Fréhel, née Marguerite Boulc'h dans le le Archives en ligne de Paris , année 1891, acte de naissance , cote V4E 7388, vue 14/18 (avec mentions marginales de mariage et de décès). et morte le dans le Archives en ligne de Paris , année 1951, acte de décès , cote 9D 170, vue 15/31., est une chanteuse française qui a marqué la période de l'entre-deux-guerres.
Surnommée « la môme Pervenche » à ses débuts, elle devient Fréhel en hommage au cap Fréhel de ses racines bretonnes, avant de conquérir le Paris de la Belle Époque.
Après la Grande Guerre, et une longue absence, Paul Franck la relance à l'Olympia fin 1923. « L'inoubliable inoubliée » regagne le cœur du public et impose de nouveau son répertoire réaliste dès 1925. À la fin des années 1920 et durant les années 1930, elle enregistre l'essentiel de sa discographie (La Java bleue, etc) ; elle apparait au générique de nombreux films, dont le célèbre Pépé le Moko qui lui offre une scène d'anthologie avec Jean Gabin. La Seconde Guerre mondiale et une santé chancelante à force d'excès l'éloignent progressivement du music-hall. Elle meurt seule dans un hôtel de Pigalle en 1951.
Biographie Son acte de naissance indique que Marguerite Boulc'h est née le à Paris, au numéro 109 du boulevard BessièresArchives de Paris, V4E 7388, acte .. Elle est la fille d'un couple de Bretons originaire de Primel-Trégastel, hameau de la commune de Plougasnou (Finistère)La Chanson française et francophone, Éd. Larousse, 1999.; son père Yves Marie Boulc'h est cheminot, sa mère Marie-Jeanne, née Daniel, est cuisinière. La petite Marguerite passe les premières années de sa vie auprès de sa grand-mère, à Primel-Trégastel, et grandit à la ferme jusqu'à ses quatre ans.
À neuf ans, elle chante déjà dans les rues populaires de Paris, ou dans des estaminets de hasard. Quand vient l'heure de gagner son pain, elle vit encore chez ses parents au 14 rue Vallier (actuelle rue Louise-Michel) à Levallois-Perret. Elle trouve une place dans l'entreprise Cérébos pour laquelle elle livre du sel dans les restaurants de la capitale. Marguerite découvre le Paris des nantis, mais, libre et indisciplinée, elle est vite renvoyée. Elle se rapproche alors de l'éditeur de chanson Labbé, rue de l'Échiquier, où elle parfait son chant, sa voix et se construit un petit répertoire. En parallèle, elle devient vendeuse de rénovateurs faciaux dans une pharmacie de la rue d'Aboukir. Elle fait du porte à porte. C'est ainsi qu'elle rencontre la « Belle Otero », une courtisane flamboyante et une artiste adulée. Caroline Otéro admire la voix, l'audace et la liberté de la jeune femme ; elle la protège discrètement pour ses premiers pas dans le monde du music-hall. Une chanson, Mam'zelle Pervenche, créée par Dalbret, lui donne son nom d'artiste. En 1905, elle obtient son premier contrat de « diseuse »Les diseuses dans les cabarets de Belle Époque étaient des chanteuses qui récitaient ou déclamaient des vers ou des mélodies. L'exemple le plus probant en chanson est celui d'Yvette Guilbert. à l'Univers, un bel établissement, avenue de Wagram, sous le nom de Pervenche.
Son « contralto rapeux », comme l'appelle Colette dans La vagabonde (Colette s'inspire de Fréhel pour son personnage Jadin), commence à la faire connaître entre 1905 et 1910. En 1908, sous le nom de Pervenche - Fréhel, elle est la première femme en France à graver un disque 78 tours (C'est une gosse / Fanfan d'amour - Odeon)..vignette|Fréhel en 1908.|gauche
Le , elle épouse dans le de Paris Robert Hollard (alias Roberty)Archives en ligne de Paris , année 1907, cote 2M163, acte , vue 8/43, avec mention marginale du divorce., un jeune comédien amateur de music-hall, un peu impresario, qu'elle a rencontré à la taverne de l'Olympia. C'est lui qui la convainc de changer de nom d'artiste: elle devient Fréhel du nom du cap breton. Le couple donne naissance à un enfant qui meurt en bas âge. Marguerite ne se relèvera jamais complètement de ce drame qu'elle considère comme une injustice. Le couple se délite. C'est alors qu'elle rencontre l'un des grands amours de sa vie : Maurice Chevalier. Ils vivent une relation passionnelle et épisodique de 1909 à 1911. Entre-temps, elle divorce de son mari Roberty le , lui-même ayant une relation avec Damia.
À l'automne 1911, Maurice Chevalier la quitte pour Mistinguett. Bien qu'auréolée de succès, Fréhel fuit une vie sentimentale désastreuse et finit par plonger dans l'alcool et la drogue.
Fin 1913, elle part pour la Roumanie, chante à Bucarest au théâtre de l'Odéon, avant de rejoindre Petrograd (actuelle Saint-Petersbourg) sur la demande de la duchesse Anastasia de Mecklembourg-Schwerin, cousine du tsar Nicolas II. Elle se produit au théâtre de L'Aquarium devant les grands-ducs. Le premier conflit mondial la cueille donc en Russie en 1914. Sur le chemin du retour en France, elle s'arrête à Bucarest. Là, elle chante, devient célèbre, et finit même protégée par la famille royale. Elle tombe très amoureuse d'un officier roumain qu'elle suit sur le front Est ; elle s'installe à Piatra Neamț, au nord de Bucarest, dans une ferme où elle restera jusqu'à la fin de la guerre malgré la mort de l'officier en 1916. Elle sombre dans la dépression.
En 1918, la guerre terminée, elle reprend le bateau pour la France. Une escale la mène à Constantinople où elle restera finalement cinq années aux prises avec ses démons. Elle tombe dans la drogue. En 1923, le consulat français à Constantinople la fait rapatrier de force ; elle est dans un état physique désastreux.
Accueillie à Paris par son ex-mari Robert Hollard et Montéhus qu'elle admirait, l'« inoubliable inoubliée » se requinque doucement. Elle se relance officiellement sur les planches de l'Olympia le . Le public ne se lasse pas de ses couplets réalistes et de cette personnalité hors du commun. De nouveau, elle triomphe au music-hall. En 1932, elle se produit au cabaret Le Bosphore, rue Thérèse..
Les portes du cinéma s'ouvrent également. Elle tourne dans une vingtaine de films, dont Cœur de lilas en 1931, Le Roman d'un tricheur en 1936, La Maison du Maltais en 1938. Elle interprète J'attends quelqu'un, dans Amok en 1934, Où est-il donc ? dans Pépé le Moko en 1936 et La Java bleue dans Une java en 1939.
Le , elle épouse à Paris Georges Boettgen. C'est un fiasco. Sa carrière décline peu à peu.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, par la force des choses, elle chante moins. Elle effectue cependant trois tournées en Allemagne pour soutenir les prisonniers français, on le lui reprochera mollement à la Libération. Elle avait pourtant enregistré en 1935 Il n’est pas distingué où elle se moquait nommément d'Hitler.
Après la Libération, elle connaît la misère. On la retrouve concierge d'un immeuble situé à l'angle de la rue Ballu et de la rue Blanche, dans le de ParisJean-Paul Rouland, La vocation du bonheur, éditions Charles Corlet, novembre 2007, , : . Les années d'après-guerre sont très difficiles pour Fréhel qui ne trouve plus beaucoup d'engagements.
En 1950, Robert Giraud et Pierre Mérindol invitent Fréhel à se produire devant le public parisien dans une ancienne salle de bal, les Escarpes, située près de la place de la Contrescarpe. Ce sont parmi les dernières apparitions publiques de la chanteuse.
Tous ses drames et ses excès auront raison de sa santé. C'est dans une chambre sordide d'un hôtel de passe, au 45 de la rue Pigalle, qu'elle meurt seule le . Elle est inhumée au cimetière parisien de Pantin (division 23)FRÉHEL (Marguerite Boulc’h : 1891-1951), par Philippe Landru, sur le site Cimetières de France et d'ailleurs. ; une foule importante assiste à son enterrement.
Depuis, de nombreux artistes se sont réclamés de son héritage : Charles Trenet, Serge Gainsbourg, Jacques Higelin, Mano Solo, Renaud, Régine, les Garçons Bouchers.
Son activité cinématographique s'étale de 1931 à 1949.
On l'entend une dernière fois en 1950 sur Radio-Lausanne (un disque Pyral de cette ultime intervention a été conservé.).
Filmographie
Discographie thumb|right|Si tu n'étais pas là.
La discographie de Fréhel s'étend de 1908 à 1939.. Elle grave son chez Odeon en sous le nom de Pervenche-Fréhel. Elle ne retrouve le chemin des studios qu'en 1926, 18 ans après son . Elle grave dès lors chez Idéal, Inovat, Ibled, Odeon saphir, Parlophone, puis chez Polydor et Columbia (EMI) dans les années 1930. Son dernier disque est La Java bleue, réédité chez Columbia en 1951, année de sa disparition.
Chansons Les dates sont données par recoupage entre plusieurs sourcesDisques Fréhel - La Java bleue - Ohé ! Les copains - Disques Columbia DF 2769 - Shellac 10", 78 RPM. CD Disques Chansophones - Série succès et raretés - Label : Mel.GP Fréhel, l'inoubliable et inoubliée : (1990) - Numéro 100. 1909-1930. Code barre : 3307517010025. ASIN : B000027ZJE. On peut y trouver les deux titres de 1908 qui y sont datés de 1909. (1991) - Numéro 105. 1927-1934. Code barre : 3307517010520. ASIN : B000027ZJ1. (1991) - Numéro 113. 1926-1936. Code barre : 3307517011329. ASIN : B000027ZID. (1999) - Numéro 125. 1933-1939. Code barre : 3307517012524. ASIN : B000027ZH3 EPM Musique - Anthologie de la chanson française - Fréhel l'immense tragédienne. 1930-1939. Réf. R217. Frémeaux et associés - Fréhel. Anthologie 1930-1939. Direction artistique Eric Rémy. 2CD. Réf. FA 165. Sites consultés : Chansons françaises d'hier et d'avant-hier Fréhel et Yvonne George, Muses contrastées de la chanson réaliste de l'entre-deux-guerres, thèse de Doctorat soutenue le 8 septembre 2016 par Audrey Coudevylle-vue. Université de Valenciennes-Université Lille Nord de France.. 1908 C'est une gosse (Henri Christiné) ( Pervenche Fréhel de l'Eldorado. Odeon Brun 60825 Matrice XP 4128. Orch. 1909) Fenfant d'amour (Léo Daniderff) ( Pervenche Fréhel de l'Eldorado. Odeon Brun 60795 Matrice XP 4130. Orch. 1909) 1926 Musette (Cojac - Flouron) (Décembre. Valse chantée par Fréhel de l'Empire. Acc. Michel Péguri et son Orch. Parlophone n°22009 Matrice 95028-2 / Reprise Septembre 1928. Fréhel de l'Empire. Idéal Saphir 8581 Matrice JD 1041. Orch. Michel Péguri. 2'38) Quand on a trop de cœur (Tremolo - Flouron) (Décembre. Valse chantée par Fréhel de l'Empire. Acc. Michel Péguri et son Orch. Parlophone n°22009 Matrice 95029-2 / Reprise septembre 1928. Fréhel de l'Empire. Idéal Saphir 8582 Matrice JD 1042. Orch. Michel Péguri. 2'22) 1927 La vraie de vraie (Emile Doloire - André Decaye) (Fréhel de l'Empire avec Acc. d'Orch. Parlophone n°22250 Matrice 95293-2) J'ai l'cafard (Louis Despax - Jean Ėblinger) (Mars. Chanson réaliste. Odeon Saphir SP 1664. Orch. / Mai. Acc. Piano. Pathé X 5320 Matrice N 200806 / Reprise le 18 mars 1928. Idéal Saphir 8072 Matrice ID 569 Orch. Julien Rousseau) L'Obsédé (Léo Daniderff - Henri de Fleurigny) (Mars. Odeon Saphir SP 1664. Orch. / Reprise 23 octobre 1930. Columbia DF 278 Matrice L 2517-1. Orch. A. Valsien. 2'29) Sous la blafarde (Cyril Berger - Armand Foucher - Léo Daniderff) (Mars. Fréhel de l'Olympia. Idéal Saphir 8071 Matrice ID 571. Orch. Julien Rousseau / Reprise 23 octobre 1930. Columbia DF 278 Matrice L 2518-1. Orch. A. Valsien. 3'19) C'est la valse des costauds (Alcib Mario) (Chansonnette. Fréhel de l'Empire avec Acc. d'Orch. Parlophone n°22250 Matrice 95292-2 / Fréhel de l'Olympia. Idéal Saphir 8055 Matrice ID 553. Accordéoniste Eugène Yoos et banjoiste Gino Bordin) Bonsoir amie (Albert Deligny - Gaston Maquis) (Mai. Romance. Acc. Piano. Pathé X 5319 Matrice N 200808) La maison de mon cœur est prête (Gaston Dumestre) (Mai. Mélodie. Acc. Piano - Pathé X 5319 Matrice N 200809) Accordéon Java "Quand il joue de l'accordéon" (Philippe Febvre - Camille Albert Bijouard - Jean Lenoir ) (Fréhel de l'Empire. Parlophone n°22273 Matrice 95294-1) C'est lui, c'est tout (Charlys) (Juillet. Chansonnette. Fréhel de l'Empire. Parlophone n°22273 Matrice 95291-2 / Reprise 1928. Inovat Saphir 1070 Matrice E 138)