recherche, la collaboration se poursuit avec la société Pathé Frères qui lui demande de réaliser des petits films de vulgarisation et d'hygiène très en vogue à l'époqueThierry Lefebvre mentionne que, dans les années 1910-14, plus de 400 titres étaient disponibles pour les écoles et les salles de cinéma, (article "Scientia : le cinéma de vulgarisation scientifique au début des années 10, Cinémathèque n°4, juin 1993, p.84-91, cité par Roxanne Hamery p.53).. Il est un des précurseurs dans l'utilisation du cinéma à but scientifique et de vulgarisation. Il l'utilise en particulier à des fins éthologiques, botaniques ou hygiénistes. Il parvient ainsi à décomposer le mouvement de cellules animales, en le filmant grâce à des caméras couplées à des microscopes. Il étudie également la croissance et les mouvements des végétaux, en utilisant les accélérés. « Le cinématographe en accélérant la représentation des mouvements très lents, les rend perceptibles. »Carton du court métrage muet de 1929 La croissance des végétaux, à la minute 00.19

Dans son film La croissance des végétaux, par pédagogie, il intercale des images d'une horloge qui tourne au même accéléré que les images des plantes : 1 image tournée toute les 120 secondes, la projection se faisant à raison de 16 images par seconde, le mouvement naturel est accéléré 2000 fois. Selon les cas, une seconde peut représenter 1 ou 2 heures. Toujours par pédagogie, pour montrer que le mouvement des plantes varie selon la lumière, il insère sur l'écran un point lumineux permettant au spectateur de constater la variation de luminosité du ciel le jour ou l'arrivée de la nuit quand il disparaitcartons du court métrage muet La croissance des végétaux, à la minute 01.29 et suivantes.

Après sa thèse, et le début de la Première Guerre mondiale, il revient chez Pathé en 1917, pour réaliser des films de propagande contre la tuberculose, dans le cadre de la mission RockefellerEn 1917, la mission Rockefeller, financée par la Fondation Rockefeller, arrive en France pour organiser la lutte contre la tuberculose. Il réalise de nombreux courts-métrages grand public sur des thèmes hygiénistes, avec parfois des insertions de séquences animées. Puis, par suite des difficultés financières de Pathé, en 1927, il prend la direction du Laboratoire de biologie et de cinématographie scientifique, fondé à Boulogne par le banquier et mécène Albert Kahn. En 1932, après la faillite d'Albert Kahn, il intègre l'annexe de l'Institut Pasteur à Marnes-la-Coquette, laboratoire qu'il ne quittera qu'à la fin de sa carrière, en 1966. Il est également, pendant de longues années, le chef du Service de cinématographie technique à la Direction des Recherches Scientifiques et Industrielles et des Inventions. gauche|vignette|Docteur Jean Comandon par l'Atelier Nadar. Ses films ont été restaurés et numérisés par le Centre national du cinéma et de l'image animée. Ses archives papier, longtemps conservées au sein de l'Institut Pasteur, sont aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de France.

Jean Comandon a été, selon Philippe Esnault, une « grande figure de créateur, hélas ! l'une des plus méconnues du cinéma français »Image et Son, numéro spécial « Le court métrage français », avril-mai 1962, p. 64. Depuis une quinzaine d'années, de nombreux hommages lui ont été fort légitimement rendus.

Odette Comandon, conteuse en saintongeais, est sa petite-nièce par alliance.

Il est inhumé au cimetière des Bruyères à Sèvres (Hauts-de-Seine).

Filmographie L'inventaire réalisé par Jean Painlevé en 1956 recense 49 films de recherche (« tout film ayant pour but la découverte par le cinéma », selon la définition de Painlevé), mais ils sont rarement datés. Seulement 7 des 49 figurent dans la liste des 38 recensés ci-dessous. A la suite d'un astérisque (*) nous apportons des renseignements complémentaires sur les 7 communs aux deux listes.

Il est possible que la liste ci dessous ne recense pas les films de recherche de Jean Comandon, ce qui expliquerait la différence avec l'inventaire de Jean Painlevé. Jean Comandon, comme Jean Painlevé a réalisé des films de recherche destinés aux universitaires et scientifiques et d'autres de vulgarisation ou d'enseignement, soit, au total, 80 film réalisés ou coréalisés par le Dr Jean Comandon. Mais il y en a encore d'autres, Roxane Hamery cite quelques titres réalisés pour Pathé entre 1917 et 1926 qui ne figurent pas dans cette liste : « Ne crachez pas par terre, Ne mouillez pas vos doigts pour tourner les pages, Pauvre maman (danger du baiser), Une dent propre ne se carie jamais, On ne doit pas le dire (contre la syphilis), etc.. »

1909 : Syphilis Spirochaeta Pallida, Long métrage 1910 : Le microbe de la fièvre récurrente 1910 : Trypanosoma Lewisi 1910 : Trypanosoma Brucei 1910 : Spirochoeta pallida (de la syphilis) 1910 : Spirochoeta gallinarum 1910 : Spirochètes de Vincent 1910 : Sang humain 1910 : Sang d'ovipares 1910 : Mouvement amiboïde d'un leucocyte 1910 : Microbes contenus dans l'intestin d'une souris 1910 : Hemokonies 1910 : Agglutination de spirochoeta gallinarum 1910 : Bryozoaires d’eau douce, Spirochaeta pallida, Mouvement des végétaux, Formation de cristaux aux dépens d’un précipité amorphe, court métrage de vulgarisation réalisé chez Pathé frères 1911 : Action de l'eau sur le sang 1911 : 606 contre spirochète pâle 1911 : Phagocytose des trypanosomes par les globules blancs 1911 : Germination du Pollen 1911 : Cinématographie radioscopique 1911 : Division d'une cellule de sang de triton

1913 : A Friend of Birds

1914 : The Crayfish 1914 : The Hosts of the Sea 1914 : Sang d'oiseau padda infecté par un hematozoaire et phagocytose de ce parasite 1917 : Craignez la mouche 1918 : L'oubli par l'alcool 1918 : La Tuberculose menace tout le monde 1920 : Le Mouvement des plantes 1921 : Scènes de psychologie de l'enfant 1929 : La Croissance des végétaux 1932 : Micro-opérations sur des hématies de grenouille parasitées par une hémogrégarine: Lankesterella - observations sur l'hémolyse , * 35 mm, 220 m, 1931-1932, coréalisé avec P. de Fontbrune 1934 : Caryocinèse de cellules mères d'hématies de triton, coréalisé avec Pierre de Fonbrune 1935 : Observations sur une amibe: acanthamoeba, * 35 mm, 340 m, coréalisé avec P. de Fontbrune 1936 : Amibe mycophage, * 35 mm, 111 m, coréalisé avec P. de Fontbrune, Cette amibe perce la paroi des filaments mycéliens et aspire le contenu cellulaire pour se nourrir, avec P. de Fontbrune 1937 : Caryocinèse de l'amibe acanthamoeba, * Même date mais titre différent, peut-être un autre film : Mitose de l'amibe acanthamoeba. Corrélation entre les mouvements du cytoplasme et les phases caryocinétiques, 35 mm, 240 m, coréalisé avec P. de Fontbrune 1938 : Technique de micromanipulation (appareils P. de Fonbrune), * titre au pluriel : Techniques de micromanipulations, 35 mm, 450 m, coréalisé avec P. de Fontbrune 1938 : Champignons prédateurs, * titre différent mais même date, peut-être autre film : Recherches expérimentales sur les champignons prédateurs des Nématodes du sol : 1° fonctionnement des pièges 2° réactions cinétiques du protoplasme, 35 mm, 786 m, coréalisé avec P. de Fontbrune 1939 : Substitution du noyau chez une amibe (Amoeba sphaeronucleus), * titre différent mais même date, peut-être autre film : Substitution de noyaux d’amibes, Greffe et ablation, Réactions cinétiques, 35 mm, 240 m, coréalisé avec P. de Fontbrune

Distinctions

Hommage

Jean Painlevé, L’œuvre de Jean Comandon, dans Jean Comandon, Hayez, 1967, p 5-34.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Collectif, Jean Comandon, Bruxelles, Hayez, Collection : Les pionniers du cinéma scientifique, 1967, 53 p. Robert Hillairet, Un médecin jarnacais célèbre inventeur, Jean Comandon, 1983. Béatrice de Pastre et Thierry Lefebvre (éds.), Filmer la science, comprendre la vie : le cinéma de Jean Comandon, Paris: Centre national de la cinématographie, 2012, 504 p. : ill. Jean Painlevé, Jean Painlevé et des pionniers du cinéma scientifique : compilation , Paris : Les Documents cinématographiques, 2005. 1 DVD : 1h59.

Aurélie Luneau, émission de radio avec Béatrice de Pastre et Thierry Lefebvre, première partie : Jean Comandon, pionnier du cinéma scientifique, La Marche des sciences, France Culture, Jeudi , 58 min

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