Henri Diamant-Berger est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma français né le à Paris et mort dans la même ville le .

Frère aîné de l'écrivain Maurice Diamantberger, alias André Gillois (1902-2004), il est le père du poète Jean-Claude Diamant-Berger (1920-1944), et le grand-père du cinéaste Jérôme Diamant-Berger.

Biographie Jeunesse et études Henri Simon Diamantberger naît le dans le 9 arrondissement de Paris de Mayer Saül Diamantberger, un médecin juif d'origine roumaineNadia Sweeny, Une aurore au-devant des jours 1940 : Le destin d'une famille juive en exil, Michalon, 2015., et Jenny Birman, sans professionActe (vue 17/28), registre des naissances de l'année 1895 pour le arrondissement , Archives en ligne de la Ville de Paris - Paris Archives (avec mentions marginales du mariage et du décès). Le nom est orthographié « Diamantberger » en un seul mot, ce que confirment les signatures des témoins.. C'est le cadet d'une famille de six enfants comprenant Marcel Samuel (1893-1990), Germaine (1897-1982), Lucien (1900-1992), Maurice, alias l'écrivain André Gillois (1902-2004), et Paul-José (1906-1945).

Licencié en droit à 19 ans, il est engagé volontaire dans la Première Guerre mondiale. Décoré de la croix de guerre avec palme et de la Médaille militaire, il est réformé pour blessure le Archives du Paris, registre matricule , classe 1915, bureau de Paris (avec mention de la profession et du parcours militaire)..

Carrière Dès sa démobilisation, il retourne à la demande d’André Heuzé deux films dont les négatifs ont été endommagés : Les Gants blancs de Saint-Cyr et le Lord Ouvrier. En , il fonde une revue hebdomadaire Le Film avec comme rédacteur en chef Louis Delluc. et la participation des écrivains Colette et Aragon, puis participe au Comité de défense du cinéma français présidé par Edmond Rostand et Tristan Bernard et fonde l'Association des auteurs de films.

En , il est envoyé par Georges Clemenceau aux États-Unis en mission officielle pour organiser la distribution des actualités françaises. C’est son premier voyage en Amérique qui sera suivi de plus d’une vingtaine d’autres, devenant très vite un des cinéastes français les plus « américains » de l'entre-deux guerres.

En 1919, il publie un livre intitulé Le Cinéma où il expose ses idées qui intéressent Charles Pathé. Grâce à ce dernier, il va produire, en qualité de metteur en scène, Le Petit Café avec Max Linder et Raymond Bernard, fils du dramaturge. C’est le premier film d’une durée d’une heure et demie français.

En 1920, avec un budget exceptionnel de de l’époque (soit un demi-million de francs-or, d'avant 1914), Charles Pathé lui permet de réaliser la version muette des Trois Mousquetaires, film en douze épisodes, décors de Robert Mallet-Stevens et costumes de Paul PoiretLes Trois Mousquetaires, film rénové par son petit-fils Jérôme Diamant-Berger.. Vingt ans après complètent l’entreprise l'année suivante.

En 1923, il modernise les studios Pathé, fait venir des États-Unis les premiers travellings, construit les studios de Billancourt, puis en 1924 les studios Diamant Film Co of America. Il est aussi novateur, inventant le métier de scripte et la bande-annonce, tournant aux États-Unis en 1925 le premier film en Technicolor (Les Marionnettes), puis en 1932 le premier film tourné uniquement en extérieur (Clair de lune). Dénicheur de talents, il produit les premiers films publics de Jean PainlevéRoxane Hamery, Jean Painlevé et la promotion du cinéma scientifique en France dans les années trente, 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, , 2005, , paragraphe 4, celui de René Clair, Paris qui dort (1925), et a pour assistants Claude Autant-Lara, Robert Bresson et Henri-Georges Clouzot.

En 1936, il rachète la société de production fondée par Paul Laffitte, Le Film d'art, à Charles DelacHenri Diamant-Berger sur Ciné-Ressources..

En 1939, il organise des reportages radio aux États-Unis pour la radio française. Exilé aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, engagé dans la France libre, il devient attaché à l'ambassade de Washington chargé de la propagande radio et cinéma puis, à Alger, attaché au Commissariat de l'information et directeur des services cinématographiques civils et militaires de la France combattante.

À la Libération, il est l'initiateur de la loi d'aide au cinéma, avec le député Géraud Jouve.

De 1946 à 1967, il met en scène et produit plus de cent huit longs métrages et une centaine de courts métrages et documentaires.

Au cours d'une carrière de plus de cinquante ans, il a fait tourner entre autres Ray Ventura, Maurice Chevalier, Tino Rossi, Damia, Marguerite Moreno, Blanche Montel, Claude Dauphin, Harry Baur, Erich von Stroheim, Jules Berry, Pierre Fresnay, Simone Simon, Jeanne Moreau, Juliette Gréco, Robert Lamoureux, Bourvil, Francis Blanche, Emmanuelle Riva, Jean Piat, Charles Aznavour, Jean Richard et Robert Dhéry (dont il produit plusieurs films).

Mort Henri Diamant-Berger meurt le en son domicile au rue du Val-de-Grâce dans le 5 arrondissement, à l'âge de 76 ansActe (vue 30/31), registre des décès de l'année 1972 pour le arrondissement, Archives en ligne de la Ville de Paris - Paris Archives. Dans l'acte, le nom est orthographié « Diamant Berger ». et est inhumé au cimetière de MontmartrePhotographie de la tombe de Henri Diamant-Berger sur le blog Autour du père Tanguy..

Vie privée Henri Diamant-Berger épouse Suzanne Lévy le à la mairie du 16 arrondissementActe (vue 29/31), registre des mariages de l'année 1916 pour le 16 arrondissement, Archives en ligne de la Ville de Paris - Paris Archives.. Le couple aura trois enfants : Ginette (1917-1996), qui deviendra scripte et assistante à la réalisation et sera la mère du cinéaste Jérôme Diamant-Berger ; Colette (1917-1999), qui épousera en 1942 le médecin Jean Lassner, futur pionnier de l'anesthésie en France ; Jean-Claude (1920-1944), « mort pour la France » près de Caen, alors qu'il était correspondant de guerre, peu de temps après avoir débarqué en Normandie.

Distinctions

Filmographie En tant que réalisateur

En tant que scénariste

En tant que producteur

1925 : Paris qui dort ou Le Rayon diabolique de René Clair 1928 : Les Transatlantiques de Pierre Colombier 1932 : Hortense a dit j'm'en f…, court métrage de Jean Bernard-Derosne 1932 : Chassé-croisé de Maurice Diamant-Berger 1945 : Le Roi des resquilleurs de Jean Devaivre 1949 : Branquignol de Robert Dhéry 1959 : ...Enfants des courants d'air, court métrage d'Édouard Luntz 1960 : La Brune que voilà de Robert Lamoureux (non crédité) 1960 : Kamikaze, documentaire de Perry Wolff 1960 : Ravissante de Robert Lamoureux 1961 : La Belle Américaine de Robert Dhéry (+ courte apparition) 1961 : La Guerre inconnue, documentaire de Perry Wolff 1963 : Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky 1964 : Allez France ! de Robert Dhéry 1967 : Les Compagnons de la marguerite de Jean-Pierre Mocky

Publications

(livre + 2 DVD)

Notes et références

Liens externes

« Henri Diamant-Berger, cinéaste du muet », Dictionnaire du cinéma français des années vingt sur la revue 1895 , 2001.

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