Le Forez, prononcé , (Forêz, ou Forês en forézien, Fourés en ancien forézien), est une région naturelle et historique française située, pour l'essentiel, dans la partie centrale de l'actuel département de la Loire (région Auvergne-Rhône-Alpes).

Cette région est au cœur du comté de Forez puis de la province de Forez sous l'Ancien Régime, cette dernière englobant tardivement une bonne partie des régions du Roannais et du Jarez (dont la ville de Saint-Étienne).

Constituée d'une vaste plaine traversée par le fleuve Loire et entourée de monts, la région du Forez correspondrait aux limites du pagus forensis ou pays de Feurs (l'antique forum segusiavorum qui donna son nom à la région). Ce pagus est l'une des divisions administratives du territoire des Ségusiaves sous AugusteAuguste BERNARD, Description du pays des Ségusiaves, pour servir d'introduction à l'histoire du Lyonnais, 1858, , lire en ligne., qui perdura sous les Carolingiens.

Depuis 1998, une grande partie de cette région est labellisée Pays d'art et d'histoire du Forez et incluse dans un Pays du Forez depuis 2004.

Culturellement, la région du Forez est associée à un paysage globalement rural, évoluant depuis la plaine jusqu'aux Hautes Chaumes ; à l'eau (Loire et ses affluents, canal, étangs, sources d'eau minérale - Badoit, Parot, Montarcher - et thermale) ; à des productions agricoles (Côtes-du-forez, Fourme de MontbrisonSur les deux versants des monts du Forez, on a utilisé de temps immémorial les mêmes recettes pour la fabrication du fromage au lait de vache, à pâte persillée, non cuite et non pressée, ce qui s'est traduit, de 1972 à 2002, par l'existence d'une appellation d'origine contrôlée commune, la fourme d'Ambert et de Montbrison, qui a cédé la place, par décret du , à deux appellations jumelles, la fourme d'Ambert (fromages fabriqués sur le versant occidental) et la fourme de Montbrison (fromages fabriqués sur le versant oriental, seuls désormais, des deux fromages jumeaux, à être fabriqués dans l'ancienne province forézienne)., poule Cou nu du Forez) ; à des édifices du Moyen Âge (églises, prieurés et châteaux) et de la Renaissance (Château de la Bastie d'Urfé) ; à des savoir-faire artisanaux et industriels dans les domaines du textile (travail de la soie et textile médical), du fer (La Boule Obut, Chapuis Armes) et du verre (Verrerie de Saint-Just).

Les habitants du Forez sont appelés Foréziens et le dialecte de la langue arpitane qu'on y parlait et qui est encore très rarement parlé est traditionnellement appelé le forézien.

L'emploi du vivaro-alpin, un dialecte de l'occitanJean-Marie Klinkenberg, Des langues romanes. Introduction aux études de linguistique romane, De Boeck, , 1999.La langue se divise en trois grandes aires dialectales : le nord-occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin), l'occitan moyen, qui est le plus proche de la langue médiévale (languedocien et provençal au sens restreint), et le gascon (à l'ouest de la Garonne)., était courant dans l'ouest et le sud-ouest du Forez. Le Forez est le théâtre d'un livre majeur de la littérature française : L'Astrée d'Honoré d'Urfé.

Toponymie

L'explication du nom Forez par l'homophonie avec « forêt », qui fut souvent considérée comme fautiveIl faut aussi se souvenir qu'à l'époque de la création du comté, les paysages montagneux à l'ouest du pagus forensis étaient très différents de ce qu'ils sont de nos jours. La proportion de surfaces boisées était bien moindre que de nos jours, la colonisation des terres s'étant accompagnée très tôt d'opérations de défrichage de grande ampleur, afin de créer d'immenses zones de pâturage, qui ont toutefois fini par régresser au , à partir de la révolution industrielle. Il faut également remarquer que le comté de Forez a été créé dès le , tandis que le terme « forest » (ancêtre de notre forêt) n'est attesté sous cette forme qu'à partir du ., pourrait néanmoins s'appuyer sur une origine commune des deux termes. En effet, si le pagus forensis des Carolingiens a bel et bien reçu son nom de la ville de Feurs (l'antique Forum Segusiavorum, littéralement le forum des Ségusiaves), le toponyme "Forez", dérivant de forum segusiavorum a probablement désigné initialement un ensemble de terres à caractère public antique (ager publicus)"(...) on peut envisager le cas où certains toponymes (...) dont il serait possible de constater empiriquement qu'ils sont régulièrement représentés dans des zones dont le caractère public est assuré par des marqueurs toponymiques intrinsèques. Nous croyons qu'il en va assez souvent ainsi des toponymes contenant une issue "forestis". On sait en effet que ce mot (attesté depuis 648) puis afr. forest ont dénoté d'abord les forêts du domaine royal, comme il convenait à un dérivé de "forum" (...)" J.P. Chambon, "Zones d'implantation publique au Haut Moyen Âge précoce dans le nord de la cité de Besançon L'apport de l'analyse diachronique des noms de lieu in Akkulturation. Probleme einer germanisch-romanischen Kultursynthese in Spätantike und frühem Mittelalter, des Ségusiaves libres vivants à l'extérieur de la colonie romaine de Lyon"Segusiaui liberi in quorum agro colonia Lugdunum" les Segusiaves, libres, dans le territoire desquels est Lyon, colonie., Pline, Naturalis Historia, Livre IV, terres publiques qui auraient par la suite formé le comté.

Prononciation

Le z final du nom Forez est muet dans son utilisation en règle générale, notamment dans le département de la Loire. En ce sens la prononciation suit celle des toponymes francoprovençaux. En alphabet phonétique international (API), le nom de la province se lit /fɔ.ʁɛ/ et est donc strictement homophone des mots forêt et foret.

De manière générale, dans la prononciation régionale, les finales S, ST, Z, PT, X des noms propres ne se prononcent pas. Par exemple, Saint-Just-en-Chevalet se prononce sinjuanchvalè, Villerest vilrè, Marclopt marclô, Nandax nanda, etc. Saint-Genest-Lerpt, à côté de Saint-Étienne, semble cumuler en se prononçant simplement comme singe-nè-l'air ainsi que Saint-Priest-en-Jarez qui se prononce sinprié enjarè au contraire de Saint-Priest dans le Rhône par exemple, actuellement prononcé sinprieste par ses habitants alors que dans les années 1960, les anciens du lieu prononçaient "sinpriè".

Néanmoins, le z final n'est pas muet dans la partie située en Auvergne en limite avec la vallée de la Dore (dans la partie occidentale des monts du Forez et le reste du Puy-de-Dôme). En effet, sur cette zone la prononciation du nom dérive de l'occitan et donc de la langue d'oc. Ainsi un thiernois prononcera le z alors qu'un roannais ne le prononcera pas.

Géographie La région naturelle du Forez Cette région est composée d'une plaine éponyme traversée par le fleuve Loire, du versant oriental des monts du Forez et du versant occidental des monts du Lyonnais.

Il est possible d'identifier au moins 154 communes appartenant à cette régionVoir :Catégorie:Commune du Forez., dont une majorité sont regroupées au sein d'un Pays du Forez (132 communes en 2016).

La plaine du Forez vignette|Depuis le plateau des Condamines à Saint-Victor-sur-Loire, le lac de Grangent avec son château, et dans les hauteurs le château d'Essalois. Juin 2017. La plaine du Forez s'étend sur environ à l'est du Massif central, au centre du département de la Loire, pour une altitude se situant autour de . Elle correspond à un effondrement de l'époque tertiaire encadré par les montagnes du matin (monts du Lyonnais) à l'est, les montagnes du soir (monts du Forez) à l'ouest, le seuil de Neulise au nord et les gorges de la Loire au sud. Le sol est recouvert d'une forte épaisseur d'alluvions composées de couches d’argile et de sable granitique. La plaine du Forez appartient, avec la plaine d'Alsace et la Limagne, au système de plaines d'effondrements du rift ouest-européen qui court de la mer du Nord à la Méditerranée daté de l'Éocène et Oligocène.

L'eau est très présente dans cette plaine du Forez. En effet, la Loire la traverse du sud au nord. De plus, cette plaine est parsemée de nombreux étangs créés à partir du pour la pisciculture. On compte aujourd'hui environ pour une superficie de , mais il y avait au début du pour une surface de .. La plaine est également irriguée par le canal du Forez. Par ailleurs, plusieurs sources d'eaux minérales sont encore exploitées : Badoit à Saint-Galmier et Parot à Saint-Romain-le-Puy. Enfin, si le thermalisme à Montrond-les-Bains date de 1885., Moingt accueillait à l'époque romaine des thermes et s'appelait Aquae Segetae.

Le sud de la plaine se rattache par ses activités industrielles et la rurbanisation à l'agglomération stéphanoise tandis que le nord a gardé un caractère plus rural, polarisé par les villes de Feurs et Montbrison.

Le sud de la plaine s'est industrialisé à partir des années 1960. Sous l'initiative des communes Andrézieux / Bouthéon (pas encore unies à l'époque), Saint-Just / Saint-Rambert (de même), Bonson et Saint-Cyprien, une politique de développement industriel se met en place sous l'égide de la SEDL (Société d'équipement et de développement de la Loire). Le préfet y oriente les investissements et favorise les regroupements de communes. Au début, il s'agissait d'attirer de nouvelles entreprises, extérieures à la région. Les résultats arrivent dans les années 1970. Dans les faits, ce sont des entreprises venant de Saint-Étienne ou des vallées de l'Ondaine et du Gier qui se sont installées, la chute des emplois dans ces anciens territoires n'étant pas compensée dans l'opération de déménagement. L'avantage de ces nouveaux territoires venait de la faiblesse du coût des terrains agricoles et de ce que les terrains disponibles sont plats. Avec le nouvel aéroport, cet espace a aujourd'hui complètement perdu son caractère rural, mais bénéficie d'une certaine aisance économique..

Le versant oriental des monts du Forez

Situés à l'ouest du département de la Loire, les monts du Forez sont appelés localement montagnes du Soir. Le point culminant est Pierre-sur-Haute (). Le socle des monts du Forez est constitué de roches magmatiques (granites) et métamorphiques (gneiss). L'édification de la chaîne s'est réalisée à l'Ère primaire. Au Tertiaire, le cycle alpin a créé le relief actuel avec des monts et des vallées. Cet épisode se termine par une phase volcanique Miocène. Puis les glaciations du Quaternaire ont érodé le paysage pour donner la forme actuelle.

Vers d'altitude, les vastes forêts de hêtres et de sapins laissent place à des landes et tourbières à la diversité floristique remarquable : les Hautes Chaumes, site classé Natura 2000. qui abrite également la réserve naturelle régionale des Jasseries de Colleigne. Le climat des hautes Chaumes se caractérise par la présence de la burle, vent du nord formant d'importants amas neigeux et expliquant l'absence d'arbres sur les plateaux sommitaux, ainsi que de brouillards fréquents ( par an) occasionnant du givre..

La ligne de crête des monts du Forez constitue une frontière naturelle est-ouest entre deux zones distinctes bien que très apparentées : Le versant oriental des monts du Forez et la plaine du Forez jusqu'aux monts du Lyonnais constituèrent le cœur du comté historique. Les dialectes arpitans étaient encore courants au ; Le versant occidental de la chaîne (partie de l'actuel département du Puy-de-Dôme, entre le lit de la Dore et la ligne des crêtes), est tourné vers l'Auvergne ; le nord-occitan s'y est maintenu jusqu'au .. Ce versant occidental n'a jamais fait partie à proprement parler de la province du Forez.

Le versant occidental des Monts du Lyonnais

Le Pays du Forez Le Pays, au sens des lois Pasqua et Voynet, est un lieu privilégié de coopération entre collectivités locales. Dans le Forez, il prend la forme d'un syndicat mixte des Pays du Forez, créée en 2004 et regroupant huit intercommunalités de la région du Forez (les sept premières situées dans la Loire et la dernière dans le Puy-de-Dôme) : la communauté d'agglomération de Loire Forez ;