Raed Fares, né en 1972 à Kafranbel et mort le dans la même ville, est un journaliste citoyen et un révolutionnaire syrien pacifiste.
Biographie La vie de Raed Fares est principalement marquée par la révolution et la guerre civile syrienne. Il est père de trois enfants et agent immobilier lorsque débute le soulèvementSyrie: deux figures anti-Assad et anti-EI assassinés dans les environs d'Idleb, RFI, 23 novembre 2018..
Révolutionnaire de la première heure, Raed Fares participe en 2011 aux manifestations pacifiques du Printemps arabe contre le régime de Bachar el-AssadSymbole de la "révolution" syrienne, Kafranbel rêve toujours de liberté et de justice, AFP, 29 novembre 2018.. Il s'impose rapidement comme le leader des militants pacifistes de la petite ville de Kafranbel, dans le gouvernorat d'Idleb.
Kafranbel passe en 2012 sous le contrôle de l'opposition et est gérée par une administration civileLes Observateurs, Kafranbel, la ville des caricatures, frappée par les Russes, France 24, 8 octobre 2015.. La ville devient alors connue pour ses rassemblements avec ses pancartes, rédigées en arabe et en anglais par Raed Fares et une jeune femme, et ses dessins réalisés par le caricaturiste Ahlmad Jalal, qui sont abondamment relayés sur les réseaux sociauxSyrie Assassinat d’un emblème de la révolte antirégime, Libération, 23 novembre 2018..
Raed Fares devient le directeur du bureau médias de Kafranbel et en 2013, il lance une radio communautaire appelée « Radio Fresh », qui bénéfice jusqu'en 2018 de fonds américains. Les programmes sont entrecoupés par des alertes annonçant les raids aériens du régime.
Raed Fares critique la passivité de la communauté internationale, dénonce le régime de Bachar el-Assad et s'oppose aussi ouvertement aux djihadistes. Il déclare notamment en 2017 que .
En , Raed Fares échappe à une tentative d'assassinat, lorsque deux djihadistes de l'État islamique infiltrés lui tirent dessus près de son domicile. Blessé, il est hospitalisé pendant trois mois, d'abord en Turquie, puis aux États-Unis. En , une mine est découverte près de sa voiture. En , il est enlevé par des djihadistes du Front al-Nosra et séquestré pendant trois jours. Le , les hommes d'al-Nosra saccagent le locaux de Radio Fresh, ceux d'une ONG féminine ainsi que le bureau médias.
Le , la ville de Kafranbel est ciblée par des bombardements russes. Raed Fares déclare à cette occasion à France 24 : .
Le , à la suite d'une nouvelle descente d'hommes d'al-Nosra, qui saccagent les locaux de Radio Fresh, Raed Fares est arrêté, avec son collègue, le journaliste-citoyen Hadi al-Abdullah .
En 2016, le Front al-Nosra interdit à Radio Fresh de continuer à diffuser de la musique. Mais malgré les menaces, Raed Fares refuse de quitter la Syrie.
En 2017, il se rend au , en Norvège, où il déclare notamment : .
Fin , Yasser al-Salim, le responsable politique de Kafranbel, est arrêté par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham. Raed Fares et deux autres militants, Hammoud al-Jneid et Ali Dandouche, se sentent alors menacés et dorment chaque nuit dans des lieux différents et inhabités. Raed Fares songe alors à fuir à Maarat al-Nouman.
Le , Raed Fares est assassiné à Kafranbel par trois hommes armés qui ouvrent le feu sur lui alors qu'il circulait au volant de son véhicule après avoir quitté la mosquée pour la prière du vendrediLaure Stephan, Raed Fares, militant anti-Assad historique, assassiné à Idlib, Le Monde, 24 novembre 2018.Syrie: deux figures de la révolte abattus, Le Figaro avec AFP, 23 novembre 2018.Syrie: 2 militants antijihadistes abattus dans la région d'Idleb, AFP, 23 novembre 2018.Caroline Hayek, « Raëd Farès était la révolution syrienne dans tous les sens du terme », OLJ, 24 novembre 2018.. Il succombe à ses blessures peu après son arrivée à l'hôpital. Hammoud al-Jneid trouve également la mort. Seul Ali Dandouche survit à la fusillade. Le corps de Raed Fares est enterré le jour même dans sa ville natale. Selon Le Monde : .
À l'étranger, l'assassinat de Raed Fares et d'Hammoud al-Jneid est condamné par le président français Emmanuel Macron et par James Jeffrey, le représentant spécial des États-Unis pour le conflit syrienMacron rend hommage à deux "consciences de la révolution" en Syrie, AFP, 25 novembre 2018..
Liens externes Marie Peltier, Raed Fares ou l’assassinat de la voix des démocrates syriens, Libération, .
Références
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