La canne de combat est un sport de combat de percussion français. Il se pratique à l'aide d'un objet contondant, la canne, un bâton de châtaignier de de long avec lequel le « tireur » doit toucher son adversaire sans être lui-même touché.
Les premières traces écrites de théorie concernant la manipulation de cannes et bâtons en Occident remontent à la fin du Moyen Âge. La canne de combat ne commence toutefois à être perfectionnée qu'au milieu du : plusieurs maîtres d'armes élaborent des méthodes, et la canne connaît son apogée à cette période, au point qu'elle figure aux programmes des concours d'exercices physiques et de sports de l'Exposition universelle de 1900 puis comme sport de démonstration aux Jeux olympiques d'été de 1924. Avec l'amélioration de la sécurité de Paris, sa pratique décline. Dans les , la pratique de la canne de combat destinée au sport et à la compétition est développée par Maurice Sarry sous l'égide de la Fédération de savate boxe française, et c'est sous cette forme qu'elle est pratiquée de nos jours.
Le répertoire technique de la canne de combat comprend six attaques codifiées, qui ciblent le flanc, la tête ou les jambes de l'adversaire. Chaque attaque doit être précédée d'un « armé », mouvement qui amène la main tenant la canne derrière l'axe de la colonne vertébrale ; cet armé, qui était historiquement destiné à augmenter la puissance des coups, donne une information à l'adversaire, et, par la dimension tactique qu'il donne aux assauts, constitue toute la richesse de la discipline dans sa pratique actuelle. Le combat se déroule dans une aire circulaire de neuf mètres de diamètre, et est divisé en plusieurs périodes (« reprises ») d'une à deux minutes durant lesquelles chaque tireur doit porter le plus de touches possible. Les assauts ont lieu sous la supervision d'un arbitre et sont notés par trois juges.
Ce sport compte son plus grand nombre d'adeptes en France, mais il est aussi pratiqué ailleurs dans le monde. Sa pratique compétitive est organisée en France par le Comité national de canne de combat et bâton depuis 1979. Des compétitions internationales sont organisées depuis 2004 telles que le championnat du monde et le championnat d'Europe.
Historique et évolution L'utilisation de la canne ou du bâton comme objet de défense est très ancienne ; toutefois, en Occident, les premiers écrits évoquant une forme d'escrime propre au bâton remontent à la fin du et au . Il faut attendre le pour voir émerger des traités théorisant la manipulation du bâton, notamment avec (1531) et La noble science des joueurs d'épée (1538). Le bâton est pratiqué et enseigné par les maîtres d'armes de Paris jusqu'en 1644, où sa pratique devient facultative, entraînant son déclin. L'art de manier la canne a été maintenu par les compagnons, pour lesquels la canne constitue non seulement un symbole, mais joue également un rôle défensif, notamment au cours de batailles entre sociétés concurrentes, au point que de nombreux compagnons ont recours à des maîtres d'armes pour s'exercer au maniement de leur canne.
vignette|alt=Dessin d'un homme effectuant un moulinet avec une canne à crosse|Le traité de (1878) présente un chapitre de défense à l'aide de bâtons et de cannes. Au début du , la canne a mauvaise réputation. Elle est en effet pratiquée, à l'instar de la savate, par des bandes criminelles ; cependant, avec l'interdiction de porter l'épée à Paris sans permis de port d'armePar l'ordonnance de police du 29 octobre 1800. Voir ., le milieu du voit progressivement l'apparition de salles d'armes dédiées à la savate et à la canne, attirant petit à petit la bonne société.. La canne de combat est alors codifiée par des maîtres de savate et de sabre afin de l'enseigner comme arme de défense. Plusieurs traités voient le jour, tout d'abord celui de Louis Leboucher (1843), puis celui d'un élève de Michel dit « Pisseux » (vers 1848). Une méthode plus aboutie, faisant appel à des mannequins, est élaborée par Larribeau en 1856. C'est la grande époque pour la canne de combat française ; des combats sont montrés dans les salons. En parallèle, l'armée française introduit l'enseignement collectif du bâton et de la canne et publie un nombre important de manuels intégrant leur usage, souvent associé à la boxe française, comme le traité de Bouffémont en 1871, celui du ministère de la Marine et des Colonies en 1875, puis celui de P. Le Guénec en 1886 et celui de Bonnefont en 1890. De même, à partir de 1880L'enseignement de la gymnastique devient obligatoire dans les écoles à partir du . Voir ., l'enseignement de la canne de combat est dispensé dans le milieu scolaire, avec notamment un manuel publié en 1892 qui prévoit des exercices de canne. Entre la fin du et le début du , la pratique de la canne de combat se développe dans d'autres pays d'Europe : Pierre Vigny crée sa méthode et en répand l'enseignement au Royaume-Uni, contribuant au perfectionnement du bartitsu, l'exil de Joseph Charlemont à Bruxelles est à l'origine de l'essor de la canne en Belgique.
Enfin, Charlemont publie en 1899 un traité qui codifie une pratique de la canne plus sportive ; les démonstrations de canne aux Jeux olympiques de 1900. (bien que la première codification de la pratique compétitive de la canne de combat ne soit élaborée qu'en 1903) et aux Jeux olympiques de Paris en 1924 (voir Savate aux Jeux olympiques d'été de 1924) sont basées sur sa méthode. La canne est beaucoup pratiquée au début du : elle fait notamment partie de techniques enseignées aux Brigades du Tigre (entre 1907 et 1921), et elle reste un moyen de défense pour se protéger dans la rue, dans un contexte de grande insécurité (notamment face à des bandes de criminels, comme les Apaches). Cependant, la sécurité des rues de Paris s'améliore vers 1920, et la canne devient davantage un article d'apparat ; la pratique de la canne de combat est délaissée. D'autres sources évoquent également le manque d'instructeurs à la suite de la Première Guerre mondiale et l'abandon du sabre dans l'armée.
La pratique de la canne sportive réapparait dans les années 1950 avec la méthode de Roger Lafond, discipline enseignée au sein de la Méthode R.&J. Lafond, qui propose une approche axée vers la self-défense, dont les armés sont plus courts, partant du poignet et de l'avant-bras. C'est cependant dans les années 1960 que la pratique sportive contemporaine de la canne de combat est mise en place, d'abord par la création du Comité national de boxe française en 1965 par Pierre Baruzy, puis par les ouvrages de Bernard Plasait en 1971 et de Maurice Sarry en 1978 ; la méthode de ce dernier, plus orientée vers une pratique compétitive et éliminant les coups dangereux, prévoit des règles d'arbitrage et codifie les mouvements. La première compétition de canne de combat selon la méthode de Maurice Sarry se tient en 1979. Sarry crée le Comité national de canne de combat et bâton (CNCB) en 1983 (qui devient le Comité National de Canne de Combat et Bâton, C.N.C.C.B. en ) ; cette organisation, sous l'égide de la Fédération française de savate boxe française et disciplines associées, règlemente la pratique sportive actuelle de la canne de combat.
Présentation Description La canne de combat est un sport de combat qui oppose deux adversaires, dénommés « tireurs », dans un espace défini, « l'aire de combat », et dans un temps défini, « la reprise ». La confrontation se fait à l'aide d'une canne et d'un répertoire donné d'attaques. Cette discipline amène le tireur à manier la canne à travers des mouvements physiques, techniques et tactiques : enchaînements, esquives, feintes, sauts, touches et acrobaties.
Le pratiquant de la canne de combat est parfois appelé « canniste ».
On distingue deux types de confrontations : les assauts compétitifs, où les tireurs cherchent à se toucher sans l'être en retour, et les assauts démonstratifs, où la recherche de la coopération prime.
Présentation de l'arme Telle qu'elle a été codifiée dans les années 1970, par Maurice Sarry, pour être pratiquée en compétition sportive, la canne de combat est légère, en châtaignier et de forme légèrement tronconique.
Elle a une longueur de pour un poids de et est composée de trois parties qui sont de la base au sommet : la manchette (premiers ), la surface de parade et la surface autorisée de touche ().
Il est possible d'ajouter un adhésif antidérapant sur la manchette. Des adaptations de l'arme sont prévues pour les mineurs selon leur tranche d'âge, que ce soit par la longueur de l'arme () ou par l'usage de cannes en mousse.
Organisation de la discipline En France, le développement de la canne de combat est organisé par le Comité national de canne de combat et bâton (CNCCB)., au sein de la Fédération française de savate boxe française et disciplines associées. Au niveau international, les différentes compétitions ont lieu sous l'égide de la Fédération internationale de savate.
Répertoire technique La richesse de ce sport vient de la diversité des coups, des multiples façons de les réaliser et de la liberté de l'expression de ces techniques, que ce soit dans les déplacements ou les enchaînements. Décalages, esquives, sauts, voltes (mouvements tournants), feintes, font partie intégrante des assauts de canne avec pour finalité la touche. La liberté de mouvement autorisée permet à chaque canniste d'acquérir son propre style.
Attaques codifiées vignette|upright=0.5|alt=Mannequin colorisé sur les flancs, la tête et les jambes entre le genou et le pied| Il existe six attaques codifiées en canne de combat. Deux coups latéraux, le « latéral extérieur » et le « latéral croisé », peuvent être portés sur trois surfaces de frappe : la figure (ou ligne haute), qui comprend l’ensemble du visage, le côté et le dessus du crâne ; le flanc (ou ligne médiane), situé entre le nombril et les pectoraux ; et les jambes (attaque en ligne basse), entre la cheville et le genou. Deux coups verticaux peuvent être portés en tête : le « brisé » et le « croisé tête ». Enfin, deux coups verticaux ont pour cible les jambes : l'« enlevé » et le « croisé bas » (ou croisé jambe).
Ces six techniques peuvent se faire de l'une ou l'autre main, ou en changeant la canne de main dans le cadre de l'assaut, constituant ainsi un élément de surprise, de diversité tactique et technique. Seules ces techniques sont autorisées en compétition, à l’exclusion de toute autre.
Les surfaces de frappes décrites ci-dessus sont les seules autorisées. Les attaques ciblant la jambe doivent être accompagnées par l'attaquant d'une fente avant ou arrière, d'une flexion ou d'un grand écart.
Les touches doivent se faire avec le quart supérieur de l'arme, de taille, les coups d'estoc n'étant pas autorisés.
Pour être valide, chacun de ces coups doit être précédé d'un « armé », geste qui consiste à passer la main tenant la canne derrière l'axe de la colonne vertébrale. Si historiquement, l'armé consistait à donner de la puissance aux coups, ce n'est plus l'objectif de nos jours. L'armé présente l'inconvénient de donner une indication à l'adversaire, tout en exposant le corps du tireur, mais c'est justement cet inconvénient qui fait la richesse de la discipline, car il amène le tireur à rechercher des enchaînements plus poussés dans le but de surprendre son adversaire.
Ceci fait partie de ce qu'on appelle le « premier degré », il s'agit d'exécution simple des techniques.
Le salut et la garde Au début et à la fin de chaque assaut, chaque tireur effectue un salut, qui consiste en la réalisation successive d'un « enlevé » et d'un « croisé-bas ».
La garde est la position dans laquelle le tireur débute l'assaut. En garde conventionnelle, le pied du côté de la main armée se situe en avant, et est dirigé vers l'adversaire. L'autre pied est orienté à 45° par rapport au premier et situé à une distance d'environ un pied en arrière. Les jambes sont légèrement fléchies, assurant dynamisme et équilibre.