thumb|right|La marée noire consécutive à l'explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, en 2010, a répandu de barils de pétrole dans la mer.

La sortie des combustibles fossiles désigne l'abandon progressif des combustibles fossiles dans tous les secteurs où ils sont utilisés : la production d'électricité, le chauffage, les transports et l'industrie.

Elle vise à réduire les externalités négatives liées à leur usage, c'est-à-dire les coûts cachés des dommages causés, notamment le changement climatique engendré par les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l'air et les catastrophes résultant de leur exploitation (marées noires par exemple).

Elle est également envisagée pour anticiper l'épuisement des gisements.

Combustibles fossiles Charbon

vignette|Évolution de la consommation de charbon entre 1985 et 2015 dans les cinq plus grands pays consommateurs de charbon BP Statistical Review of World Energy, BP, juin 2018.. vignette|Les centrales au charbon ont fourni 30 % de l'électricité consommée aux États-Unis en 2016.. Ici, la , située près de Helper dans l'Utah.

Le charbon est la deuxième source d'énergie au monde, derrière le pétrole. Après une période de forte croissance, sa part dans la production d'énergie primaire a culminé à 29,6 % en 2011. Cette part a connu un ralentissement marqué à partir de 2012, où elle a commencé à baisser. En 2014, sa production a culminé en valeur absolue à (millions de tonnes d'équivalent pétrole), puis en 2015 la quantité produite a reculé pour la première fois (-2,6 %) à . En 2016, elle a encore reculé de 5,9 % à , soit 26,6 % des énergies primaires World : Balances for 2016, Agence internationale de l’énergie, 21 septembre 2018..

La combustion de charbon a engendré l'émission de (millions de tonnes de ) en 2016, soit 44,1 % des émissions dues aux combustibles fossiles à usage énergétique ; les émissions dues au charbon ont baissé de 4,6 % en trois ans depuis leur pic atteint en 2013 à Emissions from Fuel Combustion 2018 Highlights - excel file (voir onglet 3), Agence internationale de l'énergie, 8 novembre 2018.. Cependant, la production et les émissions ont recommencé à augmenter en 2017 : +3,2 % selon BP BP Statistical Review of World Energy , 67 edition, BP, 13 juin 2018, p. 36-39..

Dans le but de réduire les émissions de pour limiter l'étendue du réchauffement climatique, certains ont appelé à la sortie progressive du charbon.. Par exemple, le climatologue James E. Hansen a déclaré en 2008 que .. Selon une étude publiée dans Science en 2017, si les pays du monde prennent au sérieux l'objectif de sur lequel ils se sont accordés lors de l'Accord de Paris sur le climat en 2015, ils doivent tous abandonner le charbon d'ici à 2030 environ..

Les partisans du charbon, comme le (comité consultatif du charbon) de l'AIE, estiment quant à eux que le charbon ne devrait pas être éliminé : selon eux, une croissance économique mondiale à long terme ne peut être atteinte sans un approvisionnement énergétique adapté et abordable, ce qui impose d’utiliser des combustibles fossiles, y compris du charbon, dans des proportions importantes. Ils avancent que des technologies de type « » pourraient réduire les émissions de gaz à effet de serre à des niveaux compatibles avec un monde bas-carbone.. À l'inverse, les écologistes et de climatologues sont favorables à une sortie progressive du charbon et critiquent le « charbon propre », estimant qu'il ne permettra pas de résoudre le problème du changement climatique.. Le charbon est souvent remplacé par du gaz naturel, qui émet moins de gaz carbonique et de polluants atmosphériques, mais peut émettre autant ou plus de gaz à effet de serre du fait des fuites de méthaneVoir Gaz naturel.. Le gaz naturel étant lui aussi un combustible fossile, remplacer le charbon par du gaz naturel ne permet pas de sortir des combustibles fossiles.

Au niveau mondial, les projets et mises en service de centrales en charbon ont reculé de 66 % en 2019 par rapport à 2015. En Inde, les projets de centrale à charbon ont diminué de moitié ; ils ont baissé de 60 % en Amérique latine, de 40 % en Afrique et de 22 % en Asie du Sud-Est. Aucune mise en chantier n’a vu le jour en Afrique et en Amérique latine. Aux États-Unis, malgré la politique pro-charbon de Donald Trump, les retraits ont augmenté de 67 % par rapport à l’ère Obama. Toutefois, le Japon a de centrales au charbon en cours de développement au niveau national, ce qui augmenterait de 50 % les émissions de de son parc à charbon existant (de 3,9 à 5,8 milliards de tonnes), et en dehors de ses frontières, le pays finance de charbon. La Chine est responsable de près des deux tiers des nouvelles capacités mises en service en 2019 et le nombre de projets y augmente pour la première fois depuis 2016. Le pays a d’ores et déjà approuvé de nouvelles capacités du au , soit davantage que sur l’ensemble de l’année 2019..

Certains pays ont déjà réduit leur consommation de charbon sur la période 2000-2012, les plus fortes baisses ayant été enregistrées aux États-Unis (consommation de charbon réduite de de tonnes par an sur cette période), au Canada ( de tonnes par an) et en Espagne (baisse de de tonnes par an). D'autres pays ont au contraire augmenté leur consommation, avec en tête la Chine ( de tonnes par an entre 2000 et 2012), l'Inde ( de tonnes par an) et la Corée du Sud ( de tonnes par an). À l'échelle mondiale, la consommation de charbon a augmenté de 60 % entre 2000 et 2012.. Cependant, la Chine a réduit sa consommation de charbon de 3,9 % entre 2013 (pic de consommation à ) et 2017 (). En 2012, la construction de centrales au charbon était prévue dans le monde, la plupart situées en Chine et en Inde.. Mais la part du charbon dans la production d'électricité en Chine a reculé de 77 % en 2010 à 68,2 % en 2016 China : Electricity and heat for 2016, Agence internationale de l’énergie, 21 septembre 2018..

Entre 2011 et 2013, les pays de l'OCDE en Europe de l'Ouest ont accru leur consommation de charbon, en grande partie du fait de son faible coût et du prix élevé du gaz naturel importé en Europe de l'Ouest.. Cependant, la consommation de charbon a atteint un maximum en Chine en 2013 ou 2014 (selon les sources de données utilisées), et elle a baissé de 3,6 % en 2015 malgré une hausse du PIB chinois de 6,9 %. Repartie à la hausse ensuite, elle n'a toutefois pas atteint, en 2017, le niveau maximum qu'elle avait atteint précédemment.. À l'échelle mondiale, la consommation de charbon dans le monde a également atteint un maximum en 2014, avant de baisser en 2015 et en 2016.

En outre, selon la revue Scientific American, une centrale à charbon typique émet plus de plus de radiations par an, sous forme de cendres volantes, qu'une centrale nucléaire de taille comparable.

Pétrole

On raffine le pétrole pour obtenir du fioul, du gazole, de l'essence et du kérosène. Les produits raffinés sont principalement destinés à être utilisés par le secteur des transports, notamment dans les moteurs de voitures, de camions, de trains, d'avions et de bateaux. Les solutions alternatives les plus courantes sont les modes de transports à propulsion humaine, les transports en commun, les véhicules électriques et les biocarburants..

Gaz naturel

Bien que sa combustion émette environ 40 à 50 % moins de que celle du charbon, le gaz naturel constitue la plus grande source de méthane atmosphérique aux États-Unis... Beaucoup le considèrent comme un « combustible de transition » temporaire en remplacement du charbon, lui-même destiné à être remplacé par de l'électricité décarbonée. Cependant, ce « combustible de transition » devrait prolonger l'utilisation de combustibles fossiles de manière considérable, la durée de vie moyenne des centrales électriques étant de .. La consommation de gaz naturel a été multipliée par trois depuis 1971. Pourtant, en 2015, ces centrales électriques généraient encore deux fois moins d'électricité que celles au charbon.. Dans la mesure où l'on s'attend à ce que la consommation de gaz augmente encore de 10 % d'ici 2040, la sortie du gaz naturel devrait durer de nombreuses années..

Les taux élevés de fuites de méthane provenant de régions d'extraction de gaz comme le bassin permien réduisent l'avantage comparatif du gaz naturel par rapport au charbon en matière d'émissions de gaz à effet. Le méthane ayant un potentiel de réchauffement global élevé, un taux de fuite le long de la chaîne d'approvisionnement dépassant 2,7 % de la production suffit à annuler totalement l'avantage du gaz naturel sur le charbon..

Fondements L'espoir d'une sortie progressive des combustibles fossiles repose essentiellement sur le coût attendu des sources d'énergie renouvelables, supposé être plus faible à l'avenir.. La volonté d'éviter les risques pour la santé et l'atténuation du changement climatique sont également des éléments importants.

Santé Grâce à la modélisation informatique, a découvert que les émissions de particules fines de suie (qui provoquent des maladies respiratoires, des cardiopathies et de l'asthme) sont à l'origine de 1,5 million de décès prématurés chaque année, principalement dans les pays en développement où des combustibles non fossiles de type bois et déjections animales sont utilisés pour cuire les aliments. Jacobson a également indiqué que la suie des moteurs Diesel, des chaudières au fioul, des centrales électriques au charbon et de la combustion du bois et de la biomasse était ..

En 2011, de nouveaux éléments ont été trouvés, démontrant qu'il existe des risques considérables associés aux sources d'énergie traditionnelles et que des changements majeurs dans l'ensemble des technologies liées à l'énergie sont indispensables :

Atténuation du changement climatique

En 2008, dix scientifiques, dont James Hansen et Valérie Masson-Delmotte, appellent à une élimination complète de l'énergie du charbon d'ici 2030..

Plus récemment, James Hansen déclare qu'une opposition constante au nucléaire menace la capacité de l'humanité à éviter un dangereux changement climatique. () ().

En 2008, Pushker Kharecha et James Hansen publient un article scientifique dans lequel ils analysent les effets d'une sortie progressive du charbon sur les niveaux de dioxyde de carbone () dans l'atmosphère.. Ils y définissent un scénario de référence d'atténuation dans lequel les émissions mondiales de charbon sont progressivement éliminées jusqu'en 2050, et qu'ils décrivent comme suit :

Dans cet article, Kharecha et Hansen envisagent trois autres scénarios d'atténuation, ayant en commun le même calendrier d'élimination du charbon, mais reposant sur des hypothèses différentes sur le volume des réserves de pétrole et de gaz et le rythme auquel ces réserves sont épuisées. Dans le scénario de référence ( signifiant « comme d'habitude »), la concentration de dans l'atmosphère atteindrait les en 2100 ; dans les quatre scénarios de sortie du charbon, la concentration de dans l'atmosphère atteindrait entre 2045 et 2060, avant de baisser.

Les principales conclusions de l'étude sont les suivantes : une élimination progressive des émissions dues au charbon est la solution la plus efficace pour atténuer le réchauffement climatique induit par les activités humaines ; des mesures devraient être prises pour limiter ou étaler dans le temps l'utilisation du pétrole et du gaz conventionnels ; l'utilisation future de combustibles fossiles non conventionnels comme les hydrates de méthane et les sables bitumineux devront être soumis à des contraintes strictes sur leurs émissions.

Autres Le développement des énergies renouvelables peut créer des emplois grâce à la construction de nouvelles centrales électriques et à la fabrication des équipements dont celles-ci ont besoin, comme le suggère le cas de l'Allemagne et de son secteur éolien..

Études sur la sortie des combustibles fossiles