François Rebsamen, né le à Dijon (Côte-d'Or), est un homme politique français.
Président du parti Fédération progressiste, il est maire de Dijon et président de Dijon Métropole de 2001 à 2014 et de nouveau entre 2015 et 2024 à la suite du décès de son remplaçant Alain Millot, ainsi que sénateur de la Côte-d'Or de 2008 à 2014 et président du groupe socialiste au Sénat de 2011 à 2014. Il reste président de Dijon Métropole après son départ de la mairie.
Proche de François Hollande, dont il est le second au Parti socialiste de (congrès de Brest) à (congrès de Reims), il est, une fois celui-ci élu président de la République, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social dans les gouvernements Valls I et II entre et .
Il rompt avec le PS en 2022 pour soutenir le président Emmanuel Macron et occupe les fonctions de ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation dans le gouvernement Bayrou entre et .
Il est derechef élu sénateur de la Côte d'Or lors des élections sénatoriales du 27 septembre 2026, 12 ans après avoir quitté le Sénat.
Biographie Origines François Rebsamen est le fils d'Erich Gottfried Rebsamen et de Denise Agron. Son père est né à Stuttgart le dans une famille protestante. et mort à Dijon le , employé comme interprète et chef d'atelier de à chez Renault. à Dijon. En 1945, Erich Rebsamen, en fuite, est inculpé d'atteinte à la sécurité intérieure de l'État. Sa photo en uniforme d'officier allemand est diffusée.
Eric épouse à Dijon le , Denise Agron, morte le ., fille du professeur chirurgien Édouard Agron, élu radical-socialiste au conseil municipal de Dijon sous le Front populaire..
Études et débuts professionnels François Rebsamen est titulaire d'une maîtrise de droit public, d'un DESS de sciences économiques et diplômé de sciences politiques. Il est marié et père d'une fille.. Son frère Guy Rebsamen, restaurateur et propriétaire du restaurant Chez Guy and family à Gevrey-Chambertin, meurt le des suites d'une longue maladie : le même jour, François Rebsamen est fait officier de la Légion d'Honneur au Palais des Ducs de Dijon par l'ancien Premier ministre Jean Castex. Sa nièce Sandrine et son neveu Yves travaillent également dans la restauration..
Il exerce les fonctions d'administrateur territorial mais n'a pas été élève de l'Institut national des études territoriales..
Après un passage à la Ligue communiste révolutionnaire de 1970 à 1974, année où il rencontre Pierre Joxe« Interview François Rebsamen », lexpress.fr, 26 avril 2001., François Rebsamen commence sa carrière professionnelle et politique comme chef de cabinet au conseil régional de Bourgogne de 1979 à 1983, aux côtés de Pierre Joxe (1979-1982) puis d'André Billardon (1982-1983). Il accompagne ensuite Pierre Joxe comme chef de cabinet dans ses différentes fonctions ministérielles (de 1984 à 1986 puis de 1988 à 1991). Puis il poursuit ses fonctions de collaborateur d'élu comme directeur-adjoint du cabinet de Laurent Fabius (1992-1993), et comme conseiller technique au cabinet de Jean-Jack Queyranne, ministre des relations avec le Parlement.
Carrière politique Élu local En 1989, il est élu président du groupe socialiste au conseil municipal de Dijon. Il le restera jusqu'à son élection en tant que maire en 2001. En 1994, il est élu au conseil régional de Bourgogne.
François Rebsamen échoue par quatre fois à se faire élire député dans la de la Côte-d'Or : lors des élections législatives de 1988 ; de 1993 ; de 1997 où il est battu par Robert Poujade, le maire de Dijon ; et face à son successeur, le candidat UMP Bernard Depierre lors des législatives de 2002.
En , il est élu conseiller général du canton de Dijon-5, avec 51,5 % des suffrages exprimés face au conseiller sortant Pierre Barbier (RPR). Il est réélu en , cette fois avec 62,5 % des suffrages exprimés. Le , le tribunal administratif de Dijon annule son compte de campagne « pour avoir transformé » l'éditorial du bulletin municipal en tribune politique. Le tribunal administratif intègre alors dans ce compte le coût de 6 pages du bulletin municipal ce qui provoque un dépassement du plafond des dépenses autorisées et entraîne, automatiquement et sans condamnation, une mesure d'inéligibilité d'un an(TA Dijon 19 oct. 2004, K. Williams, AJDA 2005, , note B.Maligner. Six mois après, le Conseil d'État désavoue le tribunal administratif qui a pris une décision contraire à sa jurisprudence, l'annule dans la foulée, considérant que le maire d'une ville a le droit de rédiger librement son éditorial dans la revue municipale de sa ville, rétablit le compte de campagne initial et valide son élection, ce qui annule la peine d'inéligibilité pour dépassement du plafond de dépenses autoriséesConseil d'État 20 mai 2005, El. cant. de Dijon V., AJDA 2005, , , note B.Maligner..
Maire de Dijon François Rebsamen est élu maire de cette ville de tradition conservatrice le , avec 52,14 % des suffrages contre 47,86 % à son adversaire Jean-François Bazin (RPR). Il devient ainsi le quatrième maire de la ville élu depuis 1945, succédant à Robert Poujade (maire de Dijon de 1971 à 2001), qui ne se représentait pas. Il est le premier maire classé à gauche élu à Dijon depuis 1935.
À propos de ces élections municipales de 2001 et des succès remportés par la gauche aux élections régionales, cantonales et européennes de 2004, il souligne la part du vote populaire et prône de ce fait une grande attention du PS à cet électoratentretien au Nouvel Observateur du 8 avril 2004.
C'est sur la base du constat que l'« on ne dirige ni une ville ni un pays replié sur son camp »entretien à l'hebdomadaire le Point du . que François Rebsamen se déclare « favorable » à des alliances avec le MoDem pour les élections municipales de 2008. Il déclare alors que « les candidats présentés par le Parti socialiste doivent chercher le rassemblement le plus large […] sur la base de propositions communes ». vignette|Le palais des ducs de Bourgogne, où siège le maire de Dijon. Le , il est réélu maire de Dijon dès le premier tour des élections municipales avec 56,22 % des suffrages exprimés face notamment au candidat de la droite : François-Xavier Dugourd (36,44 %). Il lance le projet de construction d'un tramway de Dijon, voté à l'unanimité par le conseil communautaire du Grand Dijon le . et inauguré en ..
En 2007 et 2008, il est administrateur de Dexia-Crédit Local de France et démissionne quelques jours avant la faillite de cette banque qui aura nécessité un apport de 3 milliards d'euros de l'État (seule banque française ou en partie française à avoir bénéficié d'un apport en capital de l'État et non pas simplement d'un prêt ou d'une garantie). D'après l'Express, François Rebsamen aurait démissionné de son siège d'administrateur de la banque soutenue par l'argent public après que Le Canard enchaîné eut révélé le montant de ses jetons de présence, en 2007Dexia : Rebsamen part, les autres restent, L'Express, 24 octobre 2008..
Sénateur-maire Le , il devient sénateur de la Côte-d'Or., premier sous l'étiquette socialiste depuis 1948. Il démissionne alors de son poste de conseiller général du canton de Dijon-5. Au Sénat, il est membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation. Après les élections sénatoriales du et l'élection le suivant de Jean-Pierre Bel à la présidence de la Haute Assemblée, François Rebsamen est choisi pour lui succéder à la tête du groupe socialiste au Sénat.
En 2012, alors que le gouvernement entend faire respecter sa proposition faite lors de la campagne présidentielle d'interdire le cumul des mandats, François Rebsamen s'y oppose arguant le statut spécifique de sénateur.. Le gouvernement Ayrault, par son porte-parole et son Premier ministre, répond qu'il n'y aura pas d'exception. . François Rebsamen annonce cependant que si la loi sur le non-cumul était votée, il choisirait d'être maire de Dijon. .
Au terme du second tour des élections municipales de Dijon le , la liste qu'il mène arrive en tête avec 52,84 % des suffrages exprimés face à la liste UMP d'Alain Houpert (34,02 %) et celle du Front national d'Édouard Cavin (13,13 %). Cette victoire lui vaut son troisième mandat à la mairie de la ville..
Ministre du Travail Il est nommé ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social le dans le gouvernement Valls.. Cette désignation l'amène à renoncer au poste de maire de Dijon qu'il occupait depuis . Le , son premier adjoint sortant, Alain Millot, est élu maire de la ville« Alain Millot prend la mairie de Dijon », Le Bien Public, 6 avril 2014. En , il avance que l'échec dans la lutte contre le chômage n'est pas uniquement dû au « gouvernement »François Rebsamen estime que le chômage est un "échec collectif", france3-regions.francetvinfo.fr, 29 octobre 2014. Prévoyant à de nombreuses reprises entre 2014 et 2015 un recul du chômage, il doit constater son aggravationFrançois Rebsamen, l'oiseau de mauvais augure, marianne.net, 24 juin 2015.. Mi-2015, il porte un projet de loi sur le dialogue social, qui contient notamment le passage de 17 à 3 cas obligatoires d'information et de consultation du comité d'entreprise, une représentation pour les salariés des TPE et la fusion du revenu de solidarité active et de la prime pour l'emploiAnne-Sophie Lechevallier, « Dialogue social - La loi qui ne fâche (presque) personne », Paris Match , semaine du 21 au 27 mai 2015, page 42..
Retour à la mairie de Dijon vignette|François Rebsamen, le 2 février 2017 à la mairie de Dijon. Le , après la mort d'Alain Millot, maire de Dijon, il annonce qu'il briguera en août sa succession, ce qui implique son départ du gouvernement« Rebsamen quittera le gouvernement s'il est élu maire de Dijon », capital.fr, 30 juillet 2015. Le , il est réélu maire de Dijon puis démissionne de ses fonctions ministérielles lors du conseil des ministres de rentrée le . Son passage au ministère du travail est considéré comme un échec sévère en matière de lutte contre le chômageRebsamen quitte la rue de Grenelle sur un échec face à la hausse du chômage, lesechos.fr, 10 août 2015, ce qui lui vaut le sobriquet de « ministre du chômage »... Le , il se voit proposer le poste de ministre de l'Intérieur, qu'il refuse., et préfère rester maire de Dijon.
Atteint d'un cancer, il annonce le , par un communiqué de presse, qu'il ne pourra pas assumer pleinement les présences officielles liées à ses fonctions de maire et de président de la métropole durant les périodes de traitement. Il confie alors la mission d'assurer ses intérims à Nathalie Koenders pour la ville et à Pierre Pribetich pour la métropole..... Il fait son retour le à l'université d'été du PS, assurant avoir terminé ses traitements, où il prononce le discours d'accueil du séminaire de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains, qu'il préside..
Les élections municipales de 2020 à Dijon se présentent dans un contexte inédit, où Europe Écologie Les Verts fait le choix de présenter une liste indépendante de celle de la majorité, menée par Stéphanie Modde, alors adjointe chargée de l'écologie urbaine depuis 2014.. Dans un scrutin marqué par la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 (le second tour est reporté du au ), se caractérisant par une forte abstention (35,9 % de participation au premier tour puis 33,4 % au second)., la liste menée par François Rebsamen « Dijon c'est capitale » l'emporte lors d'une triangulaire contre les écologistes et la liste d'union de la droite. Au terme de ces élections, la composition du Conseil municipal ne change pas : 43 sièges pour la majorité, 6 élus verts et 10 sièges pour la droite. François Rebsamen est réélu maire le ..
Le , il annonce qu'il ne se représente pas aux prochaines élections municipales..