(Elle vit pour Pépi), ou encore , est le nom pris par Ânkhesen, fille de Khoui, grand noble d'Abydos, à son mariage avec . Elle est la mère de , devenu roi à l’âge de six (ou dix) ans à la mort de son demi-frère ou père , disparu prématurément après un règne de quelques années ans. Elle a donc exercé la régence pendant la jeunesse de son fils avec le soutien de Djaou, vizir de .
Attestations
La reine est connue par plusieurs attestations : le complexe funéraire de la reine à côté de celui de à Saqqarah, la stèle (ou pilier ?) de son frère Djaou, retrouvé à Abydos et où est également nommé sa sœur , un décret de protection d'une statue de la reine dans le temple de Khentamentiou à Abydos, une stèle rupestre gravée au Ouadi Maghara, datée du « deuxième recensement du gros et du petit bétail de Haute et Basse-Égypte », une statuette de la reine avec son fils sur ses genoux, une coupe d'albâtre conservée au Metropolitan Museum of Art (23.10.10), peut-être le décret de protection des cultes funéraires d'une « mère du roi Ânkhésenméryrê l'Aînée » et de la « mère du roi Neith », retrouvée dans le temple funéraire de .
Une stèle à Abydos montre une épouse royale (mais pas mère royale) nommée Ânkhésenpépi assise devant une table garnie de roseaux, avec en face d'elle Iouou, fils aîné du vizir Ouni. Cette mise en scène, typique des couples, n'est ici pas envisageable. Si Silke Roth a pu associer cette reine à , cette association est explicitement réfutée par Vivienne Gae Callender et Michel Baud qui considèrent qu'il s'agit d' ou . La stèle est datée sur des bases stylistiques du règne de par Edward Brovarski, datation suivie par Callender ; si cela s'avère exact, cela réduirait les possibilités à uniquement , la première étant alors la « mère du roi » régnant. Michel Baud considère que cette stèle serait en lien avec le complot dont parle Ouni et ayant conduit au mariage de avec les deux sœurs Ânkhésenpépi.
Une autre stèle d'un certain Méhénou, provenant probablement d'Abydos, indique que ce Méhénou était prêtre du culte funéraire de la « mèr du roi » Ânkhésenpépi. L'identité de cette dernière reste discutée, même si Michel Baud privilégie les épouses de .
La reine porte les titres suivants : « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t), « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts), « Suivante du Grand » (ẖt.t-Wr), « Celle qui s'assoit avec Horus » (tjst-Ḥrw), « Compagnon d'Horus » (smr.t-Ḥrw), « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆), « Fille du Dieu » (sȝ.t nṯr), « Cette fille du Dieu » (sȝ.t (t)w nṯr), « Enfant d'Ouadjet » (ḏstt Wȝḏ.t), « Aimée de Knoum » (mry(.t) Ḫnmw), « Aimée de tous les dieux » (mrr.t nṯr.w nbw), « Épouse du Roi sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f), « Épouse du Roi de la pyramide de » (ḥm.t-nsw.t Ḫˁ-Mr-n-Rˁ), « Épouse du Roi de la pyramide de » (ḥm.t-nsw.t Mn-nfr-Mry-Rˁ), « Épouse du Roi de la pyramide de sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f Mn-nfr-Mry-Rˁ), « Mère du Roi de Haute et Basse-Égypte » (mw.t-nsw.t-bjty), « Mère du Roi de la pyramide de » (mw.t-nsw.t Mn-ˁnḫ-Ppy), « Mère du Roi de la pyramide de » (mw.t-nsw.t Mn-ˁnḫ-Nfr-kȝ-Rˁ), « Mère du Roi de Haute et Basse-Égypte de la pyramide de » (mw.t-nsw.t-bjty Mn-ˁnḫ-Nfr-kȝ-Rˁ).
Généalogie
est l'une des deux filles de Khoui et Nebet, nobles d'Abydos. Elle épouse comme sa sœur , puis épouse son neveu , fils de et . Elle a également un fils, , qui succédera à lorsqu'il était encore très jeune.
L'identité du père de n'est pas certaine. Les chercheurs savent qu' est une épouse de depuis très longtemps, de part notamment la découverte de la stèle de Djaou et de l'inscription du Ouadi Maghara, toutes deux la présentant clairement ainsi. Cependant, la découverte du complexe funéraire de la reine à la fin des années 1990 a permis de savoir qu'elle était également devenue une épouse de son neveu . Si, sur la base d'un raisonnement chronologique, les fouilleurs du complexe considèrent aujourd'hui que le père de est , ce n'est pas le cas de tous les chercheurs, notamment Vivienne Gae Callender qui considèrent que le père est ; elle s'appuie notamment sur la stèle de Djaou et l'inscription du Ouadi Maghara qui la présentent comme une épouse de et la mère de , sans mentionner .
est parfois donnée comme la mère de la reine , théorie basée sur l'attribution du décret retrouvé dans le temple funéraire de . Cependant, si la reine est assurément la fille de , le décret pourrait renvoyer à ; or, dans un relief retrouvé dans le temple funéraire d', cette dernière est représentée avec une femme nommée Neith ; si elle n'est pas accompagnée d'un titre la présentant comme sa fille, cela serait pourtant concordant avec les représentations habituelles dans ce type de contexte.
est connue pour être la fille du roi ; Vivienne Gae Callender et Yannis Gourdon pensent qu'elle serait la fille d' car il s'agit de la seule épouse assurée de et qu'il était courant qu'un enfant soit nommé comme son parent de même sexe.
Biographie
La reine est l'une des plus importantes reines de la fin de l'Ancien Empire. Fille de notable d'Abydos, elle épouse, tout comme sa sœur , le roi pendant la deuxième partie du règne, probablement dans le cadre d'un rapprochement avec les élites locales pour appuyer son propre pouvoir. À la mort de ce dernier, elle épouse son beau-fils et neveu . Après le court règne de ce dernier, c'est son propre fils, le très jeune , qui monte sur le trône. La reine prend alors la régence, comme le montrent les éléments suivants : la taille du complexe funéraire de la reine et de la présence des Textes des pyramides dans le caveau, dont elle est la première détentrice parmi les reines, un décret de adressé à la reine-mère, selon lequel elle devait se rendre à la pyramide de pour y conduire cinq navires, la statuette du Musée Brooklyn montrant la reine tenant le très jeune roi sur ses genoux, l'inscrition du Ouadi Maghara : premièrement sa mention avec des signes presque aussi grands que ceux écrivant le nom et les titres du souverain, deuxièmement le titre « aimée de tous les dieux », version féminine d'un titre réservé jusqu'alors aux rois, et troisièmement la croix ansée qu'elle tient dans ses mains, apanage des divinités et des rois, montrent sans l'ombre d'un doute que c'est elle qui avait alors le pouvoir et que c'est elle qui a commandité l'expédition au Sinaï.
Sépulture
vignette|Pyramide d'Ânkhésenpépi II Sa tombe a été retrouvée parmi la nécropole de son premier époux au sein d'une véritable nécropole princière installée autour de la pyramide royale. Elle est constituée d'un petit complexe pyramidal complet et, pour la première fois pour une reine, son caveau a été décoré des Textes des pyramides. Ces textes rituels, au départ, n'étaient inscrits que sur les murs des tombes de pharaons, les seuls à être admis à survivre à la mort physique. La reine est ainsi la première reine, à ce stade des découvertes, à avoir eu ce privilège, soulignant sans doute son statut important.
Identifiée parmi neuf autres tombes de reines dans cette nécropole de Saqqarah sud, sa tombe a été détruite et pillée par des vandales ; il n’en reste qu'un amoncellement de gravats. Dans les déblais, l'équipe d’Audran Labrousse a trouvé, au milieu de statuettes, de vases, d’un reste de métier à tisser, des stèles portant des textes rituels et le sarcophage en grauwacke de la reine.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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