François Ambrosiny (parfois orthographié Ambrosini mais né Francesco Ambrosino), né le Et non le comme le signalent la plupart des biographies. à Procida en Italie. et mort à Bruxelles le , est un danseur, librettiste et chorégraphe franco-belge.

Biographie

Début de carrière

Fils du cordonnier italien Michele Ambrosino et de son épouse Marianna MancinoActe de naissance de la municipalité de Procida, contresigné par le traducteur juré de Marseille J. B. Gazano le 27 août 1894., François Ambrosiny est engagé au Grand théâtre de Marseille à l'âge de , et y reste jusqu'en 1887. Trois ans plus tard, et pour trois années, il est danseur au Grand Théâtre de Buenos Aires..

Il monte le Ballet Ambrosini, petite compagnie qui au Casino d'Hammam Lif situé en bord de mer, .. Il quitte Tunis pour rejoindre Montpellier en 1895, l'année où il obtient la naturalisation française..

En 1896, il est maitre de ballet et danseur comique (ou .) à Rennes avec son épouse, première danseuse de demi-caractère, dansant aussi les travestis.. Leurs emplois sont les mêmes au théâtre de Bayonne l'année suivante.. Il tourne apparemment avec sa petite compagnie, la presse notant à Rennes en 1896 : ., à Rouen en 1898 : ., à Bordeaux en 1898 aussi : ., en s'adjoignant à plusieurs reprises les services d'Alice Frassi .

En , il règle à Liège Cyris et Mintha : ..

À Bruxelles et Londres

En , La Dépêche bretonne indique qu'il règle à Rennes Le Serpent, un ballet-pantomime en 2 actes, d'après le livret qu'il a rédigé lui-même et sur une musique de Victorin Casquil, mais des pourparlers sont en cours avec le Théâtre royal de la Monnaie dont la presse a déjà fait écho en avril de l'année précédente..

Il s'installe donc à Laeken (commune du nord de Bruxelles), au 190 de l'avenue Richard Neybergh., et travaille comme danseur et régisseur de la danse à la Monnaie, dont la troupe de danse, composée de trois solistes masculins (outre lui), huit solistes féminines, huit coryphées, et , a pour maitre de ballet Gaetano Saracco. Sa situation bruxelloise reste identique jusqu'à la saison 1904-1905 où il est nommé maitre de ballet selon les archives du Théâtre de la Monnaie.

Depuis 1900, cependant, il assume couramment cet emploi en Angleterre : . Maitre de ballet et chorégraphe à Bruxelles pendant la saison théâtrale, et maitre de ballet, l'été, à Londres où il danse devant la reine Victoria et le futur roi Edouard VII, où il règle la partie chorégraphique du gala offert au président de la République française Armand Fallières.. et où il emmène chaque année sa troupe belge et ses étoiles, il mène donc une double vie chorégraphique jusqu'à la Première Guerre mondiale où le théâtre bruxellois va fermer. Librettiste, il écrit des scenarii tant pour ses employeurs que pour d'autres ... thumb|alt=Une femme est maintenue cambrée en arrière par un homme qui est derrière elle et la maintient par ses bras levés.|Carte postale d'une série de huit donnant la dernière figure du , cachet postal de Beyne-Heusay, décembre 1903.

En 1908, François Ambrosiny est nommé officier d'Académie par le gouvernement français. ; il recevra (en 1914) la rosette d'« officier de l'Instruction publique » (grade supérieur du même ordre).. et deviendra aussi Commandeur du Nichan Iftikhar, un ordre honorifique tunisien.

Comme tous les chorégraphes de son temps travaillant dans les grands théâtres, outre les leçons de danse qu'il donne, il règle et fait répéter les ballets d'opéras, par exemple de Richard Wagner (Bacchanale), Hector Berlioz (ballets des Sylphes de la Damnation de Faust, de la Prise de Troie et des Troyens à Carthage), d'André Messager (Madame Chrysanthème), de Bedřich Smetana (La Fiancée vendue), de Richard Strauss (Salomé), de Jules Massenet (Ariane), de Xavier Leroux (Le Chemineau), etc.

Il crée évidemment des œuvres chorégraphiques indépendantes aux thèmes variés, s'inspirant de l'Orient (préfigurant l'attrait des Ballets russes qu'il va inviter à la Monnaie dès , pour deux soirées, avec trois chorégraphies de Michel Fokine : Cléopâtre, Les Sylphides et Le Festin, et qu'il fera revenir en 1922, 1927 et 1928) comme pour Maïmouna et Une Nuit d'Ispahan, se tenant au courant de l'évolution de la musique et de la danse à l'étranger , qu'elles soient théâtrales ou populaires, n'hésitant pas à en introduire certains éléments dans ses chorégraphies — cf. .. Le patrimoine dansé français ne lui est pas étranger : il reconstitue, à partir de données de journaux parisiens du , Les Petits Riens, un ballet de Jean-Georges Noverre qui était considéré comme perdu.

Responsable des ballets à Bruxelles, il organise aussi des spectacles en province comme, en , deux représentations au Théâtre royal de Mons à la demande de l'Association des commerçants et industriels de cette ville. La salle est comble avec l'élite montoise, des industriels venus de France, des députés, des membres du barreau, des financiers ; les billets pour la troisième galerie se revendent à six fois leur prix. Hymne national français en début de spectacle et Marseillaise chantée à la fin. Non seulement il l'organise mais il y danse le rôle de Coppelius dans Coppélia et y produit La Fille du tambour-major où il intercale un divertissement chorégraphique..

Le 20 et le , la Monnaie fait découvrir Loïe Fuller au public bruxellois ; suivent sept jours de Festival Wagner (chanté en allemand) du au où interviennent encore les danseurs du théâtre. Pour la clôture de la saison bruxelloise, au tout début mai, la Monnaie présente le prologue de Paillasse, trois tableaux du acte de FaustProbablement le Faust de Gounod, mais Jules Salès ne le précise pas et Louis Spohr a écrit un opéra du même nom., le duo de Manon dans la chapelle de Saint-Sulpice, le acte de La traviata, le de Tosca et le ballet Les Petits Riens où se produit, dans le rôle de l’Amour et , une , la jeune élève Belserep, , du Conservatoire de danse que dirige aussi François AmbrosinyDepuis Jean-Antoine Petipa, les maitres de ballet de la Monnaie en sont responsables.. Il y forme lui-même des danseuses de talent comme son étoile (et danseuse étoile du Covent Garden) Félyne Verbist qui déclare, en interview à la presse française après le spectacle, qu'elle n'a pas le temps de se reposer car elle débutera le à Londres où elle doit danser devant le roi du Danemark, car elle répète avec Ambrosiny le répertoire qu'elle va danser jusqu'en août , mais qu'elle rentrera avec plaisir à la Monnaie en septembre..

Ce qui ne se fera pas car, suite à l'invasion de la Belgique par l'armée allemande le 4 août 1914, le théâtre de la Monnaie ferme pour quatre ans.

De 1914 à 1918 : Chicago et Paris

François Ambrosiny quitte l'Europe pour les États Unis : repris comme maitre de ballet au Chicago Grand Opera Company pour les saisons 1915-1916, 1916-1917., il va y exercer en fait jusqu'à la saison 1919-1920, partageant son temps de travail entre Europe et USA comme il l'avait fait précédemment entre Belgique et Royaume-Uni..

Pour l'Europe, c'est à Paris qu'il travaille, très précisément à l'Opéra national de Paris. Ce théâtre, à la veille du conflit mondial, s'est trouvé sans directeur (les deux derniers, André Messager et Leimistin Broussan, ayant fait faillite) ; leur successeur devait être Jacques Rouché mais l'État a fermé les théâtres à la déclaration de guerre. Si la Comédie-Française et l’Opéra-Comique ont rouvert après quatre mois, il en est allé différemment de l'Opéra qui, occupant un millier de personnes, nécessitait pour la reprise d'activités des montants dont la France avait besoin pour la guerre. Ce n'est qu'en qu'une programmation est relancée ; le surnombre des danseuses par rapport aux danseurs (et le fait que des femmes dansent en travesti) permettra la remise en route de la troupe mais il n'y a plus de maitre de ballet, Léo Staats étant mobilisé.. thumb|alt=Signature et mention manuscrite "maitre de ballet de l'opéra de paris, du Royal opera Covent Garden de londres et du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles.|Signature et mention de ses titres par François Ambrosiny sur la page du Dictionnaire de danse de Charles Compan (1787) qui lui appartenait. Jacques Rouché fait donc appel à François Ambrosiny dont la réputation n'est plus à faire, la presse y compris française se montrant élogieuse à son égard depuis des années, et l'engage comme intérimaire. Celui-ci emmène avec lui Ernest Merle-Forest, le régisseur général de la Monnaie depuis la saison 1909-1910 et la presse française note en que Et ce journal de citer des détails rassurants sur le travail d'Ambrosiny pour la reine Victoria, la Cour de Belgique, les souverains danois, signalant au passage que le nouveau maitre de ballet a dû abandonner dans son jardin une danseuse de marbre que les Allemands ne réussirent pas à emporter.. Directeur, librettiste, peintre, chef d'orchestre, mime et chorégraphe préparent, dans le décor d'une autre œuvre, la mise en scène du Roman d'Estelle où, dans laissée à la chorégraphie se déroule le .. Les critiques sont positives et le chorégraphe prépare l'importante partie chorégraphique de Carême-Prenant constituant une reconstitution de danses anciennes en vogue à l'époque de Louis XIII d'après l'Orchésographie de Thoinot Arbeau : menuet, gigue, gavotte, canaries ; pour la volte et le branle de la Torche et du Chandelier, il confie, par manque de danseurs, les coryphées aux adolescents des petites classes. ..

D' à la mi-, il est à nouveau aux États-Unis. Dès son retour à Paris (noté par Le Gaulois en date du ), il achève de régler la chorégraphie dans l'opéra Messidor d'Alfred Bruneau. La Lanterne affirme le qu'il enchaine avec les répétitions de Aïda puis il crée au début mars, avec les étoiles Aïda Boni et Albert Aveline, le ballet Adélaïde ou le langage des fleurs sur l'orchestration par Maurice Ravel de ses Valses nobles et sentimentales, jamais encore dansé à l'Opéra. Repartant à Chicago en , il est remplacé à Paris par Nicola Guerra, note Le Cri de Paris le .

De 1918 à 1944

François Ambrosiny y est à nouveau maitre de ballet.. En fait, lors de la réouverture du théâtre, la troupe n'est pas au complet et les artistes, revenant peu à peu, aucun tableau complet n'est publié. À partir de la saison suivante François Ambrosiny se voit adjoindre un régisseur et une maitresse de la classe de danse, Pétronille Hanssens, danseuse de la troupe depuis 1905 ; outre les étoiles Josette Cerny et Félyne Verbist, et le premier danseur Sacha Sarkoff, le corps de ballet de la Monnaie compte alors 57 danseurs et danseuses. Ils accueillent Anna Pavlova pour un grand gala de danse russe et Loïe Fuller pour cinq matinées. thumb|alt=Un monsieur âgé tenant une longue canne parle face à deux élèves en tutu mi-long, au repos, appuyées dos à la barre.|François Ambrosiny et ses élèves, avant 1935Cette photo, comme celle des demoiselles Ambrosiny, plus bas dans la page, proviennent du livre d'. En se donne la représentation de Hopjes et hopjes. Le , Comœdia consacre deux colonnes élogieuses de sa première page à l'étoile bruxelloise Félyne Verbist (qui part à Stockholm et qu'on ne retrouve plus ensuite au tableau des artistes de la Monnaie) ; il y est rappelé qu'elle a été formée par Ambrosiny et indiqué qu'.. Le suivant, deux colonnes et demies de Comœdia sont consacrées au Congrès international de la danse qui se déroule à Bruxelles, dans les salons de la Taverne Royale, pour tenter de créer une Fédération Internationale, d'établir une technique et une méthodologie de la danse et . François Ambrosiny y assiste, membre du jury devant lequel se produisent, pendant de longues heures, des professeurs de danse.. En , la Monnaie donne le ballet Coppélia en l'honneur des de présence, au théâtre, du maitre dont une fille va commencer à régler des divertissements à Paris..