Conques est une ancienne commune française située dans le département de l'Aveyron en Midi-Pyrénées, en région Occitanie, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Conques-en-Rouergue.
La commune est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France.
Pendant tout le Moyen Âge, Conques fut un important sanctuaire où étaient vénérées les reliques du crâne de sainte Foy. Elle est célèbre grâce à son église abbatiale dont l'architecture et les sculptures du porche sont remarquables, et son trésor, notamment la statue en or de Sainte Foy. Depuis le , elle a été déclarée sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle (Via Podiensis) parce qu'elle est citée dans le dernier Livre du Codex Calixtinus, pratiquement inconnu jusqu'à son édition en latin en 1882.
Le lien supposé avec le pèlerinage à Compostelle a valu à Conques, en 1998, le classement au Patrimoine mondial de l'humanité de l'abbatiale et du pont sur le Dourdou. L'influence de Conques sur le tourisme local a été reconnue en 2008 par le Conseil Régional Midi-Pyrénées avec la reconnaissance de la commune comme l'un des Grands Sites de Midi-Pyrénées. Le village et les gorges du Dourdou sont également site classé depuis 2021. Géographie Localisation La commune jouxte sur sa limite nord le département du Cantal en Auvergne, région Auvergne-Rhône-Alpes. Le village est situé au confluent du Dourdou et de l'Ouche Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées..
Le territoire de la commune de Conques résulte de la fusion, en 1834, des communes de Conques, Montignac et Saint-Marcel.
Communes et villages voisins
Description Les deux rivières du Dourdou et de l'Ouche forment à cet endroit une sorte de coquille (« Concha » en latin, « Conca » en occitan), qui aurait donné son nom au village. Au nord de Rodez, au fond d'un cirque apparaît le village médiéval de Conques tassé autour de l'abbatiale Sainte-Foy, à mi-pente sur le versant ensoleillé. Les maisons disposées en espalier tournent leurs façades principales vers le midi. Le schiste règne ici en maître et fournit non seulement la pierre à bâtir mais aussi le pavé des rues et les lauzes des toits. Il cède la place à la pierre de taille et au grès rose ou gris, plus rarement au granite, pour les encadrements des portes et des fenêtres. C'est l'association de ces pierres et du sable du Dourdou, issu de la désagrégation de roches de même origine, qui donne au patrimoine bâti de Conques ses teintes ocre aux nuances rosées en parfaite harmonie avec son environnement.
Le site de Conques frappe par son caractère âpre et sauvage, relevé avant même le , et mis en valeur depuis l'époque romantique. Ce dépaysement est particulièrement sensible quand on arrive depuis Saint-Cyprien par la vallée du Dourdou.
Toponymie Conques est un emprunt au latin concha « coquillage, coquille », lui-même d'origine grecque κο'γχη. L'indo-européen konkha transmis en grec et en latin, désigne un coquillage appelé conque et, par métaphore, un espace creux à parois solides, comme un creux accusé en montagne, un creux arrondi de rocher ou de carrière.. En dehors du domaine occitan, l'abbaye et la ville de Conques sont dans les pays de langue d'oïl, prononcés « Conches » (deux communes en France et un district en Suisse).
Histoire Moyen Âge thumb|upright|Une vieille demeure du village.
On pense que, dès le , aurait existé à cet endroit une petite agglomération autour d'un oratoire consacré au Saint-Sauveur. Cet oratoire, après le passage des Sarrasins vers 730, aurait été reconstruit par les soins de Pépin le Bref, puis par Charlemagne. Vers la même époque, l'ermite Dadon y fonde un monastère qui adopte la règle de saint Benoît avant 801 sous la direction de l'abbé Medraldus, successeur de Dadon. Ainsi structurée, cette abbaye réunit progressivement d'importants domaines fonciers et constitue un îlot de prospérité dans la détresse économique du .
Entre 864 et 875, événement capital, un moine de Conques, Ariviscus (ou Aronside), parvient à dérober les reliques de sainte Foy dans une église abbatiale située aux environs d’Agen, où sainte Foy avait subi le martyre à l'âge de douze ans en 303. Cette pratique est très courante au Moyen Âge ; elle est pudiquement appelée « translation furtive »Voltaire dans son dictionnaire philosophique écrivait : L'histoire ecclésiastique fait foi que les translations de reliques étaient également fréquentes en Occident et en Orient.. Ce vol pieux aurait immédiatement déclenché des miracles, ce qui provoqua la venue de nombreux pèlerins.
Pendant la même période, un tombeau attribué à l'apôtre saint Jacques est découvert à Compostelle. Vers 955-960, le comte de Rouergue Raymond de Toulouse est l'un des premiers pèlerins qui se rendent en Galice pour vénérer l'apôtre. Trente ans plus tard, son fils Raimond a un enfant et est vainqueur des musulmans dans les environs de Barcelone ; en signe de reconnaissance, il fait cadeau à Conques d'une magnifique prise de guerre, une selle garnie de parements d'argent ciselé, avec lesquels les moines fabriquent une grande croix qui devient le symbole des chrétiens.
Tout au long du , sainte Foy, au nom symbolique, patronne la croisade de la Reconquista espagnole. Deux moines de Conques deviennent évêques en Navarre et en Aragon : Pierre d'Andoque à Pampelune (1083-1115), et un certain Pons en 1100 à Barbastro (Aragon) où, l'année suivante, le roi Pierre d'Aragon fonde un monastère dédié à sainte Foy. Les deux évêques assistent à la donation de Roncevaux à l'abbaye de Conques entre 1100 et 1104.
Au , l'abbaye se renforce et atteint l'apogée de sa puissance économique. Mais elle décline aux , et est finalement sécularisée en 1537.
Époque contemporaine thumb|Le village.
Abandonnée depuis la Révolution, Conques est redécouverte en 1837 par Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments historiques. Le trésor et le grand portail ont été conservés intacts par les habitants, mais l'église doit subir des consolidations.
En 1832, Conques absorbe Montignac et une partie de Saint-Marcel (l'autre partie étant réunie à Sénergues). En 1873, Ernest Bourret, évêque de Rodez, s'adresse au père Edmond Boulbon, restaurateur de l'ordre canonial de Prémontré à Saint-Michel de Frigolet en Provence, pour le renouveau du culte de sainte Foy et du pèlerinage ; le , une petite colonie de six chanoines réguliers est installée dans l'antique abbaye par l'évêque de Rodez. Les habitants de Conques, en ce début de la Troisième République, voient refleurir une époque dont ils avaient perdu jusqu'au souvenir : les cloches de l'abbatiale sonnent de nouveau matines, laudes, vêpres et complies…
En 1911, un musée est construit par les Monuments historiques pour abriter les reliques de sainte Foy. Retrouvées en 1875, elles ont été reconnues et le pèlerinage a été remis en honneur depuis 1878.
Conques, un bourg monastique thumb|Une vue en hauteur. Dans un premier temps, le monastère Saint-Sauveur fondé par l'ermite Dadon ne paraît pas avoir regroupé autour de lui une population nombreuse. Au début du , le chef-lieu de la viguerie (division territoriale de l'empire carolingien) se trouve à Montignac, héritier d'un grand domaine de l'Antiquité, aujourd'hui hameau du voisinage. Deux siècles plus tard, vers 1013-1020, Bernard d'Angers révèle dans son Livre des miracles de sainte Foy (Liber miraculorum sancte Fidis) l'existence d'un bourg (vicus) et même d'une « ville fameuse » (inclita villaLiber miraculorum sancte Fidis II, 5.) à Conques. Il cite même un certain Bernard Pourcel comme « bourgeois de cette ville » (burgensis illius ville) : c'est une mention précoce du « bourgeois » dans l'Occident médiéval.
À Conques, les activités économiques et le courant commercial né du pèlerinage, avec sa clientèle sans cesse renouvelée, ne peuvent qu'encourager le peuplement. Ainsi le Livre des miracles se fait l'écho du commerce rémunérateur de la cire et des cierges qui se pratiquait aux portes de l'église. Il cite même l'un de ces « marchands du temple », un Auvergnat cupide installé à Conques. L’hospitalité payante chez le particulier ou l'aubergiste devient une autre source de profit, car les moines ne peuvent pas assurer la nourriture et l'hébergement de tous les pèlerins. À l'époque romane, l'ouverture des grands chantiers de construction : abbatiale, cloître, bâtiments conventuels, remparts, provoque un appel de main-d’œuvre considérable. Même si les tâches spécialisées, comme la taille des pierres ou la sculpture, sont assurées le plus souvent par des équipes venues de l'extérieur, il faut bien recruter sur place l'armée des manœuvres, des terrassiers ou des bouviers.
On ignore le nombre d'habitants au . Mais, en 1341, Conques comptait , soit environ, et se plaçait au septième rang parmi les villes du Rouergue. Il ne s'agit donc pas d'un simple village comme aujourd'hui, mais d'une agglomération à caractère urbain, avec ses remparts, ses quatre consuls renouvelables tous les ans, sa halle et son poids public. Elle a été construite par les moines de Conques.
Le pèlerinage de Compostelle Sur la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, certains jacquets pouvaient prendre une variante qui permettait de rejoindre Toulouse pour honorer le corps de saint Sernin, et continuer leur chemin par la via Tolosana. Enjambant le Dourdou par le pont des « romieus », ils quittaient Conques pour gagner Aubin, et passaient par Villefranche-de-Rouergue et Gaillac. Au départ de Conques, deux itinéraires s'offraient aux pèlerins pour rejoindre le Quercy et l'abbaye de Moissac. Le plus court franchissait le Dourdou sur le vieux pont vers Aubin. Mais le plus fréquenté passait sous la Porte de La Vinzelle pour se diriger sur Grand-Vabre et Figeac vers l'ouest.
Dans le Guide du Pèlerin, rédigé autour de 1140, Aimery Picaud note :
Selon Frédéric de Gournay, aucun document antérieur au ne fait de Conques une étape sur la route de Compostelle : jusqu'à l'abbatiat de Bégon III de Mouret (1087-1108) et même celui de son successeur, l'abbé Boniface, Conques apparaît comme un centre de pèlerinage, qui attire les pèlerins de provenance diverse (de la Catalogne à la Normandie), et un sanctuaire jaloux de son indépendance. La mention d'Aimery Picaud indique une première subordination de Conques, qui devient au une étape sur la via Podiensis.
Politique et administration Liste des maires
Politique environnementale La commune, labellisée parmi les Les Plus Beaux Villages de France<ref name="ref auto 1">villages – Conques « Les Plus Beaux Villages de France, consulté le </ref>, a été évaluée notamment selon plusieurs critères environnementaux «Protection du patrimoine naturel», consulté le ..
Population et société Démographie
Jusqu'en 1800, la population de la partie de Saint-Marcel rattachée à Conques n'est pas reprise dans le tableau.
Enseignement
Santé
Sports
Cultes L'évêque de Rodez a confié l'accueil des pèlerins du sanctuaire de Conques et le service des paroisses de Saint Vincent du Vallon (Marcillac…) et de Saint Jacques Dourdou et Dazes (Villecomtal…) à la communauté des Prémontrés de l'abbaye de Mondaye. Le prieuré est constitué de six frères qui célèbrent quotidiennement la messe et les offices dans l'abbatiale sainte-Foyà l'abbaye..
Manifestations culturelles et festivités
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments L'église abbatiale Sainte-Foy thumb|L’abbaye Sainte-Foy.
Cet édifice roman a été construit aux ; les deux tours de façade datent du . La partie qui fait la célébrité du lieu est le tympan. L'abbatiale conserve également un trésor comprenant des pièces d'art uniques de l'époque carolingienne. L'intérieur est décoré par des vitraux de Pierre Soulages.
Château d'Humières