Louis-Marie Grignion de Montfort, né le à Montfort-la-Cane en province de Bretagne (aujourd'hui Montfort-sur-Meu en Ille-et-Vilaine) et mort le à Saint-Laurent-sur-Sèvre en province du Poitou (de nos jours dans le département de la Vendée), est un prêtre catholique français.

Il est le fondateur de deux congrégations religieuses : la Compagnie de Marie (les Pères montfortains) d'où sont issus les Frères de Saint-Gabriel et une congrégation féminine, les Filles de la sagesse. Il est aussi le représentant majeur de la seconde génération de l'école française de spiritualité. Béatifié par , en 1888, il est canonisé par , en 1947. Liturgiquement, il est commémoré le Martyrologe romain pour le 28 avril : sancti Ludovici Mariae Grignion a Montfort.

Biographie left|thumb|upright=0.8|Maison natale de Louis-Marie à Montfort-sur-Meu. Deuxième d'une famille de dix-huit enfants, Louis Grignion (de La Bacheleraie) naît en Bretagne, en 1673, à Montfort-la-Cane (aujourd'hui Montfort-sur-Meu en Ille-et-Vilaine). Ses parents ayant perdu leur premier fils, mort à cinq mois, il est l'aîné des seize autres, soit six frères et dix sœurs, mais six d’entre eux mourront en bas âge et deux autres n'atteindront pas leur majorité.. Son père, Jean-Baptiste, avocat au bailliage de Montfort, devient également notaire quand il part avec sa famille habiter dans une maison familiale à Iffendic. Comme son père et son grand-père, il est membre de la confrérie la Frairie blanche qui célèbre la naissance de la Vierge Marie. De son côté, sa mère voue un culte à la Vierge depuis son enfance et s’efforce d’instruire ses enfants dans la dévotion mariale.

thumb|Avec Marie-Louise Trichet à la fondation des Filles de la Sagesse.

Dès le lendemain de sa naissance ses parents le portent à l'église Saint-Jean pour le faire baptiser. Rapidement, on le met en nourrice chez une fermière des environs. Il gardera de la vie campagnarde l'amour de la nature et le goût de la solitude qui l’aideront au recueillement. Lorsqu'il a six ans, ses parents décident qu'il sera prêtre, comme ses trois oncles maternels. C'est son père qui lui donne les premiers éléments d'instruction générale, tandis que sa mère s’occupe de son éducation religieuse, notamment en priant le chapelet. Il devient élève des Jésuites à Rennes à partir de douze ansDe 1685 à 1692 à Rennes au collège Saint-Thomas Becket dirigé par les Jésuites, avant d'aller se préparer au sacerdoce à Paris. Il ajoute "Marie" à son prénom lors de sa confirmation avant d'adjoindre à son nom son lieu de naissance quand il quitte sa région en faisant vœu de pauvreté.

Grignion de Montfort rejoint Paris à pied en 1693. Deux ans plus tard, il se forme au séminaire de Saint-Sulpice jusqu'en 1700, date à laquelle il est ordonné prêtreOrdination - Vie du vénérable Louis-Marie Grignion de Monfort de l'abbé Pauvert, . Il se consacre désormais à la prédication dans des missions rurales, qui s'organisent alors dans l'Ouest et le Centre de la France. Il exerce son premier ministère à Nantes, au sein de la communauté Saint-Clément, jusqu'en , puis à Poitiers comme aumônier de l'hôpital général. Il reçoit l'aide d'amis fortunéss comme le marquis de Magnanne et les époux de La Garaye qui offrent leur château pour le soin des malades.

À l’hôpital de Poitiers, qu’il tente d’améliorer, il regroupe des jeunes filles, souvent pauvres ou handicapées, désireuses d’aider les nécessiteux. Afin de les diriger et d’aider la supérieure aveugle qu’il choisit comme responsable, il fait appel à deux femmes : Marie-Louise Trichet et Catherine Brunet, qu’il encourage à devenir religieuses. La première d’entre elles y répond favorablement et c’est ainsi que Louis-Marie instaure en 1703 une congrégation féminine hospitalière sous l’invocation de la Sagesse du Verbe incarné, qui sera officiellement approuvée en 1715 et qui étendra son activité à l'enseignement. À partir de cette date, Marie-Louise Trichet prend la tête de la congrégation des Filles de la Sagesse à La Rochelle, où Catherine Brunet vient l’assisterMarie-Louise Trichet et les Filles de la Sagesse. C'est dans cette ville qu'il rédige son ouvrage le plus important : le Traité de la Vraie dévotion à la Sainte Vierge.

vignette|gauche|Carte du diocèse de La Rochelle en 1703.

Il quitte l’hôpital de Poitiers pour s’appliquer à diverses missions locales, qui lui conviennent tellement qu’il décide de partir pour Rome demander au pape la possibilité de devenir missionnaire. Après un passage à la Sainte Maison de Lorette, le , il est reçu en audience par Clément XI en espérant être envoyé à l’étranger, mais le pape lui demande de rester dans sa région avec le titre de missionnaire apostolique, afin, entre autres, de combattre le jansénisme et le protestantisme.

Il rentre en France, et se rend d’abord à Notre-Dame des Ardilliers à Saumur, où il a pris l’habitude d’aller prier les bonnes grâces de la Vierge Marie, pas très loin de l’abbaye de Fontevraud, où l’une de ses sœurs, Sylvie, a pris le voile. Qui plus est, c'est dans cette chapelle que la sœur aînée de Marie-Louise Trichet, Jeanne, a été délivrée d'une paralysie en 1697. Grignion de Monfort poursuit son chemin en se rendant au mont Saint-Michel afin de solliciter les forces de l'archange Michel. Il est accompagné de Mathurin, un homme qu’il a rencontré en 1705 dans une église de Poitiers et qui va le suivre lors de ses périples.

Commence alors l’apostolat des missions que Louis-Marie va accomplir jusqu'à sa mort porté par ses dispositions à prêcher et à instruire les bonnes œuvres. Deux choses vont l’aider dans son entreprise, la composition de cantiques qu’il prend plaisir à distribuer et à faire chanter, et son application à faire connaître le rosaire pour le diffuser largement. En dix ans, Louis-Marie Grignion de Monfort accomplit 72 missions majeures ou environ 200 si l’on compte tous ses déplacements, et cela dans une dizaine de diocèses, de Saint-Brieuc à La Rochelle et de Nantes à Rouen Frère Donatien-Marie, chapitre 3 : « À la conquête des âmes », ..

L’origine de ses deux ordres masculins remontent à son ordination sacerdotale à Paris en 1700. À ce moment-là, il a déjà le désir de réunir au sein d'une compagnie mariale des prêtres et des catéchistes dûment formés, engagés et fervents en faveur des plus modestes et des plus reculés. Son condisciple et ami de jeunesse, Claude Poullart des Places, le soutient dans son projet et deux prêtres lui répondent favorablement : les pères René Mulot et Adrien Vatel qui resteront ses collaborateurs jusqu'à sa mort.

vignette|190px|Saint-Laurent-sur-Sèvre avec la basilique Saint-Louis-Marie Grignion-de-Montfort.

La Compagnie de Marie voit le jour en 1705, mais les frères se scindent en deux directions : la congrégation religieuse de missionnaires ruraux connue aussi comme celle des « Pères montfortains », et la congrégation des Frères du Saint-Esprit qui va devenir les Frères de Saint-Gabriel au , et qui se donne pour mission d'offrir une éducation chrétienne aux enfants et aux jeunes. Un épisode fameux fut lorsqu'il enjoignit à Frère Mathurin de sonner haut sa clochette et de donner hardiment de la voix, lançant ainsi la missionwww.monfortian.info & La parole irrésistible

Lors d'une mission paroissiale, il meurt d'une pleurésie à , épuisé par la fatigue et les pénitences à Saint-Laurent-sur-SèvreC'est en 1716 après les longs hivers de 1709, 1711 et puis 1715-1716 (où il ne fit « que » - 20 degrés à Paris) et la France sortait exsangue des guerres de Louis XIV. Son dernier sermon a pour thème la douceur de Jésus et ses derniers mots sont les suivants : « Allons, mes bons amis, allons en paradis. Quoi qu'on gagne en ces lieux, le paradis vaut mieux »

Son corps repose dans la Basilique de Saint-Laurent-sur-Sèvre.

Reconnaissance et canonisation thumb|170px|Statue de la basilique Saint-Pierre du Vatican. Le saint empêche le démon de détruire son livre le Traité de la vraie dévotion. Louis-Marie Grignion de Montfort est béatifié le par Léon XIII.

En 1925, le cardinal Mercier rédige une prière indulgenciée pour demander la canonisation du bienheureux Louis-Marie Grignion de Montfort en lien avec la Vierge Marie sous le vocable de « Marie Médiatrice ». À sa mort, l'année suivante, plus de 400 signatures d’évêques ont été obtenues, dont celle du nonce du pape à Munich, le futur Pie XII, qui célèbre le canonisation le , mais la définition dogmatique n’a jamais été obtenueSaint Louis-Marie Grignion de Montfort sur abbaye-saint-benoit.ch.Le cardinal Mercier, apôtre du culte marial, La Porte Latine..

Sa fête est fixée au d’après le Martyrologe romain.

Après le concile Vatican II, certains réclament le titre de docteur de l'Église pour Louis-Marie Grignion. Un frein est la place donnée à Marie, qui est un obstacle à l'œcuménisme avec les protestants..

En 2001, la cause de doctorat est compromise en raison d'une décision de la Congrégation pour les causes des saints approuvée, à l'époque, par la Congrégation pour la doctrine de la foi, principalement pour insuffisance de documents d'archives« Les successeurs de saint Louis-Marie Grignion de Montfort », Bernard Guitteny, Revue des sciences religieuses 2004 78-2 p. 231, Persée.

Dans les années 1980, la demande est faite à Jean-Paul II mais les critères pour le titre de docteur de l'Église sont alors en discussion.. L'évêque de Luçon François Garnier fait une demande officielle en 2000..

La lettre de Jean-Paul II aux religieux et aux religieuses des familles montfortaines du montre que sa doctrine mariologique est en accord avec Vatican II.

Les prêtres François-Marie Léthel et Olivier Maire travaillent sur la cause du doctorat de l'Église. Celle-ci est proche de celle de saint Jean Eudes..

Écrits Les principales œuvres de Montfort sont : l'Amour de la Sagesse éternelle ; le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge ; le Secret de Marie ; la Lettre circulaire aux Amis de la Croix ; le Secret admirable du très saint Rosaire pour se convertir et se sauver ; la Prière embrasée, pour demander à Dieu des missionnaires pour la Compagnie de Marie ; les Cantiques. Les œuvres complètes du saint sont publiées en 1966 par les éditions du Seuil.

L'Amour de la Sagesse Éternelle est une œuvre de jeunesse dont l'authenticité a été remise en question, sans fondement scientifique, par le père Bernard Guitteny, montfortainDe l’inauthenticité d’un traité de Besnard attribué à Grignion de Montfort. D’après lui, cet écrit serait dû à Charles Besnard, supérieur des Montfortains et des Filles de la Sagesse au milieu du . Cette thèse va à l’encontre de toute la tradition montfortaine et elle a été démentie rigoureusement par ses confrères Montfortains, les pères Dorio-Marie Huot et Louis Pérouas, chercheur au CNRSÉcrits de Louis Pérouas.

Les cantiques populaires sont publiés par le père Fradet au début des années 1930. La première édition comporte une longue introduction d'une centaine de pages très intéressante. Dans les œuvres complètes, on ne trouve que les manuscrits des cantiques. Fradet, après une critique sévère, a inséré dans son ouvrage des cantiques transmis par la tradition.

Le Traité de la vraie dévotion a probablement été écrit en 1712 à La Rochelle. Il a été égaré à la suite de la Révolution et retrouvé en 1842. Le Secret de Marie résume dans une lettre à une religieuse la doctrine du traité. C'est donc un écrit plus bref.

thumb|205px|Notre-Dame du Rosaire de Simone Cantarini. Dévotion de Grignion de Montfort à la Vierge Marie, notamment par la pratique du rosaire.

Le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge est l'ouvrage le plus important de MontfortLe fabuleux destin d’un livre d’amour, article du journal Famille Chrétienne. Selon toute la tradition (saint Augustin, saint Bernard, saint Bonaventure, saint Jean Damascène) que résume Montfort, le salut passe par "elle" : . C'est pourquoi, selon Louis-Marie Grignion, .