Michel Ney, duc d’Elchingen, prince de la Moskowa, maréchal d'Empire, né le à Sarrelouis en LorraineVille du département de la Moselle entre 1790 et 1815, elle est désormais située en Allemagne dans le Land de la Sarre., est un général français de la Révolution, élevé à la dignité de maréchal d'Empire en 1804 et fusillé le , place de l’Observatoire à Paris.

Le maréchal Ney, qui figure dans la première promotion des maréchaux nommés par en 1804, est surnommé par l'Empereur le « Brave des braves »Il est surnommé par ses hommes, puis par Napoléon lui-même, le « Brave des braves » après la bataille d'Iéna. Lui ont aussi été donnés d’autres surnoms, tels que « Le Lion rouge » ou « Le Rougeaud », tous en rapport avec ses cheveux roux et sa peau rougie par le soleil. Il a pour habitude de charger à la tête de ses troupes. Son commandement favori est : « Direction, le trou du cul de mon cheval, chargez ! ».

Biographie Origines et jeunesse sous l'Ancien Régime vignette|Maison natale du Maréchal Ney à Sarrelouis. D'origine modeste, Michel NeyNey est une variante archaïque de l'allemand neu (nouveau), qui se prononce . est le deuxième fils de Pierre Ney (1738-1826), artisan tonnelier qui a combattu dans l'armée du roi pendant la guerre de Sept Ans, et de sa femme Margarethe Greiveldinger"Biographies des maréchaux d'Empire", Chapitre 12 - Michel Ney, napoleonbonaparte.be, (1739-1791). Ses grands-parents paternels sont Matthias Ney (1700-1780) et Margarethe Becker (morte en 1767) ; alors que les parents de sa mère sont Valentin (ou Wendelin) Greiveldinger et Margaretha Ding.. Il est, de plus, le petit-cousin de l'abbé Jean Ney (1731-1825), chanoine du chapitre de Ligny, cousin germain de son pèreFonds du maréchal Ney et de sa famille (1753-1923), Archives Nationales, mai 2004, (73-77) Lettres adressées par l'abbé Jean Ney (1731-1825), chanoine du chapitre de Ligny (Meuse), cousin germain de Pierre Ney, père du maréchal, à M. et à de Stadler et à Gouzot. 1812-1824. (Fonds du maréchal Ney et de sa famille (1753-1923), Archives Nationales, mai 2004, ).

Il naît à Sarrelouis en Lorraine le , au 13, Bierstraße (actuelle « Auberge Maréchal Ney » : plaque commémorative au-dessus de la porte). Sa ville natale est une enclave évêchoise où l'on parle français, dans une région alors germanophone. Aussi, le jeune Michel apprend-il les deux langues. Il reçoit une formation de base au collège des Augustins de Sarrelouis. Il débute comme clerc de notaire, avant de devenir contremaître des mines et des forges. Il abandonne un travail de bureau pour entrer au service du roi à l'âge de 18 ans comme hussard, dans le régiment Colonel-Général à Metz en 1787, contre l'avis de son père.. Après avoir été militaire du rang, il est promu sous-officier à la Révolution française.

Guerres de la Révolution 200px|thumb|left|Michel Ney, sous-lieutenant au de hussards en 1792,Adolphe Brune (1834). Le général Kléber le fait nommer lieutenant de l'armée du Rhin en 1792, capitaine en 1794, puis chef d'escadron, et adjudant-général chef de brigade le . C'est un des premiers généraux à repérer ses talentsIl dit en 1796, en parlant du capitaine Ney :. Ses hommes lui ont déjà donné un surnom : « l’Infatigable ». Comme il est roux, ses hommes l'appellent affectueusement le « rougeaud », le « rouquin » ou « crâne de tomate ».

Il est promu général de brigade sur le champ de bataille le , après avoir pris Wurtzbourg avec cent hommes de cavalerie seulement, et avoir forcé le passage de la Rednitz et pris Forcheim, de canons et d’immenses approvisionnements. En 1797, il contribue à la tête de ses hussards aux victoires de Neuwied et de Dierdorf. En 1798, Ney réédite son exploit et s’empare de Mannheim par la ruse, avec seulement cent cinquante hommes. Il est promu général de division le .

Général de division en l’an IV, il signe avec les symboles maçonniques, car, comme beaucoup de militaires, il est franc-maçon. En , il commande provisoirement l'armée du Rhin. Ney fait faire, à la fin de septembre, entre Seltz et Mayence, quelques attaques qui réussirent complètement. Les Français s'emparent de Francfort, Hochstadt est enlevé de vive force, la Nidda est passée. Le coup d'État du 18 Brumaire n'a pas son soutien total. Le , il épouse Aglaé Auguié, amie d'Hortense de Beauharnais depuis leur séjour à la pension de Campan. Le mariage a lieu à Grignon avec Savary comme témoin.

Puis, Kléber part avec les troupes de la campagne d'Égypte, le futur maréchal Ney sert sous les ordres du non moins prestigieux général Moreau. Tous deux, ainsi que Richepance, mettent fin aux guerres de la Révolution, en remportant la bataille de Hohenlinden, le Le général Ney y joue un rôle majeur : enfoncer le centre ennemi pendant qu'une opération de contournement était entreprise. Mais un léger incident vient refroidir l'entente entre les deux hommes. Le général Ney entre seul dans une redoute où ses hommes effrayés ne l'avaient pas suivi. Il y reçoit plusieurs coups de baïonnettes aux cuisses et au bras. Avant son rapatriement, le général Moreau fait un discours légèrement critique, pensant qu'un général n'avait pas à prendre de tels risques. On peut supposer qu'il s'agit de la raison pour laquelle le général Ney vexé, n'intervient pas en faveur de son ancien chef, lors du procès de Moreau en 1804.

Le général Lecourbe a plus de moralité, au prix de sa carrière qui reste en suspens jusqu'en 1815, et son rappel par le maréchal Ney, justement..

Premier Empire Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire auprès de la République helvétique en 1802, il parvient à imposer le gouvernement unitaire voulu par le Premier consul et pacifier ce pays menacé de guerre civile, ce qui lui vaut l’estime de Talleyrand. Il y fera également la connaissance d’un historien curieux de stratégie, Jomini, qui va l’impressionner et aura sur lui une influenceFrédéric Hulot, Le Maréchal Ney, Pygmalion Éditions, Paris, 2000 ..

Nommé commandant de l’armée de Compiègne en 1803, il commande le à Montreuil, au camp de Boulogne, ébauche de la future Grande Armée. Le , l'Empire est proclamé, et (dont 4 sont maréchaux honoraires) sont nommés ; Ney figure au .. Par la suite, il est nommé grand aigle le .

thumb|Le champ de bataille devant le monastère d’Elchingen. vignette|Michel Ney, huile sur toile de François Gérard, vers 1805.Le , il remporte la bataille d'Elchingen, décisive pour la reddition de la forteresse d’Ulm, le , pour laquelle il reçoit le titre de duc d’Elchingen le .

La capitulation d’Ulm n'est que le prélude d’Austerlitz. Pendant que frappe ce grand coup, Ney, détaché vers le Tyrol avec la droite de la Grande Armée, termine la campagne en chassant du Tyrol l’archiduc Jean, en s’emparant d’Innsbruck et de la Carinthie.

Bientôt s’ouvre la campagne de Prusse. Présent à Iéna le , Ney emmène ses divisions à l’assaut des lignes prussiennes. Mais, emporté par son élan, il se retrouve encerclé. Lannes le tire de ce mauvais pas. Le lendemain, il prend Erfurt et quelques jours plus tard entame le siège de Magdebourg, siège qui dure moins de .

La bataille d'Eylau (), si elle n’est pas perdue grâce aux charges du maréchal Murat, est gagnée grâce à l’arrivée propice et inespérée du commandé par le maréchal Ney. Avec seulement , il contraint les russes à se replier, à Guttstadt.

Le était chargé de poursuivre le Prussien L’Estocq au nord. Mais le contact avec L’Estocq n’étant pas établi, Ney décide, en entendant les bruits de canon, de rejoindre le combat, parcourant .

vignette|Michel Ney en tenue de maréchal d'Empire par Charles Meynier (huile sur toile, 1804, Château de Versailles). La victoire de Friedland peut aussi être mise en partie à son crédit. En Espagne, il est moins heureux à cause de son caractère jaloux, de ses disputes avec Jomini, son chef d’état-major, et surtout à cause de la haine qu'il entretient à l'égard du maréchal Soult. Il commande les troupes françaises qui occupent la Galice.

En , il reçoit le commandement de l’un des corps d’armée qui composent l’armée du Portugal sous les ordres du maréchal Masséna. Il participe à la bataille de Bussaco qui est une défaite.

Ses rapports avec Masséna sont tout aussi mauvais que ceux entretenus avec Soult. En effet, oublieux d'une certaine forme d'honneur dans ses responsabilités, les torts qu'il cause à Masséna en 1810-1811 Ney les a déjà causés à Soult en 1809.. Fait unique pour un maréchal, il est démis de son commandement le , et rejoint Paris où Napoléon l’affecte à la formation des troupes françaises stationnées au camp de Boulogne.

Selon Jacques Jourquin, « Le portrait de Ney est donc tout en contraste : intrépide mais plein de doute, irrésolu mais plein d’ardeur, aimé des soldats mais pas de ses pairs, fonceur mais discutailleur, précis dans l’action mais incohérent dans la réflexion, bon exécutant mais indiscipliné, brave homme mais jaloux de son autorité, fidèle, passionné mais dans l’instant ».

De la Russie à Fontainebleau thumb|Le maréchal Ney à la redoute de Kovno, par Auguste Raffet.|276x276px thumb|Le maréchal Ney soutenant l'arrière-garde pendant la retraite de Russie, par Adolphe Yvon (1856).|275x275px Mais l’image d'Épinal représente à tout jamais le maréchal Ney lors de son héroïque campagne de Russie en 1812. Il y dirige le d’armée. Pendant la phase offensive de la campagne, il occupe le centre du front de l’armée, et participe à des combats sanglants et frontaux tels que Smolensk ou Moskowa le , où il reçoit une balle dans le cou. Ce dernier combat lui vaut le titre de prince de la Moskowa le « Au retour de la campagne de Russie, Napoléon est tellement frappé par la force d’âme déployée par Ney, qu’il le nomme « prince de la Moskowa », et qu’il répète alors à plusieurs reprises : « J’ai 200 millions dans mes caves, je les donnerais pour Ney. » (Las Cases)..

Pendant la retraite, il se dévoue à l’arrière-garde de l’armée, et, durant quarante jours, il protège les débris de l’armée, permettant ainsi aux civils et aux blessés de disposer de plus de temps pour suivre la retraite.

Laissé à l’extrême arrière-garde après la bataille de Krasnoï, surnommée par les Russes la « bataille des héros », où il n’a plus que , il est attaqué par des Cosaques, en force supérieure qui lui ferment la marche ; il se retire devant eux, parvient à passer le Dniepr malgré le harcèlement, et rejoint Napoléon, après trois jours et d’audacieuses manœuvres.

Lors de la bataille de la Bérézina, il remporte une victoire importante. En faisant charger des cuirassiers sur des tireurs embusqués dans une forêt, il réussit l’exploit de faire avec seulement . Il sauve les débris de l’armée, et sort de Russie après des marches forcées et en affrontant encore de nombreux dangers« Après la sortie de Wilna, dit M. de Ségur, Ney traverse Kowno et le Niémen, toujours combattant, reculant et ne fuyant pas ; marchant toujours après les autres, et pour la centième fois depuis quarante jours et quarante nuits, sacrifiant sa vie et sa liberté pour sauver quelques Français de plus. Il sort enfin de cette fatale Russie, montrant au monde l’impuissance de la fortune contre les grands courages, et que, pour le héros, tout tourne en gloire, même les plus grands désastres. ».

Il participe aux batailles de Lutzen et de Bautzen. Durant cette dernière, son indécision empêche l'empereur de remporter une victoire décisive.