thumb|upright|La Liberté ou la Mort (1795), Kunsthalle de Hambourg. Jean-Baptiste Regnault, né le à Paris, où il meurt le , est un peintre néo-classique français.

Biographie À dix ans il copiait les dessins que lui prêtait le collectionneur Bataille de Montval, lorsque son père décide de partir avec toute la famille en Amérique. Là confié à un capitaine au long cours il devient mousse pendant cinq ans, jusqu'à ce que sa mère, veuve, rentrée à Paris le retrouve.

De retour à Paris, il devient l'élève de Nicolas-Bernard Lépicié, Joseph-Marie Vien et de Jean Bardin, qui l'emmène à Rome où il prolonge sa formation. Son Diogène visité par Alexandre lui vaut de remporter le Grand Prix de l'Académie royale de peinture et de sculpture, ancêtre du prix de Rome, en 1776. Il séjourne à l'Académie de France à Rome, alors située au palais Mancini, en compagnie de Jacques-Louis David et de Pierre Peyron.

Il est reçu à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1783 et expose au Salon son morceau de réception L'Éducation d'Achille par le centaure Chiron (musée du Louvre). Il connaît un franc succès avec cette peinture. Jean-Baptiste Regnault est complimenté pour son traitement des couleurs et son goût pour l'Antiquité.

En 1787, il habite cour du Commerce à Paris et a pour élève Louis Lafitte. Il initie sa jeune voisine, Constance-Marie Bondelu, à la peinture.

Il multiplie les sujets antiques, puis se passionne pour la Révolution et peint pour le Salon de 1795 La Liberté ou la Mort : au centre, le Génie de la France aux ailes tricolores survole le globe terrestre exprimant l'universalité des idées de 1793 ; à sa gauche, la Mort ; à sa droite, la République avec les symboles de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.

Sous le Premier Empire, Jean-Baptiste Regnault exécute de grands formats avec un formalisme hérité de l'antique. Le , il est nommé professeur de peinture à l'École des beaux-arts de Paris, poste qu'il occupait depuis le , mais sans appointements. Il succédait à Clément-Louis-Marie-Anne Belle et aura pour successeur Ingres en 1829Frédéric Chappey, « Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts (1794-1873) », in Romantisme, , 1996, ..

Il expose au Salon jusqu'en 1809, puis abandonne sa carrière officielle et continue à peindre pour son plaisir des sujets tirés de la mythologie.

De 1816 à 1822 il est professeur de dessin à l'École polytechnique« Regnault Jean-Baptiste » sur le site cths.fr. Il reçoit le titre de baron le . vignette|Portrait de Sophie Meyer par son époux Jean-Baptiste Regnault, vers 1820, Coll Fondation Vassiliev.

En 1786, il a épousé Sophie MeyerMorte le 25 janvier 1825., dont il a trois fils : le baron Antoine Louis RegnaultNé à Paris le , mort le , colonel au de ligne, commandeur de la Légion d'honneur le ()., Jean François RegnaultNé à Paris le , mort le à Montereau (Seine et Marne), capitaine à la Légion de l'Aube, chevalier de la Légion d'honneur le puis officier du même ordre le (). et Charles Louis RegnaultAlias baron Charles Louis Regnault, né le à Paris, mort le à Paris, demeurant au 6 rue Richer à Paris. Employé au Trésor Royal, chevalier de la Légion d'honneur et de l'ordre de Saint-Sylvestre..

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division) à Paris.

Élèves

Distinction Chevalier de la Légion d'honneur Titre de baron octroyé par le roi Charles X en 1829.

Œuvre Son œuvre d'une grande variété est cependant marquée par les grands tableaux d'histoire commandés sous le Premier Empire : La Marche triomphale de Napoléon Ier vers le temple de l'Immortalité (Versailles) ou sous la Restauration : L'Heureux évènement (Fontainebleau). Il est considéré comme le rival de David dont il atténue le classicisme par un art plus assoupli et sensuel.

Tout au long de sa carrière, il s'adonne au portrait, de ses proches : Madame Régnault (Collection privée), de ses fils, autoportraits (Valenciennes) et portraits de personnages officiels : La Reine Hortense (Malmaison), Le Comte de Montalivet (Versailles).

À sa mort les œuvres de son atelier sont dispersées lors de la vente du ..

Le Baptême du Christ (1779), huile sur papier marouflé sur toile, 35 x 24.3 cm, musée des Beaux-Arts de Dijon Martyre des saints Procès et Martinien (copie d'après Valentin de Boulogne), 1780, huile sur toile, 306.5 x 195 cm, musée des Beaux-Arts de Dijon L'Éducation d'Achille (1782), huile sur toile, , musée du LouvreAchille, Base Atlas L’Origine de la peinture, ou Dibutade dessinant le portrait de son amant, 1785, huile sur toile, 1,20 x 1,40 m, musée du Louvre Descente de Croix (1788-1789), huile sur toile, , musée du LouvreDescente de Croix, Base Atlas Le Déluge (Salon 1789 et 1791), huile sur toile, , musée du LouvreDéluge, Base Atlas Socrate arrachant Alcibiade des bras de la Volupté (Salon de 1791), huile sur toile, , musée du LouvreSocrate, Base Atlas La Liberté ou la Mort (1795), huile sur toile, Kunsthalle de Hambourg La Mort de Cléopâtre (1796-1797), huile sur toile, Düsseldorf, Museum Kunstpalast Les Trois Grâces (1797-1798), huile sur toile, , musée du LouvreTrois Grâces, Notice Louvre Portrait de Jacques Augustin de Silvestre (vers 1800), huile sur toile, , Meaux, musée Bossuet La Havane, : Portrait de Napoléon au camp de Boulogne (1804), huile sur toile Mariage du prince Jérôme et de la princesse de Wurtemberg (1810), huile sur toile, modèle de tapisserie, , musée de l'Histoire de France (Versailles) Jérôme Bonaparte, Versailles L'Homme physique, l'homme moral et l'homme intellectuel (vers 1810), huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Brest La Mort de Desaix à Marengo (vers 1810), huile sur toile, Clermont-Ferrand, musée d'Art Roger-Quilliot Desaix recevant la mort à la bataille de Marengo (1801), huile sur toile, Musée de l'Histoire de France L'Amour et l'Hymen buvant dans la coupe de l'Amitié (1820), huile sur toile, musée du Louvre ; Meaux, musée Bossuet Jupiter et Io (1827), huile sur toile, 214 x 158 cm, musée des Beaux-Arts de Brest Ariane et Thésée (1829), huile sur toile, musée des Beaux-Arts de Rouen Cérémonie nuptiale chez les Romains, huile sur toile, Riom, musée Mandet La mort de Desaix à Marengo, huile sur toile, 1800, Riom, musée Mandet

Dates non documentées Allégorie à l'autoportrait (ou l'astrologue), huile sur toile, 158,6 x 129,7 cm, musée des Beaux-Arts de Brest La Justice arrêtée dans son cours par la Clémence, huile sur toile, Pygmalion et sa statue, huile sur toile, château de Maisons-Laffitte L'Origine de la Peinture, huile sur toile, château de Maisons-Laffitte La Justice recevant sur le plateau de sa balance les lauriers qu'une femme lui tend, huile sur toile, , fondation Dosne-Thiers, Paris

Dessins

Homme en Christ déposé, pierre noire et estompe, traces de craie blanche sur papier beige, H. 0,385 ; L. 0,536 m. Paris, Beaux-Arts de ParisSous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, de l’alcôve aux barricades de Fragonard à David, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2016, p.30-33, Cat. 5. C'est dans l'exercice du dessin d'après le modèle vivant que Regnault enregistre ses premiers succès. Il accordait de l'importance à cet exercice et sa production était abondante. Cette feuille s'inscrit probablement dans des recherches préalables à la Descente de Croix que lui commanda d'Angiviller en 1788. Il ne s'agit pas d'un dessin préparatoire, la mise en scène de la figure et le degré de fini trahissent sa volonté de faire d'une étude académique un dessin autonome. La surprise mêlée de joie, pastel sur papier beige, H. 0,370 ; L. 0,300 m. Paris, Beaux-Arts de ParisSous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, de l’alcôve aux barricades de Fragonard à David, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2016, p.46-47, Cat. 12. Le thème de "la surprise mêlée de joie" fut proposé au concours de la tête d'expression à quatre reprises, Regnault fut le lauréat du second en 1776. Au lieu de drapper son modèle à l'Antique comme le fit David un an plus tôt, ici il donne à sa coiffure aussi peu d'apprêt qu'en prescrivait la mode contemporaine du retour à la nature.

Galerie

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799.

Liens externes

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