Caroline Fourest, née le à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), est une journaliste, essayiste, polémiste et réalisatrice française.

Figure médiatique depuis les années 2000, ., elle milite pour le féminisme, les droits des homosexuels et la laïcité et contre les fondamentalismes religieux chrétiens, juifs et musulmans, l'antisémitisme et les extrémismes politiques.

Elle est éditorialiste à Marianne, rédactrice en chef de la revue ProChoix et directrice de la rédaction du magazine Franc-Tireur. En 2018, après vingt et un documentaires, elle réalise son premier film de fiction, Sœurs d'armes.

Biographie Enfance, adolescence Caroline Fourest est née Caroline Guillemot., d'un père négociant en vin et d'une mère antiquaire . Elle a grandi, selon Jean Birnbaum, dans « la bonne bourgeoisie provinciale »..

Études Après avoir étudié à Aix-en-Provence dans un collège privé catholique, Caroline Fourest s'installe à Paris avec sa mère à l'âge de après le divorce de ses parents. Elle découvre durant l'adolescence son homosexualité.

Diplômée en histoire et en sociologie de l'EHESS, elle est également titulaire d'un DESS de communication politique et sociale, obtenu à la Sorbonne. Elle y a étudié la communication de crise...

Journalisme et engagement Années 1991-2000 Caroline Fourest débute dans le journalisme en 1994 par un stage à France 3 dans l'émission Français si vous parliez. De 1995 à 1997, elle est journaliste au magazine Transfac, trimestriel distribué gratuitement aux étudiants, pour lequel travaille également Fiammetta Venner... Renvoyées car considérées comme trop militantes, les deux femmes se spécialisent sur l'extrême droite catholique. Caroline Fourest devient pigiste dans ce domaine à L'Événement du jeudi, puis au magazine à destination de la communauté gay Têtu et au magazine catholique de gauche Golias, de 1996 à 2000.

En 1997, elle fonde la revue ProChoix avec Fiammetta Venner et Moruni Turlot.. Éditée par l'association du même nom, la revue se donne pour objet de publier des analyses "au service de la défense des libertés individuelles menacées par l’essentialisme, le racisme, l’intégrisme et toute idéologie totalitaire ou anti-choix". Ses thèmes de prédilection incluent notamment la protection de la laïcité, les droits des femmes et des homosexuels. La revue ne se limite pas à la question de l’IVG, menant aussi un travail de veille sur l’intégrisme religieux et les mobilisations anti-LGBT.

En 1999, Caroline Fourest publie avec Fiammetta Venner Les Anti-PACS ou la dernière croisade homophobe, une enquête sur les mouvements anti-PaCS, leurs liens avec la droite catholique radicale, et Christine Boutin. En annexe, l'association ProChoix rend publique la liste des maires ayant signé la pétition contre le PaCS. Il s'avère que plus de de France l'ont signée (soit 41 %), mais qu'elle n'a jamais été publiée. Cette pétition a directement conduit à ce que les PaCS ne soient pas signés en mairie (au même titre que le sont les mariages et les déclarations de concubinage)..

Elle préside le Centre gay et lesbien de Paris de à pendant le débat sur le PaCS.

Années 2001-2010 vignette|Caroline Fourest en 2011 à l'université de la Terre.

Elle dénonce régulièrement l'extrême droite et l'intégrisme chrétien, qui comptent parmi ses principaux objets d'étude..

Dans Frère Tariq, Caroline Fourest se livre à une analyse des écrits et des propos de Tariq Ramadan, et conclut que ce dernier tient un , relativement libéral lorsqu'il s'exprime dans les médias et fondamentaliste et réactionnaire quand il s'exprime devant ses partisans musulmans. Tariq Ramadan affirme qu'elle multiplie les approximations, les erreurs historiques et les mensonges, tandis que d'autres vantent sa rigueur, lui attribuant d'avoir été la première à analyser toutes ses déclarations. Catherine Coroller de Libération compare l'essai aux ..

La Tentation obscurantiste obtient le prix du livre politique 2006 de l'Assemblée nationale..

La même année, au moment de l'affaire sur les caricatures de Mahomet au Danemark, elle rédige le dans Charlie Hebdo avec Mehdi Mozaffari, intellectuel iranien exilé au Danemark, un manifeste intitulé « Ensemble contre le nouveau totalitarisme », qui est repris dans une pétition « Contre un nouvel obscurantisme » soutenue par douze intellectuels (depuis, menacés de mort) rejoints par bien d'autres, et repris dans de nombreux pays européens, également au Canada, en Colombie et en Iran...

En , Caroline Fourest et Fiammetta Venner quittent la rédaction de Charlie Hebdo dans le contexte de l'affaire Siné..

vignette|redresse|Caroline Fourest à Paris en 2008.

En 2010, elle prend position contre la Loi du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile et l'amendement Mariani sur l’immigration autorisant le recours aux tests d'ADN et aux statistiques ethniques.

Elle est chroniqueuse dans l'édition du samedi du journal Le Monde de 2007 à . et repérée par Ali Baddou, qui apprécie pour les radios France Culture dans une matinale et France Inter. Elle anime ensuite, en 2012, 2013 et 2014, la chronique de France Inter Ils changent le monde..

Depuis 2011 En , Caroline Fourest prend position contre la circulaire Guéant menaçant d'expulsion les étudiants étrangers, et elle parraine un de ces étudiants..

Fin 2012, elle prépare pour France 2 un documentaire sur les militantes féministes ukrainiennes Femen. Le , filmant une action militante non autorisée contre une manifestation autorisée de l'Institut Civitas opposée au projet de légalisation du mariage et de l'adoption pour des couples de même sexe, elle est prise à partie et insultée. par des participants au défilé, est « tabassée et rouée de coups », ce que confirment les vidéos tournées lors de cette manifestation., recevant également des injures sexistes et homophobes... À la suite de la plainte qu'elle dépose, cinq individus (dont un colonel de l'Armée, un membre du service d’ordre de Civitas et d'autres militants d’extrême droite..) sont placés en garde à vue et poursuivis pour « violences volontaires en réunion ».. Au procès, seul l'un d'entre eux reconnaît avoir frappé Caroline Fourest, et dit le regretter. ; les prévenus seront condamnés à la prison avec sursis et des amendes..

Depuis fin 2016, Caroline Fourest écrit une chronique intitulée « Sans détour » dans l'hebdomadaire Marianne.

En 2020, selon Arrêt sur images, Caroline Fourest aurait tenté d'influencer la rédaction du magazine Marianne au sujet d'une enquête de cette dernière sur Thomas NLend, faux infiltré mais vrai membre d'égalité et réconciliation selon Arrêt sur images, dont Caroline Fourest avait préfacé l'ouvrage Les bouffons de la haine. Caroline Fourest, à la fois « chroniqueuse à Marianne et membre du conseil de surveillance du groupe CMI qui possède le magazine, aurait fait pression sur un journaliste de la rédaction, Gabriel Libert, afin qu’il ne publie pas une enquête sur Thomas NLend » selon Europe 1, ce qui provoque la protestation de la société des rédacteurs de Marianne qui dénonce des « pressions intolérables » et que la position de Caroline Fourest au sein du journal « paraît intenable »... En , Caroline Fourest reconnaît avoir tenté d'influencer Marianne selon Arrêt sur images et annonce se retirer du conseil de surveillance de CMI ainsi que son intention de cesser de collaborer avec Marianne, tout en contestant avoir exercé des pressions directes sur la rédaction...

En 2018, elle réalise le long-métrage Sœurs d'armes, son premier film de fiction, sur la lutte des combattantes kurdes durant la guerre civile syrienne. Le film reçoit un accueil mitigé de la presse française., certains lui reprochant un film de propagande... ou maladroit., quand d'autres, au contraire, saluent un film politique et engagé..... Il subit un échec commercial..

À la rentrée 2020, elle intègre l'équipe des chroniques de l'émission 24 h Pujadas, l'info en questions, sur LCI..

Depuis , elle est directrice de la rédaction de l'hebdomadaire Franc-Tireur..

Vie privée Elle épouse le , après trente années de vie commune, Fiammetta Venner, avec qui elle a écrit de nombreux textesClaude Askolovitch, « Caroline Fourest, Fiammetta Venner. Les hussardes », Le Nouvel Observateur, 2064, 27 mai 2004...

Engagements Laïcité et opposition à l'islamisme Initialement orientée vers des causes de gauche radicale, Fourest réoriente selon Éric Fassin ses thématiques vers la critique de l'islam au début des années 2000.. En 2001, la conférence de Durban et les attentats du 11 septembre marquent un tournant dans son engagement. Avec Fiammetta Venner, elle dénonce l'antisémitisme à Durban.. et analyse le comme une déclaration de guerre de l'islamisme aux démocraties laïques. Dans leur livre Tirs croisés, bien qu'elles traitent de tous les intégrismes religieux, elles identifient désormais l'islamisme comme présentant un occupant .

Depuis la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques, Fourest s'oppose au port du voile, qu'elle considère comme incompatible avec sa conception de la laïcité, conception qu'elle oppose au modèle et que la Revue du crieur qualifie de . Elle estime qu'une femme voilée est une militante politique et que porter le voile dans un pays laïc constitue un que dans un pays musulman. Elle développe dès 2003 dans sa revue ProChoix une critique de ce qu'elle appelle une , et théorise ainsi une « ligne de fracture » politique au sein de la gauche française. Influencée par Pierre-André Taguieff, elle reprend son terme d'« islamo-gauchisme ». Un portrait publié par Le Monde en 2006 décrit toutefois son engagement comme relevant d’une tradition universaliste de gauche, inscrite dans une critique des intégrismes et en dialogue avec des intellectuels démocrates du monde arabo-musulman.

À partir de 2005, elle rejette le concept d'islamophobie, qu'elle considère comme un terme dangereux car selon elle forgé pour neutraliser la critique laïque de la religion. Sa thèse est réfutée en 2013 par les chercheurs Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat qui établissent que le concept remonte aux administrateurs coloniaux français du début du .

Alors journaliste à Charlie Hebdo, elle défend la publication des caricatures de Mahomet en 2006 aux côtés de Philippe Val, considérant cet acte comme relevant de l' plutôt que de l'.

Elle s'oppose régulièrement à diverses organisations comme la Ligue de l'enseignement, l'Observatoire de la laïcité, le Collectif contre l'islamophobie en France ou la Commission nationale consultative des droits de l'homme, qu'elle accuse de complaisance envers l'islamisme.

Caroline Fourest s'oppose également à certains chercheurs, comme François Burgat. et Raphaël Liogier....

Pour Philippe Corcuff, ..

Fethi Benslama, tout en exprimant des désaccords avec certaines analyses de Caroline Fourest, insiste sur la nécessité, pour la gauche, de distinguer critique de l’islamisme et stigmatisation des musulmans.

Tariq Ramadan Depuis la publication en 2004 de son livre Frère Tariq, Caroline Fourest entretient un conflit public avec l'islamologue Tariq Ramadan. Dans cet ouvrage, elle dénonce ce qu'elle présente comme un double discours de la part de Ramadan, qu'elle accuse d'être modéré en public mais conservateur intégriste en privé, ce qu'il réfute. En 2017, dans le contexte des accusations de viol visant Ramadan, elle déclare avoir été en contact depuis 2009 avec des femmes se présentant comme victimes de l'islamologue..

Féminisme Caroline Fourest, que certains médias présentent comme une « militante féministe ».., a fondé avec Fiammetta Venner, redoutée des associations anti-avortement, la revue ProChoix, que Le Monde qualifie de .

Elle a été proche de l'association Ni putes ni soumises, mais critique ensuite Fadela Amara, alors présidente de l'association, lorsque celle-ci rejoint le ministère de Christine Boutin, que Fourest qualifie d'..