Pierre-Édouard Stérin, né le à Évreux, est un entrepreneur et milliardaire français. Militant, promoteur et financeur de l'extrême droite française, ses convictions s'inscrivent notamment dans le catholicisme identitaire. En , sa fortune est estimée à , faisant de Pierre-Édouard Stérin la .
Il est le cofondateur et le principal actionnaire du groupe Smartbox, entreprise spécialisée dans la vente de coffrets cadeaux. À la suite de son premier investissement dans LaFourchette (devenue TheFork et qu'il a depuis revendue), il crée son family office : Otium Capital.
Son projet Périclès, dévoilé en 2024, vise à financer le Rassemblement national (RN) et d'autres structures pour favoriser une union des droites et permettre in fine la victoire idéologique et électorale de l'extrême droite.
Biographie Enfance et formation Né d'un père expert-comptable et d'une mère travaillant dans une banque, Pierre-Édouard Stérin est élève au lycée Aristide-Briand d'Évreux en section économique.. Au lycée, il a des difficultés et redouble deux fois.. Après des études à la Sorbonne, il entre à l'EM Lyon Business School. et en sort diplômé en 1998.. Lors de ses études, il milite à l'UNI..
Pierre-Édouard Stérin pense avoir grandi avec un autisme non diagnostiqué, en partie en raison de sa difficulté à décoder les interactions sociales.
Carrière En 1998, il débute dans la salle des marchés de la Société générale où il vend des produits dérivés. . Il travaille ensuite pour une courte durée comme analyste chez Exane, une société d'investissements financiers, puis démissionne..
Entrepreneur En 1999, il fonde avec deux amis la société de distribution de logiciels à domicile Black Orange., qui devient leader en France. Mais, en raison d'une mésentente, les associés cèdent l'affaire deux ans plus tard pour « quelques milliers d'euros »., au moment où la bulle Internet éclate. Entre 2001 et 2002, Stérin est à l'initiative d'une vingtaine de projets entrepreneuriaux qui se soldent par des échecs. En 2002, à court d'argent, Pierre-Édouard Stérin ne parvient plus à payer le loyer de son studio à Paris. À 28 ans, il est contraint de retourner vivre chez ses parents, où il reste pendant quatre années..
Durant la bulle internet, il se rend notamment aux États-Unis pour y observer les tendances du marché et rencontre à Boston un entrepreneur créateur qui propose un système d'épargne alimenté par des points de fidélité acquis en consommant. Pierre-Édouard Stérin tente d'en adapter une variante, approche plusieurs sociétés, mais n'obtient que des refus. Il tente ensuite de développer avec Philippe Deneef, entrepreneur belge, un système de cartes de fidélité valable dans plusieurs enseignes, et démarche pour cela de grands groupes français, mais à nouveau sans succès..
Smartbox En 2003, Stérin s'associe avec Philippe Deneef. pour lancer en France le concept de coffret cadeau créé par la société belge Weekendesk, dont ils lancent la franchise française... En 2004, dès les premières ventes de coffrets cadeau, l'administration française tente de les interdire, au motif qu'une telle activité nécessite une licence d'agent de voyages, que Pierre-Édouard Stérin n'a pas. Il est mis en examen. La préfecture de police intervient par téléphone pour dissuader les magasins. Les ventes des coffrets retombent à zéro. Il écrit au président Jacques Chirac et au ministre Nicolas Sarkozy. Après de procédure pénale., il est relaxé., car la vente d'un coffret cadeau ne comporte pas de réservation, et peut donc être assimilée à celle d'un chèque cadeau. Cette jurisprudence conduira à une loi officialisant ce nouveau métier.
À partir de 2006, sa société s'implante à l'étranger, en Europe, aux États-Unis et au Canada. En 2007, il rachète les parts de ses associés. Il rachète également la maison mère belge avec l'aide de la société Naxicap. Il rebaptise sa société Smart&Co et crée la marque Smartbox..
En 2013, il quitte la direction de Smart&Co mais en reste actionnaire. L'année suivante, le fonds d'investissement Naxicap lui cède sa participation ainsi qu'aux dirigeants de Smart&Co.. Il délocalise en Irlande le siège de l'entreprise en 2012..
Au début des années 2010, Stérin tente de revendre sa société. Selon Les Échos, 2012 est une année difficile pour Smartbox, avec notamment une réduction des effectifs français, passant de 400 à 310 personnes, un retrait des marchés japonais, canadien et australien, et un recentrage sur le marché américain. Stérin donne alors mandat à la banque Lazard pour qu'elle puisse effectuer une vente.. En 2018, Stérin possède encore 85 % du capital de Smartbox. En 2022, la société Wonderbox, qui commercialise également des coffrets-cadeaux, est intéressée par l'acquisition de Smartbox, son rival... Mais l'Autorité de la concurrence est réticente à ce rapprochement, et Stérin renonce fin 2023 à vendre Smartbox à Wonderbox...
Investisseur LaFourchette En 2008, il investit une partie des dividendes issus de la Smartbox dans la start-up LaFourchette, service en ligne de réservation de restaurants pour les particuliers.. Alors en difficulté, les dirigeants sont accompagnés par Stérin et ses équipes dans la transformation de la société. En quatre ans, le nombre de réservations quotidiennes serait passé de 20 à plus de , à travers un réseau de plus de partenaires en Europe. En 2014, Tripadvisor rachète LaFourchette pour un montant estimé à . Le bénéfice de cette vente rapporte à Stérin d'euros, qu'il réinvestit immédiatement..
Otium Capital En 2009, il lance la société d'investissement Smart Co Ventures, entièrement alimentée par ses propres fonds, les bénéfices réalisés dans le groupe Smartbox.. Smart & Co Ventures œuvre dans le domaine des start-up du secteur de la distribution de loisirs, investissant 25 millions d'euros dans sept sociétés, dont cinq spécialisées dans la réservation en ligne. Fin 2011, Smart & Co Ventures devient Otium Capital (du latin , signifiant en français) afin d'affirmer l'indépendance opérationnelle du fonds d'investissement vis-à-vis de la société Smart&Co. Les Échos qualifient Otium Capital de « family office » de Stérin.. En 2018, Stérin possède, via Otium Capital, des participations dans une trentaine de sociétés, pour un montant total de 200 millions d'euros investis. La revente en 2014 de LaFourchette a permis de récupérer huit fois la mise de départ. Il s'agit, en 2018, de la seule revente positive..
En 2020, avec les fondateurs de BirchBox France, il rachète cette entreprise, filiale française du groupe américain du même nom qui commercialise des coffrets cosmétiques en ligne, et finance la startup Tekyn (production de vêtements à la demande en circuit court)...
En 2022, François Durvye prend la direction d'Otium Capital.
Plusieurs start-up à succès ont reçu des fonds d'Otium : TheFork, Payfit, Owkin, Doctrine, Dentelia, Polène, Jimmy... Depuis 2022, Otium Capital investit aussi dans le secteur de la réalité virtuelle avec l'acquisition d'Eclipso et Koezio, et des participations dans Sandora et Cités Immersives.
En 2024, Otium Capital gère 1,6 milliard d'euros d'actifs.
En 2024, Otium Capital recourt aux services d'Anne Méaux qui mène un lobbying pour faire progresser les causes soutenues par le Fonds du bien commun du milliardaire conservateur..
En , via Otium Capital, il se positionne pour le rachat de GMD, l'un des plus importants équipementiers automobiles français, avant de retirer son offre..
Analyses Pour L'Express, Otium est un fonds d'investissement . Mais, selon Les Échos, si la démarche de Pierre-Édouard Stérin avec Otium Capital est avant tout centrée sur le retour sur investissement, Stérin n'est pas un : il ne mise que 5% de ses investissements sur des entreprises cotées en bourse, et 1% dans l'immobilier, le reste étant engagé sur du capital risque.
Par ailleurs, L'Express indique qu'Otium Capital s'inscrit dans un projet plus global de Pierre-Édouard Stérin, celui de . Ce projet comporte deux dimensions : d'une part l'aspect philanthropique et d'autre part, l'aspect lucratif avec Otium, que Stérin dirige d', imposant une discipline stricte à lui-même comme à ses collaborateurs, qu'il recrute en privilégiant les diplômés de Polytechnique et HEC. Selon L'Express, Stérin quand il licencie, et un ancien collaborateur le décrit comme un patron aussi .
Autres fonds d'investissement Fin 2022, Otium Capital lance le fonds Resonance, destiné à des investissements dans le secteur de la French Tech.. Le choix des projets financés par Resonance est supervisé par Stérin, et les bénéfices sont soit réinvestis soit reversés au Fonds du bien commun. Le fonds Resonance a été doté de 150 millions d'euros à sa création, sans date prédéterminée pour sa clôture..
Pierre-Édouard Stérin, via Otium Capital, prend une part dans le fonds d'investissement Montyon Capital, créé en 2024 par Pascal Lebard et Pierre Ménard avec un investisseur suisse, et qui en octobre 2024 se positionne pour reprendre GMD, un équipementier automobile en grande difficulté.. En octobre 2025, Otium Capital se désengage de Montyon Capital, qui perd alors tout lien capitalistique avec la holding d'investissement de Pierre-Édouard Stérin.
Fonds d'investissements pour la souveraineté industrielle En , un article de L'Express indique que Pierre-Édouard Stérin se positionne à hauteur de 150 millions d'euros sur un projet de fonds destiné à l'industrialisation en association avec Arnaud Montebourg. En , les deux hommes se portent candidats au rachat de l'entreprise Segault, qui fournit des pièces pour l'armée et le secteur nucléaire, afin d'empêcher son acquisition par un groupe américain..
En , Otium Capital, société d'investissement de Stérin, et Les Équipes du Made in France, société de Montebourg, créent deux fonds, Alfeor et Utenda Capital, avec pour objectif annoncé d’œuvrer pour la souveraineté française, notamment dans le domaine du nucléaire.
Alfeor a pour vocation de devenir un agrégateur d'équipementiers de la filière nucléaire française, et d'augmenter la capacité de l'industrie française à construire des centrales nucléaires. En 2024, Alfeor achète quatre entreprises, dont Les Ateliers de la Meuse, spécialisée dans les usinages et chaudronnerie. Ensemble, les quatre sociétés ont un chiffre d'affaires de 30 millions et emploient 200 personnes.
Médias Pierre-Édouard Stérin finance le média en ligne Neo., et à partir de 2023 un autre média en ligne, Factuel, parrainé à sa création par la présentatrice de CNews Christine Kelly et le consultant de BFMTV Dominique Rizet, qui, selon Le Monde, ; Factuel est en cessation de paiement un an plus tard. Il entre au capital du « Crayon », média en ligne de débats s'étant .. Il finance aussi l’Institut libre de journalisme, tenu par deux journalistes de Radio Notre-Dame et qui accueille notamment Geoffroy Lejeune, journaliste d'extrême droite de Valeurs actuelles L'Institut libre du journalisme est abrité à l’Institut de formation politique, que Le Monde décrit comme . D'après Mediapart, La Nuit du Bien Commun a financé l'Institut libre de journalisme à hauteur de en 2017 puis en 2020.
En 2023, Pierre-Édouard Stérin est candidat au rachat d’Editis, un groupe d'édition français. Mais finalement c'est Daniel Křetínský qui s'en porte acquéreur...
En , il rachète le groupe Marmeladz, une agence d'influenceurs web.. En , il se porte acquéreur du magazine Marianne, avec lequel, selon Le Monde, il partage la ligne « antiwokiste » et anti-Macron. À la suite de la mise en avant des liens entre Stérin et le Rassemblement national, la rédaction de Marianne s'oppose à l’unanimité à ce rachat.. En juillet, Daniel Křetínský met fin aux négociations avec Pierre-Édouard Stérin pour la vente de l’hebdomadaire..
Pierre-Édouard Stérin envisage, à partir de 2024, la constitution d'un réseau de plus de 300 librairies , il y serait organisé « culturels locaux ».