Le Studio 54 est une ancienne discothèque mythique de New York, située à Broadway au de la , dans une ancienne salle d'opéra construite en 1927, puis studio de télévision de CBS. Rencontrant le succès dès le premier jour de son ouverture, son apogée dure une trentaine de mois, entre 1977 et 1980.
Histoire Le quartier de Manhattan est alors en désuétude complète. La transformation de l'ancien théâtre (devenu studio de télévision désaffecté) en discothèque de est faite par , 33 ans entrepreneur en restauration et , 30 ans avocat de formation, assistés par Carmen D'Alessio, ainsi que Jack Dushey au financement ; les deux premiers se sont rencontrés à l'université. Après et six semaines de travaux, le Studio 54 ouvre entre et : c'est une époque de liberté . La discothèque voit passer toutes les grandes stars du moment et reste un haut lieu de la scène underground new-yorkaise. Elle acquit rapidement un statut international et la réputation de plus grande boîte de nuit de tous les temps. La musique diffusée est principalement du disco et le lieu reste considéré comme le symbole de l'apothéose de cette musique.
Lors de la soirée d'inauguration le , Carmen D'Alessio, connue pour son carnet d'adresses, envoie à travers le monde aux plus grandes stars du moment, avec un cadeau personnalisé pour chacune d'elles. L'événement est annoncé dans la presse par un simple .
Steve Rubell et Ian Schrager ont l'idée de réunir sur une même piste de danse les plus grandes stars et les plus « in » des messieurs et mesdemoiselles « tout le monde » pour peu qu'ils soient . précise l'intéressé. composent la foule d'habitués, même si rétrospectivement la culture underground se voit exagérée par la suite. L'endroit devient . De véritables marées humaines envahissent l'entrée chaque soirée, dans l'espoir d'avoir l'immense chance d'être choisi(es) par le portier pour rejoindre la piste.
Steve Rubell est dans la lumière; il s'occupe de la relation client et se donne corps et âme à la discothèque. Réputé pour être impitoyable à l'entrée, refusant ou acceptant les célébrités ou les inconnus : l'accès devient alors une sorte de casting avec une nette préférence pour les personnes « belles ». souligne Andy Warhol. Il arrive parfois à Steve Rubell de laisser sa boîte presque vide avec plus de à l'entrée, pour la simple raison qu'à ses yeux, il est préférable d'avoir une boite presque vide plutôt que de laisser entrer une seule personne mal habillée. Smoking et tenue de soirée sont l'un des moyens d'y rentrer parfois plus facilement. Steve Rubell avait même été jusqu'à refouler Cher ou autres VIP, parce que ce soir-là, ils avaient commis l'une ou l'autre faute de goût. Nile Rodgers du groupe Chic en fait l'expérience : le , avec son partenaire bassiste Bernard Edwards, ils se font refouler à l'entrée du club ; ils rentrent chez eux en colère et se mettent à composer un riff sur lequel ils chantent « Aaaah Fuck Off! Fuck Studio 54! » qu'ils transforment en . Le titre devient un tube planétaire.. Cela dit, la discothèque est, les trois quarts du temps, pleine à craquer.
La quasi-impossibilité d'y entrer est à ce point connue que lorsqu'ils créent les blue jeans Studio 54, le slogan devient : . vignette|163x163px|La lune consommant de la drogue (détail du décor intérieur) Temple de la drogue sans complexe, du sexe désinhibé et de tous les excès, c'est le seul endroit à l'époque où il est décent de se laisser aller complètement. Le dernier balcon (vestige de l'ancien théâtre en mezzanine avec des sièges) est réservé, selon la légende, aux rencontres sexuelles, et le premier carré VIP du monde (la cave du studio), est encore plus imbibée de cocaïne, de LSD et de quaalude que le reste de la boîte. Par exemple, il est courant de faire tomber des ballons du plafond, avec un peu de cocaïne dedans. La poudre tombe alors littéralement du ciel et il suffit de faire exploser les ballons. Mêmes les décors sont composés de néons représentant la lune en train de renifler de la drogue. Cette omniprésence de la drogue va d'ailleurs entrainer la chute du Studio 54 ; loin de l'optimisme festif au début des années disco, elle va peu à peu ronger l'ambiance.
Le photographe de mode David Lachapelle travaille en tant que serveur dans ce bar mythique quand il est étudiant. La liste des VIP fréquentant le lieu reste interminable, avec Dali en manteau de vison, Bianca Jagger en grande figure du lieu et parfois presque nue, Karl Lagerfeld costumé, Michael Jackson et Diana Ross mettant l'ambiance ou Marisa Berenson, Madonna et Paloma Picasso. Mais également, la foule se compose de banquiers, drag-queens, mannequins, de punks avec comme fil conducteur le sens du style. La soirée sans doute la plus marquante reste l'anniversaire de Bianca Jagger en habillée de rouge et avec un cheval blanc, pénétrant sur la piste pour ses 32 ans.
: lors d'une sévère perquisition à la fin des années 1970, révélant une fraude fiscale chiffrée de 2 à 2,5 millions de dollars de l'époque et la distribution de toutes sortes de drogues au personnel et aux clients, Rubell et Schrager sont arrêtés et contraints à la fermeture. Cela met fin aux 33 mois les plus fous de l'Histoire des discothèques. Les deux protagonistes écopent de treize mois de prison. Plus tard sont retrouvés un million de dollars en liquide et une importante quantité de cocaïne à l'intérieur des murs du Studio. Ils sont néanmoins autorisés à organiser une dernière soirée d'adieu appelée le . Ils écopent de trois ans et demi de prison ferme, peine qu'ils ne feront pas entièrement.
gauche|vignette|Entrée à l'emplacement du Studio en 2014 Le studio est racheté pour 4,5 millions de dollars par le propriétaire de restaurants et dancings Mark Fleischman et est ouvert de nouveau le . Steve Rubell y est embauché comme directeur artistique. Cependant, les temps ont changé, la folie du disco est passée, le Sida arrive et le crack se répand à New York. L'âme du Studio 54 s'est évaporée, le succès n'est plus au rendez-vous du fait d'une forte concurrence entre discothèques : . Le Studio 54 ferme ses portes en 1986. .
Plusieurs soirées débridées sont immortalisées par le photographe . Cette discothèque est devenue un véritable modèle pour toutes les grandes discothèques du monde qui ont suivi. Le mélange de stars et d'anonymes, le filtrage draconien à l'entrée, les carrés VIP, les baignoires de champagne, l'attitude … sont nés au Studio 54. Ils avaient même déjà compris que refuser certaines stars à l'entrée était bon pour la notoriété du Studio. Bob Colacello écrit que . .
Réouverture .
Dans la culture
Films
Studio 54, de Mark Christopher (1998) : le film met en vedette Mike Myers, Ryan Phillippe, Salma Hayek et Neve Campbell dans un hommage au club dont il retrace les grandes étapes Les Derniers Jours du disco, de Whit Stillman (1998) : largement inspiré de l'expérience personnelle du réalisateur, qui publie également un roman homonyme deux ans plus tard. , film documentaire de réalisé en 2018. .
Musique
Une soirée au Studio 54 est le sujet principal du titre disco d'Amanda Lear, sorti en 1979 et sous-titré « Studio 54 » sur l'album Never Trust a Pretty Face. Les paroles font référence à la célèbre clientèle de la discothèque :
Dancefloor Darling de Kylie Minogue mentionne la discothèque Les portes d'entrée du Studio 54 apparaissent dans le clip de New York City Boy des Pet Shop Boys Le Naziland dans Starmania est inspiré du Studio 54
Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Entretien avec le photographe , in : Entretien avec Whit Stillman, in :
Ian Schragen, Studio 54, 2017, Rizzoli
Articles connexes , documentaire de Matt Tyrnauer (2018) Mode disco Pat Cleveland
Liens externes
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