Le est un régiment d'infanterie écossais formé en 1881 par l'amalgame de deux régiments antérieurs, d'une part le qui remonte à 1739, d'autre part le qui date lui de 1786.
Plus ancienne unité britannique recrutée parmi les habitants des Hautes-Terres d'Écosse, les , ses hommes combattirent en kilt jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Depuis 2006, son nom et ses traditions sont maintenus par le du (abrégé en 3 SCOTS).
Traditions vignette|Le tartan du clan Campbell, appelé aussi le tartan .
Surnom Le mot anglais (« guet », ou « garde ») leur fut attribué car ces unités avait été levées et recrutées comme force de l'ordre dans les Hautes-Terres. On les surnomma alors . Mais à la suite de la seconde révolte jacobite de 1745, ils eurent à réprimer plus durement et à faire respecter les décrets draconiens pris par le Parlement de Grande-Bretagne envers les clans écossais afin d'empêcher toute nouvelle rébellion. Aussi les Écossais les surnommèrent en gaélique , soit en anglais .
Deux hypothèses s'affrontent concernant le mot . La première fait référence au tartan de leur tenue, de couleur sombre. L'autre renvoie au sentiment de trahison des habitants des (d'où les soldats de la étaient également originaires) et à leur cœur noir puisqu'ils appliquaient les décisions anglaises au lieu de soutenir leurs compatriotes écossais.
Tenue écossaise Comme les autres régiments de , les hommes du portaient le kilt, aux couleurs du clan Campbell (tartan appelé aussi ), porté sans sporran quand ils sont en service. Le régiment passe au pantalon pendant l'entre-deux-guerres, ne portant désormais le kilt que pour les cérémonies et défilés traditionnels.
Du milieu du jusqu'au début du , la coiffure des unités de était une toque de plumes noires ; cette coiffe est désormais seulement portée par les joueurs de cornemuse (utilisant le ) lors des cérémonies. En tenue de sortie, la coiffure est actuellement un tam o' shanter (le béret écossais) avec un plumet rouge, ou un glengarry (le calot écossais) noir avec l'insigne du .
Le plumet rouge les distingue des autres régiments des qui portent un plumet blanc. Cette particularité remonterait aux guerres de la Révolution française, le régiment s'étant distingué en reprenant des canons pris par les Français à Geldermalsen le . Le roi George III pour les récompenser leur fit attribuer le (jour de son anniversaire) le plumet rouge comme signe distinctif pour commémorer cette action.. D'autres sources font remonter le plumet à la guerre d'Amérique..
Insigne vignette|Insigne du d'infanterie britannique (jusqu'à la réforme de 1881). Le badge régimentaire en métal argenté représente l'étoile de l'ordre du Chardon, symbole royal écossais, les branches étant couvertes de formes imitant de petits diamants. Le centre est occupé par un saint André portant sa croix le tout dans une amande, encerclée par la devise écossaise (« personne ne me provoque impunément »), surmontée par une couronne fermée, les bords décorés de chardons et surmontant un sphinx (évocation de la campagne d'Égypte de 1801)..
Au début du , le numéro 42 était inscrit, remplacé à partir de 1881 par le nom de l'unité en majuscules, en haut et en bas .
Historique Les différentes unités de de l'Armée britannique trouvent leurs origines dans les compagnies d'infanterie (les ) levées dès le parmi les clans écossais loyaux à la Couronne britannique afin de maintenir un semblant d'ordre dans les Hautes-Terres. Ces unités sont levées temporairement, notamment à la suite du soulèvement de Glencairn (1654-1655), puis des rébellions jacobites (1689-1692, 1715 et 1745-1746).
À cette époque, les missions de ces unités étaient de faire respecter les lois de désarmement de l'Écosse () votées par le Parlement de Grande-Bretagne en 1716, 1725 et 1746., de maintenir la paix entre les clans et de lutter contre le vol de bétail. Pour contrôler les Hautes-Terres, le général George Monck puis le maréchal George Wade firent établir des garnisons à Fort William, Fort Augustus, Fort George (à Inverness), Ruthven, (à ) et Inversnaid, reliées par de nouvelles routes construites par les militaires (les ).
En 1725, les compagnies sont au nombre de quatre (de 75 à chacune), puis à partir de 1729 six., dont trois issus respectivement des clans , Fraser de Lovat et Grant, les trois autres du clan Campbell. ; le surnom de est mentionné en 1738 (mais ne deviendra officiel qu'en 1861).
43rd Foot Regiment vignette|upright=0.75|Le caporal Samuel MacPherson du , portant le béret, le fusil et la ; il fut fusillé à la tour de Londres en 1743. Gravure conservée au National Army Museum à Londres. Le , , est commissionné par le gouvernement britannique pour lever quatre compagnies supplémentaires parmi les clans des Hautes-Terres, le total des dix devant être regroupé pour former un régiment de ligne, appelé le (du nom de son premier colonel), qui prit le rang 43 parmi les régiments à pied britanniques. Le régiment de parada pour la première fois en , chaque compagnie portant alors un tartan différent (l'uniformisation se fit quelques années plus tard). Il s'agit donc du plus ancien régiment de de l'Armée britannique, devançant le (les ) levé en 1745 et dissous dès 1748.
En 1743, en pleine guerre de Succession d'Autriche, le nouveau régiment reçu l'ordre de faire marcher un bataillon jusqu'à Londres ; la rumeur qu'ils allaient être envoyés aux Amériques provoqua la désertion d'une centaine d'hommes le , qui repartirent vers l'Écosse : rattrapés par un régiment anglais de cavalerie à Oundle, les déserteurs se rendirent. La cour martiale les condamna tous à mort, peine commuée en service à Minorque, Gibraltar, en Géorgie et aux Antilles, sauf pour trois meneurs (les caporaux Samuel et Malcolm MacPherson, ainsi que le soldat Farqhuar Shaw)..
Le reste du bataillon rejoignit l'armée coalisée (réunissant des troupes britanniques, hanovriennes et néerlandaises) du duc de Cumberland en Flandres. et participa à la bataille de Fontenoy le , notamment à l'assaut contre le centre français, puis aux combats d'arrière-garde. Une compagnie du restée en Écosse assista côté britannique à la bataille de Culloden le , au sein d'un bataillon des (composé de trois compagnies du , de celle du et de quatre de miliciens du clan Campbell), sans être engagée. vignette|upright=2|centre|William Skeoch Cumming, The Royal Highland Regiment at Fontenoy, 1745, 1894, peinture exposée au Black Watch Museum, à Perth. Les Highlanders sont couchés pour éviter les boulets de canon, leur commandant, le lieutenant-colonel , les faisant se remettre debout que pour repousser l'infanterie française.
42nd Foot Regiment vignette|upright=1.5|Un bataillon du lors d'une revue sur les rives de la Clyde en amont de Glasgow (le Glasgow Green) le , effectuant un tir par peloton. ; les hommes portent le béret, le fusil , la veste rouge et le kilt sombre. Les parements (au col, aux manches et aux retroussis) et le drapeau régimentaire sont encore jonquille. Ce fut en 1751 que le gouvernement britannique changea le rang de l'unité : il prit alors le nom de (le à pied), le numéro étant non-attribué depuis la dissolution du régiment d'Oglethorpe (qui a existé en Géorgie de 1737 à 1749). En 1758, un second bataillon du d'infanterie fut formé, bataillon existant jusqu'en 1763. Il fut reformé en 1779 pour être envoyé en Inde et devenir le d'infanterie en 1786.
Pendant la guerre de Sept Ans, le du régiment fut envoyé en Amérique à partir de 1754. Le , il perdit la majorité de son effectif lors de l'attaque de fort Carillon, chargeant frontalement les retranchements français à Ticonderoga ( et ).. Il reçut le le titre de régiment royal (avec les parements bleu qui vont avec) sous la forme , puis, renforcé par les hommes de son , il participa à la prise du fort Ticonderoga en 1759, puis de Montréal en 1760, de la Havane et de la Martinique en 1762. En 1763, le régiment chargea les Amérindiens lors de la bataille de Bushy Run ; en 1767, il débarqua à Cork en Irlande, avant de revenir en Écosse en 1775.
La rébellion d'une partie des colons américains entraîne le rembarquement à Greenock du bataillon dès 1776, les dix compagnies alignant alors un total de (dont 931 sont des , 74 des , cinq Anglais, un Gallois et un Irlandais). Il participe au débarquement à Long Island le , à la bataille de Brooklyn le et des Harlem Heights le . Les se battent à Fort Washington le , à Trenton le , Piscataway le , sur la Brandywine le , participent au raid contre New Plymouth en 1778 et au siège de Charleston en 1780, terminant la guerre parmi la garnison de New York.
La paix signée, le bataillon est réduit à huit compagnies, puis est envoyé en à Halifax. L'unité est en sous-effectif pour réduire les dépenses, tandis que les Fraser's Highlanders (le , qui a existé de 1775 à 1786) et Macdonald's Highlanders (le , de 1777 à 1784) sont intégrés au ; des vétérans quittent le régiment pour s'installer en Nouvelle-Écosse. Le retour en Grande-Bretagne se fait en , le régiment tenant garnison au château d'Édimbourg à partir de 1790, avec des compagnies détachées à Inverness, Dundee, Montrose, Aberdeen et Banff ; elles sont chargées de maintenir l'ordre, notamment pendant les de 1792.
Guerres de la Révolution En 1793, le bataillon est envoyé à Ostende rejoindre l'armée commandée par le duc d'York (le fils cadet du roi George III) pour combattre la jeune République française. À l'automne 1794, les troupes autrichiennes et prussiennes abandonnent aux Français les Pays-Bas autrichiens (l'actuelle Belgique), forçant l'armée coalisée composée de Britanniques, d'Hanovriens et de Hessois à se réfugier aux Provinces-Unies derrière les bras du Rhin, les défendant Nimègue ; York est rappelé en , laissant le commandement à William Harcourt. Mais les troupes françaises passent Meuse et Waal gelés, entraînant une retraite britannique précipitée vers le nord-est dans des conditions éprouvantes (gel et maladies). Le étant alors une des rares unités ayant gardé sa cohésion, il est engagé dans une action d'arrière-garde le à Geldermalsen. Toute la petite armée rembarque ensuite à Brême pour revenir en Grande-Bretagne au printemps 1795.
En octobre et , le régiment fait partie de l'expédition commandée par Ralph Abercromby, s'embarquant à Portsmouth pour les Antilles : deux tempêtes dispersent la flotte, le se retrouvant moitié à Gibraltar, l'autre à la Barbade à partir de . Les participent ensuite à la capture des îles françaises de Sainte-Lucie en et de Saint-Vincent en , y subissant les ravages de la fièvre jaune, puis à la tentative contre Porto-Rico en . Ils sont de retour à Portsmouth le , avec regroupement à Gibraltar.
En octobre-, quatre régiments dont le reprennent aux Espagnols la citadelle de Port Mahon sur Minorque. En , une petite armée est rassemblée à Malte sous les ordres d'Abercromby, puis s'entraîne au débarquement sur les côtes grecques. Le , la flotte jette l'ancre en baie d'Aboukir ; le , les , et sont accueillis sur la plage par les troupes françaises, le régiment y perdant et . Le régiment est ensuite particulièrement engagé lors de la bataille de Canope le ( et ), puis au siège du Caire et enfin au siège d'Alexandrie.
Guerres napoléoniennes La paix d'Amiens permet le retour à Édimbourg, avec une réduction de l'effectif à environ , les autres étant rendu à la vie civile. Le régiment reçut le le droit de rajouter un sphinx et la mention EGYPT à son insigne. La déclaration de guerre du Royaume-Uni à la France le entraîne la remise sur le pied de guerre des régiments britanniques. Le bataillon du embarque à Leith pour Harwich, puis va camper dans le village de Weeley pour contribuer à la défense du Sud de l'Angleterre ; il est renforcé avec un fort de en . En 1805, le I/ est envoyé garnisonner à Gibraltar.