Danièle Delorme est une actrice et productrice de cinéma française, née le à Levallois-Perret et morte le à .

Biographie Jeunesse et études De son vrai nom Gabrielle Danièle Marguerite Andrée Girard, elle naît le 9 octobre 1926 à Levallois-Perret d'André Marcel Georges Girard, peintre et affichiste, et Andrée Marie-Louise Eugénie Jouan. Elle étudie le piano pour devenir concertiste mais la guerre interrompt sa formation.

Pendant l'Occupation, alors que son père est parti à Londres, puis à New York., sa mère est déportée à Ravensbrück dont elle sera libérée en . Engagée dans la Résistance, la jeune Gabrielle se réfugie à Moncrabeau où elle devient commis-épicière, puis à Cannes, où elle suit les cours de théâtre de Jean Wall.

Carrière Elle débute sous le nom de Danièle Girard à 16 ans dans la compagnie théâtrale de Claude Dauphin. Marc Allégret l'engage dans trois films successifs : Félicie Nanteuil et La Belle Aventure, tournés en 1942, puis Les Petites du quai aux fleurs en 1944... C'est Bernard Blier qui lui trouve le pseudonyme de Danièle Delorme.

Après-guerre, elle se perfectionne avec Tania Balachova et René Simon et joue notamment sous la direction de Raymond Rouleau (Virage dangereux, Bonne chance, Denis et Le Sourire de la Joconde entre 1944 et 1949) et Jacques Deval (Mademoiselle en 1948). Son interprétation de Gigi dans le film homonyme de Jacqueline Audry d'après Colette en 1949 la révèle au grand public et, sur cette lancée, elle tourne de nombreux films sous la direction de réalisateurs tels que Christian-Jaque, Henri-Georges Clouzot, André Cayatte, Jean-Paul Le Chanois et Sacha Guitry. .

Dans les années 1950 et 1960, elle joue parallèlement au théâtre les grands auteurs tels qu'Henrik Ibsen, Paul Claudel, Paul Valéry et Luigi Pirandello. Elle crée notamment le rôle-titre de Colombe de Jean Anouilh en 1951.

Après un rôle à contre-emploi de femme machiavélique dans Voici le temps des assassins de Julien Duvivier en 1956, elle prend au début des années 1960 quelque distance avec son métier d'actrice pour se lancer dans la production en fondant avec Yves Robert (son second mari) La Guéville, qui produit notamment La Guerre des boutons et Alexandre le Bienheureux mais aussi des films d'Alain Cavalier et de Jacques Doillon.

Tout en continuant à se produire sur scène dans les années 1970 – elle crée notamment les deux pièces de Victor Haïm La Visite et L'Abîme aux côtés de Robert Hirsch en 1975 théâtre de la Gaîté-Montparnasse – elle fait quelques apparitions dans les films d'Yves Robert puis incarne en 1980, pour la télévision, Colette dans La Naissance du jour de Jacques Demy.

En 1981, elle devient co-directrice, avec Marie Dabadie, de la société de production Témoins. Elle produit notamment le seul documentaire consacré à l'écrivain Jean Genet (par Antoine Bourseiller), trois sur le poète Philippe Soupault (par Bertrand Tavernier) ainsi qu'un autre sur les coulisses de la libération de Nelson MandelaMohammed Aïssaoui, « Marie Dabadie, dans l'ombre du Goncourt », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », mercredi 11 septembre 2013, p. 38..

De 1994 à 1999, elle incarne la proviseure Valentine Rougon dans la série télévisée Madame le Proviseur. Elle fait sa dernière apparition à l'écran en 2001 dans La Vie sans secret de Walter Nions, court métrage de son petit-fils Hugo Gélin.

Engagements professionnels Danièle Delorme est présidente de la commission d'avance sur recettes du Centre national de la cinématographie (CNC) de 1980 à 1981.

Elle est présidente du jury de la Caméra d'or au Festival de Cannes 1988. La même année, elle fait partie de la commission des sages qui propose la création du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en remplacement de la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL).

En 1984, elle est nommée par le président de la République François Mitterrand membre du Conseil économique, social et environnemental où elle siège jusqu'en 1994. Elle y produit, en 1985, un rapport sur la création française dans les programmes audiovisuels, et un autre, en 1991 sur l'éveil artistique des jeunes en France et en Europe.

Mort vignette|upright=0.8|Tombe de Danièle Delorme et d'Yves Robert au cimetière du Montparnasse ( division). Danièle Delorme meurt le à Paris. à l'âge de 89 ans, « des suites d'une longue maladie ». Ses obsèques ont eu lieu le en l'église de Saint-Germain-des-Prés à Paris , en présence de nombreuses personnalités du cinéma, du théâtre et de la télévision.

Elle est inhumée auprès d'Yves Robert, au cimetière du Montparnasse ( division).

Son autobiographie Demain, tout commence, publiée en 2008, est à l'origine du titre du film homonyme réalisé par son petit-fils Hugo Gélin en 2016..

Vie privée et engagements personnels Danièle Delorme épouse le à la mairie du l'acteur Daniel Gélin (avec mention marginale du divorce)., avec lequel elle a un fils Xavier (1946-1999) qui deviendra également acteur et producteur. Elle divorce le puis se remarie le avec l'acteur et réalisateur Yves Robert, avec lequel elle s'installe au moulin de la Guéville à Saint-Hilarion dans les YvelinesClaude Askolovitch, « Le crépuscule des hommes », Vanity Fair , août 2017, pages 90-97..

En 1960, elle signe le Manifeste des 121, déclaration sur le « droit à l'insoumission » dans le contexte de la guerre d'Algérie.

Elle crée et dirige la galerie d'art An.Girard, rue Campagne-Première dans le ; en hommage à son pèreSite officiel de la galerie..

Elle est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Théâtre

1944 : Virage dangereux de John Boynton Priestley, mise en scène Raymond Rouleau, théâtre de l'Œuvre : Betty 1944 : Le Dîner de famille de Jean Bernard-Luc, mise en scène Jean Wall, théâtre de la Michodière : Jacqueline 1946 : Bonne chance, Denis de Michel Duran, mise en scène Raymond Rouleau, théâtre de l'Œuvre 1947 : Virage dangereux de John Boynton Priestley, mise en scène Raymond Rouleau, théâtre de Paris : Betty 1948 : Mademoiselle de et mise en scène Jacques Deval, théâtre Saint-Georges : Christiane Galvoisier 1949 : Le Sourire de la Joconde d'Aldous Huxley, mise en scène Raymond Rouleau, théâtre de l'Œuvre : Doris Mead 1951 : Colombe de Jean Anouilh, mise en scène André Barsacq, théâtre de l'Atelier : Colombe 1952 : La Maison de poupée d'Henrik Ibsen, mise en scène Jean Mercure, Comédie-Caumartin : Nora 1954 : Colombe de Jean Anouilh, mise en scène André Barsacq, théâtre des Célestins puis théâtre de l'Atelier : Colombe 1954 : Histoire de rire d'Armand Salacrou, mise en scène Jean Meyer, théâtre Saint-Georges : Adélaïde Barbier 1957 : Histoire de rire d'Armand Salacrou, mise en scène Jean Meyer, théâtre des Célestins : Adélaïde Barbier 1958-1959 : La Bagatelle de Marcel Achard, mise en scène Jean Meyer, théâtre des Bouffes-Parisiens puis théâtre des Célestins : Victoria 1960 : Histoire de rire d'Armand Salacrou, mise en scène Jean Meyer, théâtre de la Madeleine 1960 : Comme tu me veux de Luigi Pirandello, mise en scène Antoine Bourseiller, studio des Champs-Élysées : l'Inconnue 1961 : L'Annonce faite à Marie de Paul Claudel, mise en scène Pierre Franck, théâtre de l'Œuvre : Violaine 1962 : Le Temps des cerises de Jean-Louis Roncoroni, mise en scène Yves Robert, théâtre de l'Œuvre : Florence 1962 : Mon Faust de Paul Valéry, mise en scène Pierre Franck, théâtre de l'Œuvre : Lust 1964 : Sainte Jeanne de George Bernard Shaw, mise en scène Pierre Franck, théâtre Montparnasse : Jeanne 1966 : Les Justes d'Albert Camus, mise en scène Pierre Franck, théâtre de l'Œuvre 1967 : Chaud et froid ou l'Idée de monsieur Dom de Fernand Crommelynck, mise en scène Pierre Franck, théâtre de l'Œuvre 1967 : Crénom d'Eugène Ionesco, mise en scène Antoine Bourseiller 1971 : Mon Faust de Paul Valéry, mise en scène Pierre Franck, théâtre de la Michodière : Lust 1972 : Victor ou les Enfants au pouvoir de Roger Vitrac, mise en scène Jean Bouchaud, Comédie de Caen 1974 : La Mandore de Romain Weingarten, mise en scène Daniel Benoin, théâtre Daniel-Sorano (Vincennes) 1974 : Brocabric de Jean Bouchaud, mise en scène de l'auteur, théâtre de l'Est parisien 1975 : La Visite et L'Abîme de Victor Haïm, mise en scène Jean-François Adam, théâtre de la Gaîté-Montparnasse : Viviane Lehrbaum-Dumas / Thanassa 1975-1976 : Kennedy's Children de Robert Patrick, mise en scène Antoine Bourseiller, théâtre Récamier puis théâtre de Nice : Wanda 1986 : Amédée ou Comment s'en débarrasser d'Eugène Ionesco, mise en scène Étienne Bierry, théâtre de Poche-Montparnasse : Madeleine 1992 : Les Parents terribles de Jean Cocteau, mise en scène Raymond Acquaviva 1994 : Fête Foreign de Jean-Marie Besset, mise en scène Geneviève Mnich, théâtre de la Gaîté-Montparnasse : Maguy

Filmographie Cinéma

1942 : La Belle Aventure de Marc Allégret : Monique 1944 : Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret : Bérénice 1945 : Félicie Nanteuil de Marc Allégret : la camarade de FélicieTourné en 1942, il s'agit de son premier rôle au cinéma bien que le film ne soit sorti que trois ans plus tard. 1946 : Les J3 de Roger Richebé 1946 : Lunegarde de Marc Allégret 1946 : Le Capitan de Robert Vernay 1947 : Les jeux sont faits de Jean Delannoy : la jeune noyée (non créditée) 1948 : Impasse des Deux-Anges de Maurice Tourneur : Anne-Marie 1948 : Croisière pour l'inconnu de Pierre Montazel 1949 : La Cage aux filles de Maurice Cloche : Micheline 1949 : Gigi de Jacqueline Audry : Gigi 1950 : Rendez-vous avec la chance d'Emil-Edwin Reinert : Michèle 1950 : Miquette et sa mère d'Henri-Georges Clouzot : Miquette Grandier 1950 : Minne, l'ingénue libertine de Jacqueline Audry : Minne 1950 : Souvenirs perdus, film à sketchs de Christian-Jaque, section Une cravate de fourrure : Danièle 1950 : Agnès de rien de Pierre Billon : Agnès de Chaligny 1951 : Olivia de Jacqueline Audry : Béatrice 1951 : Sans laisser d'adresse de Jean-Paul Le Chanois : Thérèse Ravenaz 1951 : Traité de bave et d'éternité d'Isidore Isou : elle-même 1952 : Les Dents longues de Daniel Gélin : Éva Commandeur 1952 : La Jeune Folle d'Yves Allégret : Catherine 1953 : Femmes de Paris de Jean Boyer : elle-même 1953 : Le Guérisseur d'Yves Ciampi : Isabelle Dancey 1953 : Si Versailles m'était conté… de Sacha Guitry : Louison Chabray 1954 : Quelques pas dans la vie (Tempi Nostri) d'Alessandro Blasetti et Paul Paviot : Mara 1954 : La Maison du souvenir (Casa Ricordi) de Carmine Gallone : Maria 1954 : Huis clos de Jacqueline Audry : Florence, l'amie d'Inès 1955 : Le Dossier noir d'André Cayatte : Yvonne Dutroit 1956 : Mitsou de Jacqueline Audry : Mitsou 1956 : Voici le temps des assassins de Julien Duvivier : Catherine 1958 : Ô saisons, ô châteaux, court métrage d'Agnès Varda : narratrice 1958 : Prisons de femmes de Maurice Cloche : Alice 1958 : Chaque jour a son secret de Claude Boissol : Olga Lezcano 1958 : Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois : Fantine 1958 : Ni vu, ni connu d'Yves Robert : elle-même (caméo) 1961 : Le Septième Juré de Georges Lautner : Geneviève Duval 1962 : Cléo de 5 à 7 d'Agnès Varda : la vendeuse de fleurs 1962 : Le Pèlerinage, court métrage de Jean L'Hôte 1966 : Marie-Soleil d'Antoine Bourseiller : Marie-Soleil 1967 : Le Roi du Luxembourg, court métrage de Daniel Leveugle 1970 : Hoa-Binh de Raoul Coutard : une infirmière française 1970 : Le Voyou de Claude Lelouch : Janine 1971 : Des Christs par milliers : Danièle 1972 : Absences répétées de Guy Gilles : la mère de François 1973 : Belle d'André Delvaux : Jeanne 1974 : de : Lilian 1976 : Un éléphant ça trompe énormément d'Yves Robert : Marthe Dorsay 1977 : Nous irons tous au paradis d'Yves Robert : Marthe Dorsay 1977 : La Barricade du Point-du-Jour de René Richon : la générale Eudes 1982 : Qu'est-ce qui fait courir David ? d'Élie Chouraqui : Georges 1982 : La Côte d'amour de Charlotte Dubreuil : Helle Waver