Le de chasseurs à pied est une unité d'infanterie de l'Armée de terre française.

Il est le dernier des sept bataillons de chasseurs mécanisés qui étaient inscrits à l'ordre de bataille en 1980.

Il tient garnison à Bitche en Moselle depuis l'été 2010 et Vincennes est sa ville marraine depuis le de la même année. En 2011, il est la troisième unité d'infanterie à recevoir le système FELIN.

Création et changements d'appellation droite|vignette|Chasseurs du à Vincennes le 1854 : création du de chasseurs à pied () ; 1940 : le , il devient le de chasseurs portés ; 1940 : fin juin, dissolution du bataillon ; 1940 : le , nouvelle création du de chasseurs à pied dans l’armée d'armistice ; 1942 : , démobilisation du ; 1944 : , nouvelle création du de chasseurs à pied ; 1945 : devient le de chasseurs portés ; 1946 : redevient le de chasseurs à pied ; 1947 : existence éphémère d'un de chasseurs ; 1959 : nouvelle dissolution ; 1963 : en mai, création du de chasseurs portés () à partir du de tirailleurs tunisiens ; 1968 : devient le de chasseurs mécanisés () ; 1977 : devient le de chasseurs () ; 2002 : devient le de chasseurs () ; : redevient le de chasseurs à pied ().

Historique des garnisons, combats et batailles du Second Empire Le de chasseurs à pied est formé à Grenoble le et son commandement confié au chef de bataillon Esmieux.

Du au , le à la campagne de Crimée, tristement célèbre pour les conditions sanitaires déplorables qui ont été le lot quotidien du corps expéditionnaire. Charles Ardant du Picq, deuxième chef de corps, décrit sans fard ces tristes conditions dans son livre Études sur le combat.

Rentré en France, le bataillon prend ses quartiers à Toulouse où il reste jusqu'en 1860.

Le , il embarque à Marseille pour Beyrouth afin de participer à l'expédition en Syrie montée par la France avec d'autres nations européennes. Cette expédition, que l'on qualifierait aujourd'hui d'humanitaire, vise essentiellement à calmer les esprits après les massacres de chrétiens perpétrés par les Druzes dans le mont Liban. La mission du bataillon consistant, notamment, à protéger les fouilles autour de Djebaïl puis de Saïda en Syrie (aujourd'hui Byblos et Sidon au Liban), il en rapporte le surnom de « de piocheurs ».

De retour de Syrie, il reprend ses cantonnements à Toulouse, puis entame un long périple qui le conduit à Vincennes en 1861, à Paris en 1863, à Strasbourg en 1866 et enfin à Besançon en 1870, d'où il part pour la guerre de 1870.

Le , le bataillon appartient à la d'infanterie du d'armée de l'armée du Rhin. Immédiatement engagé sur la frontière allemande, il se distingue notamment à Wissembourg puis à Niederbronn-les-Bains, à quelques kilomètres de sa garnison actuelle, lors de la bataille de Frœschwiller-Wœrth. Après un repli sur Châlons, le d'armée se dirige vers la frontière des Ardennes où se livre la terrible bataille de Sedan qui conduit à la capitulation de . Une partie du bataillon est assiégée à Bitche.

Comme le reste de l'armée vaincue à Sedan, le alors en captivité en Allemagne.

À Paris, dès l'annonce de la capitulation des révoltes éclatent, l’Empire est déchu et la République proclamée. Les nouvelles autorités tentent de poursuivre tant bien que mal la lutte. Ainsi, le dépôt du à Besançon reçoit l'ordre de mettre sur pied quatre compagnies provisoires qui constitueront le de marche. Ce nouveau bataillon rejoint l'armée de la Loire et se bat admirablement à Orléans, puis à Beaugency et enfin près du Mans.

Toutefois, le , l'armistice est signé et la guerre se termine par une cuisante défaite : perte de l'Alsace et de la Lorraine, indemnité de guerre de cinq milliards de francs or, isolement diplomatique total.

L'armée impériale, mal entraînée, mal équipée mais aussi bien mal commandée, n'a guère tenu plus de trois semaines et celle de la République quelques mois.

1871 à 1914 Au mois d', les cadres et chasseurs de l'ancien bataillon reviennent de captivité ; comme leurs frères d'arme de l'ancienne armée du Rhin, ils sont aussitôt engagés par la toute jeune Troisième République pour mettre un terme aux mouvements révolutionnaires qui ont éclaté dans les grandes villes. Le participe à la répression des troubles de la Guillotière (quartier de Lyon situé sur la rive gauche du Rhône) jusqu'en juin.

Durant l'été 1871, les différents détachements du (bataillon de marche, élément rentré de captivité et compagnies de dépôt) sont regroupés au camp de Sathonay et fusionnent pour constituer un nouveau . L'amalgame se termine le , date à laquelle le bataillon reçoit l'ordre de tenir garnison dans Lyon.

Pendant les années d'après-guerre, dans une atmosphère générale toute imprégnée de patriotisme et de militarisme (l'« esprit de revanche » ou revanchisme), le bataillon connaît alors une intense période de formation et d'entraînements. Il change aussi régulièrement de garnison et se rapproche de la ligne bleue des Vosges chère à Jules Ferry : Clermont-Ferrand (1876-1876), Embrun dans les Hautes-Alpes (1876-1877), Lille et enfin Labry, en Meurthe-et-Moselle.

Durant cette période, toute l'armée est réorganisée et notamment ses réserves. Ainsi, le , est créé le de chasseurs à pied, formé par les anciens chasseurs ayant effectué leur service militaire au BCP. Ce bataillon inscrit l'une des plus belles pages de gloire de l'armée française, les 21 et , à Verdun.

Première Guerre mondiale Le bataillon est rattaché durant la totalité du conflit à la d'infanterie.

1914 : baptême du feu sous les ordres du chef de bataillon Chenèble, à quelques kilomètres de sa garnison, à la ferme de Trembloy, entre Briey et Labry. Le bataillon perd . septembre : repli sur la Marne, intégré à la d’infanterie, le bataillon combat lors de la bataille de la Marne (bataille des Marais de Saint-Gond) au bois de Chapton, à Mondement, à Normée ; puis poursuite des troupes allemandes vers le fort de la Pompelle et la ferme d'Alger. octobre - décembre : course à la mer, combat sur le front de l'Yser pour bloquer les tentatives allemandes de franchissement de la rivière. : assaut particulièrement audacieux, de nuit à la baïonnette, qui permet d'enlever définitivement le village de Ramscapelle, petite bourgade proche de Nieuport, il est soutenu par des tirailleurs algériens et des zouaves et des éléments du de ligne belge. Le général commandant la viendra en personne féliciter le chef de corps pour cette action qui met un terme à la course à la mer. Ramscapelle sera la première inscription à apparaître sur son fanion.

1915 janvier - août : en ligne en Argonne, début de la guerre de tranchées. Sa brillante participation à cette bataille de stabilisation, notamment dans le secteur de Bagatelle, lui vaut l'attribution de la Croix de guerre 1914-1918 et sa première citation à l'ordre de l'armée. août : retrait du front et repos au camp de Mourmelon. - : en ligne vers Domremy et Douai, à l'est d'Aubérive (à quelques kilomètres de l'actuel camp de Suippes). 25 septembre-6 octobre : engagé dans la seconde bataille de Champagne (le , après l'attaque ses effectifs sont réduits à ).

1916 mars - septembre : engagé dans la bataille de Verdun d'abord sur la rive droite de la Meuse dans le secteur de Froideterre et de Thiaumont, puis sur la rive gauche de la Meuse dans le secteur de Chattancourt, du Mort-Homme. septembre - décembre : retrait du front et transport dans la Somme, engagé dans la bataille de la Somme. Combats du bois de Saint Pierre Vaast, puis de Sailly-Saillisel et enfin ceux du ravin de Maurepas où il se voit attribuer une deuxième citation ainsi que la fourragère aux couleurs de la croix de guerre. Puis mouvement en Champagne au cours de décembre.

1917 janvier - avril : alternance de période de repos et de période d'occupation d'un secteur entre Reims et Soissons. avril - mai : engagé dans la bataille du Chemin des Dames, combat vers Berry-au-Bac où son brillant comportement lui vaut une troisième citation. juin - août : mouvement vers Verdun, engagée au cours du mois d'août dans la bataille de Verdun sur la rive droite de la Meuse, vers le bois de Wavrille, Beaumont et le bois des Fosses. Il obtient une quatrième citation avec attribution de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire. septembre - octobre : occupation d'un secteur dans la région des Éparges. - : occupation d'un secteur vers Bois Le Prêtre.

1918 avril - août : déplacement dans la Somme, pour s'opposer à la progression allemande lors des offensives de printemps. En août, engagée dans la bataille de Picardie, combats vers Roye et Amiens, puis à Fresnoy-en-Chaussée, il y obtient une cinquième citation. À l'automne, il se bat une nouvelle fois en Champagne où il apprendra la fin des hostilités. : le occupe Homburg en Sarre allemande, il y reçoit sa sixième citation ainsi que le droit de porter la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur. Une septième citation lui sera accordée rétrospectivement pour les combats menés en .

Pertes Pendant les 52 mois de guerre qu'il vient de vivre, le de chasseurs a vu des siens, tous grades confondus, tomber au champ d'honneur.

Seconde Guerre mondiale En garnison à Metz puis à Saint-Avold, le appartient à la lorsque la guerre est déclarée. Le , il pénètre en Allemagne avec sa division et prend position en Sarre. Quelques jours plus tard, l'ordre de repli arrive. Après diverses opérations de faible envergure à la frontière, le est envoyé au repos à Château-Salins. : il est désigné pour faire partie de la cuirassée () montée à la hâte devant le péril imminent. Devenu bataillon de chasseurs portés, le ne perçoit qu'environ 50 % du matériel de dotation. mai : après le début de l'offensive allemande, le . Le , le front est percé à Sedan et la Meuse franchie par les éléments de tête du blindé du général Guderian. : les divisions blindées (Panzerdivisionen, abréviation Pz-Div) franchissent à leur tour la Meuse et attaquent en direction de l'ouest ( et Pz-Div) et du sud ( et régiment d'infanterie Grossdeutschland (IRGD) pour élargir la tête de pont. 14 - : le haut commandement français tente de colmater la brèche avec le groupement Flavigny (, DIM et reliquats de la ) : ce sont les très violents combats de Stonne où ces unités d'active affrontent la et le IRGD. Le bataillon participera à cette bataille en interdisant les ponts du canal des Ardennes devant Tannay, au sud-ouest du dispositif. Les combats sont très durs et près de 40 % de ses effectifs disparaissent (). : à l'arrière, notamment dans la région de Stonne et sur le canal des Ardennes, les combats se poursuivent. La , durement éprouvée, se replie vers le centre des Ardennes. juin : le la bataille de Dunkerque se termine. Le commence la seconde phase des opérations. : combats à Perthes où le bataillon perd sur les 250 qui lui restent. : combats à la ferme de Vadenay. 13 - : le tente d'interdire le franchissement de la Marne. C'est dans la région de Flavigny, le , qu'il reçoit l'ordre de cesser le combat. : au soir, le chef de corps ordonne aux survivants de se séparer et de partir en petits groupes plein Sud, vers le Nivernais, où presque tous se retrouveront trois semaines plus tard, juste avant la dissolution officielle du bataillon. Près de 250 des combattants du BCP (9 officiers, 41 sous-officiers et environ ) ont laissé leur vie au combat et pour son action sur le canal des Ardennes, le bataillon sera cité à l'ordre de l'armée et autorisé à inscrire « Tannay » dans les plis de son fanion. vignette|Affiche de recrutement pour le sous Vichy : . : le est reformé en zone libre, à Limoges pour faire partie de la de chasseurs à pied. Il y restera jusqu'à la dissolution de l'Armée d'armistice, fin , juste après l'occupation de la zone libre par les Allemands. Plusieurs officiers et sous-officiers rejoignent alors l'Organisation de résistance de l'Armée (ORA) et participent activement aux différentes actions qui sont menées.