Le barrage de la Girotte est situé en France sur la commune d'Hauteluce, dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Il s'agit d'un barrage à voutes multiples en béton perché à d'altitude dans le Beaufortain, au nord-est du département.

Histoire Avant que le barrage ne soit construit il y avait un lac naturel, qui a été de la Glorieuse rentrée des vaudois en 1689Parcours de la Glorieuse rentrée, chez.com. Il sera plus tard aménagé. Depuis 1900, le lac de la Girotte est utilisé pour produire de l'électricité.

L'époque Girod Pour assurer la régularisation du débit du torrent qui alimentait son usine aux Papeteries Aubry de Venthon, Paul Girod, le créateur d'Ugitech, eut l'idée d'utiliser le réservoir naturel du lac de la Girotte, en faisant une première percée horizontale. à sous le niveau de la surface du lac, ce qui permet de l'utiliser aussi en période de basses-eaux, afin d'alimenter de façon plus importante le Doron de Beaufort et l'usine électrique desservant les fours à métaux installés dans les ex-Papeteries Aubry de Venthon. que louait Paul Girod avant de s'installer à Ugine, où il recourt alors à des centrales sur l'Arly et à partir de 1908 dans la gorge du Bon-Nant.

L'installation de pompes centrifuge Ses successeurs utilisent une pompe centrifuge du type de celles de la société d'Auguste Rateau, fondée en 1903, Deux unités de , l'une construites par la Compagnie de Construction Mécanique, procédés SulzerRevue La Houille blanche - page 81, 1922, exploitée dès 1923, et l'autre de (pompe Râteau), en montage en 1931Bulletin de la Société des ingénieurs civils de France, Paris - 1932 - actionnée par un groupe turboalternateur de seront alors utiliséesLe génie civil - Volume 114 - page 25 (1939). La première pompait , prenant une dizaine de jours pour remonter permettant de ré-emplir le lac en utilisant une bonne partie du potentiel apporté par le tunnel de déjection creusé en 1921 ou 1922 à sous sa surface. Le moteur électrique était susceptible de fonctionner en moteur synchrone durant les périodes de pompageRevue générale de l'électricité (organe de l'Union des syndicats de l'électricité), Volume 30 par Jules Blondin.

Les captages Les eaux turquoise du lac s'expliquent par l'origine glaciaire de ses eaux : plusieurs captages ont été effectués pour augmenter son volume. À partir de 1923, une «dérivation de capte à d’altitude le Bon-Nant et au passage le ruisseau de Colombe soit un total de de mètres cubes ajouté à la capacité du Lac, constate en 1925 le congrès de la Houille Blanche, à Grenoble"Usines hydro-électriques de la Société d’électrochimie, d’électro-métallurgie et des aciéries électriques d’Ugine", compte-rendu du troisième congrès de la Houille Blanche, à Grenoble, du 4 au 8 juillet 1925, alors qu'émerge le projet de barrer aussi la haute vallée de La Gittaz, afin de créer le premier exemple de vallée alpine aménagée et régularisée entièrement. Le captage s'effectue au Plan Jovet à , sous le col du Bonhomme, côté Contamines et passe ensuite sous la tête de la Cicle et les aiguilles de la Pennaz par un tunnel. Comme il ne suffit pas aux Allemands, en 1942 une autre galerie de , passant à l'aval du Mont Tondu, s'y raccorde et plusieurs galeries sont ouvertes dans le glacier de Tré la Tête, sa langue terminale étant trop basse par rapport à la conduite forcée. Jusqu’à travaillent sur le barrage, relié par deux téléphériques au Val Montjoie"Barrages, l'Eau apprivoisée" par Histoire à tire d'ailes . Au , ce sera un total de de galeries souterraines qui capteront les prises d’eau de Tré-la-Tête, du Mont Tondu et du Plan Jovet, avec un débit maximum de , sur un bassin versant total de Mairie du village Les Contamines. C'était la première prise d’eau sous-glaciaire d'Europe, donnant au lac une couleur verte. Le recul du glacier de Tré la Tête oblige à reconstruire en 1961 le captage de 1942.

Un autre percement du lac avait eu lieu en 1923, cette fois à sous le niveau de la surface du lac, une galerie horizontale de permettant d'acheminer l'eau vers l'usine électrique de Belleville, en contrebas.

La vallée est équipée par la construction successive d'une série de sept centrales en escalier, de Venthon (1899) (pour la fabrication d'électricité), Queige (1909), Roengers (1919), Domelin (1922), Belleville (1923), Villard (1929) et Hauteluce (1932)"1949-1999 : Les du barrage de la Girotte", par Isabelle Lemagnen - Hauteluce. En 1933, la capacité totale est de , en additionnant en particulier les usines de Belleville ( à ), Hauteluce ( à ) et Dolimet-Beaufort (, à ). et l'ouvrage de Joseph Garin mentionne déjà le captage du glacier de Tré la Tête, sans donner plus de précision qu'une évaluation du flux obtenu. La Société d'Electrochimie et des Aciéries électriques d'Ugine entreprit en 1941 de capter le torrent sous-glaciaire via une reconnaissance approfondie de la morphologie du lit du glacierCompte rendu détaillé en 1943 dans la Revue de Géographie Alpine par l'ingénieur Max Waeber, cité dans "Le glacier de Tré-la-Tête" par Robert Vivian et Martine Frayssinet, dans la Revue de Géographie Alpine en 1970 . Les Eaux et Forêts étudiaient les variations du glacier depuis 1908, via des mesures de vitesse"Le glacier de Tré-la-Tête" par Robert Vivian et Martine Frayssinet, dans la Revue de Géographie Alpine en 1970 . Les premières excavations ont été effectuées en 1942-43, décrites par l'ingénieur Max Waeber et dans La Houille Blanche (revue), revue internationale de la Société Hydrotechnique de FranceThe Journal of Glaciology par la British Glaciological Society, en 1980, dans les volumes 25-26..

Arrivé dans la région en 1898, Paul Girod avait créé, en 1904 une usine hydro-électrique sur l’Arly, à Ugine, puis, en 1908, une autre plus grosse sur le Bon-Nant, à Saint-Gervais, torrent essentiellement glaciaire, prenant le relais l'été de l’Arly.

La compagnie du lac Ce n'est que pendant la guerre, en août 1942, sous occupation allemande, que le chantier de construction de l'actuel barrage démarre vraiment. La construction du barrage sert d'alibi aux résistants, qui sous l'impulsion du capitaine Jean Bulle (1913-1944)Barrages du BeaufortainVie et mort du capitaine Bulle, 1913-1944, par Jean d'Arbaumont, Éditions Gardet, 1972 et de son adjoint Louis Pivier (dit Beauregard)Résistance Tarentaise, sur resistance-tarentaise.com commandant du F.T.P pour le « secteur Ugine – Albertville », créent en 1943 la Compagnie du Lac, qui est un "maquis-silo", servant de point d'appui aux "maquis dormants". Les ouvriers ont le droit de se déplacer et des tickets de rationnement en quantité, en raison de l'altitude, car l'usine d'Ugine est considérée comme prioritaire par l'Occupant qui y fabrique des aciers spéciaux. Le , un très important parachutage de matériel et d’armes sera fait juste en face du lac, au col des Saisies, ce qui permettra d’équiper environ des différents maquis du Val d’Arly jusqu’à la Maurienne, afin d’accélérer la Libération de la Savoie. La Compagnie du Lac combattra pendant la libération d'Albertville, perdant une vingtaine d’hommes, dont quatre officiers, parmi lesquels Jean Bulle.

Le barrage actuel thumb|Piliers du barrage. Ralentis par le froid (il est tombé de neige en 1944-45) et la guerre, les travaux ne seront terminés qu'en 1949 : , complètement autonomes, reliées à la vallée par deux téléphériques, travaillent à la construction de cet ouvrage. Pour les accueillir, il est nécessaire de bâtir deux villages d’accueil : l’un à Belleville, l’autre près du lac. Les ouvriers et techniciens travaillaient dans des conditions périlleuses sans être assurés par des harnais.(Témoignage de Paul-Louis Chalon ingénieur des Arts et manufactures qui y a travaillé en 1947) La dernière année, , témoignera Jean-Richard Le Cointe, ingénieur sur le chantier de la Girotte1949-1999 : Les 50 ans du barrage de la Girotte : jamais le terme ouvrage d’art n’a eu autant de sens ..

Le barrage est entièrement en béton : Il était très compliqué de transporter des matériaux en haute montagne ; aussi l'ingénieur en chef et concepteur Caquot a-t-il décidé de ne pas armer le béton : il n'y a pas d'armature d'acier dedans. Les points d'appuis sur le roc étant médiocres, les voûtes du barrage sont convexes, dans le sens est-ouest et bombées de bas en haut, ce qui permet à l'eau d'appuyer verticalement sur les piliers, dont certains sont par ailleurs surmontés de tours d'observation.

Maintenance En , un rapport confidentiel d'EDF stipule que des fissures ont été observées sur les voûtes du barrage, ainsi que des fuites sur certaines membranes. L'ouvrage présente un risque de vieillissement prématuré. Les travaux d'entretien sont estimés à sur quatre ans.

Littérature centré|vignette|upright|Le barrage de la Girotte, la montagne d'Outray et la vallée du Dorinet depuis le col du Joly.

Bastion de la résistance lors de la Seconde Guerre mondiale, le chantier de construction du barrage de la Girotte est évoqué dans le roman de Roger Frison-Roche Les montagnards de la nuit. Issu de parents originaires de Beaufort, l'écrivain passe pendant son enfance de nombreux séjours dans cette localité.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

Données du barrage sur le site industrie.gouv.fr

Girotte Girotte #Barrage Girotte Catégorie:Massif du Beaufortain Catégorie:Hauteluce