La Cinémathèque française est un organisme privé français (association loi de ). cofondé en par Henri Langlois, et situé depuis au 51, rue de Bercy, un bâtiment construit en par Frank Gehry, dans le de Paris, pour accueillir le Centre culturel américain (). En France, elle est la deuxième plus ancienne cinémathèque après celle de Saint-Étienne qui a été créée en .
Les missions de la Cinémathèque française sont la préservation, la restauration et la diffusion du patrimoine cinématographiqueLe musée de la cinémathèque.. Avec plus de et des milliers de documents et d'objets liés au cinéma, elle constitue une des plus grandes bases de données mondiales sur le septième art.
La Cinémathèque française est équipée pour la projection des formats argentiques (, et ) et du numérique.
Son financement est assuré par une subvention du Centre national du cinéma et de l'image animée, des recettes de mécénat et des ressources propres (abonnements, billetterie, librairie, locations commerciales).
Histoire L'origine de la Cinémathèque remonte à , lorsque Henri Langlois et Georges Franju qui, depuis des années, récupéraient et sauvaient de vieilles copies de films, créent un ciné-club intitulé le Cercle du cinéma .. 400px|Mes repères
L'année suivante, le , grâce à l'appui d'Yvonne Dornès chargée de mission pour les questions cinéma dans le gouvernement Blum. et avec le soutien moral et financier de Paul-Auguste Harlé, la Cinémathèque française est créée avec pour mission, sous la direction d'Henri Langlois, de conserver les films, de les restaurer, de les montrer et de donner aux générations nouvelles un enseignement cinématographique. En plus des films, la Cinémathèque se met à collecter tout ce qui a trait au cinéma : caméras, affiches, publications, costumes et même décors de films.
En , Henri Langlois se lie d'amitié avec Lotte H. Eisner, historienne du cinéma, qui a fui les persécutions nazies. Après la guerre, elle devient conservatrice en chef de la Cinémathèque française, fonction qu'elle occupe jusqu'à sa retraite en .
Pendant la guerre, grâce à Yvonne Dornès, une partie des films et documents est stockée en zone libre, dans des châteaux du Lot. En , Jean Painlevé est élu "administrateur-directeur adjoint" de la Cinémathèque française en zone non occupée, la lettre de mission que lui signe Henri Langlois, le , précise :
Le , une salle de projection de soixante places ainsi que le premier musée du cinéma d'Henri Langlois sont inaugurés sur trois étages au 7, avenue de Messine, dans le de Paris. C'est dans cette salle que se rencontrent notamment François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, Éric Rohmer, Jean Douchet, et Suzanne Schiffman.
vignette|gauche|Plaque au 82, rue de Courcelles.
Le , la Cinémathèque déménage et s'installe dans une nouvelle salle () au 29, rue d'Ulm, dans le : cette salle Jules-Ferry réunit les cinéphiles parisiens découvrant, bien avant l'ère du cinéma à la demande, le patrimoine cinématographique mondial grâce à Henri Langlois qui projette sa collection au gré de ses humeurs, les films comme la américaine qui n'y passaient pas étant projetés dans le Nickel Odéon de Bertrand Tavernier.. Le , la Cinémathèque s'installe dans la salle du palais de Chaillot grâce aux crédits alloués par André Malraux, ministre de la Culture, et devient liée aux pouvoirs publics.
vignette|Palais de Chaillot.
En , sous la pression du ministère des Finances, Malraux exige des changements dans la gestion de la Cinémathèque française et renvoie Henri Langlois. Un comité de défense se constitue ; les cinéastes français (dont Abel Gance, François Truffaut, Alain Resnais, Georges Franju, Jean-Luc Godard, Chris Marker, Jacques Rivette, Alexandre Astruc, Claude Chabrol, Pierre Kast, Claude Berri, Jacques Doniol-Valcroze, Jean Eustache, André Cayatte, Éric Rohmer, Jean Rouch, Joris Ivens, Robert Bresson, les acteurs Jean-Pierre Léaud, Claude Jade, Françoise Rosay et Jean Marais) se mobilisent. Des cinéastes étrangers tels que Charlie Chaplin et Stanley Kubrick apportent leur soutien. Des manifestations de protestation sont organisées, et Henri Langlois est réintégré à la tête de la Cinémathèque le .L'Affaire Henri Langlois – court métrage documentaire montrant les protestations contre André Malraux..
Le , le premier grand musée de cinéma est inauguré place du TrocadéroOuverture du Musée du Cinéma créé par Henri Langlois en (entretien filmé).Henri Langlois & la Cinémathèque Française (reportage TV).Ciudadano Langlois – extrait du film documentaire de long métrage par Edgardo Cozarinsky.. Le , Henri Langlois reçoit un Oscar d'honneur, puis un César. Il meurt le .
Le , des milliers de bobines de film sont anéanties par un incendie dans un des entrepôts utilisés par la Cinémathèque française sur plusieurs sites discrets en région parisienne et en Province, celui-ci au lieu-dit le Pontel, à Villiers-Saint-Frédéric, près de Rambouillet dans les Yvelines.. Même s'il existait dans d'autres dépôts des copies et des négatifs de la plupart des films détruits, ce qui limite le préjudice pour le patrimoine, est alors à l'époque soulignée la nécessité pour la Cinémathèque de disposer de plus de moyens pour conserver ses collections dans des conditions satisfaisantes..
La même année, on inaugure une salle de projection de la Cinémathèque française au Centre Pompidou. Le cinéaste Costa-Gavras est nommé président de la Cinémathèque en . À partir de et jusqu'en , Jack Lang, ministre de la Culture, lance le projet, repris par ses successeurs, d'installer une grande institution cinématographique au sein du palais de Tokyo, près du Trocadéro. La Cinémathèque est un temps transférée au palais de Tokyo. La Femis y est installée en .. Jean Saint-Geours devient président de la cinémathèque en . De grandes rétrospectives sont alors organisées, permettant aux cinéphiles d'apprécier l'œuvre d'un cinéaste dans son intégralité : Ingmar Bergman, Ernst Lubitsch, Fritz Lang, Robert Bresson. S'y ajoutent des programmations thématiques telles que le western.
vignette|gauche|Ancien logotype. vignette|gauche|Logotype depuis , inspiré du panneau Hollywood.
D' à , la Cinémathèque française occupe partiellement la salle du cinéma République.., au 18 rue du Faubourg du Temple dans le , où sont notamment diffusées des œuvres de et , en double programmation, dans le cadre du cycle permanent intitulé « Cinéma bis »..
Le , un incendie embrase le toit du palais de ChaillotReportage TV sur l’incendie.Conséquences de l’incendie du Palais de Chaillot – actualités sur l’incendie, 23 juillet 1997.. Les œuvres du musée du cinémaOuverture du Musée du cinéma – interview filmée avec Henri Langlois.Le fantôme d'Henri Langlois : le secret perdu – moyen métrage de l'INA : portrait d'Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque de Paris et créateur du Musée du cinéma, 2004.., évacuées en une nuit, sont intactes mais la Cinémathèque française doit quitter Chaillot. La salle de projection est fermée pendant plus d'un an. Le de la même année, on inaugure la salle des Grands Boulevards.. Dans cette dernière salle, la Cinémathèque explore des « territoires » cinématographiques nouveaux, avec des films « à la marge », comme les .
Le , ayant décidé l'abandon du projet de réaménagement du palais de Tokyo, Catherine Trautmann, ministre de la Culture, annonce sa décision d'installer la « Maison du cinéma » dans l'ancien American Center construit en 1994 par Frank Gehry, au 51, rue de Bercy, en bordure du parc de Bercy dans le . En , Jean-Charles Tacchella est élu à la présidence de la Cinémathèque. Le , Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, annonce que la Cinémathèque française et la Bibliothèque du film (BiFi) seront les deux institutions qui cohabiteront, puis fusionneront, dans le bâtiment du 51, rue de Bercy sous l'appellation « Cinémathèque française ».
En , le critique de cinéma Serge Toubiana présente son rapport « Toute la mémoire du monde »Rapport sur cinematheque.fr. et devient directeur général de la Cinémathèque en , poste qu'il occupe jusqu'en . De à , le producteur et réalisateur Claude Berri est président de la Cinémathèque, succédant à Jean-Charles Tacchella.
Le , les salles du palais de Chaillot et des Grands Boulevards sont fermées et le nouveau site de la Cinémathèque française, au 51 rue de Bercy, ouvre au public le .
Le , la Cinémathèque française fusionne avec la BiFi. À partir de , Claude Berri étant malade, elle est présidée par Costa-Gavras. En , le critique Frédéric Bonnaud succède à Serge Toubiana au poste de directeur général.
En , un rapport de la Cour des comptes sur la gestion de la Cinémathèque depuis la décrit comme dont la tutelle publique est réduite au rang , dénonçant un du ministère de la Culture.. Elle suggère donc de transformer la Cinémathèque en fondation ou de décider d'un .
En , la Cinémathèque réforme ses statuts pour que sa gouvernance intègre l'État : le CNC dispose désormais d'une voix au conseil d'administration, sur les qui y siègent.. L'institution adopte aussi une nouvelle charte de déontologie et un impératif de stricte parité au sein de son Bureau. Mais elle garde son statut d'association loi de 1901.
En , la Cinémathèque annonce l'ouverture d'une antenne à Marseille sur le campus La Plateforme, dans le quartier des Crottes. Le projet comprend une salle de projection de qui diffusera huit films par semaine, et dédiés à une exposition renouvelée chaque année.. Des activités d'éducation à l'image, de la maternelle au lycée, seront aussi proposées.
Positionnements sur les violences sexuelles dans le cinéma
La venue de Roman Polanski le pour l'ouverture de la rétrospective qui lui était consacrée et le débat avec le réalisateur Sharunas Bartas le provoquent de vifs échanges...
En , l'absence d'un débat lors de la programmation du film Le Dernier tango à Paris suscite une intense controverse et l'annulation de la projection... En , devant la commission parlementaire sur les violences sexuelles, le président de la Cinémathèque française, Costa-Gavras, regrette de ne pas avoir contextualisé le film de Bernardo Bertolucci : ...
Conseil d'administration Actuel Présidente : Isabelle Huppert Président d'honneur : Vacant Directeur général : Frédéric Bonnaud Vice-présidents : Olivier Assayas, Claire Denis Trésorier : Saïd Ben Saïd Secrétaires : Nicolas Philibert, Alice Winocour
(composition issue du Conseil d'administration du 2 juillet 2026)
Présidents : Paul-Auguste Harlé : Jean Grémillon : Michel Guy : Costa-Gavras : Jean Rouch : Jean Saint-Geours : Jean-Charles Tacchella : Claude Berri 2007-2026 : Costa-Gavras Depuis 2026 : Isabelle Huppert
Collections vignette|L'entrée de la Cinémathèque française. La cinémathèque conserve, au : anciens et modernes ; de lanterne magique ; et accessoires ; et éléments de décors ; environ et leurs accessoires (caméras, projecteurs, etc.), incluant depuis ceux du Centre national du cinéma, étudiés et gérés depuis par le Conservatoire des techniques de la cinémathèque, dont figurent dans son catalogue en ligne. ;
Au sein de la Bibliothèque du film et de son iconothèque : ouvrages ; spécialisées ; d'archives ; d'invention ; sur DVD, Blu-Ray ou VHS ;
numérisées ; , numérisées ; , numérisés ; de matériels publicitaires, numérisés ; de presse, numérisées ;
de ces collections sont présentées au musée du cinéma.
Expositions La cinémathèque est aussi connue pour accueillir des expositions sur des réalisateurs connus, en organisant des projections et conférences et en exposant les éléments importants de la carrière du cinéaste. Des films sont également mis à l'honneurLa rétrospective des expositions sur le site de la Cinémathèque, consulté le 30 janvier 2015..
Masterclass
Les rétrospectives sont souvent ponctuées de discussions, plus largement appelées masterclass, ayant lieu à l'issue des projections.
: Sophie Marceau : Pascal Thomas et : Peter Weir : Éric Demarsan