La Saône []. est une rivière de l'Est de la France, principal affluent de la rive droite du Rhône.
Avec une longueur de près de ., c'est le neuvième cours d'eau le plus long de France, et la troisième rivière, après la Marne et le Lot, ou quatrième, si l'on considère la Dordogne comme telle.
Hydronymie thumb|left|upright|Base honorifique d'époque romaine dédiée à Quintus Julius Severinus, Séquane, patron de la corporation des bateliers du Rhône et de la Saône, ici mentionnée sous sa forme romaine Arar. Lugdunum à Lyon. CIL XIII 1695.
La Saône doit son nom à la nation celte des Séquanes et à la déesse tutélaire Souconna ou Sauc-Onna. De ses , Brigoulus, Souconna et Arar, finalement, Souconna lui est resté, que les moines copistes ont progressivement renommé saoconna, d'où elle tire son nom de Saône.
Son ancien nom avant le monde romain était Arar. Il est le doublement de la racine indo-européenne ar = eau, car, s'écoulant lentement, il est difficile parfois de deviner son sens (selon César, dans La Guerre des Gaules). Son nom actuel vient d'une source sacrée, Sauc-Onna, située à Chalon, dont le nom fut donné à l'ensemble de la rivière par les légionnaires romains.Jean-Marie Casagne et Mariola Korsak précisent dans leur dictionnaire des villes et villages de Bourgogne que Sauconna, appellation pré-gauloise, est composé de sawk (sacré) et du ligure onna, souvent utilisé dans les noms de cours d'eau ; le nom de sauconna ne s'appliquant qu'au cours inférieur de la rivière, le cours supérieur s'appelant Arar. C'est ce nom qu'utilise Jules César. Dictionnaire des villes et villages de Bourgogne, Viévy, Editions de l'Escargot Savant, 2013, , .
Géographie La Saône prend sa source à Vioménil au pied du Ménamont, au sud des monts Faucilles (département des Vosges), à d'altitude. Elle conflue avec le Rhône à Lyon, à l'altitude de après avoir traversé le val de Saône.
C'est une rivière de de longueur., dont le Doubs est le principal affluent.
La Saône est divisée en trois sections :
- la Haute Saône de Corre à Gray : ;
- la Petite Saône de Gray à Verdun-Ciel : ;
- la Grande Saône. de Verdun-Ciel après la confluence avec son affluent le plus important le Doubs à Lyon : .
Avant la confluence avec le Doubs, située à Verdun-Ciel en Saône-et-Loire, la Saône est appelée Petite Saône, ce qui montre bien la forte contribution de la rivière franc-comtoise, dont le débit moyen est légèrement plus fort (175 contre /s) : certains en concluront que la Saône se jette dans le Doubs et non l'inverse. Par sa taille de bassin versant, la Saône domine avec contre pour le Doubs. La Saône est d'ailleurs la première rivière de France par la taille de son bassin versant avec à Lyon (soit 1/18 du territoire métropolitain), et la longueur totale de la source du Doubs à la confluence Saône-Rhône est de dont 587 en France (ce qui fait de l'ensemble Doubs + Grande Saône la plus longue rivière française devant la Marne).
Histoire vignette|Découpage du bassin Rhône-Méditerranée-Corse en régions hydrographiques, dont celle de la Saône. vignette|Monument à Trévoux dans l'Ain, hommage au de fusiliers marins libérant la ville le . Il fait le parallèle avec une des premières batailles de la guerre des Gaules, opposant les Tigurins aux troupes de César. Le texte, extrait des Commentaires sur la guerre des Gaules, décrit la Saône (alors baptisée ), comme une rivière au régime calme.
Depuis , des bateaux naviguent sur la Saône.. Une pirogue datant de l'âge du bronze a été découverte à Saint-Marcel, une autre de l'âge du fer a été découverte à Thorey.
La Saône a joué le rôle de frontière naturelle par le passé. Notamment, son franchissement par les Helvètes en -58 marque l'un des éléments déclencheurs de la guerre des Gaules. À Chalon-sur-Saône, deux épaves de l'époque romaine ont été découvertes décrit les épaves de l'époque romaine ; un des bateaux mesurait de long et de large et correspond à une pirogue monoxyle..
Sur la Saône, la navigation s'effectuait essentiellement à la descente. Dirigés à l'aide de grands rame-gouvernails, les bateaux chargés profitaient d'une pointe d'eau pour se laisser glisser sur la rivière. La remonte, ordinairement à vide, s'effectuait en convois halés par deux ou quatre chevauxLouis Bonnamour, « La fin des chevaux de halage sur la Saône », Images de Saône-et-Loire, n° 134, juin 2003, p. 16- 17..
Vers 1826 apparurent sur la Grande-Saône les premiers bateaux à vapeur destinés essentiellement au transport des voyageursW. Manès, « De la navigation sur la Saône », Images de Saône-et-Loire, n° 87, automne 1991, p. 19-24.. Ce transport connut un âge d'or de 1851 à 1854. En effet en fut mis en service la ligne de chemin de fer Paris-Chalon-sur-Saône, avec correspondance à Chalon-sur-Saône par bateau à vapeur pour les voyageurs allant jusqu'à Lyon. Cependant la portion de ligne de chemin de fer Chalon-Lyon ouverte en mit fin à ce transport fluvialPaul Bouché-Leclerq, « Coches, diligences, gondoles et paquebots de la Saône » (deux parties), Images de Saône-et-Loire, n° 74, été 1988, p. 19-23 ; et n° 77, printemps 1989, p. 15-19..
Départements et principales villes traversés vignette|gauche|Pont sur la Saône à MâconCamille Corot, 1834National Gallery of Art, Washington D.C. vignette|Panorama de la Saône, vue du quai Saint-Vincent à Lyon. Vosges : Darney, Monthureux-sur-Saône, Châtillon-sur-Saône ; Haute-Saône : Autet, Jonvelle, Corre, Jussey, Port-sur-Saône, Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin, Gray ; Côte-d'Or : Pontailler-sur-Saône, Lamarche-sur-Saône, Auxonne, Saint-Jean-de-Losne, Seurre ; Saône-et-Loire : Verdun-Ciel, Chalon-sur-Saône, Tournus, Mâcon, Crêches-sur-Saône ; Ain : Thoissey, Jassans-Riottier, Trévoux ; Rhône : Belleville-en-Beaujolais, Villefranche-sur-Saône, Anse ; Métropole de Lyon : Neuville-sur-Saône, Fontaines-sur-Saône, Caluire-et-Cuire, Lyon, La Mulatière.
Principaux affluents thumb|right|Pont de la Saône à Tournus. l'Ourche (rgrd pour rive droite, rg pour rive gauche) la Mause ou le Gras (rd) l'Apance (rd) le Côney (rg) l'Amance (rd) l'Ougeotte (rd) la Superbe (rg) la Lanterne (rg) la Scyotte (rg) le Durgeon (rg) la Romaine (rg) la Gourgeonne (rd) le Vannon (rd) le Salon (rd) la Morthe ou Morte (rg) les Écoulottes (rd) la Tenise (rg) la Vingeanne (rd) l'Ognon (rg) la Bèze (rd) la Tille (rd) l'Ouche (rd) la Vouge (rd) le Doubs (rg) la Dheune (rd) la Vandaine ou le Reuil (rd) la Thalie (rd) la Cosne d'Epinossous (rg) la Cosne (rg) la Corne (rd) la Grosne (rd) la Tenarre (rg) la Natouze (rd) la Seille (rg) la Bourbonne (rd) la Reyssouze (rg) la Mouge (rd) la Veyle (rg) La Petite Grosne (rd) l'Arlois (rd) la Mauvaise (rd) la Douby (rd) la Chalaronne (rg) l'Ardière (rd) la Vauxonne (rd) la Mâtre (rg) le Marverand (rd) le Nizerand (rd) le Morgon (rd) l'Azergues (rd) le Rochecardon le Formans (rg) l'Avanon (rg) .
Hydrologie La Petite Saône vignette|redresse|La source à Vioménil.
La Petite Saône a un régime pluvial (parfois influencé par la neige) avec une très forte influence océanique. Les sols, peu propices à l'infiltration, sont vite saturés et favorisent le ruissellement. Très vite le débit gonfle, et dès après avoir reçu les eaux de la Lanterne, la Saône est devenue une puissante rivière.
Le module de la Saône est observé depuis (1964-2007) à la station hydrologique de Ray-sur-Saône, localité située une trentaine de kilomètres après le confluent de la Lanterne, entre Port-sur-Saône et Gray. Il est de pour une surface de bassin de (bassin supérieur de la Petite Saône), avec un maximum annuel de et un minimum de .
La rivière y présente des fluctuations saisonnières de débit, avec des crues hivernales de de décembre à mars inclus, et des maigres d'été, en juillet-août-septembre, avec une chute du débit moyen mensuel jusqu'à au mois d'août.
Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans le bassin supérieur de la petite Saône est de annuellement (contre 687 pour la seule Lanterne), ce qui est élevé et résulte d'une pluviosité très abondante sur la partie vosgienne de son bassin. Le débit spécifique (Qsp) se monte à par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Crues Le débit instantané maximal enregistré a été de le .
La Grande Saône thumb|La Saône à Neuville-sur-Saône.
La Grande Saône est formée par l'union du Doubs et de la Saône à Verdun-Ciel. Le Doubs y apporte un débit moyen interannuel de et la Saône .
La Grande Saône ne reçoit plus que de modestes affluents qui modifient peu le régime hydrologique et notamment les crues. La Grande Saône s'écoule dans une vaste et large plaine (jusqu'à de large) jusqu'à l'entrée de Lyon, dans la cuvette de l'ancien lac bressan. La pente est très faible et sans les aménagements hydrauliques visant à garantir jusqu'au nord de Chalon un chenal de navigation profond, les débordements seraient plus fréquents.
À la station hydrologique de Couzon-au-Mont-d'Or à l'entrée de l'agglomération lyonnaise, les observations effectuées de 1969 à 1986 ont montré un débit moyen interannuel de , avec un débit de crue centennale de Le bassin versant de la Saône.. La lame d'eau écoulée pour la totalité du bassin versant de la rivière est de et le débit spécifique ou Qsp monte à par seconde et par kilomètre carré du bassin.
Débit moyen
Au total, le débit moyen à Lyon est de avec un minimum en août de et un maximum en février de .
Navigation thumb|right|Le tunnel-canal de Saint-Albin à Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin.
La Saône est classée navigable depuis Corre au nord de la Haute-Saône, au débouché du Côney, jusqu'à son confluent avec le Rhône à La Mulatière et à Lyon, soit sur . La partie de la Saône classée à grand gabarit va de Saint-Symphorien-sur-Saône (P.K. 219) à la confluence avec le Rhône (P.K. 0). L'arrêté inter-préfectoral fixe, entre autres, la dimension des bateaux,convois et matériels flottants admis à naviguer, ainsi que la vitesse maximale autorisée.
Elle est reliée à la Loire par le canal du Centre, à l'Yonne par le canal de Bourgogne, à la Marne par le canal de la Marne à la Saône renommé canal entre Champagne et Bourgogne, à la Meuse par le canal de l'Est, branche sud renommée canal des Vosges, et au Rhin par le canal du Rhône au Rhin. Tous ces canaux sont au gabarit Freycinet.
Navigables eux aussi, se raccordent à elle le petit canal de Pont-de-Vaux (), la Seille, navigables jusqu'à Louhans, et la partie inférieure du Doubs. Tous trois sont en cul-de-sac.
Tourisme fluvial
vignette|Le port de plaisance de Chalon-sur-Saône. Du fait de son passé de commerce fluvial, Auxonne fait aménager en 2011, le port royal, un port de plaisance de tourisme fluvial de 150 places, pour des bateaux de 6 à 38 m, à un important carrefour de voies navigables : à la conjoncture géographique des Petite Saône (partie navigable de la Saône), Doubs, Seille, canal du Rhône au Rhin, canal entre Champagne et Bourgogne, canal du Centre, canal de Bourgogne de Saint-Jean-de-Losne, canal de l'Est (canal des Vosges).
Plus en aval sur la Saône, situé à la jonction des canaux de Bourgogne, du Rhône et du Rhin, le port fluvial de Saint-Jean-de-Losne a été créé au XIXe siècle. Entre 1840 et 1848, la ville aménage un port en creusant une gare d'eau. Animé longtemps par les activités de batellerie, le port reprend vigueur grâce au tourisme fluvial dans les années 1980 et est devenu le premier port de tourisme fluvial français.
Événements climatiques particuliers Crues historiques