Gérard de Villiers, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un écrivain, journaliste et éditeur français. Il est notamment connu pour avoir écrit la série de romans d'espionnage SAS.

Biographie Gérard Adam de Villiers est le fils de Jacques Boularan, auteur de théâtre sous le pseudonyme de Jacques DevalGérard de Villiers sur le site rue., et de Valentine Adam de Villiers (1892-1963)« […] Toute mon enfance s’est déroulée au sein d’un véritable gynécée : entre ma mère, Valentine Adam de Villiers ; ses deux sœurs, Mino et Alie ; et leur mère, veuve du colonel de l’infanterie coloniale Luc-Jacques-Marie-Léon Adam de Villiers», Gérard de Villiers, dans Sabre au clair et pied au plancher, Fayard, 2005, p. 10.. Les Adam de Villiers sont une famille bretonne, établie au début du à l'île de La Réunion où elle fait fortune dans la canne à sucre. Gérard de Villiers, né sous le secret., est reconnu trois ans après sa naissance par sa mère qui lui donne son nom, contrairement à son père malgré les procès en recherche de paternité intentés par Valentine. Il ne connaîtra son père qu'à l'âge de 17 ansPatrick Mahé, « Gérard de Villiers, l'aventure est finie », Paris Match, du 7 au 13 novembre 2013, p. 68-73..

Après son baccalauréat obtenu à Pau, il s'installe à Paris où il prépare Sciences Po mais n'en est pas diplômé comme il le prétend, puis en 1950 fait l'école de journalisme. L'année suivante, il écrit quelques articles pour un nouveau journal d'extrême droite, Rivarol. Il intègre en 1952 l'école d'application de l'arme blindée et cavalerie de Saumur dont il sort sous-lieutenant. Il fait la guerre d'Algérie comme officier. À son retour, il est pigiste pour Minute, Paris-Presse et France-Dimanche.. Son culot et son absence de scrupules lui permettent d'obtenir des interviews exclusives. Pour le numéro 934 du de France-Dimanche, il a rencontré Sheila qui ne pèse alors plus que 45 kilos et qui lui confie qu’elle prend des hormones mâles. De mèche avec le manager de la chanteuse, Claude Carrère, soucieux d'imposer son artiste, il invente une rumeur en titrant : « Sheila risque de devenir un homme ». Puis la une du magazine devient « Sheila est un homme », rumeur qui poursuivra l'artiste pendant des décenniesAnthony Verdot-Belaval, « Sheila, un homme ? La folle rumeur qui lui a "pourri la vie" », Paris Match 25 mai 2016.France-Info 2019 Histoire de folles rumeurs Sheila est un homme..

À la mort de Ian Fleming en , l'éditeur Philippe Daudy lui propose d'écrire des romans d'espionnage avec un héros récurrent. Gérard de Villiers crée le personnage de Son Altesse Sérénissime le prince Malko Linge, surnommé « SAS ». Cette série connaît un très grand succès populaire (150 millions de livres vendus de 1965 à 2013Voir sur lalsace.fr.), assurant 10 % du chiffre d'affaires de Plon dans les années 1970-1980. Cf. .. Entre 1988 et 1998, la série est publiée par les Éditions Gérard de Villiers, maison d'édition détenue à 50 % par Hachette et 50 % par l'écrivain. Le contrat avec Hachette étant venu à expiration après dix ans, le romancier décide de s'éditer tout seul et de confier la gérance de la SARL Éditions Gérard de Villiers à sa dernière épouse Christine.

Outre cette série, il écrit des livres d'enquête, notamment en 1970 Papillon épinglé où il démythifie le récit prétendument autobiographique d'Henri Charrière Papillon, ou Otages (2005) sur l'enlèvement en Irak des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot.. On lui doit aussi des livres de Mémoires : Mes Carnets de grand reporter (1993) et Sabre au clair et pied au plancher (2005).

Politiquement, Gérard de Villiers se décrit comme Interview par Laurent de Saint-Périer, « Livre — Gérard de Villiers : "On m'a accusé de racisme mais c'est faux, j'aime l'Afrique" », jeuneafrique.com, 19 septembre 2012.. Plusieurs de ses proches le décrivent également comme misogyne et raciste.

Le , il est arrêté par la police et emmené devant le substitut du parquet qui lui demande le règlement immédiat d'une somme approchant les trois millions de francs pour dette fiscale, sous menace d'un emprisonnement immédiat (contrainte par corps) en cas de non-règlement. Il appelle alors son éditeur, Plon, qui envoie un coursier avec un chèque de . Gérard de Villiers doit alors au fisc dix-sept millions de francs, pénalités comprises« SAS dans les mailles du fisc », VSD, , du 26 novembre au décembre 1981, ..

vignette|redresse|Tombe de Gérard de Villiers au cimetière de Passy (division 10). Le , Gérard de Villiers, qui est largement ignoré sinon méprisé par la critique littéraire en FranceLaurence Rosier et Marie-Christine Pollet (dir.), Les Mauvais Genres en classe de français ? : retour sur la question : échos de la journée d'étude du 7 décembre 2005, université libre de Bruxelles, Presses universitaires de Namur, 2007, ., se voit consacrer un long article à la une du New York Times. Dans cet article, l'auteur, journaliste confirmé spécialiste des relations internationales, explique la valeur et la fiabilité étonnantes des informations contenues dans les romans de Gérard de VilliersThe Spy Novelist Who Knows Too Much, Robert F. Worth, nytimes.com, 30 janvier 2013., au point que de nombreux diplomates lisent ses livresVoir sur rfi.fr.. Selon un agent de la CIA, les romans contiennent « beaucoup d'informations. Il est en contact avec tous les services de sécurité et il en connaît tous les acteurs ».. Par l'entremise d'Alexandre de Marenches, il devient au début des années 1970 honorable correspondant du SDECE puis de la DST grâce à son ami le général Philippe Rondot, ce qui lui permet d'être bien informé dans ce domaine.

En , M, le magazine du Monde lui consacre sa couverture et publie un long article illustré sur l'auteur de SAS en révélant que Gérard de Villiers a travaillé pour le SDECE qui utilisait SAS pour faire de la désinformation..

Atteint d'un cancer du pancréas, épuisé par les chimiothérapies, il meurt, ruiné, à la clinique Bizet (21 rue Georges-Bizet à Paris) le . Des journalistes et des écrivains lui rendent aussitôt hommage comme Renaud Girard, Vladimir Fédorovski, Jean des Cars et Jean-Sébastien FerjouVoir sur quotidien.com.. Il est inhumé au cimetière de Passy ( division).

Œuvre

Œuvre littéraire SAS vignette|255px|right|Premiers SAS.

Gérard de Villiers est notamment l'auteur, depuis 1965, des romans d'espionnage SAS qui racontent les aventures du prince autrichien Malko Linge, employé par la CIA. En phase avec l'actualité géopolitique de leur époque (guerres, terrorisme, etc.), les romans se caractérisent par une forte dose de violence et d'érotisme. Dans la série SAS, l'auteur emploie souvent l'expression « Un ange passe », à tel point que certains lui en attribuent la paternitéAnnick Stevenson, « Un baroudeur planétaire », Le Progrès, 19 juin 2006, p. 30..

Dans son article du New York Times de 2013, affirme :

Selon Le Figaro-Magazine, Gérard de Villiers souhaitait que Jean-Christophe Rufin poursuive les aventures de SAS mais l'académicien a décliné la propositionLe Figaro Magazine, 19 juin 2020..

Ouvrages hors SAS Romans La Mort aux chats, Plon, 1963, coll. « Nuit blanche » n° 24, 182 p. Les Soucis de Si-Siou, Plon, 1963, coll. « Nuit blanche » n° 37, 184 p.

Documents Le Visage, Plon, 1962, 222 p. Papillon épinglé, Presses de la Cité, 1970, 320 p. L'Irrésistible ascension de Mohammad Reza, shah d'Iran, avec la collaboration de Bernard Touchais et Annick de Villiers, Plon, 1975, 412 p. La Chine s'éveille, avec la collaboration de Gilbert Maurin, Plon, 1979, 347 p. Mes carnets de grand reporter, Filipacchi, 1993, 221 p. Otages : la vérité, Fayard, 2005, 186 p. Sabre au clair et pied au plancher : Mémoires, Fayard, 2005, 409 p.

Édition En tant qu'éditeur, Gérard de Villiers travaille chez Plon et aux Presses de la Cité. Il crée également ses propres marques et maisons d'édition (G. de Villiers, Vaugirard, Le Cercle, Vauvenargues, Sirius)Olivier Cariguel, « Essai de bibliographie de et sur Gérard de Villiers », Revue des Deux Mondes, n° 3758 , juillet-août 2014..

Il publie ou dirige des collections couvrant de nombreux genres littéraires et narratifs tels que le roman policier, fantastique, érotique, le roman d'espionnage ou de science-fiction. Il s'agit notamment des collections :

« L'Amour sauvage » de Martin Connors (1984-1987, Plon) « Les Anti-gangs » d'Auguste Le Breton puis Georges Pierquin (1977-1992 ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard) « Les Aventures d'Alix Karol » de Patrice Dard (2007-2010, Vauvenargues) « L'Aventurier » de Philip Whale (1987-1990 ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard) « L'Aventurier des étoiles » de E. C. Tubb (1986-2000 ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard, puis Vauvenargues) « Bennett » d' (1981-1983, Plon) « Blade » (ou « Blade, voyageur de l'infini ») (1976-2012 ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard, puis Vauvenargues) : romans de science-fiction par un collectif d'auteurs sous le pseudonyme de Jeffrey Lord « Brigade mondaine » (1975-2012 ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard, puis Vauvenargues) : romans policiers érotiques par un collectif d'auteurs, dont Philippe MurayJulien Moraux, « La charge de la Brigade mondaine », Schnock, n° 18, mars 2016, p. 136., sous le pseudonyme de Michel Brice. La série raconte les aventures de Boris Corentin, l'as des as de la Brigade de répression du proxénétisme, et de son fidèle subordonné Aimé Brichot ; Corentin est un don juan, Brichot un bon père de famille « Le Celte » de Robert Morcet (1999-2007 ; G. de Villiers, puis Vauvenargues) « Le Cercle » (1997-2007 ; Vauvenargues, puis le Cercle) « Le Cercle poche » (2000-2012, le Cercle) « Le Commissaire Léon » de Nadine Monfils (1999-2002, Vauvenargues) « Confessions brûlantes » (1993-1997, G. de Villiers) « Le Corse » d'Alexandre Scorcia (1987-1990 ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard) « Destroy » de Serge Brussolo (2007-2008, Vauvenargues) « Les Dossiers de Scotland Yard » (1991-2000, G. de Villiers) : romans d'énigme de J.B. Livingstone (pseudonyme de Christian Jacq). Il s'agit de rééditions au format de poche des romans parus en grand format aux éditions du Rocher « Les Échappés de l'enfer » de Vuk Kovasevic (2010, Vauvenargues) « L'Empire des sectes » de Didier Saint-Aubin (1997-1999, Vauvenargues) « Les Érotiques de Gérard de Villiers » (1986-2006 ; Garancière, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard, puis G. de Villiers, puis Vauvenagues) « Faits divers » (2000-2002, Vauvenargues) « Exclusif » (1993-1994, Vaugirard) « L'Exécuteur » de Don Pendleton (1974-2013 ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard, puis Vauvenargues, puis Hunter.) « Les Fantasmes de la comtesse Alexandra » (1985-1992 ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard) : vingt-sept titres par quatre auteurs successifs, dont Andrea Mrena. Série d'espionnage érotique créée par Gérard de Villiers mettant en scène la fiancée de Malko Linge « Fantasmes érotiques » (1988-1991, G. de Villiers) « Frissons » (2011-2012, Sirius) : rééditions de classiques de récits de vampires « Gore » (1989-1990, Vaugirard) : édition des volumes 105 à 118 de la collection précédemment éditée au Fleuve noir « L'Inspecteur Buckingham » (1995-2000 ; G. de Villiers, puis Vauvenargues) : romans d'énigme dans la tradition anglaise signés Margaret Ring (pseudonyme de Philippe de Baleine). Il s'agit de rééditions au format de poche des romans parus en grand format aux éditions du Rocher « Intégrale Brussolo » de Serge Brussolo (2004-2007, Vauvenargues) « L'Intégrale de Guy des Cars » Guy des Cars (2007-2011, Vauvenargues) « L'Implacable » de Richard Sapir et Warren Murphy (1977-2007) ; Plon, puis Presses de la Cité, puis Vaugirard, puis Vauvenargues)