L', ou (), est une espèce de mammifère marin du micro-ordre des cétacés à dents (les Odontocètes), la plus grande de la famille des dauphins océaniques (les Delphinidés).

Des auteurs proposent de scinder l'espèce en plusieurs, dont, pour le Pacifique nord-est : Orcinus ater (orque résident) ; Orcinus rectipinnus (orque de Bigg).

Elle a une répartition cosmopolite ; elle vit dans les régions arctiques et antarctiques jusqu'aux mers tropicales. Son régime alimentaire est très diversifié, bien que les populations se spécialisent souvent dans des types particuliers de proies. Certaines se nourrissent de poissons, tandis que d'autres chassent les mammifères marins tels que les lions de mer, les phoques, les morses et même de grandes baleines (généralement des baleineaux). Les orques sont situées au sommet de la chaîne alimentaire des océans et sont les super prédateurs qui occupent la plus large aire de répartition sur Terre. Les anglophones les surnomment baleines tueuses (killer whales), bien que le genre Orcinus soit propre aux seules orques.

Les orques sont fortement sociables, elles vivent en groupe, certaines populations sont composées de plusieurs familles matrilinéaires qui sont parmi les plus stables de toutes les espèces animales. Les techniques de chasse sophistiquées et les comportements vocaux, qui sont souvent spécifiques à un groupe particulier et sont transmis à travers les générations, ont été décrits par les scientifiques comme des manifestations culturelles.

L'Union internationale pour la conservation de la nature évalue actuellement le statut de conservation de l'orque comme « données insuffisantes » en raison de la probabilité que les types d'orques soient des espèces distinctes. Certaines populations locales sont menacées ou en voie de disparition notamment à cause de la disparition de leur habitat, de la pollution, de la capture des mammifères marins et de la compétition alimentaire avec l'industrie de la pêche. C'est l'espèce marine qui présente en 2016 la plus forte concentration de PCB dans le sang, malgré leur interdiction depuis les années 1970 aux États-Unis, depuis 1980 dans l'Union européenne et depuis la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants de 2004..

Les orques sauvages ne sont pas considérées comme une menace pour l'Homme ; certaines s'approchent même des embarcations dans le but d'établir un contact. Cependant, il y eut des cas de spécimens captifs tuant ou blessant leurs dresseurs dans des parcs à thème marin. Les orques sont très présentes dans les mythologies des peuples navigateurs, avec une réputation allant du protecteur d'âmes humaines à celle de tueur impitoyable.

Les orques, les plus grands delphinidés, animent les plus anciennes légendes, ce qui explique qu'elles sont mises en scène dans des films et la littérature. Elles sont à distinguer des fausses orques (Pseudorca crassidens) et des orques pygmées (Feresa attenuata).

Dénominations Nom scientifique valide : Orcinus orca (Linnaeus, 1758) Protonyme : Delphinus orca Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Épaulard, Orque, Orque épaulard, Orque gladiateur, Baleine tueuse, Orque-épaulard Noms vernaculaires (langage courant) : dorgue, dorque, épée de mer, ezpalarta (basque), gladiateur, loup des mers, marzupla (basque), orca (catalan), òrca (occitan), orka (basque), skoazog (breton)

Étymologie thumb|Représentation du de l'orque reconnaissable avec sa nageoire dorsale sur la Carta Marina. Le terme d'orque vient du latin orca qui désigne une sorte de cétacé.. Dans la première description de Carl von Linné en 1758, elle est nommée « Delphinus orca ». En 1860, Fitzinger emploie le premier terme Orcinus, tandis que Van Beneden et Gervais emploient une autre dénomination : Orca gladiator. Son nom latin subit alors plusieurs révisions successives de la systématique, et l'espèce finit par se retrouver dans le genre Grampus, sous le nom de Grampus rectipinna pour les spécimens munis d'ailerons plus développés. Aujourd'hui, l'orque (Orcinus orca) est considérée comme la seule espèce actuelle du genre Orcinus.

Le terme d'épaulard vient de l'ancien français espaart, lui-même dérivé de espee en raison de son aileron dorsal en forme d’épée..

Le nom générique Orcinus signifie « qui a trait à la mort » ou bien « appartenant à Orcus »Killer Whales. Scientific Classification, Seaworld.org, September 23, 2010, Retrieved September 9, 2010.. Le terme italien signifie également ..

Le dictionnaire de l'Académie française, dans sa neuvième édition, précise qu'orque est du genre féminin (« une orque »), tandis qu'épaulard est du genre masculin (« un épaulard ») .. On lui prête le surnom de « baleine tueuse » par anglicisme en raison de son appellation anglophone .

Description Mensurations vignette|gauche|Comparaison avec l'humain.|alt=Comparaison avec l'humain. + MensurationsÉric Poncelet et John Ford. Mâle Femelle Longueur moyenne (m) 6,70-8,50 5,50-7,30 Longueur max (m) 9,80 8,40 Poids moyen (tonnes) 5-7 2,5-4 Poids max (tonnes) 11 7,5 Les mâles mesurent entre de long selon les écotypes (le spécimen le plus grand jamais vu mesurait ) et pèsent entre (le plus lourd spécimen pesait ) ; les femelles sont plus petites, mesurant entre pour une masse située entre (le maximum connu pour une femelle est de ). À la naissance, le nouveau-né pèse environ de et mesure entre de long. À la différence de la plupart des dauphins, la nageoire caudale d'une orque est large et arrondie (elle peut mesurer plus de d'envergure) Delphine Sarran, L'apprentissage chez les orques (Orcinus orca) en captivité, thèse Université Paul-Sabatier de Toulouse, 2002, ..

Pouvant mesurer de 1 à de haut., l'aileron dorsal du mâle est plus grand que celui de la femelle (environ ). Il a une forme de triangle isocèle allongé tandis que l'aileron dorsal de la femelle est plus court et est falciforme..

Morphologie générale vignette|Anatomie interne d'une orque. vignette|Modèle 3D du squelette.

Dans la nature, seuls 1 % des orques ont leur nageoire dorsale courbée contre 80 % en captivité ; une des explications avancées est le fait que les orques captives restent plus souvent à la surface de l'eau et la nageoire n'est plus « soutenue » par la forte densité de l'eau salée. Elle finit par s'affaisser sur le côté..

Les scientifiques identifient les individus grâce aux entailles, coups et éraflures sur leurs ailerons ainsi qu'à la forme de l'aileron.

L'orque mâle a une silhouette caractéristique qui ne peut être confondue avec celle d'une autre espèce d'animal marin. Dans les eaux tempérées, les femelles et les juvéniles, s'ils sont observés d'une certaine distance, peuvent être pris pour des représentants d'espèces comme la fausse orque ou le dauphin de Risso.

Différents types d'orque On distingue plusieurs écotypes d'orques, qui peuvent être considérés comme des sous-espèces voire des espèces différentes..

Actuellement, neuf écotypes d'orques sont décrits et bien documentés, correspondant à neuf populations distinctes, réparties dans trois océans..

Dans l'océan Pacifique nord Orques résidentes : elles sont subdivisées en orques résidentes du Sud, orques résidentes du Nord et orques résidentes d'Alaska. Elles vivent dans les eaux côtières du Nord-Est du Pacifique et mangent du poisson, parfois du calmar. Elles vivent en groupes bien structurés. On observe une différence de taille entre les orques résidentes du Sud et les orques résidentes du Nord. Chez les orques résidentes du Sud, les mâles mesurent au maximum de long et les femelles . Chez les orques résidentes du Nord, les mâles peuvent mesurer plus de et les femelles plus de de long. En , il reste trente-cinq individus menacés par le développement du trafic pétrolier. Orques nomades. : elles consomment presque exclusivement des mammifères marins. Elles se déplacent en petits groupes de deux à six individus. Elles sont observées au large de la Californie et de l'Alaska et sont parfois surnommées orques de Bigg, en l'honneur du cétologue canadien Michael Bigg. Ces orques sont plus grandes et plus trapues que les orques résidentes. Les orques mâles nomades atteignent plus de de long. Les orques nomades et sédentaires vivent dans les mêmes zones, mais s'évitent... On pense que les différents types d'orques se sont séparés il y a deux millions d'années. Il n'y a pas eu de reproduction entre ces types depuis au moins dix mille ans d'après les analyses génétiques. Orques de haute mer : elles ont été découvertes en 1988 et se nourrissent principalement de requins, dont leur proie favorite est le requin dormeur du Pacifique. Elles vivent en groupes de vingt à soixante-quinze individus. Elles sont beaucoup plus petites que les orques résidentes et nomades. En effet, les mâles mesurent maximum de long. En raison de leur régime alimentaire, composé essentiellement de requins, ces orques ont fréquemment les dents toutes limées jusqu'à la base de la gencive, ce qui implique de graves problèmes dentaires. La cause est la peau du requin, qui est très abrasive.

En 2024, une étude préconise de distinguer deux espèces dans le Pacifique nord-est. : Orcinus ater (orque résident) ; Orcinus rectipinnus (orque de Bigg).

Dans l'océan Atlantique nord Type 1 : rencontrées au large des côtes de la Norvège, de l'Écosse et de l'Islande, elles sont considérées comme résidentes et se nourrissent de maquereaux et de hareng. Les mâles ne dépassent pas de long. Ainsi, les orques de cette population font partie des plus « petites » orques. Type 2 : considérées comme nomades, elles se nourrissent exclusivement de mammifères marins et sont encore très peu étudiées. Elles sont beaucoup plus imposantes que les populations du . En effet, les orques mâles du peuvent atteindre de long.

Dans l'océan Antarctique thumb|Les quatre variations répertoriées de l'hémisphère sud.Type A : typiquement nomades, rencontrées autour de tout le continent antarctique, ce sont les orques les plus imposantes. Les mâles peuvent atteindre plus de de long, et plus de . Elles vivent hors des zones de banquises et semblent manger principalement des baleines de Minke, mais aussi, récemment, des baleines bleues. Début , un groupe de six orques a tué une baleine bleue de de long ; les six orques ont ensuite été rejointes par près de cinquante orques qui ont participé au festin.. Type B : subdivisées en grand type et petit type. Celles du grand type sont aussi appelées « pack ice killer whales » en anglais, en référence à leur habitude de chasser le phoque près de morceaux de banquise dérivante. Les mâles mesurent jusqu'à de long. Celles du petit type sont aussi appelées orques de Gerlache, car elles sont abondantes dans le détroit de Gerlache, où elles chassent le manchot. Les mâles « Orques de Gerlache » mesurent jusqu'à de long. Type C : aussi appelées orques de la mer de Ross, ce sont les plus petites orques connues. On les surnomme « orques naines ». Les mâles mesurent au maximum de long, et les femelles de long. Type D : aussi connues sous le nom d'orques subantarctiques. On sait très peu de choses sur ces orques, hormis que leur morphologie diffère de celle des autres orques. Elles ont, en effet, un front très bombé, une tache oculaire extrêmement petite, et un aileron plus fin que les autres écotypes d'orques.

Bien que les documents mentionnent neuf écotypes d'orques, il faut savoir qu'il y en a, en fait, beaucoup plus : orques de Patagonie, orques de Méditerranée, orques d'Hawaï, orques au large du Chili, Mexique, orques des eaux japonaises, orques de Nouvelle-Zélande (qui se nourrissent principalement de raies), orques de Russie, orques au large des îles Canaries... Il reste beaucoup à écrire et à étudier sur les différents écotypes d'orques.

Écologie et comportement vignette|Un pod d'orques.