Le scandale Facebook-Cambridge Analytica ou la fuite de données Facebook-Cambridge Analytica renvoie aux données personnelles de Facebook. que la société Cambridge Analytica (CA) a commencé à exploiter à partir du début de l'année 2014. Ces informations ont servi à influencer les intentions de vote en faveur d'hommes politiques qui ont retenu les services de CA et en particulier une plateforme logicielle dénommée « Ripon » créée par AggregateIQ.. Même si la société Facebook s'est excusée, la valeur de ses titres boursiers a sensiblement décliné lv on va avoir 20..
250px|Estimation d'utilisateurs touchés.
Historique Prémices Début 2014, avec une autorisation spéciale de Facebook, pour une étude prétendument scientifique conduite par une start-up créée par un chercheur de Cambridge (Aleksandr Kogan), 50 à de comptes Facebook sont, en deux à trois mois, illégalement « siphonnés »..
Année 2015 En , l'implication de Cambridge Analytica dans les primaires présidentielles du Parti républicain américain de 2016 est dévoilée..
Fin de 2015, quand un journaliste du Guardian interroge Facebook sur le fait que Kogan a partagé ses données avec Cambridge Analytica, le GAFA semble découvrir le problème. Facebook dit, après avoir appris ceci, avoir demandé à Cambridge Analytica de supprimer ces données, et a révoqué l'accès à l'API de Kogan. Facebook s'est contenté de croire sur parole Cambridge Analytica quand elle a dit avoir détruit ces données.
En , le journal The Guardian rapporte que l'homme politique américain Ted Cruz a utilisé les données de Cambridge Analytica, pour influencer des électeurs-clé (lesquels ignoraient, comme tous ceux qui ont fini par être spoliés de leurs données personnelles, que des sociétés exploitaient ces informations.).
Année 2016 En 2016, avec des données illégalement captées par Kogan et vendues à Cambridge Analytica, le comité de campagne de Donald Trump semble avoir modifié les intentions de vote (ou provoqué l'abstention) d'un nombre suffisamment important d'électeurs-clé pour conquérir le pouvoir.. Selon Christopher Wylie, début 2014, en deux à trois mois, il disposait déjà de 50 à de profils individuels. Grâce aux données récoltées par Facebook, Cambridge Analytica a pu créer des profils psychographiques de ces utilisateurs. . En analysant leur personnalité au travers de leurs interactions sur la plateforme, l'équipe de Cambridge Analytica a pu discerner les partisans de Trump ainsi que les électeurs indécis.. Des annonces personnalisées leur étaient alors envoyées : les partisans de Trump voyaient défiler sur leur fil d’actualité des images le représentant de manière triomphante, tandis que les indécis étaient exposés à des contenus mettant en scène ses fervents supporteurs, accompagnés de graphiques négatifs à l’encontre de son opposante, Hillary Clinton. Par exemple, les données collectées ont été utilisées par le « Make America Number 1 Super PAC » pour diffuser des annonces accusant Clinton de corruption, dans le but de valoriser Trump comme candidat présidentiel..
Molly Schweickert, alors responsable du numérique chez Cambridge Analytica (vice-présidente « Global Media ») était mi- invitée en Allemagne au Salon « d3con ». Ce salon se présente comme l'événement mondial de l'année sur les thèmes de la publicité et de la propagande utilisant les moyens numériques [« Programmatic Advertising »]. Il a rassemblé cette année là environ participants. Sur la scène, Molly Schweickert y a expliqué durant près de ., qu'avant le vote, les modèles élaborés par Cambridge Analytica (modèles croisant la base de données massive de l'entreprise avec les résultats des nouveaux sondages électoraux américains) ont aussi joué un double rôle déterminant dans la campagne de Trump. Ils ont aidé l'équipe de campagne à adapter quotidiennement ses choix de campagne, y compris le plan de déplacements du candidat Trump, mais ils ont aussi permis de mieux cibler les donateurs les plus à même de financer la campagne.. Selon elle, CA a commencé à s'investir dans cette campagne en et s'est aussi appuyé sur l'API de Google Civic Information API.
En 2016 est annoncé la création d'un futur Partenariat sur l'IA ou Partnership on AI, dont le nom complet est Partnership on Artificial Intelligence to Benefit People and Society, une coalition, à but non lucratif, visant une régulation et une utilisation responsable de l'intelligence artificielle dans le monde.
2018, l'année des révélations thumb|left|Le lanceur d'alerte canadien Christopher Wylie, ancien directeur de la Recherche chez Cambridge Analytica, plaidant ici contre le vote sous influence.
Les malversations entreprises par Cambridge Analytica et Aggregate IQ, pour le compte du Groupe SCL et de Steve Bannon, au profit de nombreux partis politiques (pour la plupart de la mouvance libertarienne de droite) n'ont pu être connues du public et de la justice que grâce aux révélations d'un lanceur d'alerte, ancien salarié de Cambridge Analytica : Christopher Wylie.
Celui-ci a d'abord souhaité être entendu par des représentants d'organismes de réglementation ou d'application de la loi. En premier lieu, Christopher Wilye a été conjointement entendu ., par Elizabeth Denham, Commissaire britannique à l'information et à la vie privée, et par Michael P. McEvoy, Commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique, chargé d'appliquer dans la province les lois sur la protection de la vie privéeFreedom of Information and Protection of Privacy Act (FIPPA) de la Colombie-Britannique et Personal Information Protection Act (PIPA). C. Wylie leur a précisé la quantité de données volées sur Facebook, la rapidité d'acquisition des données personnelles, la nature de ces données et les échanges entre Facebook, Cambridge Analytica et des personnalités politiques qui avaient retenu les services de CA pour changer le cours d'élections ou de référendums en influençant les intentions de vote... Plusieurs semaines plus tard, , The New York Times, The Guardian et Channel 4 News (la chaîne de ce nom aux États-Unis) rapportent plus de détails sur le vol des données de comptes facebook (plus de de comptes piratés. dont plus de concernaient des internautes canadiens).. Selon Christopher Wylie qui a décrit le fonctionnement du logiciel Ripon utilisé pour cela : . La base de données des informations volées par Cambridge Analytica a été envoyée au Canada à AggregateIQ (ou AIQ) basée à Victoria (Canada), société sœur de Cambridge Analytica (et qui a le même actionnaire principal : Robert Mercer).. Cette société AIQ a créé une plateforme logicielle permettant d'agréger ces données personnelles à d'autres données, d'intérêt électoral, de manière à ensuite pouvoir psychologiquement manipuler les électeurs par le biais de messages les ciblant spécifiquement, en fonction de leur profil psychologique sur les réseaux sociaux.. Outre Christopher Wylie, plusieurs lanceurs d'alerte ayant travaillé chez Cambridge Analytica, ont révélé qu'au moins 4 partis pro-Brexit ont agi de concert. AggregateIQ a reçu environ de livres sterling de quatre groupes de campagne pro-Brexit (Vote Leave, BeLeave, Veterans for Britain et le Parti unioniste démocrate ou DUP pour Democratic Unionist Party d'Irlande du Nord) pour influencer l'opinion publique, via les réseaux sociaux, en faveur du Brexit. AIQ aurait été recommandé à Vote Leave (le groupe officiellement leader de la campagne pour le Brexit) par Darren Grimes, un jeune militant qui venait de créer un groupe de jeunes « brexiteurs » : BeLeave. En fin de campagne, Leave.EU a de plus contourné son « plafond légal de dépenses » en dépensant près d'un million de livres pour cibler des électeurs afin de rendre le Brexit désirable à leurs yeux et pour manipuler l'opinion publique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne.
Selon Wylie, la société Cambridge Analytica, dans le cadre du Brexit n'a pas agi seule : ..
Le , la société Facebook admet en outre, recueillir des données sur les internautes, qu'ils soient enregistrés ou non sur le site, et même s'ils naviguent sur d'autres sites..
Au Royaume-Uni, Arron Banks, le riche donateur qui a le plus financé la campagne pro-Brexit et s'est personnellement impliqué dans la campagne, a reconnu devant la Commission électorale parlementaire anglaise chargée d’enquêter sur les manipulations de la campagne pour le Brexit, avoir eu 2 ou 3 réunions avec Cambridge Analytica et s’être demandé à propos de leur offre si elle pourrait faire un voir à ce propos la référence Q3502 in ..
En , le groupe de Mark Zuckerberg est condamné à une amende de livres () par le gendarme britannique des données personnelles (l'Information Commissioner's Office, ICO). C'est l'amende la plus élevée que pouvait infliger à cet organisme, bien que son montant soit essentiellement symbolique..
Année 2019
Selon M.P MacEvoy (fin 2019), l'histoire rapportée par Wylie . Après deux années d'enquêtes au Royaume-Uni et au Canada, MacEvoy qualifie cette affaire de : En , la FTC (Federal Trade Commission), l'autorité fédérale de régulation du commerce, inflige une amende de 5 milliards de dollars $ (4,48 milliards d'euros) à Facebook pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs.. Cette amende est la plus importante jamais infligée par la FTC.
Post 2019 L’amende de 5 milliards de dollars imposée l’été 2019 par l’agence américaine de protection des consommateurs, la FTC (Federal Trade Commission), à Facebook est validée le par un juge. C’est une décision « historique », a estimé le président de la FTC, Joe Simons..
Fin 2021, le groupe Facebook est renommé "Meta", annonce qui intervient alors que l’entreprise fait toujours face à de multiples accusations..
En , le scandale Cambridge Analytica conduit Facebook à convenir de verser la somme de 725 millions de dollars afin de clore un litige en action collective qui avait été engagé en 2018. Il est important de souligner que dans le cadre de cet accord, Facebook n'a pas admis avoir commis une infraction. Les avocats de la défense ont affirmé que les 725 millions de dollars proposés dans cet accord représentent le montant le plus élevé jamais versé par Facebook pour mettre fin à un litige en action collective lié à la protection des données personnelles..
Épilogue, et renaissance sous forme d'Emerdata et d'autres clones ? Faillites en série Le , la société Cambridge Analytica se déclare en faillite. Selon un communiqué de Cambridge Analytica : .. La société annonce cesser immédiatement toutes ses activités, et confie sa liquidation à Crowe Clark Whitehill LLP, chargé d'agir en tant qu'administrateur indépendant de Cambridge Analytica. La société précise qu'en outre, des procédures parallèles de faillite seront bientôt engagées au nom de Cambridge Analytica LLC et de certaines des filiales américaines de la société devant le tribunal des faillites des États-Unis pour le district sud de New York.
Sa société mère (SCL Elections, filiale de SCL Group.) et la plupart de ses filiales se déclarent également insolvables..
Devenir des données sensibles gérées par AggregateIQ ? Cambridge Analytica avait assuré en 2015 à Facebook avoir détruit ces données, mais on sait par les lanceurs d'alerte que la base de données avait été envoyée au Canada à AggregateIQ, et que ces données ont ensuite été utilisées pour influencer plusieurs élections américaines et le référendum qui a abouti au Brexit.
Après publication du communiqué annonçant les mises en faillites, le New York Times se demande et se demande .
Damian Collins (président du comité parlementaire britannique chargé des violations de données, et ancien Président de l'« Oxford University Conservative Association »), interrogé par The Guardian, a exprimé sa crainte que la fermeture de Cambridge Analytica puisse entraver l'enquête sur l'entreprise..
Renaissance du groupe SCL sous d'autres noms ?