René de Saint-Marceaux, pseudonyme de Charles-René de Paul de Saint-Marceaux, est un sculpteur et médailleur français né à Reims le et mort à Paris le .Archives de Paris, acte , vue 1 / 31..

Biographie vignette|redresse|René de Saint-Marceaux dans son atelier (1907), agence Rol. vignette|redresse|René de Saint-Marceaux en habit d'académicien.

Jeunesse et formation

René de Saint-Marceaux est né le au premier étage du 8 place Royale à Reims.

La famille Saint-Marceaux fait partie du paysage rémois : plusieurs de ses membres ont exercé des fonctions importantes. Son grand-père Augustin Marie de Paul de Saint-Marceaux (1790-1870) est maire de Reims à deux reprises en 1835 et en 1845. Il fonde la Maison de champagne Saint-Marceaux en 1831. Le père de René, Jean Alexandre de Paul de Saint-Marceaux (1819-1908), reprend l'entreprise en tant que négociant en vins de Champagne.

Il entre dans le lycée impérial de Reims, le Collège des Bons Enfants, jusqu’à quatorze ans. Cependant, les études ne l'intéressent pas. D'après sa mère, Émilie Isabelle Morizet (1822-1901), René de Saint-Marceaux est un enfant "difficile à fixer [...]". Dès qu'il a l'occasion, il visite et étudie la cathédrale Notre-Dame de Reims . Des années après, René confie : "Je suis né deux fois à Reims car les figures du Moyen Âge de ces églises ont fait germer en moi l'amour de la sculpture".

Malgré cela, son père envisage une formation commerciale afin qu'il reprenne la Maison de champagne. René est alors envoyé en Allemagne durant dix-huit mois dans une institution commerciale de Francfort-sur-le-Main. Placé dans un pensionnat, l'adolescent apprend rapidement l'allemand mais il s'absente des cours. Il en profite pour visiter le vieux quartier de la ville et les musées.

Après son séjour en Allemagne, il est confié au professeur Rèveen 1862. Ce dernier l'encourage dans la voie des Arts en particulier celle du modelage. A dix-sept ans il s’initie à la sculpture et est repéré par Victor Baltard (architecte des Halles de Paris). Peu de temps après, a la mort de son frère, ses parents acceptent sa vocation artistique et lui proposent le grenier familial comme premier atelier professionnel.

Vers la fin de l'année 1863, René à dix-huit ans et s'installe à Paris pour suivre l'enseignement de François Jouffroy, à l’École des Beaux- Arts. René de Saint-Marceaux fait des allers-retours entre Paris et Reims. Il revient toujours visiter la cathédrale.

Activité d'artiste Fin 1865, René Saint-Marceaux et son ami Charles Degeorge louent un atelier 66, Rue d'Assas à Paris où s'alignent bien d'autres ateliers d'artistes dont Alexandre Falguière et Paul Dubois. Le travail de Dubois ainsi que ses conversations sur les maîtres italiens de la Renaissance influencent le Rémois. Sa première œuvre est Une jeunesse de Dante faite en plâtre en 1868, et dont il réalisera le marbre en 1869.

À la suite de la guerre du 1870, qui a épargné cet atelier, les rencontres s'espacent entre les deux artistes. René de Saint-Maceaux s'émancipe notamment avec sa Jeanne d'Arc totalement différente de la statue équestre de Duboisvisible sur le parvis de la cathédrale de Reims.

Il est élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1905..

René de Saint-Marceaux est une figure représentative de ces nombreux artistes de la Troisième République, exposant aux Salons et multipliant les concours et les honneurs. Il eut pour praticien François Pompon (1855-1933), entre autres, de 1895 à 1914Bernard-Morot-Gaudry, « La sculpture en Morvan au et au début du », Bulletin de l'Académie du Morvan, , 2017, .. À partir de 1896, François Pompon le suit à Cuy-Saint-Fiacre où il achète une maison. L’un trouve l’inspiration pour son bestiaire dans la campagne brayonne, l’autre ses modèles dans les villages normands. . À partir de 1896, François Pompon le suit à Cuy-Saint-Fiacre où il achète une maison. L’un trouve l’inspiration pour son bestiaire dans la campagne brayonne, l’autre ses modèles dans les villages normands.. De milieux très différents, les deux hommes s'estimaient et partageaient la même passion pour leur métier : la sculpture.

Influencé par la Renaissance italienne au début de sa carrière, il s'en détache pour revenir à l'art des imagiers du Moyen Âge. C'est à eux qu'il doit sa vocation de , lui que ses parents destinaient à reprendre la maison de champagne créée par son grand-père Augustin et développée par son père Alexandre. Son enfance vagabonde et rêveuse dans les vieilles rues de Reims et autour de la cathédrale l'imprègne de cet art d'artisans inspirés. Les styles des œuvres de Saint-Marceaux sont très variés si l'on veut bien considérer l'ensemble de sa production et non seulement ses statues les plus connues qui sont les plus classiques et qui l'ont caractérisé.

Vie familiale René de Saint-Marceaux est le petit-fils d'Augustin Marie de Paul de Saint-Marceaux, maire de Reims.

Saint-Marceaux épouse, en 1892, Marguerite Jourdain (1850-1930), veuve du peintre Eugène Baugnies (1841-1891), de la fortune duquel elle vient d'hériter. Eugène Baugnies possède une maison à Cuy-Saint-Fiacre (Normandie) où René vient souvent. Marguerite de Saint-Marceaux  fait construire pour lui deux ateliers de sculpture et un chalet normand dans cette propriété où elle tient salon l’été. Le salon de musique de Marguerite de Saint-Marceaux, au 100, boulevard Malesherbes à Paris, rivalise avec celui de la princesse de Polignac. Marguerite sert de modèle, parmi d’autres, au personnage de Madame Verdurin du roman À la recherche du temps perdu de Marcel Proust.

En 1913, René de Saint-Marceaux adopte les trois fils adultes que Marguerite a eus de son premier mariage, Georges (1871-1954), industriel et inspecteur des finances, Jacques (1874-1925), peintre comme son père biologique, et Jean (1878-1935), militairePyra Wise, Sur une note de régie elliptique de Proust : les Saint-Marceaux et les nymphéas de Monet, Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM), (en ligne).. Ils ajoutent alors à leur nom de naissance celui de leur père adoptif et s’appelleront désormais : Baugnies de Paul de Saint-Marceaux. Le patronyme passe de même au fils du peintre Jacques Baugnies et de son épouse Yvonne, née de Montagnac, le sculpteur Jean-Claude de Saint-Marceaux (1902-1979).

Il était dans cette commune propriétaire d'un chalet, lieu de villégiature habituel de la famille.

Décès et sépulture

Il est inhumé dans le cimetière de l'église Saint-Martin de Cuy-Saint-Fiacre (Seine-Maritime) dans une sépulture qu’il créa et que François Pompon termina. Le fronton montre un soleil stylisé et une jeune femme tirée par les cheveux vers les ténèbres. Les deux gisants en creux sont représentés se tenant par la main, René avec des ciseaux de graveur, Marguerite avec une partition musicale.

Style et technique René de Saint-Marceaux est une figure représentative de ces nombreux artistes de la Troisième République, exposant aux Salons et multipliant les concours et les honneurs. Son enfance à Reims fut marquée par la proximité de la cathédrale et de ses sculptures du Moyen Âge. Il s'en souviendra après ses voyages en Italie qui l'influenceront durant la première partie de sa carrière. Ses premières œuvres porteront la marque de la Renaissance italienne, soulignée notamment par les critiques de son Génie gardant le secret de la tombe, 1879. Son Arlequin, 1880, rompt avec le style néo-classique : "Après l’œuvre de noble majesté, un poème de spirituelle malice".

Les styles des œuvres de Saint-Marceaux sont très variés si l'on veut bien considérer l'ensemble de sa production sans focaliser sur ses statues les plus connues. Le sculpteur évolue, inspiré par les mouvements de la peinture en pleine révolution. Il a rédigé une analyse de la sculpture à son époque dans La Gazette des Beaux-Arts, 1897.

Ses ateliers L'artiste semble avoir travaillé dans ses différentes adresses parisiennes. Les livrets des Salons témoignent des différents lieux ou adresses attachés au statuaire : 36, rue de l'Ouest, Paris, 14e arrondissement, en 1868 ; 68, rue d'Assas, 6e arrondissement, Paris, de 1869 à 1874 ; 23, avenue de Villiers, de 1879 à 1902, adresse qu'il conserve quelques années après son union avec Marguerite Jourdain en 1892. Paul Mathey y représente d'ailleurs son ami dans l'atelier, vers 1884, œuvrant au modelage d'une figure féminine tandis que deux praticiens travaillent au Bailly destiné à la Salle du Jeu de Paume de Versailles. À partir de cette date, bien qu'abandonnant petit-à-petit cette adresse au profit du 100, boulevard Malesherbes, hôtel particulier de Marguerite dans lequel elle tient Salon, il retient toujours l'avenue de Villiers jusqu'en 1902. Saint-Marceaux travaille également régulièrement dans la propriété familiale de Meg, à Cuy-Saint-Fiacre ; Saint-Marceaux y reçoit également ses praticiens, à l'image de François Pompon.

; la presse contemporaine, à l'image de L'Illustration, y montre l'artiste au côté de son œuvre. La presse mentionne son atelier de Neuilly, 84, boulevard de la Saussaye, dans lequel il réalise le monument de Marcelin Berthelot inauguré après son décès en 1917.

Œuvres Œuvres dans l'espace public vignette|Statue de Marcelin Berthelot. Gisant de l'Abbé Miroy (1872), bronze, cimetière du Nord, Reims La Vigne (1888), bronze, cour intérieure de l'Hôtel de ville, Reims. Le modèle en plâtre de 1887 (détruit) portait le titre Mousse de champagne.. Le Devoir (1895), pierre, tombe de Pierre Tirard, cimetière du Père-Lachaise, Paris Le Devoir (1895), bronze, monument dans le carré militaire du cimetière Bertin, Vichy Gisant d'Alexandre Dumas fils, pierre (1897), cimetière de Montmartre, Paris Gisant de Félix Faure (1899), bronze, cimetière du Père-Lachaise, Paris Buste de Charles Degeorge (1899), bronze, cimetière du Père-Lachaise, Paris Génies de la peinture et de la sculpture (1900), pierre, façade du Petit Palais, Paris Monument à Alphonse Daudet (1901), pierre, jardins des Champs-Élysées, Paris Monument à Alexandre Dumas fils (1906), pierre, place du général Catroux, Paris 17eDescriptif sur le site paris1900.lartnouveau.com. Sur le Chemin de la vie (1906), marbre, tombe des parents de Saint-Marceaux, cimetière du Nord à Reims Le Phénix (1906), pierre, 59 rue de l'Arcade, Paris , angle de la rue Pasquier et du boulevard Haussmann L’Élévation des âmes du purgatoire, tombe de la famille David (1907), marbre, cimetière du Nord à Reims Tombe de René et Marguerite de Saint-Marceaux (1908), pierre, cimetière de Cuy-Saint-Fiacre Monument à Jacques d'Uzès (1913), bronze, Uzes, promenade Jean Racine (disparu) Fontaine Émile Pouvillon (1914), pierre, Montauban, jardin des plantes Monument à Marcellin Berthelot (1915), bronze, place Marcelin-Berthelot, Paris En 1941, refondu partiellement sous le régime de VichyNotice sur le site e-monumen.net.La médaille en France aux & . Au creux de la main, Skira Flammarion, Bibliothèque nationale de France, 2012, 103 et 104.. La partie supérieure du monument est sauvée et dissimulée au Collège de France. Suisse Monument de l'Union postale universelle (1909), bronze, Berne, parc « Kleine Schanze » Espagne Madrid, Mutua Madrileña, au numéro 33 du Paseo de la Castellana : statue allégorique en bronze du phénix, symbole de la compagnie, portant une figure humaine allégorique avec le bras levé (qui ne représente pas Ganymède, cet échanson des dieux enlevé par l'aigle de Jupiter). Statue déplacée du toit de l'immeuble Metrópolis.

Œuvres dans les collections publiques Gray, musée Baron-Martin : Femme nue, accroupie, les bras croisés, statuette plâtre, ; Masque de jeune fille ou de jeune béguine précédemment attribué par erreur à Michel Béguine, plâtre patiné terre cuite, . Lyon Musée des Beaux-Arts de Lyon Arlequin, statue plâtre patiné avec croix de mise au point, , 1879-1880; Première Communion, statue marbre, , 1893; L'Aurore, statue marbre, , 1895;