thumb|upright=1.5|Carte physique du Nord-Pas-de-Calais
Le Nord-Pas-de-Calais est une petite région française constituée de deux départements, le Nord au Nord-Est et le Pas-de-Calais au Sud-Ouest. La région est composée de plaines (à l'Est : Flandre et plaines maritimes), le bas-pays et, de plateaux et collines (Avesnois, Artois, Boulonnais). Avec une superficie de , la région représente 2,3 % du territoire français.
La région est frontalière avec de frontière avec la Belgique et également littorale avec plus de de littoral (falaises, massifs dunaires et estuaires picards) en limites Ouest et Nord des deux départements, face au Kent (Royaume-Uni), ouvert sur la Manche et la mer du Nord.
Avec quatre millions d'habitants, la région a une densité de 320 habitants par kilomètre carré ; c'est la seconde densité française la plus élevée après celle de l'Île-de-France, ce qui explique aussi un contexte très urbain et artificialisé.
Les axes de transports, zones d'activité et villes y couvrent 13 % du territoire et les grandes agglomérations y polarisent deux tiers du territoire régional. La région totalise près de la moitié du stock national de friches industrielles. Néanmoins l'agriculture, intensive, occupe l'essentiel du paysage (70 % environ du territoire contre 53 % en France). Sur 2,3 % du territoire de la France métropolitaine, cette région correspond à 3 % de la surface agricole nationale.
Régions naturelles et pays traditionnels Il y a trois grandes régions géohistoriques dans le Nord-Pas-de-Calais (Flandre, Artois et Hainaut) et trois plus petites (Boulonnais, Calaisis et Cambrésis).
Aux , les Pays-Bas bourguignons. puis habsbourgeois (dont le comté de Flandre faisait partie, comme l'Artois et le Hainaut, entre autres) sont souvent appelés les Flandres au pluriel par le reste de l'Europe. Après la guerre de Quatre-Vingts Ans (1568-1648), le sens du terme Flandres tend à se restreindre aux Pays-Bas méridionaux puis aux Pays-Bas espagnols, dont la Flandre proprement dite, l'Artois et la Hainaut faisaient partie.. C'est aussi à cette époque qu'apparait l'expression Flandre française pour désigner la partie du comté de Flandre, bien qu'espagnol, où on parlait français et picard, alors que le flamand était utilisé dans le reste du comté de Flandre, hormis par la grande bourgeoisie et l'aristocratie flamandes qui ont toujours parlé français.
À partir du règne de Louis XIV, l'actuel Nord-Pas-de-Calais est connu sous le nom de Pays-Bas français. (ex Pays-Bas espagnols) et comprend les provinces de Flandre (Flandre française, Hainaut français et Cambrésis) et d'Artois et, la portion Nord-Ouest de la province de Picardie (Calaisis, Boulonnais, Montreuillois et Nord du Ponthieu).
Pays traditionnels du département du Nord (ancienne province de Flandre dès Louis XIV) : la Flandre française : plaine et monts ; issue de l'ancien grand comté de Flandre, historiquement bilingue (picard et français d'une part, flamand d'autre part). La Flandre française inclut : la Flandre romane (ou Flandre gallicante) : avec des villes comme Lille, Douai ou Saint-Amand-les-Eaux, c'est la partie de la Flandre française qui a toujours été de langue d'oïl (français, picard), même à l'époque du comté de Flandre, y compris sous les Pays-Bas espagnols. le Westhoek (dit autrefois Flandre flamingante ; prononcer /wɛstuk/) : partie de la Flandre française qui était majoritairement flamingante encore au . le Blootland (« pays nu » en flamand) : avec des villes comme Dunkerque ou Bergues, inclut non seulement la partie nord du Westhoek français mais aussi les alentours de Calais et de Saint-Omer (qui ne font pourtant pas partie de la Flandre française à proprement parler). le Houtland : partie « boisée » du Westhoek (du flamand hout, « bois »), avec des villes comme Hazebrouck ou Cassel. la plaine de la Lys : les villes principales sont Armentières, Halluin, Merville. le Hainaut français : bassin minier, vallée de la Sambre, de l'Escaut, de la Selle, avec Valenciennes; issu de l'ancien grand comté du Hainaut au sein du Saint-Empire romain germanique puis des Pays-Bas espagnols; rattaché à la France au au sein de la province française de Flandre. l'Avesnois : bocages, forêts, vergers, avec Avesnes-sur-Helpe; bien qu'on ait tendance de nos jours à le distinguer du Hainaut, l'Avesnois fait partie du Hainaut français. le Cambrésis : plaine openfield majoritairement, quelques bocages; blé, betteraves; comté ecclésiastique sous l'autorité d'un évêque, indépendant depuis 1071 au sein du Saint-Empire romain germanique puis des Pays-Bas espagnols, rattaché définitivement à la France depuis 1678, au sein de la province française de Flandre.
Pays traditionnels du département du Pas-de-Calais (ancienne province d'Artois dès Louis XIV) : l'Artois : collines, issu et détaché de l'ancien grand comté de Flandre au , comprend des villes comme Arras, Lens, Béthune. le Ternois : bocages, bois et forêts, rivières, avec Saint-Pol-sur-Ternoise comme ville principale. l'Audomarois : collines, marais, forêts, landes acides et localement paratourbeuses (plateau d'Helfaut), avec Saint-Omer et Aire-sur-la-Lys.
Actuellement dans le Pas-de-Calais, se trouvaient dans la province de Picardie sous Louis XIV :
le Calaisis : falaises, avec Calais; également issu de l'ancien grand comté de Flandre, faisait originellement partie du grand comté de Flandre jusqu'en 1191, puis du comté d'Artois jusqu'en 1347, année où le Calaisis devint une terre anglaise (de 1347 à 1558), envoyant des représentants au Parlement d'Angleterre mais gardant un lien avec la France en continuant de faire partie du diocèse de Thérouanne. En 1558 le Calaisis devient français et est incorporé à la province de Picardie. le Boulonnais : bocage, collines, falaises, avec Boulogne-sur-Mer; faisait originellement partie du grand comté de Flandre jusqu'en 1191 puis du comté d'Artois jusqu'en 1477 lorsque le Boulonnais est incorporé à la province française de Picardie. de petits pays épars issus de comtés plus grands, comme Montreuil (possession du roi de France dès l'an 980) et une petite partie du comté de Ponthieu (définitivement français dès 1369), sont aussi incorporés plus tard à la province française de Picardie.
Les noms de ces anciens pays et provinces du Nord-Pas-de-Calais restent très usités encore aujourd'hui, notamment avec la réintroduction de la notion de "pays" de région.
Les districts phytogéographiques Pour le botanisteToussaint B., Hendoux F., Lambinon J. & coll., 2002 - Cartographie des territoires phytogéographiques de la région Nord-Pas-de-Calais (France). Lejeunia, 171 : 1-32, Liège, les districts phytogéographiques sont
le littoral flamand le littoral boulonnais le « littoral picard » (non pas situé en Picardie, mais présentant des caractères géomorphologiques et écologiques proches de ceux des côtes picardes) les Polders de la Plaine maritime flamande le Marais de Guînes la Plaine maritime picarde le Marais audomarois le « pays de Licques » le Bas-Boulonnais les Cuestas le Haut-Artois l'Artois septentrional les collines de Flandre intérieure le Mélantois et les marais de la Deûle et de la Marque la Plaine de la Lys le « Pays de Mormal et de Thiérache » la Pévèle la Plaine de la Scarpe et de l'Escaut le bocage avesnois la Famenne la Calestienne le district « Ardenne »
Occupation de l'espace Région de faible altitude et constrastes, le Nord-Pas-de-Calais peut toutefois se diviser en deux parties.
Des caps (cap Gris-Nez et cap Blanc-Nez) à l'Avesnois, en passant par les collines de l'Artois et de la Thiérache, une grande partie Ouest et Sud - près de 60 % de la superficie du territoire - offre des paysages vallonnés et bocagers. La densité humaine y est proche de la moyenne nationale française.
La partie Nord-Est de la région, en revanche, appartient à la grande plaine nord-européenne qui s'étend jusqu'à l'Oural. Les reliefs (mont Cassel, mont des Cats...) y sont faibles et dispersés. Dans cette grande plaine, qui représente à peu près 40 % de la superficie régionale, se concentrent les trois-quarts de la population et l'essentiel de l'activité industrielle. L'activité humaine y est favorisée non seulement par le faible relief mais également par un intense maillage de réseaux de transports : fleuves et canaux à grand gabarits, autoroutes (A1, A16, A23, A25, A26), voies ferrées à grande vitesse, aéroport de Lesquin.
Agriculture
Grandes caractéristiques de l'agriculture régionale Cette région est caractérisée par une agriculture très intensive, et des grandes cultures (céréales, betteraves, pomme de terre…) qui occupent une grande part du paysage. De 1988 à 2000, le nombre d'exploitations agricoles a chuté de à , pour une surface agricole utile (SAU) moyenne qui passait de 28 ha en 1988 à 46 ha en 2000Source : AGRESTE, recensements agricoles 1988 et 2000 (Voir). Le nombre d'exploitations ( exploitations agricoles soit 2,8 % du total national) n'est pas très élevé, mais la surface moyenne en est de 50,9 ha (Eurostat, 2003), soit plus que la moyenne nationale de 45,3 ha (Eurostat, 2003). ha étaient cultivés dans la région en 2005, pour un total de en FranceUnités et source : Enquête structure (2005), France. 3,3 % du cheptel national est élevé dans le Nord-Pas-de-Calais et la part des cultures permanentes dans la SAU régionale n'est que de 0,1 % (contre 3,8 % en France)Source : statistique agricole annuelle (2003). La SAU est 68,5 % du territoire régional (contre 54,1 % en France). Selon Eurostat (2002), 19 % des exploitants agricoles avaient en 2002 d'autres revenus que ceux de l'exploitation (contre 24 % en France).
L'agriculture présente des dominantes qui varient selon les petites régions : thumb|Bocage dans le Boulonnais au printemps. Le Boulonnais et la Thiérache sont à dominante bocagère. Autrefois spécialisées dans la pomme, elles sont pour partie classées en parc naturel régional, avec une tradition laitière et fromagère. La Flandre intérieure est composée de grandes cultures avec quelques élevages intensifs (porc, volaille). C'est une zone vulnérable du point de vue de la ressource en eau (pas de nappe). L'Audomarois et le Béthunois sont des zones d'élevages et de grandes cultures ; elles sont gagnées par le phénomène de périurbanisation. Le Ternois est une zone mixte d'élevage et de grandes cultures. L'Artois-Cambrésis (hors cantons de Lens) présente une mosaïque de nombreux systèmes agraires, avec une dominante de grandes cultures.
Pollution des sols et de l'eau Toute la région est (comme la région Bretagne) classée « vulnérable » au titre de la directive Nitrates qui impose dans ces zones de mettre en œuvre un « programme d'actions » (le programme doit démarrer en 2009, après un bilanÉvaluation stratégique environnementale du quatrième programme d'action Directive nitrate dans le département du Nord (mars 2009, par le Bureau d'étude Epices, 72 pages) (Consulté 2009 05 11) des programmes d'action précédents et après une consultation du publicPrésentation du programme nitrate par la préfecture (close au ).
La région est aussi classée à risque pour le phosphore par la convention OSPAREtat des lieux des districts hydrographiques Escaut, Somme, et Côtiers Manche Mer du Nord, Meuse ; mars 2005 ; p 93-94. Ces nitrates et phosphates ont aussi une origine urbaine, voire localement industrielle, prises en compte par d'autres directives et programmes, avec l'aide de l'Agence de l'eau pour tenter d'atteindre l'objectif de bon état écologique de la Directive cadre sur l'eau et la Directive cadre Stratégie pour le milieu marin.
Développement rural