vignette|La smalah d'Abdelkader installée à la source de Taguine, représentée par Jean-Antoine-Siméon Fort.
Smala ou smalah (terme francisé) provient du terme arabe algérien , zmâla, qui désigne une réunion de tentes abritant des familles et les équipages d'un chef de tribu qui l'accompagnent lors de ses déplacements.
Terminologie Le substantif féminin smala est un emprunt à l'arabe maghrébin زمالة zmāla [consulté le 14 octobre 2016]. signifiant « camaraderie; compagnie; compagnonnage », lui-même issu du berbère tazzmalt (en tifinagh ⵜⴰⵣⵣⵎⴰⵍⵜ) « attroupement, foule »..
En argot français, le terme smala désigne une suite nombreuse qui vit aux côtés d'une personne, et qui l'accompagne partout, son utilisation peut être négativement connotée.
Histoire : la smalah d'Abd el-Kader
La régence d'Alger faisait officiellement partie de l’Empire ottoman, mais était de fait autonome. Jules de Polignac chercha un succès militaire pour redorer le blason de la France sous Charles X, en juillet 1830. Il décide de faire occuper ce pays en affrontant l'émir Abd el-Kader. La smala de celui-ci se présente comme un vaste campement de toile, caractérisé par l'agencement de multiples enceintes circulaires. La smala est une capitale itinérante de quelque , composée d'hommes (artisans, fonctionnaires) mais aussi de femmes, d'enfants et de serviteurs. L'enceinte centrale revêt une importance significative, logeant non seulement la famille de l'émir, mais également renfermant une grande bibliothèque, composée d'ouvrages rédigés en langue arabe.
Les effectifs destinés à la protection de la smala se chiffrent en quelques centaines de combattants, au maximum. Cette capitale en perpétuelle itinérance, étalée sur plusieurs kilomètres, s'est substituée à Tagdemt, l'ancienne capitale qu'Abd el-Kader avait établie durant les premières années de son règne. Cette substitution intervint à la suite de la prise de contrôle de Taqdemt par les forces françaises en 1839.
Le , pendant la conquête, une colonne de menés par le duc d'Aumale, fils du roi , s'empare d'une partie de la smala de l'émir Abd el-Kader, citant Pellissier de Reynaud., qui résistait à la colonisation de l'Algérie.
Le duc d'Aumale écrivait :
Du Maroc où il se réfugie l'émir continuera un Jihâd contre l'armée de la monarchie de Juillet. Pourchassé par le sultan du Maroc, il tenta de replier son État itinérant dans le RifPEYROULOU Jean-Pierre, TENGOUR Ouanassa Siari, THéNAULT Sylvie, « 1830-1880 : la conquête coloniale et la résistance des Algériens », dans : Abderrahmane Bouchène éd., Histoire de l'Algérie à la période coloniale. 1830-1962. Paris, La Découverte, « Poche / Essais », 2014, p. 17-44.. Il capitula finalement en 1847, contre la promesse de trouver refuge en Syrie. Après cette reddition, le processus de la colonisation de l'Algérie prit son essor.
, ce qui est le cas du plus ancien quartier de Zemmora, près de Relizane, dans l'Ouest algérien.
Organisation de la smala vignette|Disposition schématique de la smalah d'Abd el Kader, d'après les indications du colonel Daumas. La smala se composait de quatre enceintes : La première, qui entoure le Douar de l'Emir Abd-El-Kader est constituée par les tentes dépendant de quatre grands notables dont le premier secrétaire de l'Emir, Bel Kharoubi. La seconde comprenait notamment l'étendard du Khalifa de Miliana, Ben Allal. La troisième était formée par les Hachem-Cherraga et par les Hachem-Gharaba. La quatrième enceinte, était formée par les tribus du Sud et notamment du Sersou.
Art Le roi mandate l'artiste peintre Horace Vernet dans le dessein de célébrer la prise de la smala. La toile, d'une envergure inégalée, s'étend sur une longueur de 21 mètres pour une hauteur de 5 mètres. Son dévoilement lors de l'exposition au Salon de l'année 1845 sera couronné d'un grand succès. vignette|center|upright=3.5|Prise de la smalah d'Abd-el-Kader, 16 mai 1843 par Horace Vernet.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Bataille de la Smala État d'Abdelkader
Smala Smala